thumb|Aquaculture dans la baie de Luoyuan, Fuzhou, Chine. thumb| Aquaculture au Sénégal. thumb|Aquaculture au Sénégal.

L’aquaculture (ou halieuculture, ou aquiculture, terme en usage au début du et préconisé par l’Académie françaiseLa (1992-…) du Dictionnaire de l'Académie française donne aquaculture comme un synonyme d'aquiculture. La définition du mot est à chercher à aquiculture dont l'origine remonte au . AQUACULTURE, substantif . Composé formé à l'aide du latin aqua, « eau », sur le modèle d'agriculture. Syn. d'Aquiculture. AQUICULTURE, n. f. . Composé de l'élément aqui-, du latin aqua, « eau », et de culture, sur le modèle d'agriculture. 1. Aménagement des eaux en vue de l'élevage d'animaux aquatiques ou de la production d'algues et d'autres végétaux. 2. Procédé de culture dans lequel on substitue à la terre une solution nutritive (On dit aussi parfois Aquaculture) Dictionnaire de l'Académie en ligne.) est le terme générique qui désigne toutes les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique. L'aquaculture se pratique dans des rivières ou dans des étangs, en bord de mer. On parle dans ce cas de « cultures marines » ou mariculture.

Certains systèmes de récifs artificiels ou dispositifs attracteurs et de concentration (DCP, éventuellement associés à des élevages extensifs in situ, « sea ranching ») peuvent être assimilés à de l'aquaculture, dès lors qu'il y a offre directe en nourriture ou en support (indirectement produite à partir de remontée d'eau chargée en minéraux par exemple).

Elle concerne notamment les productions de poissons (pisciculture), de coquillages (conchyliculture), de crustacés (astaciculture et pénéiculture), de coraux (coraliculture) ou encore d'algues (algoculture).

L'aquaculture est l'une des réponses apportées à la surpêche et aux besoins croissants de poisson.. En 2008, elle fournissait dans le monde 76,4 % des poissons d'eau douce, 68,2 % des poissons diadromesPoisson vivant alternativement en eau de mer et en eau douce., 64,1 % des mollusques, 46,4 % des crustacés et 2,6 % des poissons d'eau de mer consommés par l'homme.. L'aquaculture reste néanmoins dépendante de la pêche dans la mesure où 11 % de la masse des poissons sauvages pêchés dans le monde servent de nourriture aux poissons d'élevage..

Elle est parfois utilisée pour d'autres motifs que la consommation alimentaire, par exemple en Europe via de nombreuses « stations piscicoles » construites de 1850 à 1870, dans les Alpes notamment, pour fournir du poisson de réempoissonnement (ou repeuplement) de rivière ou d'étangs de pêche, pour la pêche de loisir, les concours de pêche (avec des risques de pollution génétique ou de diffusion de pathogènes), ou au Japon pour réintroduire dans l'environnement les crevettes ou des ormeaux. là où ces animaux ont été surexploités ou ont disparu pour d'autres causes (pollution).

En France, pour éviter la disparition d’espèces emblématiques, le repeuplement de l’estuaire de la Gironde par l'esturgeon Ascipenser sturio, celui des Grands lacs Alpins par l'omble chevalier, la fera et le lavaret, celui de la Loire par les grands saumons sauvages ont conduit respectivement à la création des écloseries piscicoles de Saint-Seurin-sur-l'Isle en Aquitaine, de Thonon-les-Bains en Haute Savoie et de Chanteuges sur l’Allier.

Histoire thumb|left|200px|Enfant employé dans une ostréiculture en Caroline du Sud, début . L'aquaculture apparaît en Égypte et en Chine au .. Elle concerner des espèces élevées pour l'alimentation, ou pour d'autres raisons (poissons d'apparat tels que les carpes Koï, élevage alimentaires de carpes et tilapia, ou encore culture de plantes aquatiques dont l'ipomée, la , la truffe d'eau et le lotusOMS & PNUE, Guide rédigé sous la direction de Duncan Mara & Sandy Cairncross, Guide pour l'utilisation sans risques des eaux résiduaires et des excreta en agriculture et aquaculture: mesures pour la protection de la santé publique, Résumé d'orientation, version française, 19 p. .).

