L'église Saint-Rémi est une église catholique paroissiale située à Orrouy, dans l'Oise, en France. C'est l'une des très rares églises à posséder un clocher-porche roman, des années 1130, largement inspiré de la tour occidentale de Morienval. La nef basilicale, bâtie après le clocher, a déjà des grandes arcades en tiers-point, mais n'est pas conçue pour être voûtée. Les fenêtres, situées au-dessus des piliers, sont aujourd'hui obturées par les toitures des bas-côtés. Le plafond plat date des alentours de 1760. Plus élevé que la nef est le chœur-halle gothique flamboyant terminé vers 1540. Son plan s'inscrit dans un rectangle, et ses six travées sont voûtées à la même hauteur. L'exécution est soignée, de même que la décoration des contreforts, assez insolite, mais l'architecture ne fait guère preuve d'originalité à l'intérieur, où les voûtes et les piliers notamment sont d'une grande simplicité. Le principal attrait du chœur sont ces cinq verrières Renaissance du début des années 1540, qui constituent l'un des ensembles les plus importants de cette époque dans les églises rurales du département. Il y a deux verrières thématiques, dédiées à la Passion du Christ et à la Résurrection, la première assez mal conservée, et trois verrières apparemment recomposées, où dominent des vitraux hagiographiques, alternant avec de rares scènes bibliques et des représentations des donateurs. Les vitraux sont classés monument historique au titre objet depuis 1908. L'édifice est classé au titre immeuble par arrêté du ., et se trouve aujourd'hui en bon état. L'église Saint-Rémi est affiliée à la paroisse la vallée de l'Automne avec siège à Verberie, et les messes dominicales y sont célébrées tous les deux mois le dimanche à 9h00 (le samedi à 18h30 l'été).

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.

L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la vallée de l'Automne, sur la commune d'Orrouy, rue Montlaville. La rue principale du village, en l'occurrence la RD 116, et l'église sont implantées sur la rive droite de l'Automne, à flanc de coteau, sur le versant méridional du plateau de Champlieu, qui s'étend au sud de la forêt de Compiègne. Vers le nord-est, la RD 116 s'enfonce dans la vallée de la rivière de Visery, affluent de l'Automne, toute en effectuant une lente ascension, et les parties hautes du village ne se situent plus dans la vallée de l'Automne. L'église est bâtie en net recul par rapport à la rue. Un court cul-de-sac quittant la rue face à la mairie dessert le petit parvis devant la façade occidentale. Le terrain compris entre la rue et l'église, clos par un mur, est occupé par une partie du cimetière communal. L'autre partie du cimetière se situe sur un terrain en forte pente à l'est de l'église, et ses parties orientales sont édifiées au-dessus d'un haut soubassement, tandis que la partie antérieure de la nef est enfoncée dans le sol. L'élévation septentrionale de l'édifice et son chevet donnent sur le cimetière, et sont bien visibles. L'élévation méridionale domine la pente boisée qui descend vers la vallée de l'Automne et son principal axe de circulation, la RD 123. Ainsi, la situation de l'église pourrait être fort pittoresque, si l'ancien presbytère en ruine jouxtant l'église au sud ne cachait pas la vue sur sa nef. On peut directement descendre du parvis de l'église vers la RD 123 par la ruelle du Hamet, dont la première partie n'est pas carrossable.

Historique thumb|upright|Bannière de procession - saint Rémi. thumb|upright|L'une des deux châsses à reliques.

