Les élections législatives islandaises de 2016 () se sont tenues le dans le but de renouveler les 63 sièges de l'Althing, le Parlement islandais. Initialement prévues en , ces élections anticipées sont organisées à la suite du scandale des . Douze partis ont présenté des listes lors de cette élection, dont neuf dans l'ensemble des circonscriptions.

La campagne s'axe principalement autour de la lutte contre l'évasion fiscale, en plein scandale des , la question de l'adhésion à l'Union européenne, les affaires sociales et la reprise du processus d'élaboration d'une nouvelle constitution.

Le Parti de l'indépendance, déjà vainqueur des élections de 2013, arrive en tête et obtient 21 des 63 sièges de l'Althing, suivi par le Mouvement des verts et de gauche avec 10 élus. Le Parti pirate, longtemps favori des sondages, arrive troisième et remporte également , tandis que le Parti du progrès du Premier ministre Sigurður Ingi Jóhannsson n'en obtient que 8. Suivent le nouveau parti Viðreisn (« Renaissance », 7 sièges), Avenir radieux (4 sièges) et l'Alliance social-démocrate (3 sièges).

À l'issue des élections, le gouvernement Jóhannsson, formé par la coalition du Parti de l'indépendance et du Parti du progrès, perd sa majorité et n'est plus soutenu que par 29 députés, soit 46 % de l'Althing. Le Premier ministre Sigurður Ingi Jóhannsson annonce alors son intention de démissionner. Le président de la République Guðni Th. Jóhannesson demande successivement à Bjarni Benediktsson (Parti de l'indépendance), Katrín Jakobsdóttir (Mouvement des verts et de gauche) et Birgitta Jónsdóttir (Parti pirate) de former le nouveau gouvernement, mais à la suite de leurs échecs, décide de ne pas donner de mandat et de laisser les différents partis négocier entre eux. Ainsi, après plus de deux mois de discussions, le Parti de l'indépendance, Renaissance et Avenir radieux parviennent finalement à un accord le et le nouveau gouvernement prend ses fonctions le avec Bjarni Benediktsson comme Premier ministre.

Contexte

Situation économique

L'Islande a été l'un des pays les plus touchés par la crise financière mondiale de 2007-2008.. Le chômage y avait dépassé 10 % en 2008 ; les principales banques du pays ont fait faillite et l'Islande a refusé de rembourser les placements étrangers à la suite de .

En novembre 2015, le Premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson avait déclaré que l'Islande n'aurait pas pu sortir de la crise si elle avait été membre de l'Union européenne et si, comme l'Irlande ou la Grèce, elle avait été obligée de prendre la responsabilité des dettes des banques en faillite.

En janvier 2016, les sources officielles annoncent que le taux de chômage est retombé à un chiffre (1,9 %) proche de ce qu'il était avant la crise de 2008 (1,3 %)..

Société

Le taux d'homicide en Islande est le plus bas de l'OCDE. En 2003, 2006 et 2008 aucun homicide n'est recensé sur l'île. Le taux d'agression est également plus bas que dans le reste des pays de l'OCDE OCDE, better life index. En 2013, la police tue un habitant pour la première fois.... Selon l'ambassade américaine à Reykjavik : ...

Lors de la publication du rapport PISA-2012 de l'OCDE, le système éducatif islandais est mal classé Pisa-2012, ce qu'il faut retenir du rapport, Le Nouvel Observateur, 3 décembre 2013. Il se trouve dans les pays les plus faibles en lecture et en sciences, et dans les pays moyens pour les mathématiques. L'Islande a ainsi perdu par rapport au précédent rapport PISA.. De façon générale, les pays nordiques ont tendance à perdre des places au profit des pays d'Asie du Sud-Est.

