Janine Mitaud est une poétesse française, née le à Mareuil-sur-Belle (Dordogne) et morte le à Longjumeau (Essonne)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
Biographie Janine Mitaud naît le à Mareuil-sur-Belle. Elle passe les premières années de sa vie à Bourdeilles où ses parents sont instituteurs.
Interne à Périgueux, c’est une élève brillante, qui excelle tout particulièrement dans les exercices littéraires. Encouragée par ses professeurs, elle commence à écrire de la poésie. Elle poursuit ses études à l’École normale et s’abonne à des revues de poésie. Dès 1940, elle envoie des textes à l’éditeur Pierre Seghers qui encourage des débuts prometteurs. La poétesse noue avec lui une correspondance qui se poursuivra pendant plus de quarante ansLa correspondance est constituée de 21 lettres privées manuscrites et d'une trentaine de lettres professionnelles à l'entête de l'éditeur. Elle s'échelonne entre le 02/10/1940 et le 07/05/1984. Fonds privé..
Après la Seconde Guerre mondiale, Janine Mitaud s’installe en région parisienne à Sainte-Geneviève-des-Bois et se rapproche des milieux littéraires parisiens. Seghers publie Hâte de vivre dans la collection « Poésie 49 », premier recueil encore très marqué par la thématique de la guerre. Parallèlement, le graveur, éditeur et poète brésilien Vincent Monteiro, animateur du « Salon de la Poésie » à Paris, publie des poèmes de Mitaud dans des plaquettes collectives et édite Bras étendus en 1951.
Janine Mitaud fait la rencontre d’Oleg Ibrahimoff, médecin et poète russo-tatar qu’elle épouse et dont elle aura une fille, Claude Ibrahimoff, en 1953.
La poétesse prend contact avec l’éditeur René Rougerie qui publiera onze de ses recueils, dont L’Échange des colères, préfacé par René Char.
En 1966, Oleg Ibrahimoff crée avec l'aide de Janine Mitaud la revue de poésie Métamorphoses qui paraîtra jusqu’en 1974. Y seront publiés de nombreux poètes contemporains comme Joë Bousquet, Loránd Gáspár, Jean L’Anselme, Paul Chaulot, Jean Rousselot, Gabriel Audisio, Ion Caraion, Jean-Philippe Salabreuil, Alain Frontier... Janine Mitaud noue de nouvelles relations dans le milieu littéraire et artistique - ainsi qu’en témoigne sa riche correspondance - et affirme la singularité de sa voix sous l’égide des grands poètes de son époque : en 1974, Georges-Emmanuel Clancier et Pierre Seghers préfacent respectivement Le Soleil sursoit et Danger.
Dans les années 1970, la poétesse apparaît dans plusieurs anthologies : Jean Rousselot lui consacre un article dans son Dictionnaire de la poésie française contemporaine ; Pierre Seghers la cite dans Le Livre d’or de la poésie française ; Serge Brindeau la fait figurer dans La Poésie contemporaine de langue française depuis 1945.
Elle continue à publier jusqu'à la fin de sa vie qui survient le . La bibliothèque de Sainte-Geneviève-des-Bois lui rend hommage dans le cadre du Printemps des Poètes le à travers une exposition de livres rares, de brouillons manuscrits et de lettres privées, ainsi que par une mise en voix de ses textes par la Compagnie Marcelle, Robert et les autres sgdb91.com.
Particularités de l’œuvre Sensible au dialogue entre les arts, Janine Mitaud a souvent choisi d’associer à ses poèmes des gravures, photographies ou lithographies. Pierre Garcia-Fons, Jean Casazza, J.-J.-J. Rigal, Pierre Peyrolle, Ania Staritsky, Anton, Kevin Hurley ou Claude Ibrahimoff ont ainsi collaboré à des recueils.
Ses poèmes paraissent dans de nombreuses revues : Les Cahiers de la poésie, Les Cahiers du Sud, Correspondances, Création, Jointure, Le Journal des poètes, LittéRéalité, Loess, Non-lieu, Poésie présente ou La Revue de l'Acilece.
Dans un paysage poétique où la voix des femmes reste marginale, la poésie de Janine Mitaud a parfois été associée à celle d’autres poétesses. Dès 1955, la revue Profil littéraire de la France l’intègre à son numéro consacré à « La Jeune Poésie féminine ». En 1975, Poésie 1 la fait figurer dans son numéro « La Nouvelle Poésie féminine » préfacé par Gisèle Halimi. Par ailleurs, on trouve les poèmes de Mitaud dans deux anthologies dédiées à la poésie féminine : Huit siècles de poésie féminine de Jeanine Moulin et Poèmes de femmes, des origines à nos jours de Régine Desforges. Enfin, les universitaires Michael Bishop et John Stout, spécialisés dans les études de genre, lui consacrent des travaux dans Women’s Poetry in France, Studies in 20th Century Literature et Contemporary French Women Poets. Mais Janine Mitaud refuse que la réception de sa poésie soit conditionnée par son genre et rejette la notion de « poésie féminine » dans un entretien accordé à John Stout.
