Lélection présidentielle gabonaise de 2016 se tient le afin d'élire le président de la République gabonaise.

Le président sortant Ali Bongo est réélu de manière controversée et non reconnue par l'opposition, ce qui mène à une crise post électorale.

Contexte Le président sortant Ali Bongo, du Parti démocratique gabonais, a été élu en 2009, succédant ainsi à son père Omar Bongo, président de la République de 1967 à sa mort.

Mode de scrutin Le président de la République gabonaise est élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour pour un mandat de sept ans.. Les Gabonais résidant à l'étranger peuvent y participer..

Les sont appelés à voter dans environ de vote..

Candidats Jean Ping est choisi comme candidat par le Front uni de l'opposition pour l'alternance le . Plusieurs personnalités de cette coalition dénoncent néanmoins les conditions de sa désignation..

Le , Ali Bongo annonce être candidat à sa succession..

Le , Guy Nzouba-Ndama, président de l'Assemblée nationale jusqu'à la semaine précédente, annonce sa candidature dissidente du parti au pouvoir..

Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre, est également candidat, soutenu par l'Union nationale (UN)..

Paul Mba Abessole (RPG, majorité), après avoir été investi par son parti le , a entériné sa candidature auprès de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) le ...

Le , la Cenap valide finalement quatorze candidatures sur dix-neuf.. Treize des quatorze candidatures font consensus, alors qu'une d'entre-elles n'est validée qu'à cinq voix contre trois : Ali Bongo. Paul Marie Gondjout, un des trois membres de la commission opposés à cette candidature, justifie son vote : il ne considère pas Ali Bongo comme éligible car il ne serait pas né gabonais.

La lutte autour de la véracité des actes de naissance d'Ali Bongo a occupé une place prépondérante durant toute la campagne électorale.. L'opposition qualifie cette candidature de , et organise alors en juillet des manifestations, violemment réprimées au cours desquelles un journaliste de l'AFP est passé à tabac par les forces de l'ordre...

Le , la Cenap établit la liste officielle des quatorze candidats à l'élection.. : Roland Désiré Aba'a Minko Pierre Claver Maganga Moussavou Jean Ping Guy Nzouba-Ndama Ali Bongo Odimba Léon Paul Ngoulakia Raymond Ndong Sima Casimir Oyé Mba Dieudonné Minlama Mintogo Bruno Ben Moubamba Augustin Moussavou King Abel Mbombe Nzondou Gérard Elaa Nguema Paul Mba Abessole

Deux candidats considérés comme des leaders de l'opposition, Guy Ndama Nzouba et Casimir Oyé Mba, se retirent en faveur de Jean Ping le , le désignant comme le « candidat unique de l'opposition ».. Le , Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président et ancien chef des services de renseignement, se désiste à son tour en faveur de Jean Ping. suivi le par Roland Désiré Aba'a, ce qui porte le nombre de candidats à 10..

Résultats +Résultats de la présidentielle gabonaise de 2016. Candidats Partis Voix %Ali BongoPDG49,80Jean PingFUOPA48,23Bruno Ben MoubambaUPG0,53Raymond Ndong SimaIndépendant0,42Pierre Claver Maganga MoussavouPSD0,32Paul Mba AbessoleRPG7610,21Gérard Ella NguemaUN5830,16Augustin Moussavou KingPSG5530,15Dieudonné Minlama Mintogo3930,11Abel Mbombe NzoudouIndépendant2140,06 Votes valides 95,65 Votes blancs et nuls 4,35Total100 Abstention 40,54 Inscrits / participation 59,46

Par province Province Inscrits Électeurs Bulletins Ali Bongo Odimba Jean Ping Autres candidats Voix % Nuls % Exprimés Voix % Voix % Voix % Estuaire 47,35 4,71 37,33 60,88 1,79 Haut-Ogooué 99,93 367 0,51 95,46 4,31 165 0,23 Moyen-Ogooué 57,24 6,82 30,51 66,68 432 2,81 Ngounié 62,66 6,52 41,76 53,76 4,48 Nyanga 59,24 6,74 44,07 52,08 535 3,84 Ogooué-Ivindo 65,61 6,55 65,96 32,5 284 1,54 Ogooué-Lolo 70,52 7,79 53,25 44,65 383 2,1 Ogooué-Maritime 45,41 4,66 29,67 68,26 556 2,07 Woleu-Ntem 67,55 3,73 24,81 72,9 815 2,29 Gabonais de l’étranger 71,05 205 3,78 37,38 58,35 223 4,27

Analyse et conséquences

Les résultats, d'abord annoncés pour le mardi 30, sont proclamés le mercredi 31 au soir. La commission électorale annonce que Ali Bongo remporte le scrutin à cinq mille voix près.. L'opposition dénonce immédiatement ces résultats...

Une province, en particulier, retient l'attention : le Haut-Ogooué, où presque tous les inscrits (99,9 %) auraient voté (contre 59,5 % au niveau national.), et où Ali Bongo aurait reçu 95 % des voix.Gabon : Ces chiffres qui démontrent qu’Ali Bongo a perdu la présidentielle.

Le , Ali Bongo est proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle avec 50,66 % des voix, suivi de Jean Ping avec 47,24 % des suffrages..

Violences post-électorales

Après l'annonce des résultats, des manifestants descendent dans les rues le , et l'Assemblée nationale prend feu, à Libreville. La garde républicaine disperse alors les manifestants avec des tirs à balles réelles.. Au moins sont arrêtées, militants de Jean Ping, pilleurs ou simples citoyens. Le QG de Jean Ping est pris d'assaut à l'arme lourde à 1h du matin par les forces de sécurité, la garde présidentielle et la police.. On compte au moins et des dizaines de disparus.. En violation du droit international., les connexions internet sont coupés totalement. dans un premier temps puis partiellement rétablies cinq jours plus tard., avec accès interdit aux réseaux sociaux. pendant plusieurs semaines.

Réactions internationales Le dimanche de l'élection, le Parti socialiste, au pouvoir en France, déclare dans un communiqué : .

Après l'annonce des résultats par province, le gouvernement français demande la publication des résultats par bureau de vote.. De même, les États-Unis demandent une publication détaillée des résultats.. De son côté, l'Union européenne dénonce un manque de transparence de ces élections..

Le , le JDD révèle qu'Ali Bongo a fait espionner les observateurs européens. Par ailleurs, l'un des émissaires a dû être exfiltré à la suite de menaces de mortMaxime Magnier, « Élection présidentielle au Gabon : Ali Bongo a fait espionner les observateurs européens », rtl.fr, 2 octobre 2016..

Le , le Parlement européen adopte une résolution condamnant le déroulement des élections et les abus des droits de l'homme qui s'ensuivirent. La résolution, s'appuyant sur les résultats de la mission d'observation électorale européenne, juge que les résultats de la présidentielle sont « extrêmement douteux » et remettent en cause la légitimité d'Ali Bongo...

Analyses Les analyses soulignent fréquemment la proximité des deux principaux protagonistes, hommes . qui ont ., dans un pays où de toute façon l'opposition est .. Jean Ping a été directeur de cabinet puis plusieurs fois ministre d'Omar Bongo, le père du candidat sortant, et aussi le compagnon de sa sœur, Pascaline Bongo, avec laquelle il a eu deux enfants. Aux yeux de l'opinion, ni Ali Bongo ni lui ne peuvent apparaitre comme des hommes neufs et exempts de responsabilité dans la gestion passée du pays. Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba-Ndama, tardivement ralliés à Jean Ping, sont perçus comme . Toutefois, à la suite de plusieurs voyages de pré-campagne à l'intérieur du pays et dans les régions les plus reculées du pays, Jean Ping a su regagner la confiance des Gabonais. Depuis l'attaque du QG de Jean Ping le , au côté des Gabonais, il s'engage encore à consacrer toute son action au rétablissement de la vérité des urnes..

Pour Jocksy Ondo-Louemba, la victoire d'Ali Bongo est purement frauduleuse. Jocksy Ondo-Louemba révèle l'incohérence entre le nombre d'inscrits et le nombre de votants dans la province du Haut Ogooué. Il souligne également l'incohérence des chiffres annoncés par le Ministère de l’intérieur du Gabon et démontre que le Ministère de l'intérieur du Gabon a rajouté 2.901 votants contrairement à ses prérogatives : Quant à Ali Bongo, toujours en mal de légitimité auprès du peuple gabonais, et à la suite de la remise en cause du scrutin par l'opposition et les institutions internationales, il a cherché à contrôler la situation en appelant au dialogue national d'Angondjé. La Coalition pour la nouvelle république a refusé d'y participer, voulant rompre avec le processus du dialogue prôné au nom d'une « démocratie apaisée » mais non respectueux du peuple gabonais souverain.

Bibliographie

Jocksy Ondo-Louemba, Mauvaises Nouvelles, Chroniques du Gabon (2016-2019), Ed. Edilivre-Aparis, 2020, 118p.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Constitution du Gabon

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