vignette|Major General George Henry Thomas, statue en bronze de George Henry Thomas considérée comme l'un des plus beaux monuments équestres à Washington.
La ville de Washington compte de nombreuses sculptures en plein air. La Smithsonian Institution en compte près de 900 dans son inventaire« siris-artinventories.si.edu ». En plus des plus célèbres monuments et mémoriaux de la capitale, de nombreuses personnalités reconnues comme des héros nationaux (soit au gouvernement ou militaire) ont été honorées, à titre posthume, une statue les représentant dans un parc ou une place publique. Certains de ces personnages de l'histoire américaine sont représentés plusieurs fois dans la capitale. Abraham Lincoln, par exemple, est représenté par au moins trois sculptures, dont celles au Lincoln Memorial, au Lincoln Park, et à l'ancienne Cour supérieure du district de Columbia. Plusieurs personnalités internationales, telles Mohandas Karamchand Gandhi, ont également été immortalisées par des statues. D'autres figures humaines ne font référence à aucun personnage historique telle par exemple la statue de la Liberté (en anglais Statue of Freedom) qui ne doit pas être confondue avec la statue de la Liberté à New York (en anglais Statue of Liberty), statue allégorique de () de haut qui repose au sommet du dôme du Capitole (voir le tableau de la section « Sculptures allégoriques »).
Aux représentations de personnages historiques et autres figures humaines s'ajoute un certain nombre de sculptures publiques et privées d'animaux, d'objets, et autres réparties dans toute la ville. Deux musées sur le National Mall sont bordés de jardins qui sont agrémentés de sculptures : le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden et la National Gallery of Art.
Historique Contexte général À la naissance de la ville de Washington en 1791, les États-Unis étaient encore une nation toute jeune si bien que les priorités étaient autres que celle de soutenir financièrement la démarche des artistes. Le pays restait à développer et il n'est donc pas surprenant de voir adopter par les pères fondateurs une démarche pragmatique. Même si Washington et Jefferson exprimaient une certaine considération pour les arts 2000, , la constitution des États-Unis n'en fait mention qu'une seule fois, et encore, en ne faisant référence qu'à son aspect utilitaireMargaret Jane Wyszomiriski et Kevin V. Mulcahy, America’s Commitment to Culture, Government and the Arts, Boulder, San Francisco, Oxford, Westview Press, 1995, . Benjamin Franklin, quant à lui, affirmait "...que l’invention d’une machine ou son amélioration est de beaucoup plus grande importance qu’un chef-d'œuvre de Raphaël"Pierre Consigny, L’entreprise et les arts – Une analyse de l’expérience américaine, Rapport à Monsieur Jack Lang, ministre délégué à la Culture, Paris, Inspection générale des Finances, 1984, .
Assez vite pourtant, ses dirigeants sentirent le besoin de doter le pays de symboles à travers l'art et Washington, sa nouvelle capitale, en fut naturellement l'un des lieux tout désignés.
John Quincy Adams, sixième président des États-Unis, sera le premier à souhaiter faire de Washington une autre Paris, et « que l’Amérique suive les modèles européens en matière de gouvernement et de cultureAlan Howard Levy, Government and the Arts: Debates over Federal Support of the Arts in America from George Washington to Jesse Helms, Lanham, MD, University Press of America, Inc, 1997, . »
Ce fut d'abord à travers le culte voué aux grands hommes de ce nouveau pays que s'exprima ce symbolisme artistique et le premier de ces personnages sur lesquels porta cette dévotion fut George Washington, , celui qui a donné son nom à cette ville.
Sculpteurs américains Sculpteurs américains nés au vignette|James Earle Fraser, l'un des artistes dont le travail a enrichi le patrimoine sculptural de Washington de plusieurs œuvres dont certaines parmi les plus emblématiquesOuvrage collectif, éd. Thomas E. Luebke, Civic Art: A Centennial History of the U.S. Commission of Fine Arts (Washington, D.C.: U.S. Commission of Fine Arts, 2013): Appendice B, . Le a vu naître une profusion de sculpteurs américains. Bon nombre d'entre eux ont d'ailleurs eu l'occasion d'exercer leur talent à produire certaines des œuvres qui font partie du décor urbain de Washington.
