avait créé les régiments de flanqueurs-chasseurs et de flanqueurs-grenadiers pour accueillir les fils et neveux de forestiers et leur permettre à l'issue de leur service d'embrasser la carrière de forestier. Malheureusement, bien peu d'aspirants forestiers auront survécu pour intégrer l'Administration des eaux et forêts, d'autant moins que le nouveau pouvoir était peu enclin à tenir les promesses de l'Empire.

Lors des invasions de 1814 et 1815, on fit appel au patriotisme et au dévouement des gardes forestiers de l'Est qui combattirent dans les compagnies de francs-tireurs des Vosges et du Jura.

Vingt ans après l'empereur, le maréchal Soult, ministre de la guerre, reprit l'idée d'utiliser les gardes forestiers « comme guides ou éclaireurs, appelés qu'ils seraient à rendre de très utiles services à l'armée par leurs connaissances pratiques des bois et forêts dans les départements voisins et rapprochés des frontières ».

Missions et organisation L'ordonnance royale du créa donc des compagnies de guides-forestiers dans les 29 départements les plus proches des frontières. Cette ordonnance est immédiatement traduite en une circulaireCirculaire royale du 20 septembre 1831 organisant les Compagnies des guides de l'Administration des forêts. à destination des conservateurs des forêts.

Les agents (officiers) et gardes royaux et communaux peuvent donc être affectés au service militaire en cas d'invasion du territoire, pendant le temps que les opérations militaires ont lieu dans le département où ils sont employés, ainsi que dans ceux qui leur sont limitrophes. Ils sont organisés en compagnie de cinquante à quatre-vingt hommes en veillant à ce que dans chaque département, le nombre de gardes qui en feront partie ne dépasse la moitié de ceux en activité.

Les gardes royaux et mixtes qui devront faire partie des compagnies de guides devront être désignés par l'Administration des forêts, tandis que les gardes communaux le seront par les préfets.

Les officiers, sous-officiers et caporaux sont pris parmi les agents et gardes forestiers selon l'assimilation de grades suivante : Grades de l'Administration des forêts Correspondances de grades Inspecteur Capitaine commandant Sous-inspecteur Capitaine en second Garde général de Lieutenant Garde général de Sous-lieutenant Garde à cheval Sous-officier Garde chef ou brigadier Caporal

Le lieu de rassemblement de chaque compagnie était déterminé à l'avance, afin que les officiers chargés de les commander puissent, au premier ordre, les réunir et procéder sur le terrain à leur formation définitive. Ils sont, dès lors, sous les ordres du général commandant la division territoriale où est situé le lieu de rassemblement. Ces compagnies feront partie intégrante de l'armée et jouiront des mêmes droits, honneurs et récompenses que les corps de troupes qui la compose. Les lois et règlements qui la régissent leur seront applicables sous le rapport de la police et de la discipline.

Pour chacun des 29 départements limitrophe des frontières, les conservations doivent mettre en place une ou plusieurs compagnies de selon le nombre de gardes royaux, mixtes et communaux dont elles disposent. Elles doivent aussi désigner les officiers, sous-officiers et caporaux selon la composition suivanteOrdonnance du 27 février 1825 réglant la force de chaque compagnie d'infanterie.: Gradés Nombre par compagnie Capitaine 1 Lieutenant 1 Sous-lieutenant 1 Sergent-major 1 Fourrier 1 Sergents 4Caporaux 8

Les prestations en nature, les logements, les indemnités pour les pertes de chevaux et d'effets, la solde pour les journées d'hôpitaux leur seront alloués par le département de la guerre ; la solde de forestier sera conservée par le département des finances aux agents forestiers, aux gardes royaux et aux gardes mixtes pour la part de leur traitement à la charge du Trésor ; la solde des gardes communaux et des gardes mixtes, pour la portion à la charge des communes, sera assurée par les soins du ministre du commerce et des travaux public qui donnera aux préfets les instructions nécessaires.

Les inspecteurs, sous-inspecteurs et gardes généraux de et qui font partie des compagnies et qui sont montés, conservent leurs chevaux et ont droit aux distributions de fourrages selon leur grade.

En cas d'invasion du territoire, les compagnies des guides de l'Administration des forêts sont mises à disposition du département de la guerre. Dans le cas où les évènements survenus lors de la défense de leur département ou ceux limitrophes ne permet pas de retourner dans leur résidence habituelle, les compagnies seront affectées à des places fortes désignées à l'avance où elles feront partie des garnisons.