Orrouy est considérée comme l'une des paroisses primitives du Valois, et ses origines se perdent dans les temps. Le saint patron de son église est saint Remi de Reims. À l'instar de l'église voisine de Béthisy-Saint-Pierre, le seigneur local donne l'église Saint-Rémi à l'abbaye Saint-Crépin-le-Grand de Soissons, probablement au . Orrouy devient un prieuré-cure, et le service paroissial est assuré par l'un des religieux de l'abbaye, qui réunit les fonctions de prieur et curé. Du temps des invasions vikings dans la vallée d'Automne, au , les religieux n'ont d'autre choix que de demander la protection des comtes de Crépy, qui en profitent pour usurper les possessions de l'abbaye sur place. Cette situation dure jusqu'en 995, quand le comte Gautier le Blanc les rend à l'abbaye sur le conseil de son frère, Guy d'Amiens, évêque de Soissons. Ultérieurement, la collation de la cure passe au prieur de Saint-Thibaut, près de Bazoches-sur-Vesle. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse d'Orrouy relève du doyenné de Béthisy, de l'archidiaconé de la Rivière, et du diocèse de Soissons., et ceci jusqu'à la Révolution française. Depuis, le diocèse de Soissons est limité au seul département de l'Aisne, et Orrouy est rattaché au diocèse de Beauvais, avec la totalité des paroisses du département de l'Oise. Après le départ du dernier curé, le service paroissial est assuré par le curé de Morienval. Puis en 1996, le manque de prêtres motive la définition de seulement quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du département, et le secteur paroissial de Morienval est réuni à celui de Béthisy et Verberie. Cette très grande paroisse au titre de « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Le calendrier paroissial prévoyant des messes hebdomadaires dans deux églises (Verberie et Béthisy) et des messes bi-hebdomadaires dans deux autres (Saint-Sauveur et Morienval), il n'y a guère plus qu'une messe par trimestre à Orrouy. Elles sont célébrées le dimanche à 9 h 00, plus rarement le samedi à 17 h 15..

Les différentes campagnes de construction de l'église ne sont pas documentées par des sources. Elles peuvent être déterminées grâce à l'analyse stylistique du monument. Le clocher-porche roman, l'un des très rares représentants de son genre dans l'Oise, avec Estrées-Saint-Denis, Morienval et , paraît nettement influencé par son homologue de Morienval, et est daté des alentours de 1130 par Dominique Vermand. La nef basilicale est contemporaine du clocher, mais les fenêtres latérales des bas-côtés ont été repercées au , comme l'indiquent les moulures qui les entourent, et des remaniements ont été effectués vers 1760, date rapportée par Louis Graves. Ces remaniements devraient porter sur les murs extérieurs, qui ne sont pas homogènes, et sur les plafonds plats à poutres apparentes. En revanche, l'on ne peut affirmer que les bas-côtés auraient été prolongés vers l'ouest, de part et d'autre du clocher-porche : la baie occidentale bouchée du bas-côté sud possède un linteau monolithique échancré typiquement roman. Le plafond plat de la nef ressemblant fortement à ceux des bas-côtés, l'on peut supposer qu'il date également de 1760. Il remplace vraisemblablement une charpente apparente lambrissée. Le transept, le chœur au chevet plat et ses deux chapelles latérales qui forment ensemble un chœur-halle homogène de style gothique flamboyant. Le millésime de 1542 qui se lit sur plusieurs vitraux peut être considéré comme la date limite d'achèvement... L'église Saint-Rémi a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du , et se trouve aujourd'hui en bon état.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement vers le nord-est du côté du chevet, l'église suit un plan symétrique, et se compose de deux parties bien distinctes, soit la nef avec les bas-côtés, et le chœur-halle. La première travée de la nef est précédée du clocher-porche, par lequel on entre dans l'église. Une fois franchi le portail, l'on descend trois marches dans le narthex, et après la grille en fer forgé qui clôt la nef, l'on descend quatre autres marches. La nef compte quatre travées, et est à deux niveaux d'élévation, à savoir l'étage des grandes arcades et l'étage des fenêtres hautes, qui sont toutes bouchées par les toits en appentis des bas-côtés. Les bas-côtés comptent une travée de plus que la nef, à l'ouest. La première travée du nord est la chapelle des fonts baptismaux, et l'on y entre directement depuis le narthex. La première travée du sud abrite la sacristie, et l'on y accède par la travée suivante. Les parties orientales se composent de trois vaisseaux, dont la largeur est calquée sur la nef et ses bas-côtés. Malgré une hauteur supérieure à celle de la nef, elles sont à un seul niveau d'élévation. Le vaisseau central, soit la croisée du transept et le chœur liturgique ou sanctuaire, est donc deux fois plus large que les collatéraux, qui réunissent les croisillons du transept et les chapelles latérales du chœur, terminées par un chevet plat tout comme lui. La base du clocher est voûtée en berceau. La nef et les bas-côtés sont simplement plafonnés, avec des poutres apparentes (sauf dans la sacristie). Le chœur-halle est voûté d'ogives, avec une hauteur identique sous le sommet des voûtes pour les trois vaisseaux. Concernant les toitures, le clocher est coiffé en bâtière. La nef est dotée d'une toiture à deux rampants, dont les pignons ne sont pas visibles. Les toits en appentis des bas-côtés prennent appui contre les murs gouttereaux de la nef. Le vaisseau central du chœur-halle possède une toiture à deux rampants dans l'axe de celle de la nef. Les quatre travées des collatéraux ont chacune leur propre pignon, soit deux au nord et deux au sud, et sont munies de toitures perpendiculaires à l'axe de l'édifice.