Henry Kirke Brown, Thomas Gibson Crawford et Thomas Ball, tous trois nés dans la deuxième décennie du , font partie de cette première génération de sculpteurs américains faisant partie de ce groupe. Suivent John Quincy Adams Ward, et . John Quincy Adams Ward s'est, entre autres, illustré avec la statue équestre de George Henry Thomas.
Avec Daniel Chester French, Washington trouve un artiste qui saura lui offrir plusieurs œuvres dans le domaine de la sculpture. D'abord par des fontaines, telles celle du Fontaine du mémorial Butt-Millet (1913) et la fontaine du rond-point Dupont (1921). Vint ensuite le First Division Monument (1924). Sa plus éclatante réalisation demeure toutefois la statue d'Abraham Lincoln pour le Lincoln Memorial qui fut dévoilée en 1922.
, William L Couper, Charles Henry Niehaus, Lorado Zadoc Taft, Frederick William MacMonnies, Hermon Atkins MacNeil et sont tous des sculpteurs américains nés dans les décennies 1850 et 1860. Avec le John Paul Jones, Charles Henry Niehaus est un autre artiste qui se signala en donnant naissance à l'un des nombreux mémoriaux de la ville.
Nés dans les années 1870 et 1880, , Henry Merwin Shrady, James Earle Fraser, Rudulph Evans, Robert Ingersoll Aitken et Paul Howard Manship ont, eux aussi, contribué à l'enrichissement du patrimoine artistique de la ville. James Earle Fraser, entre autres, y fut particulièrement actif. Pour la seule année 1935, on lui doit quatre réalisations (The Authority of Law, The Contemplation of Justice, Heritage, Guardianship). À celles-ci s'ajoute la statue d'Albert Gallatin (1947). Ce dernier ainsi que d'autres ayant été actifs dans la première du .
Bien que né au , l'œuvre d'Alexander Calder appartient au siècle suivant. Très connu pour ses sculptures mobiles, quelques-unes de ses œuvres se trouvent également à Washington.
Sculpteurs américains nés au La première moitié du fait place à la génération suivante de sculpteurs nés durant cette période. , , et , entre autres, sont de ceux-là. Le premier s'étant acquis une renommée avec le mémorial Albert Einstein. Le second est connu pour le Korean War Veterans Memorial. Quant au troisième, il est l'un des rares sculpteurs afro-américain dont l'une des œuvres se trouve sur le sol de la capitale américaine : c'est en 1997 que son African American Civil War Memorial fut dévoilé.. Citons encore du côté américain, Jeff Koons, artiste original dans le choix de ses matériaux. Le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden lui doit l'œuvre intitulée .
Sculpteurs américains d'origine étrangère Les noms cités ici peuvent avoir la double nationalité américaine et celle de leur pays d'origine ou ne détenir que la nationalité américaine. Ils sont ici classés par leur période d'activité plutôt que celle de leur naissance.
et première moitié du
Le travail de sculpteurs américains originaires d'autres pays tels Augustus Saint-Gaudens avec la statue dédiée à Henry Adams, avec celui dédié à Friedrich Wilhelm von Steuben, avec sa représentation de Benjamin Franklin ou encore Adolph Weinman et sa réalisation de la statue d'Oscar Straus est également à prendre en considération. De ce groupe fait également partie le sculpteur américain d'origine française Gaston Lachaise.
Deuxième moitié du et début du Lucas Samaras, Louise Bourgeois, Claes Oldenburg, Coosje Van Bruggen, Mark di Suvero sont parmi les artistes qui ont œuvré ou œuvrent toujours dans le domaine de la sculpture durant cette période tout en ayant enrichi le patrimoine artistique de l'extérieur de la ville de Washington. (Voir la section Jardins de sculptures).
Sculpteurs d'autres pays Les noms cités ici sont également classés par leur période d'activité plutôt que celle de leur naissance.
