James Clark Ross, né le à Londres et mort le à Aylesbury, est un officier de la Royal Navy, un explorateur polaire et un naturaliste britannique. Il a exploré l'Arctique avec son oncle John Ross et avec William Edward Parry avant de conduire sa propre expédition en Antarctique.
Biographie Enfance
James Clark Ross est né à LondresIl est communément accepté que Ross soit né à Londres, même si certaines sources estiment qu'il soit peut-être né en Écosse d'où est originaire sa famille paternelle.. Il est le troisième enfant de l'homme d'affaires George Ross, et de sa femme Christian Clark Biographie de James Clark Ross, Dictionary of canadian biography online.. Son père vient d'une éminente famille du Wigtownshire en Écosse et est le frère aîné de l'explorateur de la Royal Navy John Ross.
Royal Navy Très influencé par son oncle John Ross, Ross entre dans la marine peu avant ses douze ans. Il est alors engagé comme « volontaire de première classe » sur le mais sous l'impulsion de son oncle, il est promu rapidement comme « midshipman » sous son propre commandement. Après six années, ils partent tous les deux sur le , naviguant notamment en mer Baltique, en mer Blanche et dans la Manche. Ils sont ensuite affectés au basé sur la côte ouest de l'Écosse.
Expéditions polaires Première expédition de John Ross
En 1818, James Clark Ross accompagne John Ross, qui à la demande de George Johnstone Hope, part sur le et le dans un voyage à la recherche du passage du Nord-Ouest de la mer de Baffin au détroit de Béring. Après les guerres napoléoniennes, les effectifs de la Royal Navy sont faibles et une grosse récompense de est promise à l'équipage qui dépassera les 110° de longitude ouest. James Clark Ross prend part activement aux recherches scientifiques.
John Ross ne parvient cependant pas à trouver le passage du Nord-Ouest et, à son retour au Royaume-Uni, il est vivement critiqué pour son échec et ne conduira plus d'autres expéditions.
Les expéditions de Parry William Edward Parry, second de John Ross lors de l'expédition, relève cependant le défi en organisant quatre expéditions successives de 1819 à 1828, où Ross prendra une part très importante.
Première expédition de Parry thumb|right|200px|Une gravure d'un journal publié en 1921. thumb|right|150px|William Edward Parry L'amirauté renvoie presque immédiatement en 1819 le et le sous le commandement de Parry dans une expédition arctique et James Clark Ross l'accompagne. Là encore, Ross prend part activement aux recherches scientifiques et Parry l'honore en nommant le cap James Ross de l'île Melville de son nom. Les navires sont régulièrement bloqués par la glace en hiver dans ces zones froides, imposant aux équipages d'hiverner. Ross passe ainsi son premier hiver dans l'Arctique, chose dont il deviendra rapidement coutumier.
Bien que l'expédition, partie pour trouver le passage du Nord-Ouest, soit stoppée à 112° 51', c'est la plus réussie des expéditions arctiques du début du . En ayant dépassé le 110° ouest, l'équipage empoche la récompense et environ de côtes sont cartographiés.
Deuxième expédition de Parry En mai 1821, Ross accompagne de nouveau Parry dans une expédition avec les navires et . L'expédition part de la baie d'Hudson mais stoppe au golfe de BoothiaCe golfe ne prendra le nom de Boothia qu'en 1829. Voir le paragraphe sur « l'expédition privée de John Ross » et l'article détaillé golfe de Boothia. en ayant passé deux hivers bloquée par les glaces, le premier à l'île de Winter et le second près d'Igloolik. Effectuant notamment la cartographie des terres, Ross sert également comme naturaliste et botaniste, étudiant les oiseaux, les mammifères marins et les plantes. Il sera le premier à étudier un spécimen de mouette rosée qui, en anglais, prendra son nom (« Ross’s Gull », la « mouette de Ross »). De retour en Angleterre à l'automne 1823, il apprend qu'il a été promu au grade de lieutenant, le . Son travail comme naturaliste est également récompensé en étant accueilli comme membre de la Société linnéenne de Londres.