Il existe un système de soins de santé universel en Islande qui est administré par le ministère des Affaires sociales et qui est financé à 80-85 % par les impôts et à 15-20 % par les frais de service.. Il n’existe pas d’hôpitaux privés ni d’assurances privéesGunnlaugsson, Gunnar H.; Oddsdottir, M; Magnusson, J (2006). "Surgery in Iceland". Arch Surg 141 (2): 199–203. doi:10.1001/archsurg.141.2.199. .. Le gouvernement consacre une importante partie de son budget aux soins de santé8,9 % du PIB (source : ) qui est l’un des plus performants au monde, classé par l’Organisation mondiale de la santé.. En 2009, l'Islande avait 3,7 médecins pour alors qu’en moyenne il y en a 3,1 dans les pays de l'OCDE, et 15,3 infirmiers pour contre une moyenne de 8,4 dans les pays de l’OCDEOECD Health Data 2011.. La proportion de la population qui fume est l'une des plus basses de l'OCDEVoir l'article Liste des pays par taux de tabagisme et l'espérance de vie moyenne est de , une des plus élevées dans le monde.

Environnement

L'Islande est l'un des pays les moins pollués au monde., malgré une prise de conscience environnementale des citoyens assez tardive, grâce à une forte utilisation de l'énergie géothermique. et une faible densité de population. Selon une évaluation de l'OCDE, la quantité de matière toxique mesurée dans l'atmosphère est beaucoup plus faible que n'importe quel autre pays industrialisé..

Contexte européen et mondial

Les élections interviennent un peu plus d'un an après le retrait de la procédure d'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. En effet, celle-ci fut déposée le ., mais gelée le , puis officiellement retirée le .. Ce retrait est toutefois contesté par la majorité des Islandais (63 % selon un sondage.) et par l'opposition en raison de l'absence de consultation du Parlement ou de référendum.. La majorité des Islandais reste cependant opposée à l'adhésion à l'UE, notamment en raison des quotas de pêche imposés par l'UE.

L'Islande est cependant intégrée à la coopération européenne puisqu'elle est membre du Conseil de l'Europe., de l'Association européenne de libre-échange (AELE). et de l'Espace économique européen..

Au niveau mondial, l'Islande appartient à l'Organisation des Nations unies (ONU)., à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN)., ainsi qu'à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Institutions

Le gouvernement Gunnlaugsson abandonne le projet de constitution lancé sous le gouvernement de Jóhanna Sigurðardóttir., malgré son soutien par deux tiers des Islandais....

Contexte politique

thumb|left|Composition de l'Assemblée sortante. thumb|Les élections législatives anticipées sont provoquées par la découverte de l'implication du Premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson dans le scandale des .

Après la défaite de la coalition de gauche entre l'Alliance et le Mouvement des verts et de gauche aux élections de 2013, le Parti de l'indépendance et le Parti du progrès reviennent au pouvoir avec la formation du gouvernement Gunnlaugsson.

Le , l' dévoile que le Premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, le ministre des Finances Bjarni Benediktsson et la ministre de l'Intérieur Ólöf Nordal sont impliqués dans le scandale des ..

Sigmundur Davíð Gunnlaugsson est contraint à la démission le .. et est remplacé par son ministre de la Pêche et de l'Agriculture Sigurður Ingi Jóhannsson qui forme le nouveau gouvernement deux jours plus tard...

Les élections législatives étant initialement prévues en ., le nouveau gouvernement annonce la tenue d'élections anticipées à l'automne suivant., ce qui est confirmé le par Bjarni Benediktsson, numéro deux du gouvernement, qui annonce que les élections se tiendront le ..

Une grande partie des Islandais ne sont cependant pas satisfaits : deux tiers des citoyens demandent la démission de tous les ministres impliqués dans le scandale ; de plus l'opposition dénonce le manque d'action contre l'évasion fiscale, et le long délai d'attente avant les élections. Elle échoue à faire adopter une motion de défiance contre le gouvernement..

Organisation

Mode de scrutin

thumb|left|190px|Les six circonscriptions électorales islandaises.

Les modalités du scrutin sont définies par la Constitution de la république d'Islande de 1944 et la loi électorale du ..

Les 63 membres de l'Althing sont élus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées.. 54 sièges sont pourvus en fonction des résultats de chaque circonscription, répartis selon la règle d'Hondt. Les 9 sièges complémentaires sont attribués aux partis ayant dépassé le seuil d'au moins 5 % des voix selon leur pourcentage de voix au niveau national.

