L’église Saint-Martin de Bouillant est une église catholique située à Crépy-en-Valois, dans le département de l'Oise, en France. Elle était jadis associé à un hôtel de l'évêque de Senlis, et a été édifiée vers le milieu du à l'emplacement d'un édifice plus ancien. L'architecture mêle des influences gothiques flamboyantes et Renaissance, et se distingue notamment par l'originalité des supports, qui sont dérivés des piliers des parties orientales de l'église Saint-Denis, mais ne se rattachent en fait à aucun des deux styles. La façade et la base du clocher, qui correspond à la première travée du bas-côté nord, ont apparemment été bâties en premier lieu, mais il est incertain si le clocher a jamais été achevé. Le reste de l'église est parfaitement homogène, abstraction faite d'un changement de partie entre les côtés nord et sud, qui concerne les tailloirs et chapiteaux. Le transept et le chœur ont toutefois été démolis à la Révolution française, en ne laissant subsister que les murs occidentaux des croisillons, les piliers de la croisée du transept et deux arcs-doubleaux. L'église Saint-Martin a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et se trouve aujourd'hui en bon état. Bouillant est affilié à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, dont le lieu de culte principale est l'église Saint-Denis. L'église Saint-Martin accueille des célébrations occasionnellement.

Localisation thumb|left|Vue depuis l'ouest.

L'église Saint-Martin se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur le territoire de la commune de Crépy-en-Valois, au hameau de Bouillant, rue de l'Église, a flanc de coteau, sur le versant sud du plateau agricole délimite par la vallée de l'Automne au nord, et la vallée Sainte-Marie à l'ouest. Une rangée de maisons sépare l'église de la rue. Sa façade est précédée d'un vaste parvis, qui correspond à l'ancien cimetière, et domine légèrement la rue grâce à un mur de soutènement. Il faut donc gravir quelques marches d'escalier pour accéder au parvis. Au nord du parvis, un autre escalier conduit vers le chemin de Calais, dont les deux extrémités sont reliées à la rue de l'Église. Depuis cette voie, l'on peut apercevoir l'élévation septentrionale de l'église et le chevet, avec les ruines de l'ancien chœur démoli sous la Révolution française..

Historique thumb|left|Vue sur le chevet, avec les vestiges du transept et le mur oriental de 1804.

Bouillant est une ancienne commune indépendante, qui fut réunie à Crépy-en-Valois par décret du . Ses origines se perdent dans le temps. À l'époque carolingienne, Bouillant est une dépendance du domaine royal de Bouville (Bouville étant un hameau de la commune voisine de Duvy). Puis le village est réuni au territoire de Crépy, et est déjà divisé en deux paroisses avant le : Saint-Martin et Saint-Germain. La première correspond au chef-lieu, et se compose du Grand et du Petit-Bouillant. Saint-Germain est situé sur la grande route de Soissons. À l'instar de Crépy, qui est le siège titulaire d'un doyenné, Bouillant fait partie du diocèse de Senlis sous tout l'Ancien Régime. Mais contrairement aux paroisses de Crépy, l'église Saint-Martin n'est pas soumise à la juridiction de l'archidiacre, et relève directement de l'évêque de Senlis. Celui-ci possède en effet un second hôtel épiscopal à Bouillant, qui est attesté jusqu'au . L'église et la paroisse Saint-Martin possèdent d'autres privilèges. Le curé porte le titre de conseiller-né de l'évêque, et siège de droit dans la chambre ecclésiastique.

Les parties les plus anciennes de l'église sont la façade occidentale et la base du clocher, qui correspond à la partie gauche de la façade, et à la première travée du bas-côté nord. Elles datent de l'apogée de la période flamboyante, entre la fin du et le premier quart du . Le reste de l'église actuelle est bâti sous une seule campagne, vers le milieu du , dans un style gothique flamboyant tardif inspiré des parties orientales de l'église Saint-Denis, mais avec des chapiteaux et clés de voûte Renaissance. Le plan comprend une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés, un transept et une abside, dont il est incertain si elle se termine par un chevet plat ou à pans coupés. L'on note un léger changement de parti entre les deux élévations latérales de la nef, avec les bas-côtés correspondants.. Il est impossible d'affirmer si le clocher a jamais été achevé. Le clocher massif initialement prévu est en tout cas remplacé par un petit clocher en charpente assis à califourchon sur la toiture de la nef.

