Adoniram Judson, Jr. ( – ) est un missionnaire chrétien baptiste, qui a servi en Birmanie pendant près de quarante ans. À l’âge de 25 ans, Adoniram Judson devient le premier missionnaire chrétien évangélique envoyé depuis l’Amérique avec pour but de prêcher en Birmanie. Sa mission et son travail avec Luther Rice le mena vers la formation du Baptist Board for Foreign Missions des États-Unis.
Avec le temps, il a été faussement considéré comme le tout premier missionnaire de Birmanie, mais en réalité il fut précédé par James Chater et Richard Mardon (tous-deux arrivés en 1807) tout comme Felix Carey. Pour autant, puisque ses prédécesseurs ne restèrent que peu de temps, et que Judson traduisit la Bible en Birman, il a aussi établi un nombre d’églises baptistes en Birmanie, Judson est remémoré comme le premier missionnaire effectif de Birmanie, de même comme l’un des premiers missionnaires américains à voyager à l’étranger.
Biographie Jeunesse thumb Judson est né le à Malden, Middlesex County, Massachusetts William H. Brackney, Historical Dictionary of the Baptists, Rowman & Littlefield, USA, 2021, p. 332. Né de Adoniram Judson, Sr., ministre d’une congrégation, et Abigail (née Brown). Judson entre à l’Université de Rhode Island & Providence Plantations (maintenant Brown University) à l’âge de seize ans, et fut diplômé puis nommé major de sa promotion à l’âge de dix-neuve ans. Pendant ses études d’université il rencontra un jeune homme appelé Jacob Eames, un déiste dévoué et sceptique. Judson et Eames développèrent une solide amitié, qui mena Judson à abandonner sa foi et l’instruction religieuse de ses parents. Pendant ce temps, Judson s’attacha à des écrits de philosophes français. Après avoir été diplômé d’université, Judson ouvrit une école puis écrit un manuel de grammaire anglaise ainsi qu’un manuel de mathématique, tous-deux destinés à enseigner les filles.
Le point de vue déiste de Judson a été secoué lorsque son ami Eames tomba violemment malade puis mourut. Tous deux dormaient dans des chambres séparées dans une auberge, et Judson entendu les cris d’un mourant dans la chambre d’à côté, pour apprendre par le greffier le lendemain matin que son voisin anonyme été en réalité M. Eames, et qu’il était bien mort. Apprendre l’identité de son voisin mort fut un choc – et le fait que ce soit Eames l’ai éloigné de sa foi chrétienne vers le scepticisme, qui était dorénavant mort – cela ramena Judson à la foi de sa jeunesse malgré le fait qu’il fasse déjà partie de la Andover Theological Seminary. En 1808, Judson "prit un engagement solennel pour servir Dieu". Durant sa dernière année d’école, Judson choisit de faire une carrière missionnaire.
En 1810, Judson rejoint un groupe d’étudiants d’une mentalité missionnaire à Andover qui se faisaient appeler « les Frères ». Les étudiants d’Andover inspirèrent l’établissement de la première société missionnaire organisée d’Amérique. Empressé de servir à l’étranger, Judson est devenu convaincu que “l’Asie avec ses myriades idolâtres, était le terrain le plus important dans le monde pour l’effort missionnaire ». Avec trois autres étudiants du séminaire, il s’est présenté devant l’Assiociation Général des Congrégationalistes afin d’obtenir de leur part un soutien financier. En 1810, impressionnés par la politesse et la sincérité des quatre hommes, les anciens votèrent pour créer l’American Board of Commissioners for Foreign Missions (une agence de soutien pour les missions à l'étranger).
Voyage à Londres Le , Judson arrive à Liverpool depuis Boston, par le biais d'un bateau appelé Packet. Il était parti en Angleterre afin de visiter la London Missionary Society car il n'y avait pas encore en Amérique d'agence connue pour envoyer des missionnaires. Mais le voyage fut perturbé par un corsaire français, L'invincible Napoléon, qui captura le bateau et fit des membres de l'équipage des prisonniers.
Le bateau arriva à Le Passage, en Espagne, et les prisonniers furent transférés à Bayonne, France. Après un court emprisonnement, Judson fut relâché. Le , il arriva à Paris, traversa la Manche depuis Morlaix jusqu'à Dartmouth, et arriva enfin à Londres le . Il y visita un séminaire missionnaire à Gosport, puis repartit à New York à bord du Augustus en août.
Ministère left|thumb|220x220px|Navigation à voile de Salem à bord du "Caravan" Le , Judson est choisi par l'American Board of Commissioners for Foreign Missions en tant que missionnaire dans l'Est. Judson fut aussi établi missionnaire par la Congregational Church, puis se maria rapidement avec Ann Hasseltine le . Il fut aussi ordonné par le Tabernacle Church le jour suivant à Salem. Le , il prit les voiles à bord de la galère nommée Caravan avec Luther Rice; Samuel et Harriett Newell; ainsi que sa femme, Ann (appelée "Nancy") Judson.
Voyage en Inde Les Judsons arrivèrent à Calcutta le . À bord du bateau en route vers l'Inde Judson fit une étude détaillé sur la théologie du baptême. Il arriva à la conclusion que le baptême du croyant était théologiquement valide et qu'il devait se faire par obéissance au commandement de Jésus .
Le , il devient baptiste avec sa femme, puis ils furent tous deux baptisés par immersion à Calcutta par un missionnaire anglais associé à William Carey du nom de William Ward.
Que ce soit au niveau des autorités locales ou anglaises, aucune n'acceptait que des américains évangélisent des Hindus dans cette région, alors le groupe de missionnaires se séparèrent et cherchèrent d'autres champs de mission. Ils reçurent l'ordre de quitter l'Inde par la British East India Company, pour qui les missionnaires américains étaient encore moins les bienvenus que pour les Anglais (ils furent baptisés en septembre, puis en juin les États-Unis déclaraient la guerre à l'Angleterre). L'année suivante, le , il partit pour la Birmanie accompagné de sa femme mais elle fit une fausse-couche de leur première enfant à bord du bateau.
Judson offrit aux Baptistes d'Amérique de servir comme l'un de leur missionnaires. Luther Rice, qui avait aussi été converti, était en mauvaise santé et reparti aux États-Unis où son travail ainsi que l’insistance de William Carey résultèrent à la formation en 1814 de la première organisation missionnaire baptiste aux États-Unis, le Baptist Board for Foreign Missions Thomas Armitage, A History of the Baptists: Traced by Their Vital Principles and Practices, The Baptist Standard Bearer, USA, 2001, p. 814.
Missionnaires en Birmanie Il y eut une autre année difficile avant qu'il atteignent enfin la destination voulue, la Birmanie. Birmanie Bouddhiste, considérée comme imperméable à l'évangélisme chrétien par les baptistes de Serampore. Judson, qui connaissait déjà le Latin, le Grec et l’Hébreu commença immédiatement à étudier la grammaire birmane mais cela lui pris plus de trois ans pour apprendre à le parler. C'était sans doute dû à la différence radicale de structure entre le birman et d'autres langues d'Occident. Il trouva un tuteur et passait douze heures par jour à étudier la langue. Lui et sa femme se travaillèrent très sérieusement afin de comprendre cette langue.
Pendant ce temps ils étaient presque isolés de tout contact avec l'Europe ou l'Amérique. C'est le cas pendant les trois premières années en Birmanie. Quatre ans passèrent avant même que Judson ne veuille prendre ne serait-ce qu'un simple service semi-public. Au début il essaya de s'adapter aux coutumes birmanes en revêtant une robe jaune pour se démarquer comme enseignant des religions, mais il changea vite pour le blanc pour ne pas confondre avec les bouddhistes. Ensuite, il laissa tomber toute tentative artificielle puis décida que malgré sa robe, aucun birman ne le considérerait autrement qu'un simple étranger.