Deuxième moitié du Bien qu'à proprement parler, Jean-Antoine Houdon ne contribua pas directement à la sculpture de la capitale américaine qu'est devenue Washington, il fut l'un des tout premiers sculpteurs étrangers à qui fit appel les élites de ce pays. Thomas Jefferson, alors ambassadeur en France, de concert avec Benjamin Franklin, le recommandèrent auprès du Congrès pour exécuter la statue de Washington.... qui ne fut pas installée dans la capitale. Néanmoins, et bien qu'il fallut attendre pour cela plus d'un siècle, des copies de ce monument trouvèrent leur place à divers endroits de cette ville. Voir la section "Cas particulier(s)".
et première moitié du vignette|Les Bourgeois de Calais, Auguste Rodin, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden Dès le , Washington a accueilli les artistes de différents pays leur offrant l'occasion d'embellir le décor de cette ville toute jeune. Parmi bien d'autres, les artistes français sont à l'honneur : Alexandre Falguière et sa représentation de Lafayette, Fernand Hamar avec celle de Rochambeau, Augustin Alexandre Dumont et Antoine Bourdelle avec respectivement les statues de Jose de San Martin et de Simón Bolívar, ces dernières étant toutes deux des statues équestres (Voir la section "Statues des libérateurs"), sans oublier Frédéric Auguste Bartholdi ayant réalisé la fontaine nommée en son honneur et Auguste Rodin alors que certaines de ses réalisations peuvent être observées dans le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden dont, entre autres, l'une des reproductions de son Monument à Balzac (l'original se trouvant à Paris) et l'une des reproductions des Bourgeois de Calais (l'original se trouvant à Calais, en France). Des artistes polonais, tels et par exemple, sauront aussi se tailler une place. Du côté italien, on doit mentionner des artistes tels Lucio Fontana, Marino Marini, Arnaldo Pomodoro et Giacomo Manzù qui ont tous été actifs au milieu du et même au-delà. Tous présents au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden. Citons encore l'Uruguayen Juan Manuel Blanes (monument de José Gervasio Artigas) et le franco-italien Enrique Alciati (monument de Benito Juárez). (Voir la section "Statues des libérateurs").
Milieu et deuxième moitié du vignette|gauche|America, Jürgen Weber, 1965-1971, John F. Kennedy Center for the Performing Arts Au s'affirme une nouvelle forme d'expression artistique en sculpture comme en peinture. Le non figuratif ou art abstrait constitue l'une des voies qu'exploreront de nombreux artistes. La capitale américaine a su faire une place à cette forme d'art.
De fait, la sculpture non figurative, présente à l'extérieur de cette ville, se révèle être un domaine qui a attiré également une majorité de sculpteurs étrangers : Joan Miró, Henry Moore, Willem de Kooning, Lucien Wercollier, Alejandro Otero, Jean Arp (Hans Arp)... (Voir la section "Sculptures non figuratives").
Don du gouvernement ouest-allemand au John F. Kennedy Center for the Performing Arts et fruit du travail du sculpteur Jürgen Weber, les œuvres intitulées America et War and Peace viennent accentuer la diversification des styles dans le domaine de la sculpture pour cette ville. De 1965 à 1971, six ans de travaux furent nécessaires à leur réalisation qui nécessitèrent le moulage et l'assemblage de plus de « siris-artinventories.si.edu ».
Cette floraison des styles fait en sorte que le style classique n'est pas laissé pour compte dans cette deuxième moitié du notamment avec les statues des libérateurs. (Voir la section "Statues des libérateurs"). Ainsi avec la statue équestre de Bernardo de Gálvez inaugurée en 1976, don de Juan Carlos , le sculpteur espagnol prolonge une tradition qui s'était amorcée dans cette ville depuis un peu plus d'un siècle.
Réalisations féminines vignette|Vinnie Ream et le buste de Lincoln (1865). vignette|Statue de l'amiral David Farragut, Vinnie Ream, Farragut Square, centre-ville de Washington.