Laurent Fignon, né le dans le de Paris et mort le dans le de cette même ville, est un cycliste français. Professionnel de 1982 à 1993, il remporte notamment deux Tours de France, en 1983 et 1984, le Tour d'Italie 1989, ainsi que les classiques la Flèche wallonne en 1986 et Milan-San Remo en 1988 et 1989. Il est aussi champion de France sur route 1984, il termine l'année 1989 à la première place du classement mondial FICP.
Après plus de cinquante victoires chez les amateurs, Fignon devient professionnel en 1982 dans la formation Renault-Elf-Gitane de Bernard Hinault, dirigée par Cyrille Guimard. En 1983, après des débuts remarqués, il devient le leader de l'équipe lors du Tour de France afin de pallier l'absence d'Hinault. N'ayant pas encore vingt-trois ans, il remporte l'épreuve dès sa première participation. En 1984, cette fois opposé à Hinault, parti sous de nouvelles couleurs, Fignon porteur du maillot tricolore après sa victoire aux championnats de France domine le Tour de France, reléguant son ancien équipier, deuxième au classement général final, à plus de dix minutes. Après avoir perdu le Tour d'Italie 1984 face à l'Italien Francesco Moser, dans des circonstances controversées, il remporte l'édition en 1989, étant toujours le dernier Français vainqueur de cette épreuve. Il s'illustre également sur les classiques, remportant la Flèche wallonne en 1986 et Milan-San Remo à deux reprises successivement, en 1988 et 1989. Fignon est aussi surtout connu du grand public pour avoir perdu le Tour de France 1989 pour huit secondes face à l'Américain Greg LeMond, après un duel épique. Porteur du maillot jaune, il est battu lors de l'ultime étape de l'épreuve, un contre-la-montre individuel arrivant sur les Champs-Élysées. Sa fin de carrière est plus inconstante : il se fâche avec Cyrille Guimard, son directeur sportif depuis ses débuts professionnels et rejoint la formation italienne Gatorade-Chateau d'Ax. Il remporte sa dernière victoire d'importance, une étape à Mulhouse sur le Tour de France 1992 et met un terme à sa carrière en 1993.
Après sa retraite sportive, Fignon devient organisateur de courses cyclistes, faisant l'acquisition pendant deux ans de Paris-Nice avant de le revendre à la société Amaury Sport Organisation. Il crée la course Paris-Corrèze en 2001 et ouvre un Centre Laurent-Fignon à Gerde dans les Hautes-Pyrénées afin d'y effectuer des stages cyclistes. Pendant dix-sept ans, Fignon endosse également le rôle de consultant pour la télévision et la radio, chez Eurosport et Europe 1 et commente le Tour de France sur France Télévisions de 2006 à 2010. En 2009, on lui diagnostique un cancer des voies digestives, mais Fignon continue ses activités dans les médias. Il meurt des suites de sa maladie, un peu plus d'un mois après avoir commenté le Tour de France 2010.
Biographie Jeunesse et carrière amateur Laurent Patrick Fignon, naît le à l'hôpital Bretonneau dans le de Paris.. Son père Jacques Fignon est chef d'atelier dans une usine de tôlerie mécanique et sa mère Marthe, femme au foyer. Ils vivent rue Davy dans le jusqu'en 1963, année durant laquelle ils déménagent à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne.. Durant sa scolarité à Lagny-sur-Marne, il a Irène Frain comme professeur de français.. Fignon obtient un bac D et effectue une année en Deug de « science des structures de la matière » à l'université de Villetaneuse..
Il s'initie au cyclisme en 1975, en voyant des amis pratiquer. Il débute sur le vélo de marque Vigneron de son père. Il apprécie immédiatement ce sport et parvient à suivre ses amis plus expérimentés. En 1976, il prend sa première licence à la Pédale combs-la-villaise., alterne entre ce club et celui de Gretz-Armainvilliers, le SC Gretz-Tournan.. Il participe à sa première course en cadets à Vigneux-sur-Seine, le Prix de la tapisserie Mathieu, sur une distance de et la remporte.. Il en gagne trois autres durant cette saison.. C'est en 1978, en deuxième année junior, qu'il décolle avec dix-huit victoires, dont le titre de champion d'Île-de-France sur route.. En , après une dizaine de victoires durant sa première année chez les seniors, il effectue son service militaire au bataillon de Joinville, qui accueille les appelés sportifs., et y fait la rencontre du caporal-chef Alain Gallopin, ce dernier l'accompagnant au cours de sa carrière en tant que masseur personnel et ami intime.. Durant cette période il remporte en 1980 le Tour de la Réunion ainsi qu'un contre-la-montre par équipes sur Île de Man, avec Gallopin et Pascal Guyot..
Après son retour à la vie civile, il décide de faire carrière dans le cyclisme et signe un contrat à l'US Créteil, qui a formé avant lui Maurice Moucheraud, Pierre Trentin et Daniel Morelon. Le matin, il a une activité d'employé à la mairie de Créteil et les après-midi sont réservés aux entraînements avec le club.. En 1981, il intègre l'équipe de France amateur où il retrouve un ami qu'il a connu chez les cadets et qui devient un intime, Pascal Jules. Il est sélectionné afin de participer au Tour de Corse, course qui permet aux amateurs de se confronter aux professionnels. C'est là qu'il se retrouve dans le même peloton que Bernard Hinault, qui arbore le maillot de champion du monde. Les bonnes prestations de Fignon durant la course font que Cyrille Guimard, directeur sportif d'Hinault, vient le rencontrer pour lui indiquer qu'il va suivre sa saison.. Avec l'équipe de France, il participe également à la Course de la Paix, épreuve par étapes exigeante pour les . Il termine à la place, premier des coureurs françaisSite du cyclisme : classement général de la Course de la Paix 1981 : 32e Laurent Fignon, 33e Marc GomezLa liste des partants et des équipes de la Course de la Paix 1981, site Fiedensfahrt.info.. Le lendemain du Tour 81 remporté par Hinault, Guimard fait signer un contrat de néo-pro à Fignon, pour un salaire mensuel de .. En fin de saison, l'équipe de France composée de Laurent Fignon, Pascal Jules, Marc Gomez et Claude Moreau prend la sixième place aux championnats du monde du contre-la-montre par équipes à Prague.