Intérieur Narthex thumb|upright|Vue vers l'est.

Le narthex, c'est-à-dire la base du clocher, a été fortement restauré au , et tous les murs sont enduits et peints en faux-appareil. L'on ne peut ainsi pas juger de l'authenticité de la voûte en berceau, qui n'est pas commentée par Dominique Vermand. Il n'est pas non plus évident si l'on doit qualifier la voûte comme étant en plein cintre ou en arc brisé. Le tracé est en arc brisé surbaissé, et arrondi au sommet, ce qui évoque les croisillons du transept Église Saint-Denis de Rieux. La retombée sur des impostes profilés d'un méplat et d'une gorge est en tout cas conforme à l'usage au . La base du clocher occidental de Morienval, qui a servi de modèle à Orrouy, possède une voûte d'arêtes refaite à la période moderne. D'autres bases de clocher voûtées en berceau brisé dans les environs sont église de Labruyère et Néry. La base du clocher de Villers-Saint-Frambourg est voûtée en berceau plein cintre, et l'on peut également citer Bouconvillers, Deuil-la-Barre, , , , Serans et . À l'est, la voûte est percée d'un trou qui permet d'accéder aux combles moyennant une échelle. Pour venir aux élévations, elles présentent chacune une arcade en tiers-point à double rouleau, de dimensions identiques. Celle du sud est bouchée, mais comporte une petite porte en haut à gauche, qui permet d'atteindre le grenier situé au-dessus de la sacristie, dont le plafond est très bas. Les autres arcades comportent respectivement le portail occidental, la porte de la chapelle des fonts baptismaux, et la porte grillagée de la nef. Les archivoltes ne sont pas moulurés, mais leurs claveaux ont les arêtes chanfreinés. Elles sont reçues sur des impostes, qui accusent le même profil que ceux de la voûte. Les piédroits ne sont pas flanqués de colonnettes à chapiteaux, mais présentent un ressaut et continuent ainsi le profil de l'archivolte. Le mur occidental de la nef n'est autre que le mur oriental du clocher, et appartient donc à la même campagne de construction. Il est cantonné de deux contreforts, qui se retraitent trois fois par un faible ressaut au-dessus des impostes de l'arcade. Au-dessus de l'arcade vers le narthex, le mur se retraite deux fois grâce à un fruit, et contient une baie bouchée, dont le sommet est caché par le plafond de la nef. La baie bouchée tient lieu de niche à statue, et abrite une statuette de saint Jean provenant d'une poutre de gloire (voir le chapitre Mobilier).

Nef et bas-côtés