Bien que née dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale qui marque profondément ses premiers recueils, la poésie de Janine Mitaud se caractérise par un optimisme profond ainsi que le souligne René Char : . C’est à travers le thème du fruit qui traverse toute son œuvreBarbara Carreno (dir. Marie-Paule Berranger), Le Fruit à l’œuvre, le travail du fruit dans les premières années de poésie de Janine Mitaud, Université Sorbonne nouvelle - Paris 3 (Mémoire de Master 2 en Lettres modernes), 2015, 130 p. que Janine Mitaud donne à voir sa foi dans les forces régénératrices de la nature : Il faudra vous accorder à nos raisons d’aimerLes très lents progrès des midisOù le monde tranche son fruitOù les grappes de paix cessent d’avoir une ombreOù l’homme déchiré reçoit l’évidence de la blancheurLes gestes ne se forment plus que pour cueillirEn même temps que le futurVos cœurs régénérés et vos cœurs irriguésCet optimisme est indissociable de l’injonction que se donne la poétesse à elle-même : « Je veux que le poème signifie ». Poète « de l’évidence » selon Alain Bosquet, Janine Mitaud se tient à distance de l’ « ésotérisme et (du) refus de signifier ». Ici, le poème doit se construire à hauteur d’homme et être support de sens pour atteindre sa fonction réparatrice : « Nous demeurons pris au piège généreux d’un langage qui oblige à l’absolue sincérité. L’emporteront la profondeur et l’exigence et non pas une vague fluidité. » (Mitaud)
Œuvres Poésie Hâte de vivre, Pierre Seghers, « Poésie 49 », 1949. Bras étendus, La Presse à Bras de Monteiro, 1951. Silence fabuleux (frontispice de P. Garcia-Fons), Signes du temps, 1951. Rêverie, La Presse à Bras, 1951. Poème à Eluard, La Presse à Bras, 1953. Départs, Pierre Seghers, 1953. Les Armes fulgurantes, Rougerie, 1955. Soleil de blé, Rougerie, 1958. Le Futur et le Fruit, Pierre Seghers, 1960. Le Visage, Rougerie, 1961. L’Échange des colères (avant-propos de René Char), Rougerie, 1965 (avec 4 lithographies originales de Casazza). La Porte de la terre, Rougerie, 1969 (avec quatre eaux-fortes en couleur de J.-J.-J. Rigal). Le Soleil sursoit (préface de Georges-Emmanuel Clancier), Pierre Fanlac, 1974 (Frontispice de Pierre Peyrolles). Juillet Plain-Chant, Alain Sanchez, 1974 (avec une gravure et un dessin de Staritsky). Danger (préface de Pierre Seghers), Rougerie, 1974. Livre-Poème, Pierre Fanlac, 1979. De la rose à l’éros, Chambelland - Librairie Le Pont de l’Epée, 1982. Suite baroque, Pierre Fanlac, 1983 (dessins d’Anton). Poèmes cruels, Rougerie, 1988. Pages, Rougerie, 1991. Recueil lent, Rougerie, 1996. Privilèges, Rougerie, 2000. Naturel, Alain Lucien Benoît, 2001 (avec sept encres de Kevin Hurley). Traversées, Alain Lucien Benoît, 2004 (avec deux images de Claude Ibrahimoff). Forêt, Rougerie, 2005 (avec un collage de Claude Ibrahimoff). De quel amour blessés… , Alain Lucien Benoît, 2008. Les Promenades, La Porte, 2009. Soleil multiplié, Rougerie, 2017.
Traductions HUGHES Ted, Cave Birds, traduit de l’anglais et présenté par Janine Mitaud. Giromagny, Orphée / La Différence, 1991. PAYNE Robert, Mao Tsé Toung''. Paris, Pierre Seghers, 1949.
Notes et références
Annexes Articles connexes Histoire de la poésie française Poésie
Liens externes
Catégorie:Naissance en Dordogne Catégorie:Naissance en juin 1921 Catégorie:Décès à Longjumeau Catégorie:Décès en mai 2011 Catégorie:Décès à 89 ans Catégorie:Poétesse française du XXe siècle Catégorie:Poétesse française du XXIe siècle