Charles Joseph Pinsard est un archéologue et architecte français né à Amiens (Somme) le et mort dans cette même ville le BSAP 1911, Calonne 1911 et BSAP 1928.

Il est l'un des pionniers de l'archéologie de sauvetage en FranceCoquelet 2011 : .

Biographie Carrière aux Ponts et Chaussées Charles Pinsard commence sa carrière dans les Ponts et Chaussées, où l'ingénieur Pierre-Dominique Bazaine (1809-1893) s'attache ses services en 1845 comme surveillant des travaux de construction de la ligne de chemin de fer d'Amiens à Boulogne. Il accède au grade de chef de bureau sur cette même ligne en 1846BSAP 1846 : , "..M. Pinsard, chef de bureau au chemin de fer de Boulogne." - Gallica.bnf.fr .

L'architecte vignette|150px|Hôtel Acloque Pinsard quitte le corps des Ponts et Chaussées en 1848 et se forme auprès de François-Auguste Cheussey, architecte de la ville d'Amiens. Il fonde son cabinet et dirige de nombreuses réalisationsVerne 1892 : , "...l'un des plus estimés toujours de nos concitoyens. Là, pendant quelques années, en qualité de conducteur de travaux, il dirige ceux de l'Hôtel-Dieu, de la maison Duflos, de l'usine Cosserat, de l'hospice de Péronne..." - Gallica.bnf.fr ; Calland 1867 : Gallica.bnf.fr, ; Philippe Nivet, Les velours Cosserat à Amiens, images de Picardie ; Brelot 1995 : "En 1870, Eugène Cosserat qui règne sur l'industrie locale du velours, fait bâtir par Charles Pinsard, à deux pas de la préfecture, deux hôtels fort cossus." ; Barjot 2007 : , "..qu'Oscar Cosserat fait édifier par Charles Pinsard à la fin du Second Empire...", dont la restauration ou la construction de château, d'hôtels particuliers, de bâtiments industriels ou de bâtiments publics comme : le château de Baizieux pour la marquise de Lameth, le château de Bonneau à Suèvres (Loir-et-Cher)Château de Bonneau dans le Val de Loire ; , pour Eugène Treignier (1853-1919), Président du Conseil Général du Loir-et-Cher, député et maire de Suèvres Eugène Treignier le château de CorbieCe château fut acheté par la ville de Corbie après 1918 et devint l'hôtel de ville de Corbie, pour le baron de Caix de Saint-Aymour, l'hôtel Cosserat à AmiensPicardia, encyclopedie.picardie.fr. Cosserat. Pierre, Eugène et Oscar, les fondateurs de la dynastie Cosserat , l'hôtel Crignon (Hôtel Acloque) à Amiens, la succursale de la Banque de France à Amiens, l'usine Cosserat à Amiens, l'Hospice des Incurables à Amiens, une partie de l'Hôtel-Dieu à Amiens, l'hospice de Péronne et divers ensembles scolaires et municipaux.

Il reçoit en 1869 le titre de conseiller honoraire de la Société des architectes du département du NordFédération des architectes du Nord de la France 1869.

Charles Pinsard compte parmi ses employés Émile Ricquier, qui se forme en partie au métier d'architecte dans son cabinetVerne 1892 : , "...Charles Pinsard, l'un des plus estimés de nos concitoyens. Là, pendant quelques années, en qualité de conducteur de travaux, il dirige ceux de l'Hôtel-Dieu, de la maison Duflos, de l'usine Cosserat, de l'hospice de Péronne...", gallica.bnf.fr - .

L'archéologue Parallèlement à ses occupations professionnelles, Charles Pinsard développe une activité soutenue en rapport avec l'architecture, l'archéologie et la géologieCongrès archéologique de France 1937 : : "... et, depuis 1913, Charles Pinsard, l'architecte qui, pendant plus d'un demi-siècle, multiplia aux séances les communications d'archéologie, de la préhistoire aux temps classiques." - Gallica.bnf.fr .

