Claude Jaeger est un producteur de cinéma et acteur français, né le à Genève et mort le à Paris.
Biographie Claude Jaeger, né en 1917 à Genève, est issu d'une famille protestante d’origine alsacienne, établie en Suisse, mais ayant conservé la nationalité française et qui est restée très patriote. C'est son grand-père alsacien qui a choisi de s'installer en Suisse, à la suite de l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne. Son grand-père et son père combattent l'un et l'autre (le grand-père comme volontaire) pendant la Première Guerre mondiale, dans l'armée française.
Il effectue des études de lettres et de droit à Paris. Puis il entre comme rédacteur au ministère des Finances et prépare les concours de l’inspection des finances. Il effectue une préparation militaire en France, dans les chasseurs alpins et est mobilisé en , dans l'infanterie. Mais il reste, malgré sa volonté, encaserné, comme élève officier, à Saint-Maixent-l'École. Écœuré par l'armistice, craignant d’être fait prisonnier, il quitte son régiment puis est démobilisé. Il regagne Paris.
Passionné par le cinéma, il trouve du travail comme assistant-réalisateur grâce à Nino Frank et Marc Maurette, un ami d’enfance. Parallèlement Claude Jaeger s’engage politiquement : il a rencontré par hasard Manuel Azcárate, autre ami d'enfance. Azcarate avait été condamné à mort par contumace par un tribunal militaire de Marseille. Claude Jaeger l’héberge et adhère alors au Parti communiste espagnol (PCE). À la suite d'une rafle des Espagnols en , il se réfugie en Zone Sud, par l’entremise du futur cinéaste Gillo Pontecorvo. Ayant perdu le contact avec des membres du PCE, il rejoint, cette fois, le Parti communiste italien. Le PCI le met à son tour en contact à l'automne 1943 avec les FTP, mouvement de résistance intérieure française créé par le Parti communiste français. Il rejoint les FTP, sous le pseudonyme de « Michelin », puis devient en 1944 le « colonel Michelin » dans la Résistance, y commandant les forces de la région Bretagne (après un passage par les forces de résistance à Paris, et dans l'État-major de la résistance pour l'Ouest). Au début de l'année 1945, Claude Jaeger remplace le colonel Fabien, après sa mort pendant la Bataille d'Alsace, au sein de la direction nationale des FFI.
Après la guerre, il se marie à une jeune femme, qui a participé à la résistance à ses côtés, et deviendra une des photographes de l'évolution de la société française, Janine Niépce. Puis il travaille dans le cabinet du général de Lattre de Tassigny. Grâce à André Malraux, dont il a fait connaissance dans l’armée De Lattre, il obtient un poste important au Centre national du cinéma. Au sein de cet organisme, il assure la responsabilité de la production jusqu'au printemps 1950.
Il doit quitter ces responsabilités pour des motifs politiques. Il est alors chargé par le PCF de gérer la société de production Procinex. Cette société, anciennement nommée La Marseillaise, fondée en 1937, était le principal outil de production et de distribution du PCF dans l'industrie cinématographique, une activité jugée importante par le Parti communiste français depuis ses origines. Jusqu’au milieu des années 1950, Procinex assure la réalisation de courts-métrages politiquement marqués, comme en 1949, Vive Staline et L’homme que nous aimons le plus ou, en 1950, Les Américains en Amérique. Procinex produit également des documentaires, des films institutionnels, notamment pour des ministères, et quelques œuvres moins politiques et divertissements. La société assure aussi la distribution en France du cinéma soviétique. Mais à partir du milieu des années 1950, le PCF, contraint par sa situation financière, est moins ambitieux sur ses objectifs politiques de réalisation cinématographique et laisse à Claude Jaeger bien plus de latitude dans le choix des sujets et des réalisateurs. Procinex participe dès lors à la production de longs-métrages de fiction, en étant davantage tournée vers le divertissement et la création artistique, notamment avec Luis Buñuel. Une autre de ses productions, Une aussi longue absence d’Henri Colpi, est distinguée par la Palme d’or au Festival de Cannes 1961. Claude Jaeger joue également comme acteur dans plusieurs films, dont des films de Buñuel. Procinex arrête ses activités en 2003.
Il meurt à Paris en 2004.
Filmographie Producteur 1956 : Cela s'appelle l'aurore de Luis Buñuel 1961 : Une aussi longue absence d'Henri Colpi 1962 : La Poupée de Jacques Baratier 1962 : Le Diable et les Dix Commandements de Julien Duvivier 1964 : Une souris chez les hommes de Jacques Poitrenaud 1964 : La Chasse à l'homme d'Édouard Molinaro 1966 : La Voleuse de Jean Chapot 1967 : Le Mur de Serge Roullet 1974 : La Fille à l'envers de Serge Roullet 1982 : T'es folle ou quoi ? de Michel Gérard Acteur 1961 : Un nommé La Rocca de Jean Becker : Fernand 1964 : Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel : le juge 1971 : La Ville bidon (La décharge) de Jacques Baratier : le promoteur 1972 : Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel 1977 : Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel : le patron du bar 1978 : Perceval le Gallois d'Éric Rohmer : Thiebaut de Tintaguel 1986 : Max mon amour de Nagisa Oshima : le zoologue 1992 : Nous deux d'Henri Graziani : Tancrède Réalisateur 1967 : Le Rouge et le Bleu (court métrage)
Distinction
(décret du )
Notes et références
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