thumb|Symbole du transféminisme
Le transféminisme, écrit aussi trans féminisme, a été défini par Emi Koyama comme . Koyama note qu'il Koyama, Emi.. Le transféminisme a également été défini plus généralement comme étant Erickson-Schroth, Laura, ed. (2014)..
Le transféminisme est introduit au début de la deuxième vague du féminisme par des penseuses telles que Sandy Stone, considérée comme la fondatrice des études sur la transidentité, et Sylvia Rivera, émeutière de Stonewall et fondatrice de Street Transvestite Action Revolutionaries. En 2006, le premier livre sur le transféminisme, Trans/Forming Feminisms: Transfeminist Voices Speak Out, sort en Amérique, édité par Krista Scott-Dixon, et publié par Sumach PressScott-Dixon, Krista, ed. (2006)... Du côté francophone, le terme trans féminisme est utilisé pour la première fois dans une conférence prononcée par Lalla Kowska-Régnier en 2005 intitulée . Du côté académique, Elsa Dorlin a abordé la question des praxis trans féministes en 2008 dans son ouvrage Sexe, genre et sexualité, alors qu'Alexandre Baril est le premier chercheur à utiliser et définir en français le terme transféminisme en français en 2009 dans son texte intitulé ..
Historique Les premières voix du mouvement sont celles de Kate BornsteinKate Bornstein (1994). et Sandy Stone, dont l'essai « The Empire Strikes Back » était une réponse aux écrits transphobes de Janice RaymondStone, Sandy (1991).. Au , Krista Scott-Dixon et Julia SeranoSerano, Julia (2007).Serano, Julia (2013). ont publié des ouvrages transféministes.
Transfeminism.org a été créé en 2000 pour promouvoir le Transfeminism Anthology Project de Diana Courvant et Emi Koyama. Le site est principalement consacré, cependant, à l'introduction de la notion de transféminisme dans le secteur universitaire et de la recherche, et pour mettre en lien des personnes travaillant sur des projets et des thèmes transféministes, grâce à une anthologie du même nomCourvant & Koyama 2000.. Koyama et Courvant ont recherché d'autres transféministes pour augmenter leur visibilité. Il a été prévu que cette anthologie ouvre le mouvement à un large public. Lors d'un événement de Yale, l'utilisation du mot Courvant (dès 1992), et la participation au site Transfeminism.org, a peut-être fait d'elle l'inventrice du terme.
Patrick Califia a utilisé le mot dans la presse en 1997, et c'est la première utilisation de ce mot dans la presse hors périodiques. Il est probable, que le terme ait été utilisé à plusieurs reprises avant l'an 2000 (ou même avant la première utilisation revendiquée par Courvant en 1992). Le terme a connu un regain'à partir de 1999. Jessica Xavier, une connaissance de Courvant, a peut-être indépendamment inventé le terme quand elle l'a utilisé pour introduire ses articles « Passing As Stigma Management » et « Passing as Privilege » à la fin 1999Xavier, Jessica, .Xavier, Jessica, .. Emi Koyama a écrit le très lu « Transfeminist Manifesto » au moment du lancement du site web qui a aidé à répandre le terme.
Au cours des dernières décennies, l'idée selon laquelle toutes les femmes partagent une expérience commune a été remis en question par les femmes de couleur, les lesbiennes et les femmes de la classe ouvrière, entre autres. Beaucoup de personnes trans remettent également en doute ce que signifie l'égalité, et remettent en cause le genre comme étant un fait biologique. les transféministes insistent pour que leurs expériences uniques soient reconnues comme faisant partie de la sphère féministeGluckman, R.; Trudeau, M. (2002), "Trans-itioning feminism: the politics of transgender in the reproductive rights movement", The fight for reproductive freedom, ..
Le transféminisme comprend tous les grands thèmes de la troisième vague féministe, incluant le multiculturalisme, l'image du corps, et l'agency des femmes. Le transféminisme n'est pas seulement la fusion des préoccupations trans et féministes. Ce mouvement inclut aussi l'analyse critique de la deuxième vague féministe, du point de vue de la troisième vague féministeHill, R. J. (2001), Menacing Feminism, Educating Sisters (PDF), archived from the original (PDF) on 2008-03-08.. Comme tous les féminismes, le transféminisme critique les notions traditionnelles de masculinité, et soutient que les femmes méritent l'égalité des droits. Enfin, le transféminisme partage le principe unificateur d'autres féminismes, selon lequel le genre est une construction sociale patriarcale utilisée pour opprimer les femmes. Par conséquent, pour un grand nombre, le « trans » dans transgenres a été utilisé pour impliquer la transgressivité (transgressiveness)See the subtitle of the trans community periodical "Chrysalis", which is "The Journal of Transgressive Gender Identities", transfeminism should not be seen as an anti-feminist movement.. Nicholas Birns catégorise en effet le transféminisme comme étant « un féminisme qui définit le terme « trans- » de manière hétérogène au maximum.. »
La légitimité du mouvement du transféminisme a été plus controversée que pour les autres féminismes. Marginalisées, les femmes trans ont dû prouver que leurs besoins étaient différents, car le féminisme traditionnel ne les incluait pas nécessairement dans leur lutteJohnson Reagon, B. (1981), Coalition Politics: Turning the Century.. Au contraire, les femmes trans doivent montrer que leur féminité est tout aussi valable que celle des autres femmes, et que le féminisme peut les inclure sans cesser d'être du féminismeRaymond, J. (1994), The Transsexual Empire ( ed..
