vignette|Gravure représentant un perré, extraite du Grand Dictionnaire universel du . Un perré est un revêtement en pierre sèche ou en pierre liée au mortier que l'on aménage au pied ou sur le flanc d'un talus sujet à des glissements ou d'une tranchée susceptible d'être dégradée par les eaux.

En ingénierie côtière, un perré est un ouvrage longitudinal, constitué d'un revêtement recouvrant un talus dans le terrain naturel ou sur le remblais d'un terre-plein afin de le protéger ou de le stabiliser.

Étymologie et évolution sémantique vignette|alt=Enrochement|Perré en enrochement (Brest) « Perré » est issu de la substantivation de l'adjectif « perré », signifiant « de pierres », « en pierres » en français médiéval des . Cet adjectif est le participe passé d'un verbe « perrer », signifiant « garnir de pierres », « empierrer »Rubrique « perré », site du CNRTL..

Le terme est attesté en 1301 orthographié « pairé » et sous l'acception de « gué pavé », en 1553 au sens de « chemin empierré » et en 1767 au sens de « revêtement en pierres (pour protéger les berges d'une rivière) ». On rencontre parfois l'orthographe « perret ».

Au substantif « perré » correspond le verbe « perreyer », c'est-à-dire revêtir d'un perré. On parle ainsi de « talus perreyé », de « digue perreyée ». L'ouvrier qui construit des perrés est un « perreyeur »Rubrique « perreyer », site du CNRTL..

Autres sens de « perré » : - rivage de la mer couvert de pierres ou de galets, - partie d'un chemin qui est de pierres ou de pavés (synonyme : « chemin ferré »)Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, Fayard, 1997, p. 1289, rubrique « Perré »..

Emplois vignette|Perré de la digue du lac de Bourdon à Saint-Fargeau (Yonne). Le perré est à forte pente et à plusieurs degrés. Les perrés se rencontrent sur les berges d'une rivière ou d'un fleuve, les parois d'un canal ; à l'approche de ponts, en bordure de routes, en bordures de voies de chemin de fer, sur la digue d'une retenue, en bordure de la plage d'une station balnéaire.

Le développement des stations balnéaires au généralise la vogue des digues promenades dont les murs de soutènement sont des perrés au profil vertical. La crête de ces digues porte des promenades qui mettent en valeur les constructions de front de mer. Depuis la fin du , l'ingénierie côtière fait appel aux perrés d'enrochement qui s'intègrent mieux dans un paysage côtier, absorbent davantage l'énergie des vagues et offrent une meilleure résistance à leur déferlement. Les perrés constituent 75 % des ouvrages de haut de plage du littoral français à la fin du CETMEF, Préconisations pour le recensement des ouvrages et structures de défense contre les aléas côtiers, janvier 2011, p. 11.

Maçonnerie

vignette|Perré dit de Meillant à Soignolles-en-Brie en Seine-et-Marne (France).

En règle générale, les pierres de revêtement sont fichées dans le substrat perpendiculairement à la ligne de pente. Pour obtenir une surface lisse, il suffit de dégauchir le parement des pierres avant la poseRubrique « perré » dans La maçonnerie à pierres sèches : vocabulaire, sur le site pierreseche.com.. Autre possibilité : le revêtement peut être une maçonnerie à assises horizontales qu'on élève par degrés.

Les perrés des rives de fleuve et des digues de retenue peuvent être en maçonnerie sèche ou en maçonnerie hydraulique. Une bonne maçonnerie au mortier hydraulique permet de donner moins d'épaisseur au perré et d'employer de petits matériaux. Si un affouillement se produit à la base, le revêtement forme voûte et peut se maintenir pendant un certain laps de temps en attendant la réparation. Si une maçonnerie en pierre sèche a l'avantage de tolérer de légères déformations, en revanche elle risque de se couper en deux sur toute la hauteur du talus si le pied de celui-ci est attaquéAlphonse Alexis Debauve, Manuel de l'ingénieur des ponts et chaussées, fascicule, « Des eaux comme moyen de transport, navigation fluviatile et maritime », Paris, Dunod, 1878, p. 122..

Notes et références

Voir aussi