François Huchedé, est un enseignant et révolutionnaire français, né le à LavalL'an de grâce 1769, le 19 novembre, a esté par nous prêtre soussigné, baptisé un garçon, né de ce jour, et du légitime mariage de Gervais Huchedé, tourneur et de Françoise Duclos, et a esté nommé François, par François Duclos, oncle paternel de l'enfant, et Françoise Moulard, son ayeulle maternelle, ses parrein et marraine soussignés avec le père. Registres paroissiaux de Saint-Vénérand de Laval. et mort le à Château-Gontier, fut président de la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne.

Biographie Origine Fils d'un tourneur en bois et d'une ménagère, il a des origines modestes. Il est le second de huit enfants : ses frères Pierre et Louis sont tisserands, ses quatre sœurs vécurent ignorées dans des conditions infimes. Son frère aîné François est tanneurIl est le seul qui prend part avec François aux évènements révolutionnaires..

Il étudie au Collège de la Flèche en 1789Il écrira plus tard au préfet de la Mayenne, en 1817 : La Révolution me prit sur les bancs du collège de La Flèche. Je la vis et l’embrassai. Cité par René Gauchet., et est influencé par ses professeurs, à l'origine de son orientation politique et professionnelleRené Gauchet indique : La Flèche en a fait un révolutionnaire, Laval un jacobin, Château-Gontier un terroriste.

Pendant la Révolution française, Dominique Rabard, principal du Collège de Laval en fait appel à François Huchedé pour s'occuper des classes de quatrième et de troisième. Lorsque Rabard part diriger le collège de Château-Gontier en , il est suivi par François Huchedé. Il continue d'être instituteur public, malgré la fermeture du collège à l’automne 1793. Il se marie en pluviôse an II avec Perrine ChevalierFille d’un chirurgien..

Le 5 pluviôse an II, il demande au Conseil général de la commune à prendre les prénoms de Paul-Emile. Cette autorisation lui est accordée par cette assemblée qui ordonne en même temps la transcription, sur les registres de la municipalité, de la lettre du citoyen Huchedé. Cette lettre, en vers, est ainsi conçue: « Du temps des rois et des miracles, « On me donna le nom d'un saint. « On ne croit plus dans les oracles « Que pouvait faire un capucin; « Sur les débris de l'Evangile « La raison a pris son essor, « Pour la conduire dans le port « J'ai pris le nom de Paul-Emile. « PAUL-EMILE HUCHEDÉ. »

Par la suite, il se mêle à l’activité politique de défense républicaine en Mayenne. La Terreur s'installe. Le , il est nommé greffier du Tribunal criminel de la Mayenne par Esnue-Lavallée et Thirion. Membre du Comité révolutionnaire de Laval (12 frimaire), il devient président du Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne (12 germinal an II). Il continue avec Augustin Garot à pourvoir largement l'échafaud maintenu en permanence sur la place de la Révolution. La correspondance de l'accusateur public des commissions révolutionnaires de Laval avec le Comité de Château-Gontier illustre cette périodeGarot indique : Les prisons sont pleines, écrit-il le 13 avril. Lorsque la Commission aura expédié les coupables, je vous préviendrai, ou plutôt j'inviterai mes collaborateurs à se transporter à Château-Gontier. Puis le 29 : J'ai reçu le paquet... On respire dans les prisons de cette ville, comme dans les vôtres un air mortel. Les prévenus sont entassés comme les moutons dans les étables.. Nouveau paquet envoyé, Garot répond le 10 juin que leur tour viendra, mais il y a à Laval 400 personnes de l'un et l'autre sexe qui doivent passer avant eux...

Le 9 thermidor an IIJour de la chute de Robespierre., la Commission s'installe à Château-Gontier et, en quelques jours, envoie 18 personnes à la guillotine, sans compter les trois cents brigands que le comité local reconnaissait avoir expédiés en deux mois aux commissions de Laval et d'Angers. La Commission de Paul-Emile Huchedé et de l'accusateur Publicola Garot opère du 9 au 24 thermidor.

Au moment de la chute de Robespierre, il est jugé comme terroriste à la suite de son engagement jacobin : le 23 brumaire (), Jean-François Boursault-Malherbe, éclairé sur les crimes commis au nom de la République par les Jacobins de Laval, résolut de faire arrêter les plus coupables d'entre euxQuantin et Bescher, membres du département, Le Roux fils, agent national de la commune, Michel Faur, officier municipal et juge de la Commission Clément, Huchedé, président, et Garot, accusateur public de la seconde commission, tous six en même temps membres du Comité révolutionnaire de Laval, Saint-Martin-Rigaudière, agent national du district de Lassay Pottier, ancien prêtre et agent national du district de Mayenne, et Juliot-Lérardière, ex-juge au tribunal de Lassay et membre du Département, furent mis en prison. On perquisitionna dans leurs papiers, dans ceux du tribunal et du comité révolutionnaires, au département, à la municipalité, etc. et François Midy fut chargé d'instruire contre eux. Il sera finalement amnistié le 3 brumaire an IV.

Il prête comme tous les enseignants, le 22 prairial an VI, le serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fidélité et attachement à la République et à la constitution de l’an IIIIl est alors considéré par les administrateurs comme particulièrement compétent, de bonne vie et mœurs, en plus, doté d’un caractère très doux. Ils ne font aucune référence à son passé.. Membre du cercle constitutionnel de Laval, il enseigne aux enfants des jacobins.

Plus tard, il est en butte à l’administration impérialeÀ la suite de l'organisation d’un défilé des élèves dans la rue. puis en conflit avec l’administration monarchique<ref>Elle met en cause sa moralité puisqu’il ne pratique aucune religion et a la réputation de ne pas y croire. Il écrit au recteur de l’académie d’Angers, le : Je suis en paix avec ma conscience. Si j’ai été, dans ma jeunesse, l’instrument et le jouet de factions, je n’ai cru, moi, que servir ma patrie'.</ref>.

Fidèle à ses idées politiques comme à son métier, il termine sa carrière en donnant des leçons sous la surveillance du curé de la paroisse. À sa mort, il ne possédait que sa maison et ses meubles.

Bibliographie Isidore Boullier, Mémoires ecclésiastiques René Gauchet, Un instituteur terroriste. François Huchedé (1769-1821)Christine Peyrard, Les Jacobins de l'Ouest'' (Editions de la Sorbonne, 1996)

Notes et références

Catégorie:Membre du Tribunal révolutionnaire Catégorie:Enseignant du XVIIIe siècle Catégorie:Enseignant du XIXe siècle Catégorie:Élève du Prytanée national militaire Catégorie:Naissance en novembre 1769 Catégorie:Naissance à Laval (Mayenne) Catégorie:Décès en mars 1821 Catégorie:Décès à Château-Gontier Catégorie:Décès à 51 ans