Léglise Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Mareuil-sur-Ourcq, dans l'Oise. C'est un édifice très homogène de style gothique, qui a été bati sous trois campagnes de construction rapprochées au cours de la première moitié du . Il se compose d'une nef avec des grandes arcades surmontées de fenêtres, de deux bas-côtés, d'un transept débordant, dont les deux croisillons se prolongent par des chapelles vers l'est, et d'un chœur carré au chevet plat. Si la sculpture et la modénature, remarquables dans les trois premières travées, reflètent pleinement l'époque de construction, l'architecture s'inscrit encore dans la tradition romane tardive, ce qui se traduit par les proportions, le recours aux baies et arcatures plaquées en plein cintre, l'absence de fenêtres à remplage, et certaines particularités du plan. Le vaisseau central se remarque néanmoins par un certain élancement, qui contraste avec l'aspect trapu du clocher central, coiffé d'une flèche en charpente de l'époque moderne. Contrairement à la plupart des églises de la région, l'église Saint-Martin n'a jamais subi de reconstructions ou remaniements importants, exception faite du portail, qui a été refait en 1773 dans le style néo-classique. L'église a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du ., et se présente dans un bon état de conservation. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse sainte Jeanne d'Arc du Multien.

Localisation thumb|left|Vue depuis le canal de l'Ourcq.

L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France, au sud-est du département de l'Oise, à la limite avec la Seine-et-Marne, dans le Multien, sur la commune de Mareuil-sur-Ourcq, au nord du bourg et au sommet d'une butte dominant la vallée de l'Ourcq, rue de l'Église. La façade occidentale, précédée d'un parvis, donne sur la rue. L'élévation septentrionale est enclavée dans le jardin du presbytère. L'ancien cimetière abandonné en 1878, habituellement fermé au public, borde l'église au sud et à l'est. Il surplombe les terrains avoisinants grâce à un mur de soutènement. Depuis le parvis, la petite rue de l'Église descend la pente, puis dévie vers le sud au niveau du transept. Le chevet est visible depuis la rue du Moulin, en bas de la vallée.

Histoire thumb|left|Vue depuis l'est.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Sous l'Ancien Régime, elle relève du doyenné d'Acy-en-Multien, de l'archidiaconé de France et du diocèse de Meaux. L'église est placée sous l'invocation de Saint-Martin. Le collateur de la cure est le prieuré Sainte-Céline de Meaux. En 1213, une chapelle au titre de Saint-Nicolas fut fondée dans l'église. Son chapelain est à la nomination de l'évêque de Meaux.. Les noms des curés sont connus depuis 1630, et gravés sur deux plaques commémoratives scellées dans le mur du bas-côté nord. À la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de l'Oise est regroupé dans le diocèse de Beauvais. Sous le Concordat de 1801, celui-ci est annexé au diocèse d'Amiens, situation qui perdure jusqu'en 1821. Depuis, la paroisse de Mareuil-sur-Ourcq appartient au diocèse de Beauvais. Avec la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village un peu éloigné de Betz devient le siège d'une grande paroisse au titre de sainte Jeanne d'Arc., qui s'étend vingt-deux communes. Le curé réside toutefois à Bargny. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin deux fois par mois, le samedi à 18 h 30 ou le dimanche à 10 h 30.. thumb|Vue depuis le sud.

L'église est un édifice très homogène de style gothique, mais son plan et ses élévations s'inspirent d'un courant architectural du diocèse de Soissons voisin, qui est issue des basiliques romanes de la vallée de l'Aisne de la première moitié du . Ainsi, l'église paraît, selon Dominique Vermand, comme un prolongement de l'architecture romane de cette région, ce qui ne vaut évidemment pas pour la sculpture et la modénature. L'on peut distinguer trois campagnes de construction rapprochées. La première voit s'élever le chœur, le transept et les deux chapelles latérales ; la deuxième concerne seulement la quatrième travée de la nef et des bas-côtés ; et la dernière porte sur les trois premières travées et la façade. L'on peut aisément distinguer les campagnes par les profils des ogives, et la deuxième campagne se démarque en outre par l'emploi de pilastres comme supports pour les grandes arcades. Au fil des siècles, l'église est pratiquement épargnée par des remaniements. L'on peut seulement signaler la réfection de la flèche du clocher après le milieu du , et le placage d'un nouveau portail néo-classique devant l'ancien, avec percement d'une grande rosace au-dessus, en 1773.. L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du , et se présente aujourd'hui dans un bon état de conservation.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan cruciforme symétrique. Elle se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept légèrement débordant ; d'un chœur d'une seule travée se terminant par un chevet plat ; et de deux chapelles carrées dans les angles entre le chœur et les croisillons du transept, qui ne communiquent qu'avec ces derniers. Le court clocher d'une silhouette trapue s'élève au-dessus de la croisée du transept. Il est coiffé d'une flèche octogonale en charpente, qui est interrompue à mi-hauteur par un lanternon, et recouverte d'ardoise. La partie inférieure de la flèche est galbée en forme de doucine, et cantonnée de quatre pyramidons. La sacristie est accolée à la deuxième et troisième travée du bas-côté sud. Une tourelle d'escalier flanque le croisillon sud, à gauche de sa fenêtre méridionale. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Le vaisseau central et le transept sont à deux niveaux d'élévation. Leurs travées sont proches du plan carré. Les travées des bas-côtés sont barlongues dans le sens est-ouest. L'on entre dans l'église par le portail occidental de la nef uniquement. La nef, les croisillons et le chœur sont pourvus de toitures à deux rampants, et des pignons existent aux quatre extrémités de l'édifice. Les bas-côtés et les chapelles sont munis de toits en appentis, dont ceux des chapelles prennent appui contre les murs orientaux des croisillons.

