thumb|Antonin Alexander dans le rôle de Méphisto au Cabaret de l'Enfer. L'Enfer est un célèbre cabaret de Montmartre, fondé en novembre 1892 par Antonin Alexander, dit « Antonin ». Le cabaret, en proie à de sérieuses difficultés financières, est racheté par l'enseigne Monoprix en 1950 qui souhaite agrandir sa surface de vente.

Localisation et voisinage L'Enfer était jumelé avec le Cabaret du Ciel et partageait le même numéro du boulevard de Clichy (53« Les cabarets les plus fous de l'histoire de Paris », pariszigzag.fr, consulté le 16 janvier 2019.). Antonin Alexander était le créateur, le directeur et l'animateur des deux cabarets jumeaux. Jules Claretie, qui décrivit Le Ciel et L'Enfer suivant l'intention de leur créateur comme « le poème du Dante mis à la portée de nos flâneries »., pensait que l'historien futur des mœurs parisiennes de la Belle Époque « ne pourrait point passer sous silence ces cabarets »Jules Claretie, Le Temps, 29 octobre 1896. Pour Georges Renault et Henri Château, « Le Ciel et L'Enfer, béant porte à porte » pouvaient être « catalogués spectaculaires ».. Pour entrer dans le cabaret, il fallait passer sous un portail décoré en forme de gueule béante de Léviathan dévoreur d'âmes damnées. La façade de L'Enfer était « une ode en stuc à la nudité de la femme prise dans les flammes infernales »..

Le Cabaret de l'Enfer, le Cabaret du Paradis et le Cabaret du Néant vignette|Le cabaret de l'Enfer représenté sur une carte postale. Situé au pied de la butte Montmartre, dans le de Paris, le Cabaret de l'Enfer était un cabaret à thème qui n'accueillit qu'épisodiquement des chansonniers. Il ouvrit d'abord ses portes en 1892 au numéro 34 du boulevard de Clichy. Mais trois ans plus tard, Antonin le transféra dans un ancien marché couvert, au numéro 53 du même boulevard, où il restera plus d'un demi-siècle.

Le numéro 34 est alors repris par un rival, l'illusionniste Dorville, et son administrateur, Roger, qui ouvrent un « cabaret macabre », le , autre cabaret à thème, mais qui se spécialise dans les « évocations d'outre-tombe » particulièrement sinistres, tandis que le Cabaret du Ciel propose joyeusement des « illusions mystiques » et le Cabaret de l'Enfer, des « trucs magiques »..

Thèmes comparés des trois « Cabarets de l'au-delà »

Selon Jules Claretie, les Cabarets du Ciel et de l'Enfer offraient un spectacle qui « ne différait pas essentiellement de celui des baraques de la fête de Neuilly. [C'était] la même exhibition de trucs illusionnistes produits par des combinaisons de miroirs et de jeux de lumière. Mais l'orgue [ajoutait] sa musique mystérieuse à ces tableaux rapides ». Dans leur Montmartre, Renault et Château soulignent cette différence critique : .

Le Cabaret de l'Enfer et le surréalisme

Les surréalistes regroupés autour d'André Breton se réunissaient quelquefois à L'Enfer. L'atelier de Breton occupait en effet le quatrième étage au-dessus du cabaret. C'est dans cet atelier qu'il organisait avec Robert Desnos les fameuses séances de sommeil médiumnique des années 1920..

Après 1950 : Monoprix et fait divers

Dans les années qui suivent la Libération de Paris, le cabaret, en proie à de sérieuses difficultés financières, est racheté par l'enseigne Monoprix en 1950, qui souhaite agrandir sa surface de vente. Il abat les murs, décale sa devanture et s'agrandit.

Le Monoprix occupe actuellement toute la longueur du rez-de-chaussée, entre l'angle avec la rue Pierre-Fontaine et le numéro 51. L'entrée est située où se trouvait autrefois L'Enfer..

La cavale du tueur en série Guy Georges, dont les viols, les agressions au couteau, les tortures et les meurtres ont défrayé la chronique des faits divers durant sept ans a pris fin exactement devant l'ancien emplacement de la « bouche de L'Enfer », lors de son arrestation en ..

Notes et références

Liens externes

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