Ellen Johnson Sirleaf, née le à Monrovia (Liberia), est une femme d'État libérienne, présidente de la République du au .

Économiste formée aux États-Unis, elle est la première femme élue au suffrage universel à la tête d'un État africain.

Elle est corécipiendaire du prix Nobel de la paix en 2011.

Biographie Origines et études Deux de ses grands-parents sont nés au Liberia. Son père, Jahmale Carney Johnson, adopté par une famille américano-libérienne, est diplômé du College of West Africa (Monrovia), une université méthodiste ; il exerçait la profession d'avocat. Elle a également pour ascendant Hilary R. W. Johnson, le premier président libérien né sur le sol de son pays. Elle doit son teint clair à un grand-père allemand du côté de sa mère. Elle grandit dans une famille aisée. À , elle se marie avec James Sirleaf, alors plus âgé qu'elle, qui est fonctionnaire au ministère de l'Agriculture et qui lui permet de poursuivre ses études aux États-Unis. James Sirleaf est alcoolique et la menace, ainsi que ses enfants. Il va même jusqu'à venir la gifler au ministère des Finances où elle travaille, parce qu'elle rentre selon lui trop tard. Après six ans de mariage, elle divorce en 1961, après que son mari a pointé un pistolet sur elle en présence de son fils.

Elle effectue ses études en Amérique et reçoit un baccalauréat de sciences en comptabilité au Madison Business College, à Madison (Wisconsin) en 1964, un diplôme d'économie de l'université du Colorado en 1970, et un master en administration publique de l'université Harvard en 1971. Elle est membre de la sororité afro-américaine Alpha Kappa Alpha, la première sororité créée en 1908.

Elle est membre de l'Église méthodiste unie..

Débuts en politique : l'opposition Elle retourne au Libéria en 1972 pour prendre le poste de secrétaire d'État aux Finances entre 1972 et 1978, puis ministre des Finances entre 1979 et 1980. La politique économique qu'elle y mène n'est pas populaire.. Cette même année, Samuel Doe effectue un coup d'État et fait assassiner le président en exercice William Richard Tolbert à son domicile puis treize de ses ministres sur une plage, lors d'une exécution publique et filmée. Ellen Johnson Sirleaf y survit car elle est une femme et parce que le nouveau président ne peut pas totalement décapiter l'appareil bureaucratique. Elle parvient néanmoins à s'exiler puis revient plus tard, déclarant vouloir faire campagne contre le président, ce qui l'amène à être à nouveau menacée de mort. À partir de 1985, elle est condamnée à une peine de dix ans de prison pour s'être opposée au régime militaire de Samuel Doe, mais est autorisée à quitter le pays peu de temps après. Son opposition politique lui vaut le surnom de « Dame de fer »..

Carrière d'économiste Elle repart aux États-Unis, poursuit sa carrière dans le domaine financier en travaillant comme économiste pour la Banque mondiale et la Citibank. Elle dirige par exemple le PNUD africain (Programme des Nations unies pour le développement).

En 1997, elle finance la campagne présidentielle de Charles Ghankay Taylor, chose qu'elle reconnaîtra être une erreur. La commission , à cause de son implication dans le financement de factions armées, exigera que Jonhson Sirleaf soit interdite d'occuper pendant trente ans des responsabilités officielles.

Élection présidentielle de 2005 et premier mandat présidentiel vignette|Ellen Johnson Sirleaf et le président américain George W. Bush (2008). vignette|Ellen Johnson Sirleaf et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton (2010).

Candidate à la présidence de la république du Liberia pour le Parti de l'unité, elle franchit le premier tour en et se retrouve au second opposée à George Weah le . Selon les résultats définitifs publiés le , l'ancienne ministre des Finances recueille 59,4 % des voix lors du second tour du contre l'ex-vedette internationale du football, qui a obtenu 40,6 % des suffrages.

Ellen Johnson Sirleaf est investie présidente de la République, le . Elle est la première femme élue à la présidence d'un pays africainPierre Prier, « Mama Ellen, Nobel combattante », Le Figaro, samedi 8 / dimanche 9 octobre 2011, page 18 (article complet). Le , elle prête serment devant le président de la Cour suprême Henry Reed Cooper, lors d'une cérémonie de prise de fonctions à laquelle ont assisté des milliers de civils ainsi que de nombreux dirigeants africains et diplomates étrangers. Son vice-président est Joseph Boakai.

Le , lors d’une séance publique du Conseil de sécurité des Nations unies, Ellen Johnson Sirleaf demande la levée des sanctions sur les exportations de diamants et le maintien d’une présence de l’ONU dans le pays, indiquant que la stratégie du gouvernement en matière de maintien de la paix « repose sur quatre piliers : sécurité, primauté du droit et gouvernance, relance économique et reconstruction des infrastructures ». Durant son premier mandat, la moitié des routes autour de Monrovia sont refaites, ville où l'eau courante et l'électricité sont redevenues monnaie courante, mais le chômage (80 %) et la pauvreté sont toujours aussi forts. Le Liberia fait toujours partie des quinze pays les moins développés du monde selon les Nations unies. Elle place la lutte contre la corruption comme l'une de ses priorités et bénéficie de ses contacts dans la finance internationale pour débloquer des prêts pour son pays.

Le , le président des États-Unis George W. Bush lui remet la médaille présidentielle de la Liberté. Le , elle est récompensée du prix Nobel de la paix qu'elle partage avec sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkul Karman. Cette distinction provoque un relent de désaccord au sein de l'opposition politique du pays et y voient un coup de pouce de la part d'Hillary Clinton en vue de l'approche des élections présidentielles de 2011.

Élection présidentielle de 2011 et second mandat

Elle remporte l’élection présidentielle de 2011, alors que son opposant, Winston Tubman, a appelé au boycott (dénonçant notamment des fraudesTanguy Berthemet, « George Weah, tout près du but », Le Figaro Magazine, semaine du 20 octobre 2017, page 28.), ce qui induit un faible taux de participation aux votes de 37,4 %.

Ellen Johnson Sirleaf est investie le lundi pour un second mandat à la tête de son pays. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et plusieurs présidents de la région sont présents à la cérémonie.

Le , elle défend les lois criminalisant l'homosexualité au Liberia..

En 2014, elle est interpellée sur le fait que les femmes n'ont toujours pas accès à la propriété foncière dans son pays, malgré des promesses exprimées via Reuters un an plus tôt.

En , elle lance un appel à l'aide internationale pour lutter contre la propagation du virus Ebola.. Deux mois plus tôt, elle avait limogé les ministres de son gouvernement qui n'étaient pas revenus dans le pays pour aider à combattre le virus.

En 2017, elle est citée dans le scandale des Paradise Papers.

Son mandat prend fin le , lorsque George Weah, élu le face au vice-président sortant Joseph Boakai, prend ses fonctions.

Fonctions gouvernementales 1972-1978 : secrétaire d'État aux Finances du Liberia 1979-1980 : ministre des Finances du gouvernement du Liberia 1982-1985 : vice-présidente de la région Afrique pour le bureau de Citibank, Nairobi 1986-1992 : vice-présidente et membre du comité de direction de la banque Équateur, Washington, D.C. 1988-1999 : membre du comité de direction The Synergos Institute 1992-1997 : directrice du bureau Afrique du Programme des Nations unies pour le développement 1997 : dirigeante du Parti de l'unité 2004-2005 : présidente de la Commission de bonne gouvernance (Liberia) 2005 : dirigeante du Parti de l'unité ; candidate à la présidence 2006-2018 : présidente de la République

Autres responsabilités non-gouvernementales vignette|Le Premier ministre britannique David Cameron, Ellen Johnson-Sirleaf, Bill Gates et Andrew Mitchell (2011). Membre fondateur de l'institut International pour les dirigeantes femmes en politique ; Membre du conseil d'investissement pour la croissance de l'Afrique moderne ; Membre du comité de Moderne Africa Fund Managers ; Présidente de la banque du Liberia pour le Développement et d'investissement ; Présidente de la Kormah Development and Investment Corporation ; Senior Responsable des prêts de la Banque mondiale ; Présidente de la Commission de vérité et de réconciliation libérienne ; Vice-présidente de la Citibank.

En 2006, elle est classée comme la femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2007, elle est classée et en 2008, .

Distinctions Prix 1988 : Prix des quatre libertés de Roosevelt dans la catégorie Liberté d'expression 2006 : Prix de la liberté 2007 : Médaille présidentielle de la Liberté 2011 : Prix Nobel de la paix partagé avec Leymah Gbowee et Tawakkul Karman 2012 : 2014 : (Prix d'économie globale) de la ville de Kiel 2017 : 100 Women 2017 : .

Honneurs 2006 : Doctorat honoris causa de l'université Marquette 2008 : Doctorat honoris causa de l'université de l'Indiana 2008 : Doctorat honoris causa de la 2008 : Doctorat honoris causa de l'université Brown 2009 : Doctorat honoris causa de l'université de Tampa 2008 : Doctorat honoris causa de l'université Yale 2008 : Doctorat honoris causa de l'université Rutgers 2011 : Doctorat honoris causa de l'université Harvard. 2014 : Ange de la paix. 2016 : Doctorat honoris causa du Dartmouth College.

Décorations 50px Grand-croix de la Légion d'honneur, le par François Hollande 50px Collier de l'ordre Pro Merito Melitensi (Malte) 50px Commandeur de l'ordre de Mono (Togo) 50px (Liberia) 50px (Liberia) 50px Ordre de la Rédemption africaine (Liberia)

Vie privée Ellen Johnson Sirleaf est mère de quatre enfants, elle a placé deux d'entre eux à des postes publics d'importance.. Parmi ses enfants se trouvent Robert Sirleaf, ancien président du conseil d'administration de la compagnie nationale de pétrole du Liberia et conseiller spécial de sa mère, qui perd en 2014 les sénatoriales face à George Weah pour le siège du comté de Montserrado ; un autre fils assure la direction des services de renseignement du pays. : un troisième enfin était vice-gouverneur de la banque centrale.

Publications The Child Will Be Great, éditions Harper, 2009

Notes et références

Annexes

Bibliographie Ellen Cooper, Madame la Présidente : Une biographie d'Ellen Johnson Sirleaf, trad. de l'anglais par Mathilde Fontanet, 2018, éditions Zoé, coll. Écrits d'ailleurs, 448 p.

Articles connexes Liste de dirigeantes politiques Condition des femmes au Liberia

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