Jean Varenne, né le à Clermont-Ferrand et mort le , est un militant de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), élu conseiller municipal du quartier des Grandes-Carrières à Montmartre dans le et membre de la Commission du Vieux Paris.
Biographie Jean Varenne naît le à Clermont-Ferrand. Tout d'abord employé de commerce puis ouvrier coupeur en chaussures, il devient ensuite représentant de commerce et exerce sa profession à Paris« La France socialiste » dans Hubert Rouger, Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l'Internationale ouvrière, Paris, Aristide Quillet, 1912-1921, , (gallica.bnf.fr). Militant de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), il collabore à La Nouvelle Presse, à Messidor, et assure le secrétariat de rédaction de L'Humanité. À la suite de la démission d'Henri Turot, il est élu conseiller municipal du quartier des Grandes-Carrières à Montmartre dans le de Paris et désigné secrétaire du groupe socialiste. Membre de la Commission du Vieux Paris, il est périodiquement réélu jusqu'à sa mort en 1927Ruth Fiori, L'invention du vieux Paris : naissance d'une conscience patrimoniale dans la capitale, Wavre, Mardaga, 2012, Collection Architecture (Bruxelles), 327 p. (books.google.fr).
Déclenchant la vindicte de Léon Daudet, il propose en 1913 au conseil municipal de Paris d'élever un monument à la gloire d'Émile Zola sur la place de Clichy« Tartarin va-t-en guerre », Henri Fabre, Les Hommes du jour, 28 novembre 2013 (gallica.bnf.fr). Il obtient, en 1914, l'interdiction de la vente et de la consommation de l'absinthe à Paris après avoir démontré au Conseil . Il fait aboutir, en 1915, la proposition du Comité du Vieux Montmartre de transférer sur la place Jean-Baptiste-Clément le moulin Radet, menacé de démolition« Adoption par le Conseil municipal du transfert du moulin Radet sur la place Jean-Baptiste-Clément », Le Vieux Montmartre, Société d'histoire et d'archéologie des IX et XVIII arrondissements, bulletin mensuel, 3 mars 1916, (gallica.bnf.fr). L'action de Jean Varenne pour la sauvegarde des moulins et plus largement des espaces, des édifices et des œuvres à caractère historique de la butte est incessante. Ainsi, des deux moulins de la galette, mais aussi du parc de la Belle-Gabrielle menacé par les promoteurs et dont il propose l'acquisition par la Ville. Les seuls projets immobiliers qui trouvent grâce à ses yeux sont des projets utopistes accessibles aux populations les plus modestes. Il soutient ainsi le projet grandiose d'une avec des terrains de jeux, des espaces fleuris et des habitations salubres pour plus de personnes boulevard Ney, au nord de la butte« Le plus grand Paris », Les Amis de Paris, janvier 1914, Bibliothèque historique de la ville de Paris (gallica.bnf.fr).
Dans un plaidoyer mémorable publié par Le Petit Parisien, il propose le au conseil municipal de Paris d'utiliser le maquisLe maquis de Montmartre est la zone actuellement située entre les rues Lepic, Caulaincourt et Girardon englobant l'avenue Junot (celui de la rue Ordener est plus au nord). Il s'était constitué au début du sur des terrains inexploitables pour l'agriculture peu à peu occupés par les cabanes construites par la population misérable mais solidaire chassée de la ville nouvelle par les promoteurs immobiliers qui n'avaient pas encore investi la butte : « Le maquis de Montmartre : la butte entre deux siècles », Arnold Besson (dixhuitinfo.com) de la rue Ordener pour y implanter un groupe d'immeubles comprenant des ateliers d'artistes, dans l'objectif d'y loger ceux de condition modeste et de leur permettre d'y travailler. Un terrain de est acquis pour un prix de . L'opération est portée par la société d'habitations à bon marché « Montmartre aux artistes » créée par un groupe d'artistes rassemblés autour du sculpteur Louis-Aimé Lejeune (1884-1969), prix de Rome en 1911. La cité Montmartre-aux-artistes est construite entre 1929 et 1936 par l'architecte Adolphe Thiers« L’histoire de la cité Montmartre aux Artistes et de ses habitants de 1925 à nos jours… » (montmartre-aux-artistes.org).
Jean Varenne meurt le « Les faits de la semaine. Adieu Varenne ! », Le Radical, 17 avril 1927 (gallica.bnf.fr). La rue Jean-Varenne à Montmartre dans le quartier des Grandes-Carrières du de Paris est un hommage à son nom et à son grand projet de du boulevard Ney. Il est le frère cadet du député clermontois, gouverneur d'Indochine et fondateur du journal La Montagne, Alexandre Varenne.
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