vignette|Le comportement du chien a été façonné par des millénaires de contact avec les humains vignette|Dessin de Konrad Lorenz montrant les diverses expressions faciales d'un chien, un comportement de communication
Le comportement du chien représente l'ensemble des actions (ou inactions) effectuées par le chien domestique (individuellement ou en groupe) en réponse à des stimuli intérieurs et/ou extérieurs. En tant que plus ancienne espèce animale domestiquée par l'homme (les estimations de sa date d'apparition varient de -9 000 à -30 000 ans av. J.-C.), le comportement des chiens a inévitablement été façonné par des millénaires de contact avec les humains. Le résultat de cette évolution physique et sociale est que les chiens ont acquis, plus que toute autre espèce animale, la capacité de comprendre et de communiquer avec l'homme, et d'harmoniser leur comportement avec le nôtre de manière unique. Les biologistes comportementalistes ont découvert une surprenante quantité de capacités cognitives et sociales chez le chien domestique. Capacités qu'on ne retrouve ni chez les autres espèces de canidés les plus proches du chien ni chez les grands singes (chimpanzé, gorille, orang-outan). Ces compétences propres au chien s'apparenteraient plutôt aux capacités cognitives et sociales de l'enfant humain.
Évolution - Domestication - Coévolution avec l'homme
Les origines du chien domestique (Canis lupus familiaris) sont encore disputées. Les séquençages complets des génomes indiqueraient que le chien, le loup gris et le loup de Taïmyr (désormais éteint) ont divergé en même temps il y a entre 27 000 et 40 000 ans. La manière dont les chiens ont été domestiqués n'est pas connue avec certitude, les deux hypothèses principales étant l'auto-domestication et la domestication humaine. Il existe des signes d'une véritable coévolution homme-chien.
Intelligence
L'intelligence du chien est définie comme sa faculté à recevoir des informations et à les retenir en vue de les utiliser pour résoudre des problèmes futurs. On a pu montrer que les chiens étaient capables d'apprentissage par inférence. Une étude avec un border collie nommé Rico a montré qu'il connaissait les noms de plus de 200 différents objets. Il déduisait le nom de nouveaux objets par une méthode d'exclusion et était capable de s'en souvenir encore quatre semaines après. Les chiens ont une très bonne mémoire.
Au-delà des capacités linguistiques, des recherches en neuroimagerie ont mis en évidence l'existence d'un système de traitement numérique inné chez le chien. Une étude par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) a démontré que le cortex pariétotemporal canin s'active de manière spontanée face à des variations de quantités numériques. Ce mécanisme, appelé Système de Nombre Approximatif (SNA), permet de distinguer des quantités sans apprentissage préalable, suivant des processus neurologiques similaires à ceux observés chez les primates et les nourrissons humains..
Les chiens sont dotés de la capacité de lire et de réagir de manière appropriée aux signes corporels humains tels que faire des gestes ou montrer du doigt. Ils sont aussi mais bien moins distinctement capables de comprendre les ordres vocaux. Entraînés à résoudre un problème de manipulation simple, les chiens se tournent vers les humains lorsqu'ils sont confrontés à une version insoluble du même problème, alors que les loups apprivoisés ne le font pas. En se livrant à la duperie, les chiens font également montre de théorie de l'esprit.
Sens
vignette|Le chien peut sentir 100 millions de fois mieux que l'humain, son sens olfactif est 40 fois plus développé que celui de l'homme,
Les sens du chien incluent l'odorat, la vision, l’ouïe, le goût et le toucher.
Odorat
L'extérieur humide et spongieux de la truffe du chien lui permet de capter toutes les odeurs apportées par la brise. La capacité de sentir avec chaque narine séparément (sentir en stéréo), lui permet de déterminer de quelle direction vient l'odeur pour que dès les premiers instants où il les renifle il commence à percevoir les choses qui s'y trouvent et où elles sont.
Quand l'air entre dans le nez, un petit pli de tissus le divise en deux zones séparées, une pour respirer et l'autre uniquement pour sentir. Ce deuxième flux d'air pénètre dans une région ayant entre 125 et 200 millions allant jusqu'à 300 millions de cellules réceptrices olfactives hautement spécialisées (dont le détenteur est le chien de Saint-Hubert ou bloodhound) comparé a 5 millions pour l'homme ayant son cerveau dominé par un grand cortex visuel tandis-que celui du chien est dominé par son cortex olfactif. Son bulbe olfactif est environ quarante fois plus gros que celui de l'homme (relativement à la taille de leurs cerveaux respectifs).
Les chiens exhalent par des fentes sur le côté de leurs nez, ce qui crée des tourbillons d'air qui contribuent à attirer de nouvelles molécules odorantes et à permettre que les odeurs se concentrent progressivement après avoir reniflé plusieurs fois contrairement à l'humain qui inspire et expire par le même passage.
Mais cette structure impressionnante ne servirait pas à grand-chose sans l'organe voméronasal se situant au dessus de la voûte du palais contournant le thalamus pour se connecter directement aux structures du cerveau qui impliquent émotion et instinct. il permet de détecter les hormones que tous les animaux (dont l'humain) libèrent naturellement.
Tout cela permet au chien de distinguer et de se souvenir d'une variété d'odeurs spécifiques dans des concentrations jusqu'à 100 millions de fois inférieures à ce que le nez humain peut détecter.
