thumb|Sapeur-forestier en uniforme du génie en 1939. Les sapeurs-forestiers ont existé entre 1927Décret du 11 mai 1927 du président de la République fixant l’organisation du nouveau Corps des sapeurs forestiers mobilisés dans l’armée. et 1945. Ils avaient remplacé les chasseurs forestiers dont le corps avait été supprimé en 1924. Entre les deux guerres mondiales, le commandement militaire, soucieux d'assurer les grands besoins en bois de l'armée en campagne, organisa dès le temps de paix des unités de sapeurs forestiers uniquement encadrées par du personnel de réserve.

L'organisation de ce nouveau corps spécialCorps spécial au sens de l'article 40 de la Loi du 13 juillet 1927, comme le confirme l'actuel Code des Pensions. est fixé par décretDécret du 2 avril 1936 fixant l'organisation du Corps Spécial des Sapeurs Forestiers.. L'article 2 de ce décret prescrit que : « Ce Corps Spécial est rattaché à l'Arme du Génie ».

La mobilisation du personnel de l'Administration des Eaux et Forêts était assurée dans des unités de réserve du Génie militaire. Contrairement à leurs prédécesseurs, la doctrine leur fait abandonner l'activité militaire pour se consacrer uniquement à la production de bois dans le cadre de leur nouvelle appartenance à l'Arme du Génie.

Les Gardes Généraux (officiers) sortant de l'École nationale des eaux et forêts étaient en général officiers de réserve du Génie et ils accomplissaient souvent leurs périodes d'activité dans la tenue de l'Administration des Eaux et Forêts.

Missions et organisation À la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la mobilisation nationale, la durée du service national est passée de un à deux ans. À la suite de ces deux ans de période d'armée active, les appelés connaissent une durée totale des obligations militaires qui est la somme des périodes de service actif (deux ans), de disponibilité (trois ans), de (16 ans) et de (8 ans), soit 29 ans au totalBienvenue au Sénat, rapport d'information du 17 mars 1936..

Les affectations de mobilisation que le personnel de l'Administration des Eaux et Forêts est susceptible de recevoir suivant la classe de mobilisation à laquelle il appartient sont fixées par décretDécret du 2 avril 1936 portant organisation du corps spécial des sapeurs-forestiers. et résumée dans le tableau suivantInstruction 11.223-1 / EMA du 3 novembre 1936. : Situation Classes Affectation Grades Disponibilité Formation ordinaire du Génie Grade de réservistes 7 plus jeunes classes Formation ordinaire du Génie Grade de réservistes Autres classes Corps spécial des sapeurs forestiers (compagnie, groupe, centre) Grade d'assimilation Plus jeunes classes Corps spécial des sapeurs forestiers (compagnie, groupe, centre) Grade d'assimilation Autres classes Affectation spéciale (affectation en service administratif) Pas de grade d'assimilation Personnel non affecté Sans affectation Grade de réservistes

Il faut savoir queChausse, Jean-Claude : L'administration militaire des bois de guerre : le sapeur-forestier de 1939 et ses insignes, in Hirbec, P., Hannequart, F., Taillardat, J. coord., 2014. Histoire et traditions forestières - Colloque 2014, Les Dossiers Forestiers , Office National des Forêts, 299 p., : les officiers, appartenant à des classes plus anciennes que celles de la , peuvent être appelés dans une formation ordinaire, dans le corps des sapeurs-forestiers ou dans une affectation spéciale, les officiers, même dégagés d'obligations militaires, sont à la disposition de l'Administration des Eaux et Forêts, les préposés en retraite peuvent remplacer du personnel mobilisé.

Le corps spécial des sapeurs-forestiers, rattaché à l'arme du Génie est donc constitué avec du personnel des réserves classé dans l'affectation spéciale appartenant aux catégories suivantes : officiers de réserve du Génie appartenant à l'Administration des Eaux et Forêts, officiers de réserve de toutes armes spécialistes des questions forestières ou du commerce des bois, sous-officiers et hommes de troupe de réserve du Génie appartenant à l'Administration des Eaux et Forêts, sous-officiers et hommes de troupe des réserves de toutes armes spécialisés en matière forestière (bûcheron, scieurs, charbonniers, charretiers de trinqueballes, manutentionnaires de scieries, gardes particuliers).

