Les élections législatives macédoniennes de 2016 (en ) se tiennent le dimanche , afin d'élire les de la de l'Assemblée de Macédoine, pour un mandat de quatre ans. Conformément à la loi électorale, sont finalement élus.
Organisé en conséquence d'une grave crise politique en , le scrutin voit la courte victoire de la VMRO-DPMNE au pouvoir depuis 2006 face à l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM). Celle-ci passe un accord avec des députés des Albanais de Macédoine, initialement repoussé par le président de la République. Après des scènes de violence au sein de l'enceinte parlementaire, le chef de l'État accepte de charger Zoran Zaev de former le nouveau gouvernement. Ce dernier accède à la direction de l'exécutif en , cinq mois et demi après les élections.
Contexte Victoire contestée de Gruevski Lors des élections législatives anticipées du 27 avril 2014, tenues en même temps que le second tour de l'élection présidentielle, l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) du président du gouvernement Nikola Gruevski s'impose avec plus de 40 % des suffrages exprimés, contre 22 % à l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) du maire de Stroumitsa Zoran Zaev. Ce dernier rejette les résultats estimant que le pouvoir a et l'accusant à coups ...
Crise politique et scandale des écoutes Accusé le par la police de fomenter un coup d'État.., Zaev révèle le disposer de nombreux enregistrements réalisés par les services secrets sur ordre direct de Gruevski, qui concerneraient des ministres, des dirigeants de l'opposition, des dirigeants d'ONG, des journalistes, des entrepreneurs....
Le chef de l'exécutif accuse à son tour le chef de l'opposition d'espionner ses alliés et de se préparer à le renverser illégalement, des déclarations qui amènent les partis de l'opposition à boycotter les travaux de l'Assemblée.. Le , après des affrontements armés entre la police et un commando albanais ayant fait , deux ministres et le chef des services secrets démissionnent..
Une manifestation, menée par Zaev, rassemble à Skopje cinq jours plus tard. Le président de la SDSM exhorte ensuite les manifestants à camper devant le palais du gouvernement jusqu'à la démission du président du gouvernement..
Accord pour de nouvelles élections Sous l'égide de l'Union européenne, Zaev et Gruevski concluent un accord le pour l'organisation d'élections législatives anticipées avant la fin de l'année 2016, soit deux ans avant l'échéance constitutionnelle normale, et s'entendent le sur la formation d'un gouvernement de transition avant la tenue du scrutin.. Le , l'Assemblée investi Emil Dimitriev en remplacement de Gruevski, les ministères de l'Intérieur et du Travail revenant à l'opposition..
Initialement prévu pour le , le scrutin est reporté au par un accord conclu le entre la VMRO-DPMNE et la SDSM.. La crise est rouverte le , lorsque le président de la République Gjorge Ivanov promulgue une amnistie concernant les mis en cause dans le scandale des écoutes. Potentiellement bénéficiaire de cette décision, Zaev dénonce un et souligne qu'elle profite à l'ancienne ministre de l'Intérieur et à l'ex-directeur des services secrets.. La SDSM ayant fait part de son intention de boycotter le scrutin, un report sans date est décidé par les députés le ..
Un accord de principe est conclu le pour que le scrutin puisse se tenir le , après une médiation de l'ambassadeur des États-Unis.. Huit jours plus tard, l'Assemblée adopte à l'unanimité quatre lois nécessaires à la mise en œuvre de l'accord conclu entre les partis : celle relative à la création d'un gouvernement technique avant les élections, celle sur le ministère de l'Intérieur, concernant la régulation des médias, et celle réformant le Code électoral.. La VMRO-DPMNE et la SDSM ratifient le un accord prévoyant la tenue des élections au suivant..
L'Assemblée vote formellement sa dissolution le , juste après avoir adopté le budget. Si la convocation de nouvelles élections reçoit un large soutien avec favorables sur 123, le projet de loi de finances est approuvé par les seuls députés de la VMRO-DPMNE. La SDSM, opposée au texte, choisit de ne pas s'y opposer afin de s'assurer du vote de dissolution prévu juste après..
Système électoral vignette|Le palais de l'Assemblée à Skopje.
L'Assemblée de Macédoine () est un parlement monocaméral composé de pourvus pour quatre ans, dont 120 au scrutin proportionnel plurinominal dans six circonscriptions de 20 sièges chacune.
Les électeurs votent pour le candidat d'une liste, et ce vote correspond à une voix pour cette dernière tout en jouant le rôle d'un vote préférentiel pour le candidat en question, ce qui peut éventuellement permettre au candidat de voir sa place monter dans la liste.
Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt au quotient simple, sans seuil électoral. Toutes les listes reçoivent par conséquent un siège en proportion de leurs parts des suffrages exprimés, avec un siège par tranche de 1/20ème de suffrage dans chacune des six circonscription, soit un seuil de facto de 5 % des suffrages exprimés. Les sièges sont répartis, au sein des listes, entre les candidats ayant reçu le plus grand nombre de suffrages en leur nom, par ordre décroissant.
Les trois sièges restants, réservés à la diaspora, sont pourvus selon le même système, mais leur élection est conditionné à l'obtention d'un minimum de suffrages liés au scrutin précèdent. Un candidat de la diaspora n'est ainsi élu que si la liste sur laquelle il se présente réunit au moins autant de votes en sa faveur que le candidat ayant été élu avec le moins de voix en Macédoine du Nord lors du scrutin précédent. Les second et troisième sièges ne sont attribués que si cette même liste réunit le double et le triple de ce montant. En 2016, le nombre de suffrages à atteindre est ainsi de ..
Le système proportionnel permet notamment la représentation de la minorité albanaise. En outre, toute liste doit comprendre au moins 30 % de candidats de chaque sexe, et les candidats du sexe le moins représenté dans chacune des listes être positionnés au minimum tous les dix noms..
Campagne
Principales forces politiques Parti/coalitionIdéologieChef de fileScore en 2014VMRO-DPMNECentre droit à droiteLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne, nationalismeNikola Gruevski43,0 % des voixUnion sociale-démocrate de Macédoine (SDSM)Centre gaucheSocial-démocratie, libéralisme, europhilieZoran Zaev(Maire de Stroumitsa)25,3 % des voixUnion démocratique pour l'intégration (DUI) (BDI)Centre droitConservatisme social, europhilie, intérêts des AlbanaisAli Ahmeti13,7 % des voixParti démocratique des Albanais (DPA) (PDSh)Centre droitConservatisme social, intérêts des AlbanaisMenduh Thaçi5,9 % des voix
Résultats +Résultats des élections législatives macédoniennes de 2016Fichier:Sobranie MK 2016.svgParti/coalitionVoix%+/-Sièges+/-VMRO-DPMNE38,14 4,8351 10VMRO-DPMNE43 9Parti socialiste de Macédoine (SPM)3Option citoyenne pour la Macédoine (GROM)2 1Parti démocratique des Serbes de Macédoine (DPS)1Parti démocratique des Turcs de Macédoine (DPT/TDP)1Union des Roms de Macédoine (SRM)1Parti d'action démocratique de Macédoine (SDA)0 1Autres (partis absents)0 1Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM)36,66 11,3249 14Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM)37 10Parti libéral-démocrate (LDP)2 1Nouveau Parti social-démocrate (NSDP)2 1Renouveau démocratique de Macédoine (DOM)1Parti pour le Mouvement turc de Macédoine (PDT/THP)1Parti pour l'avenir européen (PEI)1 1Parti des retraités et citoyens unis de Macédoine (POPG)1 1Députés indépendants (NP)4 4Union démocratique pour l'intégration (BDI/DUI)7,28 6,4310 9Mouvement Besa (LB/DB)4,865 5Alliance pour les Albanais (ASh/AA)2,953 3Parti démocratique des Albanais (PDSh/DPA)2,60 3,322 5VMRO-Macédoine2,060La Gauche (Levica)1,020Autres1,30 –0 1Suffrages exprimés96,64Blancs et nuls3,36Total100 –120 3Abstention33,21Inscrits / participation66,79
Analyse
À l'issue du scrutin, à peine séparent l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) de Nikola Gruevski, de l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) de Zoran Zaev. Ce dernier se refuse d'ailleurs à reconnaître les résultats..
Conséquences Zaev parvient à rallier albanophones, ce qui lui assure le soutien d'une majorité absolue de parlementaires. Il présente ses parrainages au président de la République Gjorge Ivanov le . Puisque leur accord prévoit que l'albanais devienne la seconde langue officielle du pays, le chef de l'État rejette sa candidature deux jours plus tard, affirmant que lui interdisent du pays..
L’envahissement le du palais de l'Assemblée par des militants nationalistes qui molestent plusieurs députés provoque un choc général dans la société et la classe politique macédoniennes. Ivanov, qui a obtenu des assurances écrites du président de la SDSM sur l'unité et l'intégrité territoriales du pays, confie à ce dernier le mandat de constituer le nouvel exécutif le .. Ayant formé une alliance avec l'Union démocratique pour l'intégration (BDI/DUI) et l'Alliance pour les Albanais (ASh/AA), Zoran Zaev est investi à président du gouvernement par l'Assemblée par favorables, après s'être engagé à obtenir une adhésion à l'Union européenne et à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN)..
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Politique en Macédoine du Nord Gouvernement Zaev I
2016 Macédoine du Nord Catégorie:Politique en décembre 2016