Charles-Xavier Joseph de Francqueville d'Abancourt, dit le chevalier d'Abancourt, né à Douai le et mort à Versailles le , est un homme politique français. C'est le dernier ministre de la guerre nommé par Louis XVI.
Biographie
Petit-fils de Charles-Joseph de Pollinchove et de Marie-Catherine Chambge, fils de Marie Charlotte Eulalie de Pollinchove mariée en 1757 à Jacques-Joseph de Francqueville d'Abancourt, procureur du roi au Parlement de FlandresÉléonore Paul Constant Du Chambge de Liessart, Notes historiques relatives aux offices et aux officiers du Bureau des finances de la généralité de Lille, L. Leleu, 1855 lire en ligne., échevin de Cambrai, puis Secrétaire du roi et Garde des Sceaux de la chancellerie du Parlement de Flandre.
Neveu du célèbre contrôleur général des finances Calonne, il fut volontaire, à quinze ans, dans les mousquetaires de la garde du roi, puis sous-lieutenant en 1777 à la suite du régiment Mestre de camp général de la cavalerie, lieutenant en second en 1779, capitaine en second (1784), et capitaine en premier le puis lieutenant-colonel au de chasseurs à cheval. Grace à l'influence de Calonne et à la protection des royalistes constitutionnels, il est nommé adjudant-général.
À l'été 1792, une crise politique se dessine après le renvoi du ministère girondin et la démission du ministère feuillant qui l'avait remplacé. Le , le lendemain même du jour où avait été rendu le décret de la Patrie en danger, il fut nommé ministre par le Louis XVI, fonction qu’il ne devait exercer que pendant . À la publication du manifeste de Brunswick, deux jours plus tard, d'Abancourt s'efforça de rassurer l'Assemblée sur la situation militaire entre l'Escaut et la Sambre, sur l'organisation des bataillons de volontaires, et sur la formation du camp de Soissons. Trois commissaires enquêteurs, Lacombe-Saint-Michel, Gasparin et Carnot l'aîné, furent délégués pour connaître la vérité, et rendirent compte de leur mission dans la séance du , en constatant que l'alimentation et l'habillement des soldats étaient également défectueux. Le , Lacroix montait à la tribune pour dénoncer les agissements du ministre, relativement à la formation du camp de Soissons que le Roi avait demandé, comme étant plus proches de la frontière, plutôt que le camp de Paris, que les jacobins voulaient afin de pouvoir neutraliser la Garde nationale. Les dispositions défiantes de l'Assemblée à l'égard du ministre de la Guerre s'exaspérèrent encore par suite des mesures prises par lui, quelques jours avant le . Un décret du Roi ordonnant l'envoi à la frontière de deux bataillons de gardes suisses resta inexécuté ; on soupçonna le ministre de préméditer une évasion du Roi du côté de la Normandie, dont les autorités semblaient dévouées aux constitutionnels, et sa mise en accusation fut formellement réclamée une première fois, par Guadet ; l'Assemblée ne passa à l'ordre du jour qu'après avoir déclaré « qu'aucun motif ne peut autoriser un ministre à retarder l'exécution d'un décret », et après avoir renvoyé au comité diplomatique l'examen de la conduite du ministre.
Lors de la journée du 10 août 1792, D’Abancourt organisa comme il put la défense des Tuileries. Il fit venir deux régiments suisses de Courbevoie et de Rueil, en complément de la Garde nationale. Les autorités parisiennes (le maire, le procureur-syndic de la Commune), invitées par le Roi à venir auprès de lui, invitèrent les Suisses et la Garde nationale, au nom de la loi, à ne pas laisser forcer les portes du palais. Après que la Garde nationale eût été neutralisée par l'assassinat de son chef Mandat de Grancey, sur ordre du Maire, il ne restait plus aux Tuileries que les gardes suisses, qui jusqu'alors avaient toujours manifesté des sentiments jacobins et avaient été maintenus par l'Assemblée. Et c'est par obéissance au Maire, et au Procureur syndic de la Commune, que les Suisses firent usage de leurs armes, contrevenant à l'ordre qui leur avait été donné par le Roi.
Accusé par Thuriot de la Marne d’avoir été un des principaux auteurs des malheurs de la journée, d'Abancourt fut, sur la proposition de ce dernier, décrété d'accusationCamille Dreyfus, André Berthelot, La Grande Encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, , Paris, H. Lamirault et cie, 1886, . Arrêté immédiatement, il fut écroué d'abord à La Force et conduit ensuite à la prison d'Orléans, pour y être jugé par la haute Cour nationale « comme prévenu de crime contre la Constitution et d'avoir attenté contre la sûreté de l'État ».
D'Abancourt fut arraché de la prison le , en même temps que cinquante-deux autres prisonniers, pour être transféré à Versailles, les fers aux pieds et les menottes aux mains, sous la garde de deux ou trois mille volontaires parisiens. À leur arrivée dans cette ville, le , au moment de franchir la grille de l'Orangerie, 44 d'entre eux furent massacrés avec préméditation par les gens de l'escorte, nonobstant les tentatives désespérées du maire Hyacinthe Richaud. D'Abancourt fut du nombre des victimes, avec Claude Antoine de Valdec de Lessart, ancien ministre de l'Intérieur puis des Affaires étrangères, et le comte de Cossé-Brissac, commandant en chef de la Garde constitutionnelle du Roi.
La liste des prisonniers traîtres à leur patrie, conspirateurs, détenus dans les prisons d'Orléans, et jugés en dernier ressort par le peuple souverain à Versailles, liste qui fut criée le soir même dans Paris, porte cette mention laconique : « Dabancourt non interrogé ».
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Massacres de Septembre (1792 à Versailles) Famille de Francqueville Liste des ministres de la défense
Liens externes
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