Les grades d'assimilation spéciale sont conférés aux personnels de l'Administration des Eaux et Forêts conformément au tableau suivant : Grades de l'Administration des Eaux et Forêts Correspondances de grades Fonctions Directeur général des Eaux et Forêts Général de brigade Chef du service des bois de guerre Inspecteur général des Eaux et Forêts Général de brigade Conservateur des Eaux et Forêts Colonel Chef de centre militaire des bois de guerre Inspecteur principal des Eaux et Forêts Lieutenant-Colonel Adjoint au chef de centre militaire des bois de guerre Inspecteur des Eaux et Forêts Chef de bataillon Inspecteur adjoint des Eaux et Forêts Capitaine Garde général des Eaux et Forêts Lieutenant Commis ou brigadier des Eaux et Forêts Sous-officier ou Sous-Lieutenant Sous-Lieutenant si nécessité d'encadrement Garde des Eaux et Forêts de et Caporal Garde des Eaux et Forêts des autres classes Sapeur de

Il existe deux sortes de mobilisation pour les forestiers : Soit au titre « des armées » sur une ligne de front : dans le service forestier d’un corps d’armée (SFCA). Au quartier général de l’armée, un service forestier dépendant, par l’intermédiaire de la direction des services du Génie, du commandant du Génie de l’armée. À la direction des étapes de l’armée, le service forestier dépend de la direction du Génie des étapes. Les moyens d’exécution lui sont fournis par le commandement. dans une des compagnies de sapeurs-forestiers (CSF) groupées en un commandement des unités de sapeurs-forestiers. Soit au titre « du territoire », dans le cadre de la mobilisation économique et industrielle : dans un groupe forestier (GF), mis à la disposition du département de l’Agriculture (direction générale des Eaux et Forêts chargée d’assurer la fourniture des bois) pour être employé à l’exploitation des forêts. dans un centre militaire des bois de guerre (CMBG) attaché à une conservation des Eaux et Forêts.

Pour mieux répondre aux besoins, deux types d’unités sont créés, avec des fonctionnements totalement différents : Les unités de production dans la zone de l’avant, incorporées aux autres unités du front. Leur installation présente moins de sécurité et moins de stabilité que dans la zone de l’arrière. Elles répondent à d’autres besoins militaires qu’elles doivent pouvoir satisfaire rapidement. L’organisation du service forestier dans les zones de l’avant doit, en conséquence, s’efforcer de décentraliser le système d’exploitation par l’ouverture de chantiers multiples. L’organisation du travail est dominée par les considérations suivantes : être à l’abri des vues de l’ennemi, concentrer les exploitations le plus près possible des cantonnements de troupes au repos qui, en principe fourniront la main-d’œuvre nécessaire, organiser les chantiers de manière à répondre rapidement aux demandes urgentes de produits déterminés (rondins, piquets de réseau, bois de chauffage, etc.), éviter, dans l’éventualité de replis brusques, la constitution d’organisations trop industrialisées. Les unités de production de l’arrière, éloignées du front, comportent une certaine stabilité des services. Ceux-ci doivent s’efforcer de se rapprocher des méthodes d’organisation industrielle en s’inspirant des principes suivants : recherche d’un centre d’exploitation présentant des ressources forestières importantes et bien desservi au point de vue des communications de manière à concentrer le plus possible les ressources en personnel et matériel. équipement du massif en voies de vidange intérieure : amélioration des chemins existants, installation de voies Decauville, etc. organisation éventuelle d’ateliers permettant la fourniture de produits finis ou semi-finis.