Premiers travaux sur l'architecture et l'archéologie vignette|La maison de Jules Verne vers 1894, vue du grand salon in Charles Pinsard, Les rues d'Amiens (notes illustrées d'architecture et d'archéologie d'Amiens), manuscrit de 1332, bibliothèques d'Amiens Métropole. Charles Pinsard contribue par des relevés et dessins dans l'ouvrage dirigé par Antoine Goze, Églises, châteaux , beffrois et hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l'Artois, publié de 1841 à 1849BSAP 1849a : , — Églises, châteaux, beffrois et hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l'Artois ; texte par MM. H. Dusevel, A. Goze, de La Fons baron de Melicocq, G. Rembault ; dessins par MM. Duthoit, Letellier, Hugot, Lebel, Baudouin, Pinsard, Graux, etc. — Amiens, Alf. Caron, 1841-1849, 2 vol. in-8° - Gallica.bnf.fr ; Gravures en ligne : Archives de la Somme, 4MI6, b103. - Gravures extraites de l'ouvrage "Églises, châteaux, beffrois et hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l'Artois" - .

Il se signale en 1842 à la Société des antiquaires de Picardie par un article sur les cryptes de l'église de PicquignyGarnier 1861.

Il effectue en sa première opération d'importance, au cours de la rénovation de la chaussée de Noyon à Longueau. Le soubassement de la voie livre plusieurs dizaines d'inscriptions et bas-reliefs d'époque romaine, qu'il relève et préserve de la destructionBSAP 1849b : , remerciement de la société à Pinsard pour les monuments découvert à Longueau - Gallica.bnf.fr ; Mowat 1881.

Un apport modeste mais décisif à l'étude de la Préhistoire Charles Pinsard présente à Joseph Prestwich les objets découverts dans les carrières de Saint-Acheul, après la visite des collections du musée d'Abbeville avec Jacques Boucher de Perthes au printemps 1859. Il convient avec ce dernier et Prestwich de les avertir de la découverte d'objets en place dans un niveau préhistorique, puis d'en prendre un cliché photographiquePrestwich 1860 : et 292 ; ; Académie des sciences 1860 ; Société linnéenne du Nord de la France 1888 : ; Gamble, Moutsiou 2011 : ; Schlanger 2012 : Ch. Pinsard : ; Raj et Otto Sibum 2015 : Nathan Schlanger, 12, Boucher de Perthes au travail, Industrie et préhistoire au . Le , Joseph Prestwich et John Evans peuvent alors extraire l'objet, une « hache de pierre », ou plutôt un biface. Le cliché est exposé devant la Society of Antiquaries of London et la Royal Society par Prestwich et Evans. Puis à la toute jeune Société d’Anthropologie de Paris, Georges Pouchet conte à la séance du comment les savants anglais veulent observer « une hache de pierre encore en place dans sa gangue primitive », un propos qu'il illustre par ladite photographie. Cette preuve photographique confirme aux yeux de la communauté scientifique les thèses de Boucher de Perthes et l'ancienneté de l'homme.

Apports à la connaissance d'Amiens à l'époque romaine

Du fait de son activité professionnelleArchéologie urbaine 1980 : , "Ainsi, à la fin du et jusqu'en 1914, période d'intense construction, les architectes de la ville, Antoine et Charles Pinsard, furent particulièrement bien placés pour signaler les découvertes archéologiques.", Pinsard possède un accès privilégié aux nombreux chantiers qui parsèment la ville d'Amiens et la Somme, à une époque de forte activité. Il réalise de nombreux sondages et fouilles, des relevés de coupes stratigraphiques, de plans, de planches de mobilier, des milliers d'observations, qu'il classe, enrichit de sources documentairesLorenz 1996 : , "Le dépouillement des comptes de la ville d'Amiens, effectué par Charles Pinsard, il y a un siècle, fournit de nombreux renseignements sur les carrières à diverses époques, ils sont consignés dans les 72 manuscrits Pinsard conservés..." et met en forme dans plusieurs dizaines de dossiers manuscritsCharles Pinsard, Amiens, 72 vol. - Bibliothèque centrale Louis Aragon - Catalogue collectif de France - BnF ; sSociété des Antiquaires de Picardie, 13 volumes, Brunel 1917 : Leg Pinsard, à 437, à 69, Gallica.bnf.fr .

