Un xenodochium (pluriel xenodochia ; du grec ancien : , « lieu pour étrangers, auberge ») était une institution annexée à un monastère ou à la maison de l'évêque, et destinée à offrir asile et assistance aux étrangers en voyage, et particulièrement aux pèlerins, ainsi que le recommandait le canon LXXV du Alain Montandon, Lieux d'hospitalité: hospices, hôpital, hostellerie, 2001, page 183.
On parlait aussi de nosodochomiumMémoire couronné par la Société des sciences, belles-lettres et arts de Macon, en 1812, sur la question suivante : « Les anciens avoient-ils des établissemens publics en faveur des indigens, des enfans orphelins ou abandonnés, des malades et des militaires blessés, et s'ils n'en avaient point, qu'est-ce qui en tenait lieu ? », Pierre-François Percy, Ambroise Mathis Louis Willaume, 1812 pour les malades et de gerontocomium pour les vieillardsHistoire de Rochefort, contenant l'etablissement de cette ville de son port et arsenal de marine et les antiquitez de son chateau, Masson, 1733.
Les xenodochia médiévaux tenaient à la fois de l'hostellerie pour l'accueil des pèlerins et autres voyageurs, de l'hospice pour les vieillards et les pauvres et de l'hospital pour les malades.
Exemples
En France, le xenodochium de Lyon (545), fondé par le roi Childebert (vers 497-558) et sa femme Ultrogothe« Lyon, église Notre-Dame-de-la-Saunerie » sur le site care.huma-num.fr., et le xenodochium d'Autun (vers 603), fondé par la reine Brunehaut (vers 547-613) avec l'aide de l'évêque d'Autun Syagrius et confirmé par des privilèges pontificaux délivrés par Grégoire le Grand<ref>Nathalie Verpeaux, « Saint-Andoche et Saint-Jean-le-Grand d'Autun au Moyen Âge : Difficultés et apports de la comparaison » dans Hypothèses 2005/1 (8), .</ref>, précédèrent la maison hospitalière, ultérieurement connue sous le nom d'Hôtel-Dieu, fondée en 651 par l'évêque de Paris Landericus dans l'île de la Cité.
A Jérusalem, il existait au une fondation des commerçants d'Amalfi qui comprenait un xenodochium pour les hommes, dédié à Sainte-Marie-Latine, et placé sous la responsabilité de frère Gérard et un autre pour les femmes, dédié à Sainte-Marie-Madeleine, sous la responsabilité d'une noble dame sœur AgnèsAlain Demurger (2013) p. 44-47. Sans doute pour prendre ses distances avec les AmalfitainsB. Galimard Flavigny, 2006, 17, Frère Gérard, entre 1070 et 1080, fait bâtir un nouveau xenodochion dédié dans un premier temps à Saint Jean l'Aumônier avant de l’être à Saint Jean-BaptisteAlain Demurger (2013) . Ce fut le lieu qui vit la naissance de la congrégation des Hospitaliers avant de devenir l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Références
Sources
Alain Beltjens, Auux origines de l'ordre de Malte, De la fondation de l'Hôpital de Jérusalem à sa transformation en ordre militaire, Alain Beltjens éditeur, 1995 Alain Beltjens, « Le récit d'une journée au grand hôpital de Saint-Jean de Jérusalem sous le règne des derniers rois latins ayant résidé à Jérusalem o le témoignage d'un clerc anonyme conservé dans le manuscrit Clm 4620 de Munich », Buletin de la Société de l'histoire et du patrimoine de l'ordre de Malte, 14 (2004)
Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Tallandier, 2013, 574 p. Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'ordre de Malte'', Perrin, Paris, 2006
Annexes Articles connexes
Liens externes
Catégorie:Histoire des établissements hospitaliers Catégorie:Pèlerinage chrétien Catégorie:Histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem