Les apparitions de Dozulé désignent des visions du Christ et de l'archange saint Michel qu'aurait eues Madeleine Aumont (1924-2016) à Dozulé (Calvados) entre 1972 et 1978. Grâce à de multiples associations, elles connaissent un fort engouement dans les années 1980 et 1990. L’Église catholique dénie tout caractère surnaturel à ces prétendues visions.
Historique
Madeleine Aumont est née le à Putot-en-Auge dans le Calvados dans une famille modeste. Mariée et mère de cinq enfants, elle exerçait le métier de couturière.
vignette|La croix de Dozulé. Le Madeleine Aumont voit au lieu-dit la « Haute-Butte » à Dozulé où elle réside. Le lendemain, elle fait part de cette vision au curé du village, l'abbé Victor L'Horset, qui donne foi à ses dires.. Entre cette date et le , Madeleine Aumont affirme avoir été témoin de quarante-neuf apparitions du Christ et de l'archange saint Michel..
Les apparitions lui donnent pour mission d'ériger une croix lumineuse afin de protéger le monde des catastrophes à venir selon le message qu'elle rapporte ainsi : .. Les dimensions de la croix lui sont également dictées : , soit 738 mètres, altitude supposée du Golgotha.. L'autre thème récurrent de ces apparitions est le , 1975 devant être la dernière année sainte.
En 1980, un professeur de yoga du département de l'Aisne, Albert Delbauche, apprend l'existence des apparitions de Dozulé par la lecture d'une revue ésotérique.. Il rencontre Madeleine Aumont et attire chaque fin de semaine ses élèves à Dozulé. L'association des « Amis de la Croix glorieuse de Dozulé » voit le jour le .
Albert Delbauche prophétise une série d'événements apocalyptiques qui doivent débuter dès la fin de l'année 1982 et déboucher sur une guerre mondiale. Plusieurs adeptes abandonnent leur emploi et leur famille pour se réfugier en Loire-Atlantique, la Bretagne devant être épargnée. Prenant conscience de l'imposture, la plupart des membres quittent l'association. En 1985 elle ne compte plus que trois personnes.. Elle subsiste cependant et est classée comme secte dans le premier rapport de la commission d'enquête parlementaire de 1995.. Un pèlerinage, organisé chaque , premier jour des apparitions, attire 6 000 personnes en 1990.
Le mouvement se répand grâce à des conférences et à des livres. Il donne naissance à de multiples associations qui organisent à leur tour des pèlerinages payants qui drainent des milliers de personnes venues de plusieurs pays européens... Le phénomène connaît son apogée à la fin des années 1990. Des études de faisabilité (géologiques et aérodynamiques) sont engagées pour ériger la croix grâce aux 300 000 euros de dons collectés. Le budget de la construction est estimé quant à lui à 230 millions d'euros. Elle ne voit pas le jour faute de moyens, mais des centaines de « croix de Dozulé », mesurant 7,38 mètres de haut (un centième de la taille demandée), sont construites par des adeptes en plusieurs endroits en France et en Europe, la plupart du temps sans l'autorisation des diocèses.
Madeleine Aumont meurt le à l'hôpital de Lisieux, à l'âge de 91 ans.. L'association des « Amis de la Croix glorieuse de Dozulé » perdure, avec une vingtaine d’adhérents et une cinquantaine de soutiens, aux côtés notamment de « L’Arche catholique de Dozulé » et de l’association « Ressources ».
Jugements de l’Église catholique L'évêque de Bayeux-Lisieux, Jean Badré refuse dès le départ de reconnaître les messages de Madeleine Aumont. Il change d'affectation en 1977 le curé de Dozulé qui la soutient. En il fait savoir dans le bulletin officiel du diocèse qu'il .
Dans un communiqué d' il nie l'authenticité de ces apparitions supposées : . Il interdit les pèlerinages et les collectes de fonds en . et dénonce la des soutiens de cette croix.. La condamnation est confirmée par son successeur Pierre Pican, ainsi que par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi..
À la demande de l'évêque de Bayeux-Lisieux, Jacques Habert.., Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi, publie en réponse le une lettre de neuf pages dans laquelle il émet une declaratio de non supernaturalitate., qui est une . L'évêque entérine la décision du dicastère le dans un décret : ... Des pèlerinages continuent cependant de se dérouler.. Le , Jacques Habert fait détruire le « bassin de purification » construit en 1984 par l’association des « Amis de la Croix glorieuse de Dozulé » sur un terrain appartenant au diocèse. L'évêché ne souhaite plus sur le site des prétendues apparitions... Malgré la mise en garde de l'évêque quelques jours avant le pèlerinage annuel du .., ce dernier rassemble plusieurs centaines de personnes..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Révélation privée Normes procédurales pour le discernement des apparitions ou révélations présumées Normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés Secte
Catégorie:Phénomène paranormal Catégorie:Religion en Normandie Catégorie:1972 en France Catégorie:1972 dans le christianisme