L'Astrolabe, dont l'indicatif visuel est P800, est un patrouilleur et navire logistique français armé par la Marine nationale. Utilisé pour le ravitaillement polaire, il est rattaché aux Terres australes et antarctiques françaises et affrété par l’Institut polaire français Paul-Émile Victor« Piriou construira le successeur de l’Albatros et de L’Astrolabe », Mer et Marine, 10 juin 2015.. De sa mise en service jusqu'à celle du paquebot en 2021, il s’agissait du seul navire brise-glace battant pavillon français.
Historique Origine du programme Le projet d'un navire de patrouille et de ravitaillement des Terres australes et antarctiques françaises a été envisagé sous la forme du B3M, un dérivé de la classe d'Entrecasteaux (bâtiments multi-missions ou B2M). Ce projet est abandonné au profit d'un navire spécifique, qui fait l'objet d'un appel d'offres remporté par l'entreprise Piriou, conseillée pour la circonstance par le bureau d’études finlandais Aker Arctic « Arctics passions news. Aker Arctic and Piriou shipyard have signed a contract for the basic design for a Polar Logistics Vessel », akerarctic.fi. Le navire est commandé le par le ministère des Outre-mer à ce chantier naval pour un coût de 50 millions d'euros.
Construction et mise en service La commande est passée en « Piriou lance la construction du navire logistique polaire de 72 m », site de Piriou, .. La pose de la quille est effectuée le au chantier polonais Crist, les capacités industrielles de Piriou présentant une complète saturation. La mise à l'eau a lieu un an après, en .
Le navire est baptisé le au chantier Piriou de Concarneau.. et prend position au port de la Pointe des Galets, sur l'île de La Réunion, en Vincent Groizeleau, « L’Astrolabe est arrivé à La Réunion », Mer et Marine, 8 septembre 2017.Fabrice Floch, « L'Astrolabe arrive au port demain », Réunion La Première, 7 septembre 2017.. Pris en charge par la Marine nationale le , sa mise en service opérationnelle (MSO) est prononcée le . Il est admis au service actif le .
En , la société brestoise CNN MCO, filiale d'Engie Solutions, obtient le contrat de maintien en condition opérationnelle du navire pour une durée de sept ans, qu'elle effectuera à La RéunionVincent Groizeleau, « Engie décroche le MCO de l'Astrolabe », Mer et Marine, 12 janvier 2021..
L'Astrolabe, propriété des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), est mis en œuvre et entretenu par la Marine nationale.
Description Missions Le navire remplace à partir de 2017 L'Astrolabe affrété par les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) à P&O Maritime Services et lAlbatros de la Marine nationale <ref>[https://archives.defense.gouv.fr/marine/patrimoine/histoire/la-marine-d-hier/les-batiments-de-surface/albatros-p-681 Albatros (P 681)], Marine nationale, consulté le 18 novembre 2019.</ref> retiré du service le Vincent Groizeleau, « Albatros : De l’ancien chalutier de Terre-Neuve au mythique patrouilleur austral », Mer et Marine, février 2016..
Ses missions spécifiques consistent à : affirmer la souveraineté française aux Terres australes et antarctiques françaises ; assurer la surveillance des pêches dans leurs ZEE ; contribuer au soutien logistique des bases scientifiques 120 jours par an, sous la direction de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor.
Caractéristiques techniques L'Astrolabe est conçu pour naviguer dans les mers difficiles australes et antarctiques et évoluer dans la banquise avec un classement ICE BREAKER 5, c'est-à-dire dans une glace de première année épaisse de en été et de en hiver. Long de , il est mis en service par une vingtaine de marins et peut soutenir l'activité de soixante personnes pour des missions d’une durée de 35 jours à et transporter de fret. Il est doté d'une plateforme hélicoptère, d'une grue de et d'un portique arrière. Il est équipé de quatre moteurs Wärtsilä 20, dotés de systèmes de traitement des émissions de NOx, qui dispensent leur puissance par l'intermédiaire de lignes d’arbres à deux hélices à pas variable en acier inoxydable, ainsi qu’à un propulseur en tunnel.
Carrière opérationnelle
Mi-, à la veille de sa première rotation logistique saisonnière R0 vers la base antarctique Dumont-d'Urville, L'Astrolabe est immobilisé dans le port de Hobart, en Tasmanie, pour une avarie sur ses lignes d'arbres, entraînant l'annulation de la rotation saisonnière et compromettant l'ensemble des activités polaires pour la saison 2019-2020 (sortie des hivernants, entrée des prochains, ravitaillement de la base – ainsi que celle de Concordia – et activités scientifiques)Caroline Britz, « L'Astrolabe en avarie: annulation de la première rotation logistique vers l'Antarctique », Mer et Marine, 18 novembre 2019.. Après plusieurs plongées de diagnostic, il apparaît que le bateau doit être réparé en cale sèche. À cette fin, il appareille le pour les chantiers navals de Fremantle-Perth, en Australie, où seront menés les travaux nécessaires sur les paliers d'arbresCaroline Britz, « L'Astrolabe va entrer en chantier en Australie », Mer et Marine, 5 décembre 2019.. La mission de ravitaillement des bases françaises est confiée, dans le cadre d'une coopération spéciale avec l'Institut polaire français, au Département australien de l'Antarctique, qui affrète en solidarité le brise-glace Aurora Australis pour la première rotation de sortie d'hivernageVincent Groizeleau, « Antarctique : l’Astrolabe doit passer en cale sèche, les Australiens à la rescousse », Mer et Marine, 21 novembre 2019.« Les bases antarctiques françaises ravitaillées par un navire australien suite à l'arrêt technique de l'Astrolabe », Réunion La Première, 21 novembre 2019. « Australia to assist French Antarctic program », Département australien de l'Antarctique, 21 novembre 2019.. Après la réparation du palier de la ligne d'arbre, le navire est de nouveau opérationnel le pour reprendre, depuis Hobart, ses rotations vers les bases antarctiques françaisesCaroline Britz, « L'Astrolabe va pouvoir reprendre ses rotations vers l'Antarctique », Mer et Marine, 8 janvier 2020..
D'octobre 2022 à mars 2023, il effectue cinq rotations entre Hobart et l'Antarctique avant une escale à La Réunion, un entretien à Maurice et des patrouilles en océan IndienTAAF : le patrouilleur polaire L’Astrolabe est de retour à La Réunion après une mission dans l’Antarctique. Réunion La 1ère, 24 mars 2023. Lire en ligne.
Galerie
Notes et références
Annexes
Bibliographie Stéphane Dugast, Daphné Buiron, L'Astrolabe. Le passeur de l'Antarctique, E/P/A
Articles connexes Liste des navires de la marine nationale française , navire polaire éponyme, remplacé par celui-ci. , patrouilleur austral, également remplacé par l’Astrolabe''.
Liens externes L'Astrolabe, sur le site de l'IPEV L'Astrolabe, sur le site de la Marine nationale L'Astrolabe, sur le site des TAAF
Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Patrouilleur de la Marine française Catégorie:Défense et sécurité à La Réunion Catégorie:Forces armées de la zone sud de l'océan Indien Catégorie:Grand port maritime de La Réunion Catégorie:Histoire des Terres australes et antarctiques françaises Catégorie:Navire construit à Concarneau Catégorie:Navire lié aux îles Kerguelen Catégorie:Brise-glace français Catégorie:Bateau océanographique français