Les mandarins élevaient le carassin et ils ont créé de grandes fermes aquacoles. L'élevage et la sélection de carpes Koï a commencé il y a plus de deux mille ans.

Une aquaculture extensive existait dans toute l'Europe dès le Moyen Âge, exercée dans une multitude de mares et de réseaux d'étangs, dont certains comme dans la Dombes en France étaient périodiquement vidés et mis en culture, fournissant un complément alimentaire important aux paysans et aux moines. Au , la Dombes reste un lieu important de pisciculture, avec présence d'espèces sélectionnées pour avoir moins d'arêtesLouis Trénard (Historien), L'évolution de l'économie agraire dans le nord-ouest de la Dombes depuis 1914, Les Études rhodaniennes, Année 1947, Vol 22, Numéro 22-1, . Au Moyen Âge, le moine Aquarius était chargé des élevages de poissons qui servaient de nourriture, lors du Carême entre autresBlanchard, Émile, Les poissons des eaux douces de la France, J.B. Baillière et Fils, Paris, 1866, ..

Les rivières elles-mêmes étaient localement des lieux de production, par exemple près des moulins à eau, en amont des barrages où les meuniers nourrissaient et attiraient des poissons avec leurs déchets (riches en vers de farine et autres invertébrés) dont des truites de mer.

Des viviers marins, parfois en forme de navire ou de ponton ont existé où l'on pouvait conserver ou engraisser des poissons ou crustacés (langoustes notamment). La première écloserie de truite semble dater de 1741 (créée par Stephan Ludwig Jacobi), plus d'un siècle avant l'ouverture de la première écloserie des États-Unis (1853) et du Japon (1877). La truite arc-en-ciel (supportant mieux le régime concentrationnaire des élevages industriels) est importé des É.-U. en Europe par les élevages qui la diffuseront largement de 1925 aux années 1930 avant de connaître des problèmes d'épidémies dans les élevages). La France se dote par décret d’un premier bureau de l’aquaculture en 1987.

À la fin du et au début du , avec la reproduction artificielle (ponte induite par injection d'hormone ou hypophisation), la production aquacole augmente de façon spectaculaire, plus vite que toute autre production de denrées alimentaires, notamment pour les saumons et truites, pour les crustacés, les moules, les palourdes et les ormeaux dans les années 2000. Alors que la production aquacole mondiale représentait moins d'un million de tonnes en 1950, elle est d'environ 50 millions de tonnes en 2008 Brian Walsh, « The End of the Line », Time, 18 juillet 2011. Cette augmentation a un impact environnemental direct (par exemple, destruction de mangroves pour y installer des élevages de crevettes) et indirect (par la production de farines alimentaires par exemple, dont les farines de poissons, ou encore par l'usage d'antibiotiques, de traitements hormonaux ou de biocides).

Le développement de vaccins aquacoles a pu localement fortement réduire les teneurs des effluents en antibiotiques"Pew Oceans Commission report on Aquaculture".

Des variétés de poissons génétiquement modifiés sont à l'étude, le but étant à la fois d'augmenter la productivité, mais aussi rendre financièrement possible l'aquaculture de variété populaires auprès des consommateurs et qui sont normalement non adaptées à l'aquaculture, comme le saumon AquAdvantage, développé par AquaBounty Technologies. Une controverse importante existe sur ces poissons OGM inventés en France et développés au Canada, mais non autorisés sur le marché alimentaire. Ils sont appelés « Frankenfish » (pour le personnage du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne et fish signifiant poisson en anglais) par les groupes anti-OGM aux États-Unis. Ces associations sont préoccupées par les éventuels risques sur la santé. Elles pointent également du doigt le fait que du poisson OGM s'échappant des fermes puisse éradiquer le poisson sauvage.