Débuts professionnels éclatants (1982-1983) Intégration réussie chez Renault (1982)
vignette|alt=Photographie en buste d'un homme vêtu d'un polo rayé gris et bleu et portant des lunettes.|Cyrille Guimard, directeur sportif de Laurent Fignon de 1982 à 1991. Après plus de cinquante victoires chez les amateurs, Laurent Fignon commence sa carrière professionnelle en 1982 dans l'équipe Renault Elf de Bernard Hinault dirigée par Cyrille Guimard. D'emblée, il s'illustre au plus haut niveau en remportant le Grand Prix de Cannes, la Flèche azuréenne., mais surtout sa première course à étapes, le Critérium international... En mai, il participe à sa première course à étapes longue de trois semaines en étant sélectionné par son équipe pour le Giro. La formation de Fignon remporte le contre-la-montre par équipes inaugural, lui permettant d'être septième au classement général. Puis Fignon prend la deuxième place derrière l'Australien Michael Wilson lors de la deuxième étape menant à Cortone, endossant le maillot rose., qu'il ne conserve qu'une journée. Il contribue ensuite au succès de son leader Bernard Hinault., terminant quant à lui l'épreuve à la quinzième place, étant même tout proche de remporter le classement du meilleur jeune, seulement devancé par l'Italien Marco Groppo.
Fignon participe ensuite à l'Étoile des Espoirs et remporte avec l'équipe Renault la deuxième étape, un contre-la-montre par équipes de à Toulouse. Il termine l'épreuve à la troisième place derrière le Belge Jean-Luc Vandenbroucke et le Néerlandais Joop Zoetemelk. Puis à l'offensive dans la course Blois-Chaville, il possède un réel espoir de remporter cette classique de fin de saison, mais à la suite d'une chute provoquée par le bris de l'axe de son pédalier, la victoire s'enfuit au bénéfice de Vandenbroucke..
Tour de France remporté dès sa première participation (1983)
En 1983, il commence la saison en remportant la première étape du Critérium international. Puis il aide à nouveau Hinault à s'imposer dans une très difficile Vuelta. Il accomplit un travail d'équipier important afin de permettre cette victoire. En particulier, lors de la dix-septième étape entre Salamanque et Ávila remportée par Hinault, Fignon mène un train d'enfer pendant plusieurs kilomètres sur les rampes du col de Serranillos, mettant en difficulté les Espagnols Marino Lejarreta et Julián Gorospe, ce dernier étant le leader au classement général.. Hinault sort de cette épreuve blessé au genou, Fignon ayant de son côté démontré de grandes capacités sur une épreuve de trois semaines, remportant la quatrième étape menant à Sant Quirze del Vallès et terminant à la septième place du classement général final.
Ainsi, lorsque Hinault déclare forfait pour le Tour 1983., Guimard aligne une équipe sans leader où tout est ouvert, avec Laurent Fignon qui vient de remporter le Grand Prix de Plumelec.. Au départ de l'épreuve, Fignon se fixe pour objectifs de remporter une étape, de terminer dans les dix premiers du classement général et de glaner le maillot blanc de meilleur jeune.. Après un prologue peu brillant à Fontenay-sous-Bois, il est victime d'une fringale lors du contre-la-montre par équipes entre Soissons et Fontaine-au-Pire, mais parvient à suivre le rythme de ses équipiers grâce à l'aide de Bernard Becaas qui lui donne son ravitaillement.. À la suite de l'étape empruntant les pavés du Nord, il souffre d'ampoules aux mains, puis il est atteint d'une conjonctivite deux jours plus tard.. Après une première partie de course très discrète, il accompagne les meilleurs dans la première étape pyrénéenne menant à Luchon, comprenant les ascensions des cols d'Aubisque, du Tourmalet, d'Aspin et de Peyresourde, et se hisse à la deuxième place du classement général derrière Pascal Simon.. Malchanceux, Simon chute, se brise l'omoplate gauche et doit abandonner lors de la dix-septième étape.. Fignon récupère donc le maillot jaune à l'Alpe d'Huez et doit se démener dès le lendemain lors de la difficile étape alpestre menant à Morzine pour défendre sa place de leader devant les attaques de ses adversaires... Lors de la dix-neuvième étape, un contre-la-montre en côte de entre Morzine et Avoriaz, remporté par le Belge Lucien Van Impe, Fignon perd à nouveau du temps.. Cependant, le surlendemain, en s'imposant dans le dernier contre-la-montre individuel à Dijon., il conforte définitivement sa position et remporte son premier Tour de France avant ses ., devant l'Espagnol Ángel Arroyo et le Néerlandais Peter Winnen, tous deux relégués à plus de quatre minutes. Laurent Fignon remporte le Tour de France lors de sa première participation, comme Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx et Bernard Hinault, avant lui.. En octobre, Fignon termine sa saison sur une chute au cours de l'Escalade de Montjuïc. Il y subit une fracture au poignet droit..
Confirmation de son grand talent (1984) Défaite amère au Tour d'Italie