Il s'adapta à quelques coutumes birmanes et construisit un zayat, l'abri typique de réception fait de bambou et de chaume, dans la rue près de sa maison comme un lieu de salle de réception ou un lieu de rencontre pour les hommes birmans. Quinze hommes vinrent à sa première réunion en . Il était encouragé mais suspectait qu'ils étaient venus plus par curiosité qu'autre chose. Leur attention se dissipa puis rapidement ils eu l'air inintéressés. Deux mois plus tard il baptisa son premier birman converti, Maung Naw, un travailleur de bois de 35 ans venant des tribus des montagnes.
La première tentative des Judsons d'atteindre les indigènes de Ragoon par l’Évangile de Jésus rencontra une quasi totale indifférence. Les traditions bouddhistes et la vision du monde birman à cette époque rendit difficile les plaidoiries de Adoniram et sa femme croyant en seulement un Dieu vivant et puissant. Pour ajouter à leur découragement, leur deuxième enfant, Roger William Judson mourut près de l'âge de 8 mois.
Le mois de juin suivant, Judson compléta la traduction des Notes Grammaticales de la Langue Birmane mais aussi l'Évangile de Matthieu, en 1817. Judson commença à faire de l'évangélisation publique en 1818 s’asseyant dans un zayat sur le bord de la route s'écriant :"Ho! Celui qui a soif de connaissance!" Le tout premier croyant fut baptisé en 1819 et il y avait 18 croyants en 1822.
En 1820, Judson et un ami missionnaire appelé Colman firent une pétition à l'Empereur de Birmanie, Roi Bagyidaw, avec l'espoir qu'il offre la liberté aux missionnaires de prêcher et d'enseigner à travers le pays, mais aussi qu'il retire la sentence de mort qui était donnée aux Birmans qui changeaient de religion.
Bagyidaw eut du mépris pour leur demande et jeta un de leurs évangiles au sol après avoir lu quelques lignes. Les missionnaires retournèrent à Rangoon où ils réunirent l’église naissante pour prendre considération de quoi faire en suivant. Le progrès de la chrétienté allait continuer à être ralenti avec le risque et le danger de mort dans l'Empire birman.
Cela a pris 12 ans à Judson pour convertir 18 Birmans. Néanmoins, il y avait de quoi l'encourager. Il commençât à traduire la Bible puis il écrivit une grammaire de la langue qui est toujours utilisée aujourd'hui, elle-même traduite en français par Pierre-Louis Vossion.
Sa femme , Ann était même plus douée dans le parler de la langue du peuple que son mari plutôt académique. Elle devint l'ami de la femme du vice-roi du Rangoon, mais aussi elle fut rapide dans l'approche des travailleurs illettrés et des femmes.
Une presse d'imprimerie fut envoyée depuis Serampore avec un missionnaire imprimeur, George H. Hough, qui arrivait des États-Unis avec sa femme en 1817, produisirent les premiers matériels en birman jamais imprimé en Birmanie qui incluaient 800 copies de la traduction de l’Évangile de Matthieu. Le chroniqueur de l'église, Maung Shwe Wa, finit sa part de l'histoire "Voici comment fut née l'église de Rangoon-bûcherons et pêcheurs, pauvres et riches, hommes et femmes. Tous voyagèrent tous ce chemin vers Christ en trois ans; un autre prit deux ans. Mais lorsqu'ils se décidaient pour Christ ils devenaient siens pour tous les temps." thumb|La Bible en Birman traduite par Judson Un des premiers disciples s'appelait U Shwe Ngong, un professeur et dirigeant d'un groupe d’intellectuels déçus du bouddhisme, qui étaient attirés par la nouvelle foi. C'était un déiste sceptique dont l'esprit ressemblait à celui qu'avait Judson auparavant, et lorsqu’il fut face à un homme qui pensait de la même manière dans le passé il fut vivement sollicité. Après considération, il assura Judson qu'il était prêt à croire en Dieu, Jésus Christ, et son expiation.