L'Islande est divisée en 6 circonscriptions électorales dont les limites sont définies par la loi : Norðausturkjördæmi (Nord-Est), Norðvesturkjördæmi (Nord-Ouest), Reykjavíkurkjördæmi norður (Reykjavik Nord), Reykjavíkurkjördæmi suður (Reykjavik Sud), Suðurkjördæmi (Sud) et Suðvesturkjördæmi (Sud-Ouest).

Calendrier

Après avoir été annoncées le , les élections législatives anticipées sont officiellement programmées pour le lors de la dissolution de l'Althing par le président d'Islande Guðni Th. Jóhannesson.. La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au , celles-ci devant être officiellement publiées au plus tard le ..

Candidats

Douze partis présentent des listes, dont neuf dans l'ensemble des six circonscriptions.. Parmi les douze partis, six possèdent des sièges dans l'Assemblée sortante : le Parti de l'indépendance, le Parti du progrès, l'Alliance, le Mouvement des verts et de gauche, Avenir radieux et le Parti pirate.

Parti Chef de file Sièges sortants Idéologie Circonscriptions Notes A Avenir radieux() Óttarr Proppé Social-libéralisme. toutes B Parti du progrès() Sigurður Ingi Jóhannsson CentrismeAgrarianisme toutes Parti du Premier ministre sortant Sigurður Ingi Jóhannsson et de son prédécesseur Sigmundur Davíð Gunnlaugsson.Membre de la coalition gouvernementale depuis 2013. C Renaissance() Benedikt Jóhannesson LibéralismeEurophilie toutes Première participation à une élection législative.Scission pro-européenne du Parti de l'indépendance. D Parti de l'indépendance() Bjarni Benediktsson Libéral-conservatismeEuroscepticisme toutes Membre de la coalition gouvernementale depuis 2013. E Front national islandais() Guðmundur Karl Þorleifsson. NationalismePro-christianismeAnti-multiculturalisme. SudNord-Ouest Première participation à une élection législative. F Parti du peuple() Inga Sæland Lutte contre la pauvreté, le handicap et la corruption. toutes Première participation à une élection législative. H Parti humaniste() Júlíus Valdimarsson. Démocratie directeAntilibéralismeSolidaritéDéfense des droits de l'hommeIl s'agit du programme que l'on retrouve chez les partis humanistes des différents pays, regroupés dans le Parti humaniste international. Source : . Reykjavik Sud P Parti pirate() Birgitta Jónsdóttir Démocratie directeRéforme du copyrightDéfense des droits civiques toutes R Front populaire islandais() Þorvaldur Þorvaldsson. SocialismeAnticapitalismeÉcologie politiqueEuroscepticismeSouverainisme.Pacifisme. toutes sauf Sud-Ouest S Alliance() Oddný Harðardóttir Social-démocratie toutes Membre de la coalition gouvernementale entre 2009 et 2013. T AubeEn forme longue : « Aube - l'organisation de la justice, de l'égalité et de la démocratie » ()() Pálmey Gísladóttir. Protection des ménagesAdoption du projet de constitution de 2011Protection de l'environnement et encadrement de la pêcheTransparence en politiqueJusticeRelations avec l'Union européenne. toutes V Mouvement des verts et de gauche() Katrín Jakobsdóttir Socialisme démocratiqueÉcosocialismeFéminisme toutes Membre de la coalition gouvernementale entre 2009 et 2013.

Campagne

Thèmes de campagne

Réformes institutionnelles

L'un des grands enjeux du scrutin est la reprise du processus citoyen de révision constitutionnelle lancé sous le gouvernement de Jóhanna Sigurðardóttir, et suspendu par la coalition Parti du progrès-Parti de l'indépendance lors de son retour au pouvoir en 2013.

L'adoption de la nouvelle Constitution fait partie du programme du Parti pirate, de l'Alliance et du Mouvement des verts et de gauche....

Économie et société