La Vierge en Majesté de Seron est une sculpture de la Vierge en bois, d'un auteur inconnu, datant du , exposée depuis au musée des arts anciens de Namur, en Belgique. Découverte par hasard en 1967 dans la chapelle Saint-Laurent de Seron (Seron est un hameau de Forville dans l'entité de Fernelmont), elle a fait l'objet d'une restauration à l'Institut royal du Patrimoine artistique (Irpa) à Bruxelles durant plusieurs années, grâce au soutien financier de la Fondation Roi Baudouin . C'est l'une des rares Sedes Sapientiae de Belgique qui a traversé les siècles en conservant son aspect d'origine.
État matériel, description La Vierge de Seron est taillée dans du bois de peuplierE Mercier note que d'autres essences comme le tilleul, l'aulne, le saule sont attestées et que ce n'est qu'à partir des années 1220-1230 que les sculpteurs adoptent le chêne (p.23) . Le revers de la statue est évidé et amputé de la partie postérieure sur toute la hauteur, sans doute pour pouvoir l'adosser à un mur. L'enfant Jésus était déporté vers le genou gauche de la Vierge. Les mains n'ont pas été conservées.
La Vierge de Seron est de conception frontale. La tête est penchée vers l'avant. Le nez est long et droit. La chevelure est couverte d'un voile et laisse les oreilles apparentes. Trois pièces de vêtements d'aspect lourd apparaissent: un chainse dépassant en bas sur la jambe gauche; une bliaud aux manches élargies ; un manteau en forme de cape fermé à la base du cou J-C Ghislain page 11 .
Filiation Selon Jean-Claude Ghislain, docteur en histoire de l'art, cette Vierge de Seron appartient à une typologie régionale de la Vierge trônant en majesté que l'on retrouve dans l'ancien comté de Louvain, le futur duché de Brabant, l'ancien diocèse de Liège, le diocèse médiéval de Cambrai et n'est donc pas seulement mosane. Parmi les traits vestimentaires communs au groupe on relève les draperies relevées sur la jambe gauche. Le type du trône à haut dossier est également un dénominateur de ce groupe, de même pour le volume général compact de corps statiques, la physionomie du visage plein bordé par une chevelure délicatement ondulée.
La datation est estimée aux années 1170-1180J-C Ghislain (page 11-21).
Aspect d'origine La Vierge tenait l'enfant Jésus sur un genou. Cet enfant était sculpté à part et fixé par un tenon en bois. Cela a malheureusement facilité la perte. Les mains de la Vierge sont aussi manquantes. Les quelques traces observées de la polycchromie originale permettent de se faire une idée de son aspect primitif; radicalement différent de son aspect actuel précise Emmanuelle Mercier, Conservatrice de l'Institut royal du Patrimoine artistiqueE.Mercier p.27.
La polychromie visible et mise à jour correspond à la seconde polychromie que l'on peut dater de . Il n'était pas rare à l'époque qu'une sculpture soit repeinte une ou deux fois par siècleE.Mercier p.29. Dans cette version le manteau est rouge vif doublé de vert foncé. Le bliaud est bleu doublé de blanc. Le contour des yeux est en forme d'amande et délimité par un fin trait noir. Le bleu de l'iris varie du foncé au plus clair. Cette deuxième polychromie, par son goût pour les couleurs chatoyantes et contrastées est un changement radical par rapport à l'aspect d'origineE.Mercier p.32.
Restauration vignette|upright=0.5|gauche|La Vierge de Seron avant la restauration D'après l'état de la surface, la Vierge aurait subi une fragilisation due à une exposition à l'extérieure. Toutefois les repeints nombreux réalisés (par endroit on en compte sept) l'ont protégéeE.Mercier p.33. Lorsque la statue est arrivée au musée de la Trema à Namur, l'œuvre était attaquée par des insectes xylophages, les formes du visage repeintes plus souvent étaient empâtées, des restes d'enduits formaient des croûtes. Une étude a été réalisée par l'IRPA à la demande de la société archéologique de Namur et du musée provincial de Arts anciens du Namurois (TreM.a). Cette étude a permis de constater que la seconde polychromie était mieux conservée que la première et c'est cette dernière dont la mise à jour a été envisagée puis réalisée.
Le traitement a duré plusieurs années avant que la sculpture retrouve sa lisibilité des formes, une polychromie de qualité et une expression d'un visage. Le choix de mettre à jour la deuxième polychromie correspond selon Emmanuelle Mercier á un compromis entre le respect de l'histoire et la lecture de l'oœuvreE.Mercier p.44. Pour éviter de créer des faux historiques, les mains de la Vierge et l'enfant Jésus n'ont pas été ajoutés. Le bois nu au niveau du giron de la Vierge correspond à l'emplacement de l'Enfant et a été laissé apparent.
copie conforme L'original de la statue était réalisé en peuplier. Une copie en bouleau a été réalisée par le sculpteur Christian Patriarche et donnée à la paroisse pour permettre à cette dernière de perpétuer le culte des fidèles à Marie. vignette|upright=0.4|copie de la Vierge réalisée par C. Patriarche
Notes et Références Notes
Références
Annexes Bibliographie
Léopold Genicot, Calme Hesbaye, Mon village en Namurois 1920-1930, Bruxelles, Didier Hatier, 1992 (ISBN 2-87088-774-4, OCLC 68599749)
Catégorie:Statue de la Vierge à l'Enfant Catégorie:Sculpture du XIIe siècle Catégorie:Sculpture romane