Ses interventions concernent entre autres à Amiens pour l'époque romaine, l'amphithéâtre et le forum attenantHôtel de ville et environs, 1878 -1900, Pichon 2009, , divers habitatséglise Saint-Rémi, 1891, Pichon 2009, et rue Lenôtre, 1894, Pichon 2009, dont certains dotés de caves rue Zamenhof, 1883, Pichon 2009, 1883, d'un hypocausterue Robert de Luzarches, 1878, Pichon 2009, , de mosaïquesrue des Jacobins, 1857, surface de , Pichon 2009, ou bâtis sur des poutres de bois, Rue de Magots, 1884, Pichon 2009, p. 198a, une rue bordée de portiquesRue de la République, 1900, Pichon 2009, ou la voie de Saint-Quentin à Amiensfouille de la voie Saint-Quentin-Amiens, 1883, Pichon 2009, , des tombes et sarcophagesSarcophages : Rue Vascosan, 1884, Pichon 2009, , Rue Saint-Fuscien, 1870, Pichon 2009, , Rue Delpech, 1909, Pichon 2009, , Boulevard de Chateaudun, 1893, Pichon 2009, ; nécropole : Mont aux Aigles, 1883, Pinchon 2009, , incinération dans une meule, Faubourg de Beauvais, Rue de l'Union, 1881, Pichon 2009, .

On peut aussi mentionner pour le Haut Moyen Âge une épitaphe mérovingienneRue Cormont, 1894, Pichon 2009, et pour le Moyen Âge, les enceintes, monuments et bâtiments détruits ou en élévationCalonne 1911.

Son activité s'étend au département de la Somme. Il participe à diverses fouilles, entre autres à Eppevilleagglomération romaine, travaux du chemin de fer, 1854-1900, Ben Redjeb 2012, , Albert« Au cimetière », fouille de l'ancien cimetière de l'église, Émile Comte, Ben Redjeb 2012, 1894 ou Saleux fouille d'une nécropole romaine et mérovingienne, Oscar Cosserat, Ben Redjeb 2012, et signale des découvertes comme le polissoir de BéhencourtPinsard 1879d.

Charles Pinsard devient secrétaire de la section de géologie de la Société Linnéenne du Nord de la FranceSociété Linnéenne du Nord de la France 1866 : , Pinsard (Charles), architecte, secrétaire de la section de géologie de la Société Linnéenne, 22 rue Dominique. Géologie. Minéralogie à la suite de sa reconstitution en Duris 1993 : , membre résidant de la Société des Antiquaires de Picardie le BSAP 1878 : Séance du 12 mars 1878, et , où il trouve le temps d'exposer ses travaux lors des séances, en illustre largement les publicationsCalonne 1911 :, 40 illustrations dans le tome 1892-1894 du Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie ; : la Picardie historique et monumentale, Monographie de la Cathédrale d'Amiens, l'Album archéologique, Histoire de la Ville d'Amiens.. et correspondant de la Société d'émulation d'Abbeville en Société d'émulation d'Abbeville 1886 : , Gallica.bnf.fr - ; Société d'émulation d'Abbeville 1909 : , 3 novembre 1887 . PINSARD (Charles), architecte, rue Saint Dominique, 22, Amiens.

Il cesse d'intervenir en séance en 1898, atteint de surdité, mais continue l'envoi de notes à la Société des antiquaires de Picardie Calonne 1911 : et fonde un prix récompensant les relevés d'architecture La Picardie littéraire 1904 : et 356, Prix Charles Pinsard pour des relevés d'architecture antérieure à 1800. Il lègue à la bibliothèque municipale d'AmiensCharles Pinsard, Amiens, 72 vol. - Bibliothèque centrale Louis Aragon - Catalogue collectif de France - BnF et la Société des antiquaires de Picardie13 volumes manuscrits et bibliothèque personnelle, Brunel 1917 : Leg Pinsard, à 437, à 69, Gallica.bnf.fr toute la documentation historique et archéologique qu'il a accumulée au cours de ses recherches.

Apports méthodologiques à l'archéologie