Troisième expédition de Parry La troisième expédition de Parry en 1824 et 1825, qui utilise les deux mêmes navires, est un désastre car la navigation est particulièrement difficile, retardant la progression vers l'Ouest. Au premier hiver, ils atteignent la crique du Prince Regent. Ross est cette fois-ci second d'Henry Parkyns Hoppner sur le tout en continuant ses études sur la faune, notamment grâce à la taxidermie, et faisant des observations plus diverses telles que sur les températures, le magnétisme, les longitudes ou sur des calculs sur l'épaisseur de la glace d'eau salée. Il participe également aux excursions et explorations sur les terres.
Le s'échoue après avoir été bloqué par les glaces le sur l'île Somerset à un lieu qui sera baptisé plus tard Fury Beach (la « plage Fury »). Une partie des vivres sont récupérées et le reste est laissé sur place afin de servir éventuellement de dépôt pour d'autres expéditions. Parry ne disposant plus que d'un navire est obligé de regagner le Royaume-Uni pour ne pas risquer d'être bloqué un autre hiver, et le il est en Angleterre.
Quatrième expédition de Parry C'est le Norvégien Roald Amundsen qui le premier franchit le passage entre 1903 et 1906 après qu'une expédition britannique eut prouvé l'existence du passage. Ross s'engage de nouveau pour une expédition avec William Edward Parry mais celle-ci n'est pas à la recherche du passage du Nord-Ouest mais veut atteindre le pôle Nord. Ross est alors fait second de Parry. Depuis le Nord-Ouest du Svalbard, l'expédition doit utiliser des canots en les faisant glisser sur des traîneaux jusqu'à l'espérée et mythique mer polaire ouverte.
Le , le fait route et au , les canots quittent le navire. Après 100 milles de voile, la partie sur glace du voyage commence mais s'avère vite impossible à cause des conditions climatiques désastreuses, d'une charge par homme trop élevée et de la dérive vers le Sud des glaces qui annihile la progression vers le Nord. Parry est rendu temporairement aveugle par la réverbération de la lumière sur la glace et Ross est blessé en se faisant coincer entre un bateau et un morceau de banquise. L'expédition, gravement ralentie n'atteint pas le degré 83 de latitude nord et Parry rebrousse chemin le , démoralisé après avoir découvert qu'en cinq jours ils n'avaient gagné qu'un kilomètre et demi. Néanmoins, la latitude record de 82° 45' atteinte tiendra jusqu'en 1875, bien qu'étant à environ 500 milles du pôle. Le , Ross a ramené le navire dans la Tamise après que Parry l'eut quitté aux Orcades.
William Edward Parry prend sa retraite militaire peu après pour devenir hydrographe et Ross se retrouve l'officier le plus expérimenté en milieu polaire Erebus and Terror, coolantarctica.com. Ross est promu commandant le et devient membre de la Royal Society le .
L'expédition privée de John Ross thumb|right|upright=1.5|Les routes les plus fréquentées du passage du Nord-Ouest à travers l'archipel arctique canadien. Son oncle John Ross prépare une expédition financée par des fonds privés pour enfin découvrir le passage du Nord-Ouest. Le bateau à vapeur à roues à aubes Victory appareille d'Écosse le avec en remorque le tender Krusenstern (le Victory était pourvu de roues à aubes démontables et d'un moteur expérimental construit par John Ericsson. L'engin posera des problèmes durant le premier hiver et sera démonté pour être abandonné). Après un arrêt sur la côte ouest du Groenland, l'expédition file à l'Ouest jusqu'à la crique du Prince Regent où les restes du permettent de se ravitailler. Là encore, le bateau peine à se mouvoir et doit se résigner à hiverner à Felix Harbour.
Durant cet hiver, James Clark Ross explore les terres et découvre que la terre où il se trouve est, comme le lui avaient dit les autochtones inuits, une péninsule et non une île malgré son espoir de la contourner par le côté nord ou le côté sud. Il traversa le détroit, qui porte aujourd'hui son nom, entre cette péninsule et la future île du Roi-Guillaume découvrant ainsi l'île Matty et le cap Felix.