Dès lors, les Centres de Mobilisation du Génie (CMG) se chargent de l'organisation du corps spécial des sapeurs-forestiers en mettant en place les unités selon le tableau suivant : Centre de Mobilisation du Génie Compagnies Groupes Centres CMG 1 (Épinal) & CSF GF 17 CMBG 3, 4, 9, 31 & 34 CMG 2 CSF CMBG 16 & 35 CMG 3 (Arras) CSF GF 4 CMBG 6 & 7 CMG 4 (Grenoble) GF 5, 9 & 10 CMBG 5, 10 & 17 CMG 6 (Angers) GF 7, 8 & 14 CMBG 19, 20 & 24 CMG 7 (Avignon) , & CSF CMBG 11, 23, 26 & 27 CMG 9 GF 15 CMBG 18, 22, 29 & 29a CMG 10 & CSF GF 6 CMBG 12, 13, 32 & 33 CMG 11 (Versailles) GF 1 & 2 CMBG 1, 2, 8 & 15 CMG 28 CSF GF 11, 12 & 13 CMBG 21, 25 & 37 CMAC 75 (Corse) CMBG 30

Les compagnies de sapeurs-forestiers La compagnie combine des moyens humains et matériels. Elle se composeInstruction du ministère de la Guerre du 25 février 1925 précisant comment doivent être constituées les compagnies et les groupes forestiers. de 277 personnels : 4 officiers : 2 capitaines, un commandant de compagnie et son adjoint ; 3 lieutenants pour 4 sections de travail ; 23 sous-officiers et caporaux : 1 adjudant, commandant de parc, sergent-chef, sergents, des caporaux ; 249 hommes de troupe : Ces différents personnels, Cadres et Hommes du Rang, sont affectés comme suit : des services généraux : comptables, cuisiniers, maréchaux-ferrants, bourreliers, infirmiers, du train régimentaire : conducteurs, chauffeurs, vaguemestre, sergent d’approvisionnement, du parc de la compagnie : mécaniciens, scieurs, électriciens, affûteurs.

Il est créé dix compagnies de sapeurs-forestiers, dites « aux armées », attachées chacune à un corps d’armée. Composées du personnel le plus jeune de la , leur mobilité permettait de fournir le bois dont l’armée avait besoin ponctuellement, au jour le jour, pour le chauffage ou la construction d’un pont, d’une route ou d’un abri.

En 1939, une noteNote du GQG du 13 septembre 1939 destinée au Bureau de l'EMG, archives du SHAT. précise la répartition des 10 premières unités - les autres n'étant pas encore formées à cette date - entre le Grand Quartier Général et les Armées, « rendue nécessaire par l'obligation qu'il y a de pouvoir à la fois à l'exploitation méthodique des ressources ligneuses et aux besoins éventuels en renforcements ». À cette date, cette répartition est la suivante : Numéro de compagnie Affectation 1 Armée 2 Armée 3 Armée 4 En réserve du Grand Quartier Général 5 Armée 6 En réserve du Grand Quartier Général 7 Armée 8 En réserve du Grand Quartier Général 9 Armée 10 Armée

De plus, formaBulletin Symboles et Traditions, numéro 106, Les Sapeurs Forestiers par le Capitaine (hon.) J.R.D. Drone, complément, pages 70. en Afrique du Nord les compagnies à 3, au Maroc des formations de sapeurs-forestiers rattachées au du Génie et simultanément en métropole 13 compagnie auxiliaires d'exploitation forestières formées par la mutation en bloc dans l'arme du Génie de 11 compagnies de pionniers (donc d'infanterie) affectées à des travaux forestiers à partir du . Ces dernières, numérotées de 1 à 5 et de 8 à 13 ne firent pas partie du corps spécial des sapeurs-forestiers.

Pour éviter toute confusion, ces unités reçurent à compter du les indicatifs : 398/le N° des compagnies auxiliaires d'exploitation forestières, 399/le N° des compagnies de sapeurs-forestiers, 429/le N° des compagnies de sapeurs-forestiers formées en Afrique du Nord.

Un rapportBulletin Symboles et Traditions, numéro 105, Les Sapeurs Forestiers par le Capitaine (hon.) J.R.D. Drone, pages 9 à 12. présente le mode de recrutement et la situation des effectifs à la date du : les sapeurs-forestiers sont en totalité de réserve, le commandement des unités de sapeurs forestiers est assuré par un Conservateur des Eaux et Forêts (assimilé officier supérieur de réserve du Génie avec le grade de Colonel),