L'aquaculture a contribué au développement ou à la circulation de maladies qui sont redoutées des aquaculteurs en raison des pertes qu'elles peuvent occasionner.

Elle est en France organisée autour de la Fédération Française d'Aquaculture (FFA) qui dispose d'une « Commission sanitaire », de l'UNPSA (Union Nationale Aquacole de Prévention Sanitaire) et dans certaines régions en groupements de défense sanitaire aquacole et en organisations professionnelles. autour du CIPA (Comité Interprofessionnel des Produits de l'Aquaculture). Le secteur bénéficie de l'aide de vétérinaires aquacoles., pour évoluer vers une « Aquaculture durable »Fiche L’aquaculture est-elle une alternative à la pêche? , FFPC (Filière professionnelle Française Poissons, Coquillages et Crustacés, qui associe les opérateurs de la filière pêche et aquaculture. via l'innovation par exemple promue par le SFAMN (Syndicat Français de l'Aquaculture Marine et Nouvelle).

Les différents types d'aquaculture thumb|right|Pisciculture. thumb|right|Algoculture au kibboutz Ketura dans le désert du Néguev (Israël).Il existe plusieurs types d'aquaculture ː l'aquaponie, élevage aquacole recirculé associé à une culture de végétaux hors sols ;

la pisciculture, c’est-à-dire l'élevage de poissons ː la salmoniculture est l'élevage des salmonidés : truites, saumons, ombles chevalier, la cypriniculture est l'élevage des cyprinidés : carpes, gardons, tanches, l’acipensériculture est l’élevage des esturgeons.

la conchyliculture, l'élevage de coquillages. Les types les plus courants de conchyliculture sont : l'ostréiculture (élevage des huîtres), l'halioticulture (élevage des ormeaux), la mytiliculture (élevage des moules), la pectiniculture (élevage de coquilles Saint-Jacques ou de pétoncles), la vénériculture (élevage des palourdes), la cérastoculture (élevage des coques) ;

l'élevage de crustacés : l'astaciculture est l'élevage des écrevisses, la pénéiculture (élevage de crevettes de mer et de crevettes d'eau douce) est pratiquée en France, les crevettes « gambas » sont élevées en grande quantité au Brésil, la crevette impériale ;

l'algoculture, c’est-à-dire la culture d'algues ; l'aquaculture multitrophique intégrée (AMTI).

Économie vignette|lang=fr|Développement de l'aquaculture de 1950 à 2010 (source FAO).

L'aquaculture a produit de tonnes d'animaux et plantes aquatiques en 2022, dont de tonnes d'animaux aquatiques, alors qu'au début des années 1950, la production mondiale ne dépassait pas le million de tonnesOrganisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, 2010, .

La part de l'aquaculture dans la production totale d'animaux aquatiques était en 2022 de 51%, contre 36,9% en 2008, 30% en 2002, 8% en 1980 et 4% en 1970. L'Asie concentre 70% de la production en 2022. Un peu plus de la moitié (57,7 %) des fermes sont en eau douce et élèvent des cyprinidés (carpes) et des cichlidés (tilapias). Dans les élevages marins, on élève surtout des saumons, du thon, des daurades, des bars, des mollusques dont les huîtres et les moules, ainsi que des crustacés comme les crevettesJean-Michel Cousteau / Philippe Vallette, Atlas de l'océan mondial, Éditions Autrement, 2007, .. Quant à la production de plantes aquatiques, elle se monte à 13,9 millions de tonnes en 2004, principalement représentée par la laminaire japonaise (4,5 millions de tonnes), le wakamé (2,5 millions de tonnes) et le nori (1,3 million de tonnes). Les principaux pays producteurs sont la Chine (10,7 millions de tonnes), les Philippines (1,2 million de tonnes), la Corée du Sud (0,55 million de tonnes) et le Japon (0,48 million de tonnes)Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, 2006, .