LArgonauta est un vaisseau de ligne à deux ponts de la marine espagnole, armé de 80 canons. Lancé en 1796 à Ferrol, il assiste à la bataille d'Algésiras en 1801. LArgonauta participe à la campagne franco-espagnole aux Antilles en 1805, comme vaisseau-amiral de Gravina, et combat en tête à la bataille des Quinze-Vingt. Présent au sein de l'arrière-garde de la flotte combinée à la bataille de Trafalgar, il affronte la colonne de Collingwood, est capturé et coule dans les jours suivants.

Conception et construction Les plans de lArgonauta sont réalisés par Julián Martín de Retamosa. Il est le jumeau du Neptuno. Le vaisseau est construit dans les chantiers navals du Ferrol, et lancé en .

Long de de Burgos (environ ) et large de (environ ), le navire présente un creux de et (environ ).

Bien que connu sous le qualificatif de vaisseau de 80 canons, l'artillerie principale de lArgonauta est en fait composée de 30 canons de 36 livres, 32 canons de 18 livres et 16 canons de 8 livres, soit 78 pièces au total. Douze obusiers de 30 livres et quatre de 4 livres forment l'artillerie secondaire du vaisseau.

Son équipage est, à Trafalgar, composé de 801 hommes.

Service actif Le , la flotte du Ferrol, composée du Real Carlos, de lArgonauta, du Monarca, du San Agustín et de la frégate La Paix, sort du port, relâche deux jours devant La Corogne puis se dirige vers Rochefort. Commandée par le vice-amiral Melgarejo, elle emporte un corps de débarquement de . L'escadre atteint la rade d'Aix le soir du . Ayant manqué le rendez-vous avec l'escadre commandée par l'amiral Bruix, les navires espagnols regagnent leur port d'attache.

À la fin du mois d', lArgonauta et le reste de la flotte du Ferrol doivent défendre le Ferrol aux ordres de John Borlase Warren. Les navires espagnols ferment la rade et lArgonauta occupe une position centrale, entre le Monarca et le Real Carlos. À l'aube du , le corps de débarquement britannique est attaqué par une colonne de fantassins débarqués de plusieurs navires espagnols, dont 44 soldats du régiment des Asturies venus de lArgonauta. thumb|Le Real Carlos et le San Hermenegildo en flamme. En , lArgonauta fait partie de l'escadre espagnole qui se porte à la rencontre des vaisseaux français vainqueurs de la première bataille d'Algésiras. L'escadre franco-espagnole, dont lArgonauta, le San Agustín et le Desaix constituent la troisième escadre, quitte la baie d'Algésiras et se dirige vers Cadix, suivie par une escadre britannique. Dans la nuit du 12 au , lArgonauta navigue en queue de formation, à bâbord du San Agustín et à tribord du San HermenegildoLes positions des navires franco-espagnols lors de la nuit du 12 au 13 juillet sont incertaines. lorsque le se glisse entre celui-ci et le Real Carlos et ouvre le feu. Les deux vaisseaux espagnols se canonnent alors jusqu'à se détruire mutuellement tandis que le vaisseau britannique passe devant lArgonauta et le San Agustín pour aller attaquer le Saint-Antoine.

Désarmé à la paix, lArgonauta est réarmé à Cadix en . Le vaisseau sort de Cadix le et rejoint la flotte de Villeneuve en provenance de Toulon, portant à son bord l'amiral Gravina. La flotte combinée fait alors voile vers les Antilles qu'elle atteint péniblement. LArgonauta est le seul vaisseau espagnol à ne pas ralentir le mouvement de l'escadre.

Le , alors que la flotte combinée rentre en Europe et cherche à débloquer les unités franco-espagnoles stationnées au Ferrol, Villeneuve et Gravina rencontrent l'escadre britannique de Robert Calder. Lors de la bataille qui s'ensuit, lArgonauta est le premier vaisseau de la ligne de bataille franco-espagnole, suivi du Terrible et de lAmerica. Il affronte le et compte quatre morts et trois blessés à la fin de la bataille. Très endommagé, il est réparé au Ferrol en trois jours. La flotte combinée va ensuite s'enfermer à Cadix où lArgonauta, pour d'obscures raisons administratives, débarque les troupes aguerries présentes à son bord pour les remplacer par des hommes sans expérience de la mer. Profitant du départ de la flotte de l'amiral Grandallana, Gravina porte son pavillon sur le Príncipe de Asturias, et lArgonauta passe sous le commandement du capitaine de vaisseau Antonio Pareja. thumb|La bataille de Trafalgar à 17 heures, par Nicholas Pocock. Les 19 et , l'escadre combinée appareille de Cadix et fait voile vers le sud-est. LArgonauta est affecté à l'escadre d'observation commandée par Gravina. Situé initialement à l'avant-garde alliée, il se retrouve à l'arrière-garde après le demi-tour réalisé le lorsque l'escadre britannique apparait. Tombé sous le vent de la ligne, le vaisseau se trouve approximativement à tribord du San Ildefonso au début de la bataille de Trafalgar. Le vaisseau vient d'abord soutenir, avec le Príncipe de Asturias, l'Argonaute, son homonyme français. Avec le Príncipe de Asturias, le et le San Juan Nepomuceno, il affronte le dernier groupe de la colonne Collingwood, fort de 8 vaisseaux. Il affronte l' au plus près et, à , le capitaine Pareja, blessé, transmet le commandement à son second, le capitaine de frégate Pedro Albarracin. Démâté et hors de combat, la majorité de l'artillerie étant démontée, le navire semble perdu lorsque le Berwick vient s'interposer entre son adversaire et lui. Un nouvel adversaire, le Bellisle, se présente et, à 15 heures, son timon cassé le rendant ingouvernable, lArgonauta se rend.

La tempête qui suit la bataille disperse la flotte britannique et laisse plusieurs prises dériver. Le , l' rejoint lArgonauta, évacue son équipage et le coule.

Notes et références Note

Références

Bibliographie . . .

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Catégorie:Navire de ligne de la Marine espagnole Catégorie:Bateau lancé en 1796 Catégorie:Navire construit à Ferrol Catégorie:Navire coulé en 1805