Sous la Révolution française, Crépy-en-Valois est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise. Dans des circonstances qui restent à éclairer, le transept et le chœur sont ( Alfred Bourgeois)., ou (Louis Graves). Il est probable que la suppression définitive de la paroisse Saint-Martin est prévue. En tout cas, l'église est fermée au culte, et ne rouvre pas sous le Directoire en 1795, ni après le concordat de 1801, mais seulement après une restauration en 1804. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du , et a été restaurée depuis. Crépy-en-Valois est aujourd'hui au centre de la paroisse Saint-Sébastien, qui s'étend sur quinze autres communes. Son lieu de culte principal est l'église Saint-Denis de Crépy-en-Valois, où l'Eucharistie est célébrée les dimanches à 11 h. Il y a également la très récente église Mère Teresa, allée des Lys du Valois, et la chapelle Notre-Dame, 63 rue Saint-Lazare, où les messes ont lieu respectivement le dimanche à 9 h 30 et le samedi à 18 h. Ce calendrier paroissial ne laisse pas de place à l'église Saint-Martin, et sans être désaffectée au culte, accueille encore moins de célébrations que la plupart des églises des quinze communes rurales de la paroisse..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan très simple, qui s'inscrit dans un rectangle. Elle se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés. La première travée du bas-côté nord est encore facilement reconnaissable comme ancienne base du clocher. Le chevet est plat. Le mur qui le ferme ne date que de 1804. Jusqu'à la Révolution, il y avait un transept, du même style que la nef, et dont des vestiges assez éloquents sont toujours debout, et une abside, dont plus rien ne subsiste. La sacristie occupe une partie de la superficie de l'ancien croisillon sud. Une tourelle d'escalier parfaitement intacte flanque l'angle nord-est du croisillon nord. Sans tenir compte des parties démolies, l'église mesure de longueur dans l'œuvre, et de largeur environ, dont incombent à la nef, à chacun des bas-côtés, et au diamètre des piliers des grandes arcades. Les croisillons du transept n'étaient pas débordants, et avaient donc de profondeur. Les murs ont près d'un mètre d'épaisseur. L'ensemble de l'édifice est voûté d'ogives. La hauteur sous le sommet des voûtes atteint dans la nef, et dans les bas-côtés. D'après le Bourgeois, la hauteur de la croisée du transept et du chœur était plus importante que celle de la nef. Il avance le chiffre de . Cette hypothèse est erronée, comme le montrent l'arc-doubleau occidental de la croisée du transept, qui est visible aussi bien depuis l'intérieur que depuis l'extérieur, et les arcs d'inscription des parties orientales, qui ont exactement la même hauteur. Nef et bas-côtés sont couverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec un large pignon en façade. La façade semble subsister en partie de l'édifice précédent. Au moins depuis sa reconstruction au , la nef n'a jamais possédé de fenêtres hautes. Le portail occidental constitue l'unique entrée..

Intérieur Nef vignette|upright|Nef, vue vers l'est. vignette|upright|, élévation nord. vignette|upright|Nef, vue vers l'ouest.

Bien qu'incomplète et de dimensions modestes, l'église Saint-Martin demeure un témoignage intéressant de la période de transition du style gothique flamboyant vers la Renaissance, en développant un parti architectural original, qui est loin des compromis quelque peu fades ou maladroits que l'on peut parfois voir à cette époque, comme à Bresles, Saint-Denis de Crépy-en-Valois, Montagny-Sainte-Félicité, Montfort-l'Amaury, Ognon. L'arc brisé est encore systématiquement appliqué, tant sur les voûtes que les grandes arcades ou les fenêtres. Les travées de la nef étant d'environ la moitié plus larges que profondes, les formerets latéraux et les grandes arcades sont naturellement plus aigües que les doubleaux perpendiculaires. Les grandes arcades occupent les deux tiers des élévations latérales, et la retombée des hautes-voûtes s'effectue à peu près au niveau du sommet des grandes arcades, ce qui réduit l'étage de murs aveugles aux lunettes des voûtes, et relativise l'absence de fenêtres hautes. Mais la particularité réside dans la conception des piliers. Ce ne sont plus les piliers ondulés habituellement employés à la période flamboyante, et qui font souvent regretter l'interception des lignes organiques voulues par leur concepteurs par des tailloirs et chapiteaux, ni des piliers Renaissance inspirés de l'architecture antique. Les piliers sont cantonnés de quatre petits fûts cylindriques, qui délimitent un pilastre aux angles adoucis par des quarts-de-rond sur chacune des quatre faces. Ces piliers existent déjà dans le chœur de l'église Saint-Denis, qui a vraisemblablement servi de modèle. Si à Saint-Denis, l'architecte hésite encore entre des nervures pénétrantes, utilisées autour de la croisée du transept, et des culs-de-lampe Renaissance, employés dans les croisillons et dans le sanctuaire, la nef de Saint-Martin fait preuve d'un parti cohérent, et présente des tailloirs et chapiteaux à la retombée des grandes arcades et des hautes-voûtes.