Féminisme vs transféminisme vignette|Appel conjoint féministe et transféministe à la grève à Bolzano le 8 mars 2022. Bases communes Un des principes de base du féminisme est constitué par le credo selon lequel la biologie ne doit pas servir de prétexte à une hiérarchisation entre les sexesSimone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe., menant à l'idée importante selon laquelle les femmes ne devraient pas se soumettre aux rôles sexués traditionnels. Le transféminisme développe ce point de vue en faisant valoir que personne ne devrait être limité par des normes de sexe et ou de genre.
Les féministes ont traditionnellement cherché à définir ce que signifie être une femmeBrewer, Mary (September 2002).. Les transféministes soutiennent que les personnes féministes trans et cisgenres s'opposent à des points de vue conventionnels de la société en termes de sexe et de genre. Le mouvement transgenre propose au féminisme une nouvelle approche selon laquelle le genre est une construction sociale, offrant par-là même un nouveau sens au concept de genre.
Les critiques que les transféministes font au courant dominant du féminisme sont principalement orientées sur le fait qu'il s'agit d'un mouvement institutionnalisé, et que le féminisme a perdu de vue l'idée de base selon laquelle la biologie ne constitue pas une destinéeCourvant, Diana "Thinking of Privilege" InAnzaldua & Keating 2002, http://www.pfc.org.uk/node/942 . Le transgénérisme résiste et conteste la fixité du genre dont dépendent les approches traditionnelles des études sur les femmesSalamon, Gayle (2008)..
Les personnes trans sont fréquemment la cible de violences anti-transhttp://www.gender.org/remember/index.html ... Alors que les femmes non-trans font également régulièrement face à la violence, les transféministes comprennent la violence anti-trans comme étant une forme de police des sexesGagné, Patricia; Tewksbury, Richard (February 1998)..
Différences Malgré les similitudes, il existe également des différences entre le féminisme traditionnel et le transféminisme. Le transféminisme est en opposition au féminisme de la deuxième vague. Les transféministes critiquent souvent l'idée d'une fraternité universelle, en s'alignant plutôt avec les idées de la troisième vague féministeSerano, Julia (18 avril 2012).. En rappelant leur expérience commune, les transféministes contestent directement l'idée que la féminité est une construction entièrement sociale. Au contraire, elles considèrent le sexe comme étant un ensemble multiforme de diverses qualités intrinsèques et sociales. Par exemple, il y a des hommes/femmes cis/trans qui s'expriment d'une manière inhabituellement féminine ou masculine. Parce que cela affecte fortement la façon dont les expériences des personnes s'articulent avec le sexe, et leur position au sein du patriarcat, les transféministes diront que l'expression masculin/féminin est un concept important qui devrait être développé et creusé par les féministes, afin de la comparer et la mettre en contraste, à la fois avec le genre attribué à la naissance, et l'identité de genre.
Solidarité féminine (Sisterhood) La « solidarité féminine » est un terme qui sépare le transféminisme du féminisme de la deuxième vague. La « solidarité féminine » en tant que concept évoque l'idée que le patriarcat et ses tactiques sont tellement universelles que les expériences des femmes sont partout équivalentes. Les femmes issues de sociétés culturellement, ethniquement, et/ou économiquement différentes, les jeunes femmes et les jeunes filles, les femmes handicapées et les autres opposées à l'idée d'une fraternité universelle et de ses prolongements, ont deux idées dominantes : d'abord, si l'on travaille pour le bénéfice d'une femme, on travaille pour le bénéfice de tous également ; deuxièmement, que dans une société sexiste, toutes les femmes ont le même niveau (minimum) de puissanceBrendy Lyshaug, Solidarity Without "Sisterhood"?.
Ces questions ont été confrontées dans de nombreux forums avant que le transféminisme soit inventé. « Killing the Black Body »Roberts, Dorothy., illustrait la manière dont le mouvement féministe-blanc conduisait, parfois, à travailler au détriment des femmes pauvres et/ou issues de minorités. « This Bridge Called My Back »Moraga, Cherríe; Anzaldúa, Gloria E., eds. (1983). est une anthologie des écrits féministes du tiers monde qui remet en question l'idée de puissances égales chez les femmes.
Les transféministes signalent de nombreuses situations sous-examinées dans lesquelles l'utilisation d'une femme de pouvoir a le potentiel de blesser une autre femme. Les transféministes, par exemple, proposent des conseils consultatifs en cas de crise, des refuges pour femmes, des stages féministes non rémunérés et sous-payés, la création de fonds pour aider les employées trans en cas de problèmes de santé non traditionnelsVoir : http://eminism.org/index.html & https://web.archive.org/web/*/http://www.transfeminism.org).. L'enquête transféministe sur le féminisme et l'invalidité a été particulièrement fructueuse, ainsi que celle sur le féminisme et le sexe, et sur la combinaison des troisThe Queer Disability 2002 conference...
Accès aux espaces féministes Bien que parfois peu reconnues, certaines personnes trans soutiennent et font partie de mouvements féministesDeke Law, "Evolution" in This is What Lesbian Looks Like, Kris Kleindienst, Firebrand Books, 1999., leur intégration dans ces mouvements passant toutefois par l'acceptation de leur identité de femmes. Les obstacles à cette reconnaissance font des transféministes des alliées naturelles pour les femmes racisées qui subissent le racisme dans un environnement féministe majoritairement blanc. Raymond par exemple définit les personnes trans comme fondamentalement extérieures au féminisme. Certains conflits documentés comme générés par des personnes trans se sont avérés être le fait de réactions excessives à leur encontre..
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