Voir également la section Odeurs et socialité.
Vision
vignette|Comparaison de la perception des couleurs chez l'homme et chez le chien.
Comme la plupart des mammifères, les chiens ont seulement deux types de cônes photorécepteurs, ce qui fait d'eux des dichromates (ils ne voient que deux couleurs). Leurs cônes photorécepteurs ont un maximum de sensibilité entre et . Des études comportementales ont pu mettre en évidence que le monde colorimétrique des chiens est composé de jaunes, de bleus et de gris, et qu'ils ont des difficultés à différencier le rouge du vert, comme les daltoniens deutéranopes humains. Quand un humain perçoit un objet comme rouge, cet objet apparait jaune au chien, et la perception humaine du vert correspond au blanc chez le chien. La (le point neutre) de la vision canine se situe aux alentours de , une partie du spectre lumineux qui apparaitrait bleue-verte à un œil humain. Pour le chien, toute couleur correspondant à une longueur d'onde supérieure au point neutre ne peut pas être distinguée d'une autre et apparaît comme jaune.
Le système oculaire du chien s'est adapté au cours de son évolution pour maximiser l'efficacité de la chasse. Alors que son acuité visuelle est faible (celle d'un caniche a été estimée à 20/75 sur le tableau de Snellen), sa discrimination des objets en mouvement est excellente. On a pu montrer que les chiens étaient capables de différencier des humains (par exemple en identifiant leur maître) jusqu'à des distances de 800 à 900 mètres. Toutefois cette distance diminue à 500-600 mètres si les sujets restent immobiles.
Ouïe
vignette|Plus de dix-huit muscles permettent au chien d'orienter ses oreilles avec une grande précision.
Les fréquences audibles par le chien se situent dans une gamme comprise entre 40 et , dépassant nettement les limites supérieures de l'oreille humaine (20 à ). De plus, certains chiens ont les oreilles mobiles, ce qui leur permet, à la manière des chats, de les orienter rapidement vers la source précise d'un son. Plus de dix-huit muscles permettent à un chien de faire pivoter, d'incliner, de lever ou baisser ses oreilles. Les oreilles sont également utilisées dans l'expression faciale et la communication des émotions. Un chien peut localiser la source d'un son bien plus rapidement qu'un humain et le percevoir jusqu'à une distance quatre fois plus grande.
Les chiens aux oreilles tombantes ont de ce fait des capacités auditives réduites par rapport à leurs congénères à oreilles droites. Historiquement, les éleveurs ont sans doute utilisé le caractère , pourtant semi-handicapant, pour obliger les individus qui en étaient dotés à mieux utiliser leur odorat. Aujourd'hui tous les chiens utilisés pour leur flair, comme les limiers, portent des oreilles tombantes.
Comportement de communication
Le comportement de communication regroupe les sujets suivants : comment les chiens se parlent entre eux, comment ils comprennent les messages que les humains leur envoient, et comment les humains peuvent traduire les idées que les chiens essaient de leur transmettreCoren, Stanley "How To Speak Dog: Mastering the Art of Dog-Human Communication" 2000 Simon & Schuster, New York.. Le chien peut communiquer à l'aide du regard, des expressions faciales, de la vocalisation, des expressions corporelles (incluant les mouvements du corps et des membres) et par le sens gustatif (odeurs, phéromones, goût). Ces différents comportements sont captés, enregistrés et analysés par les autres chiens, tandis que les humains communiquent plutôt avec les chiens en utilisant vocalisation, signes de la main, posture corporelle et divers objets émettant des sons.
Un exemple classique d'expression corporelle est le mouvement de la queue. Si le battement de la queue est souvent interprété comme un geste de contentement, la réalité est plus complexe. Comme l'explique une étude parue dans Current Biology, l'émotion communiquée par le chien diffère selon le côté de bascule de la queue. Si elle a tendance à basculer vers la droite, l'émotion transmise sera plutôt négative (crainte, agressivité, douleur), car l'hémisphère gauche du cerveau contrôle les émotions à tendance négative, et que, comme pour les yeux, les nerfs sont croisés. Inversement, si le chien fait bouger sa queue plutôt vers la gauche, il transmet une émotion positive comme la joie ou l'envie de jouer. S'il semble impossible pour l'Homme de faire attention à de tels détails, l'étude montre bien que les chiens eux comprennent ce langage. Dans la même étude, il a toutefois été relevé que ce comportement n'était certainement pas volontaire, ce serait donc en total inconscience que les chiens utilisent ce langage corporel.
Comportement social Jeu vignette|Posture caractéristique de l'invitation au jeu chez le chien, dos incliné et coudes au sol. Les jeux entre mammifères sont en réalité des entrainements au combat et à la dominance à l'âge adulte.
De chien à chien
Le jeu entre chiens comprend plusieurs comportements que l'on rencontre également dans les combats réels, comme les grondements et les morsures. C'est pourquoi il est très important pour les chiens de placer ces comportements dans le contexte du jeu, et non de celui de l'agression. Les chiens signalent leur volonté de jouer à l'aide de plusieurs comportements et postures invitant les autres à pourchasser l'initiateur [les pattes avant couchées sur le sol, l'arrière train est relevé]. Des signaux similaires sont envoyés régulièrement durant le jeu pour maintenir le contexte de ces activités potentiellement agressives.