John Ross nomme la péninsule « Boothia » en l'honneur de Felix Booth, le dirigeant britannique d'une distillerie de gin qui finance son expédition. John Ross rencontre une importante communauté inuite qu'il a décrite comme vivant dans des « snow cottages » (littéralement des « chalets de neige », c'est-à-dire les igloos). Ces premiers contacts seront primordiaux pour la survie de l'expédition et les observations ethnologiques faites seront d'importance. En effet, la glace ne permet pas au Victory de bouger lors de l'été 1830, obligeant à un nouvel hivernage. John Ross découvre lors de ce second hiver le moyen de se prémunir du scorbut, c'est-à-dire en mangeant beaucoup de gras selon le régime alimentaire des Inuits qui s'étaient installés près du bateau.
Le , James Clark Ross parvient, au cours d'une virée à terre de 28 jours, à situer le pôle Nord magnétique sur un point selon la biographie de James Clark Ross, Dictionnaire biographique du Canada. Le pôle Nord magnétique, non fixe, s'est depuis déplacé vers le Nord-Ouest. de la côte ouest de la péninsule Boothia, érige l’Union Jack et un cairn et nomme la terre « île du Roi-Guillaume » en l'honneur de Guillaume IV du Royaume-Uni. La découverte est d'importance car elle permet aux navigateurs du monde entier d'utiliser leur boussole avec une plus grande précision Sir James Clark Ross 1800 - 1862.
thumb|L'équipage du Victory sauvé par l' Isabella Encore une fois, le Victory ne peut bouger lors de l'été suivant, décidant John Ross à abandonner son navire dès que les conditions climatiques se feraient plus clémentes, jusqu'à Fury Beach. Cependant, malgré cela, un quatrième hivernage doit être pris à la crique du Prince Regent où un abri est bâti. Les chaloupes abandonnées du HMS Fury échoué sont réparées et le , la mer se dégage lentement, permettant à l'expédition d'être récupérée en mer, le par le baleinier . Coïncidence, il s'agit du navire que pilotait John Ross à sa première expédition.
À leur retour en Angleterre, le roi Guillaume IV du Royaume-Uni reçoit les deux Ross. Les membres de l'expédition sont les premiers à survivre pendant une aussi longue période dans l'Arctique, tout en ayant limité les pertes humaines à trois hommesJohn Ross : la découverte du pôle magnétique, collectionscanada.gc.ca James Clark Ross reçoit le une promotion au grade de captain et est affecté au basé à Portsmouth. Il est remercié officiellement par la « Court of Common Council » de la municipalité de Londres et reçoit en présent une médaille plaquée en argent des membres de l’Arctic Land Expedition, un des groupes qui s'était organisé pour effectuer une opération de recherche et de sauvetage de l'expédition si elle n'était pas revenue. Son oncle John Ross est également unanimement félicité et devient notamment consul de Grande-Bretagne en Suède de 1839 à 1846 et se lancera dans une dernière expédition. John Ross s'exprime publiquement sur la faiblesse du moteur du Victory, ce qui lui vaut un duel par médias interposés avec le fabricant.
L'étude sur le magnétisme Avec sa découverte dont il tire le livre On the position of the North Magnetic Pole (1834), James Clark Ross s'impose comme une autorité sur le magnétisme terrestre, si bien qu'il est chargé de diriger une étude magnétique en Grande-Bretagne. Elle se déroule de 1835 à 1838 mais est interrompue en où Ross est désigné pour prendre le commandement du dans une mission de secours à onze baleiniers bloqués en mer par la glace dans le détroit de Davis. Quand il parvient là-bas, en janvier 1836, une partie des pêcheurs ont déjà pu se dégager. Il peut donc reprendre son étude en août.
Avec huit hivers et quinze saisons en mer dans les régions de l'Arctique, il dispose d'une expérience inégalée. On lui doit d'être anobli pour ses services rendus mais, pour une raison inconnue, il refuse.