Intérieur Nef thumb|upright|Vue vers l'est. thumb|upright|Élévation nord. thumb|upright|Vue vers l'ouest.

Entièrement bâtis en pierre de taille, et très soigneusement appareillés, les murs de la nef sont à pierres apparentes et n'ont pas besoin d'être enduits. En entrant et en regardant vers le sanctuaire, la nef paraît élancée, et en effet, la hauteur sous le sommet des voûtes, qui devrait être d'une douzaine de mètres, dépasse une fois et demi la largeur. Dominique Vermand met l'élancement sur le compte de l'absence de tout élément de scansion horizontale, bien que deux bandeaux successifs peuvent permettre de mieux apprécier la distance et mettre en exergue la hauteur d'une nef, à condition que les travées soient nettement barlongues, comme c'est le plus souvent le cas sous la période gothique. En l'occurrence, les travées sont presque carrées, et leur largeur dépasse à peine leur profondeur. Le vaisseau est donc plus long que ne le suggère son nombre de quatre travées, et cette longueur assez généreuse est bien visible en approchant l'église depuis la vallée de l'Ourcq. D'autre part, le plan carré des travées a des répercussions sur l'esthétique de l'intérieur du vaisseau. Les arcs-doubleaux perpendiculaires sont espacés, et laissent ouverte la vue sur les voûtes. Le tracé en arc brisé des doubleaux, des formerets latéraux et des grandes arcades est presque analogue, alors que les travées barlongues apportent des formerets latéraux surhaussés ou très aigus. Il en résulte un effet favorable sur l'harmonie de l'espace intérieur, mais aussi un aspect trapu des élévations latérales, car le sommet des arcades, largement ouvertes, équivaut aux trois cinquièmes de la hauteur sous le sommet des voûtes, qui se trouve ainsi relativisée.

L'on est proche des proportions des nefs romanes voûtées d'ogives vers le milieu du , telles qu'Acy-en-Multien. Cette impression n'est certainement pas fortuite, comme le laisse entendre Dominique Vermand en faisant le rapprochement avec les basiliques romanes du diocèse de Soissons. Le parti archaïsant est par ailleurs mis en exergue par les fenêtres hautes, qui sont en plein cintre et de faible hauteur, avec une hauteur des piédroits qui ne dépasse pas la largeur. Celle-ci est de seulement un quart de la distance entre les faisceaux de colonnettes, et les baies sont poussées très haut sous les formerets. Faiblement ébrasées, elles s'ouvrent au-dessus d'un long glacis pentu, qui favorise l'entrée du jour. Au moment de la construction des parties hautes des trois premières travées, pendant les années 1240, les fenêtres à remplage sont déjà courantes. Également archaïques pour cette époque paraissent les supports des voûtes, qui évoquent la première période gothique, et ne reflètent en rien le style gothique rayonnant alors en plein développement. Malgré leur grande portée, les grandes arcades sont à simple rouleau vers la nef, et leur mouluration se fait assez discrète : les angles sont adoucis par un mince tore dégagé. Vers les bas-côtés, les grandes arcades sont tout au contraire à double rouleau, ce qui est probablement la conséquence de la symétrie des piliers composés voulu par l'architecte. Les piliers sont cantonnés de quatre colonnes qui ne sont que très partiellement engagés dans de larges dosserets. Ces colonnes correspondent aux grandes arcades et aux doubleaux (à partir de la fin de la troisième travée, des pilastres se substituent aux colonnes des grandes arcades, comme à Nanteuil-le-Haudouin, dans les bas-côtés de Saint-Martin d'Étampes, au chœur de Limay, à la croisée du transept de Saint-Clair-sur-Epte, et dans les tribunes orientales et chapelles de Notre-Dame de Paris). Entre deux colonnes, deux très fines colonnettes sont logées dans les angles rentrants des piliers (elles sont au nombre de trois devant la croisée du transept). Les colonnettes correspondent aux ogives, aux formerets de la nef, et au rouleau supérieur des grandes arcades, qui existent vers les bas-côtés. Les chapiteaux des grandes arcades se situent à mi-hauteur des chapiteaux des hautes-voûtes. Cette disposition témoigne elle aussi d'un choix volontaire, car ni le sommet des grandes arcades, ni le seuil des fenêtres hautes correspondent à un autre élément de l'architecture, et leur niveau semble aléatoire.