Il sembleBalanger, Lucien-Bernard, de l'École nationale des eaux et forêts - Les forestiers dans la défense nationale, 12 pages. que cette création resta toutefois au stade du papier et ne fut jamais concrétisée avant la guerre de 1870.

La tenue En 1827, pendant la Restauration une ordonnanceOrdonnance pour l'exécution du Code forestier du août 1827. règle l'uniforme des : Agents forestiers : Chapeau français avec ganse en argent et un bouton pareil à ceux de l'habit, Habit de drap vert boutonné sur la poitrine, le collet droit avec des broderies de feuilles de chêne en argent : les conservateurs portent la broderie au collet, aux parements et au bas de la taille de l'habit avec une baguette unie sur les bords de l'habit et du gilet ; les inspecteurs portent la broderie au collet et aux parements ; l'habit des sous-inspecteurs est brodé au collet avec une baguette unie aux parements ; les gardes généraux ont deux rameaux de chêne de la longueur de 10 cm brodés de chaque côté du collet de l'habit, Boutons de métal blanc ayant un pourtour de feuilles de chêne portant au milieu les mots « Direction générale des forêts » et une fleur de lis, Gilet chamois, Pantalon de drap vert, Épée.

Élèves de l'École royale forestière : Rang de garde à cheval, Chapeau français avec ganse en argent, Habit de drap vert boutonné sur la poitrine, deux légers rameaux de chêne de la longueur de 5 cm et un gland brodé en argent de chaque côté du collet, Boutons de métal blanc portant les mots « École royale forestière », Gilet blanc, Pantalon de drap vert, couteau de chasse (dague) à quillons contrariés et à tête de lion, d'un modèle identique à celui de la Vénerie royale de Charles X, mais avec l'inscription « École forestière » sur la lame.

thumb|Costumes de garde forestier avec uniforme totalement vert et képi à cor de chasse et de garde à cheval et garde général avec pantalons gris de fer bleuté et couteau de chasse, avant 1840. Gardes à cheval : Habit de drap vert boutonné sur la poitrine, deux légers rameaux de chêne de la longueur de 5 cm et un gland brodé en argent de chaque côté du collet, Gilet de drap vert, Pantalon de drap vert, Bandoulière chamois avec bandes de drap vert et au milieu une plaque de métal blanc portant les mots « Forêts royales » et une fleur de lis (cette plaque ne fut jamais fabriquéeLavauden, Louis, Recherches rétrospectives sur les insignes et les marques distinctives de l'Administration des eaux et forêts en France, Revue des eaux et forêts.).

Gardes à pied : Habit de drap vert boutonné sur la poitrine, Gilet de drap vert, Pantalon de drap vert, Bandoulière chamois avec bandes de drap vert et au milieu une plaque de métal blanc portant les mots « Forêts royales » et une fleur de lis.

En 1830, à l'avènement de la monarchie de Juillet, l'uniforme proprement dit ne subit pas de changement. Seuls, la plaque et le bouton, qui portaient les fleurs de lys, furent remplacés. La nouvelle plaque porte un cartouche ovale, avec les mots « Forêts du Roi » entourées de branches de chêne, et surmonté de la couronne. Le bouton porte la couronne avec, au-dessous « Administration des forêts ».

La circulaire de 1831 précise que les officiers, sous-officiers et caporaux des compagnies de guides-forestiers prendront les insignes militaires en cas de mobilisation tandis que les gardes royaux et communaux porteront deux épaulettes en laine jaune des voltigeurs.

Le commentaire à destination des conservateurs stipule : « ... que l'habillement et l'armement des gardes soient aussi complets et aussi uniformes que possible ».

thumb|Costumes de garde forestier (gauche) et brigadier (droite) avec détail du shako par temps de pluie et du collet autour de 1841.L'arrêté de 1840Arrêté du 8 août 1840 notifié par la circulaire du 14 août 1840 règlementant l'uniforme des préposés de l'Administration royale des forêts. définie la tenue du personnel de l'Administration royale des forêts : Jaquette verte à deux rangs de boutons de métal blanc, Pantalon gris de fer à liseré jonquille, Képi vert à liseré jonquille, remplacé de fait par un shako à fond de cuir et plaque frontale en cuivre portant le mot « Forêts », Guêtres en cuir noir, modèle d'infanterie, Sac de chasse en cuir avec bretelle pareille, avec fourreau de baïonnette se rattachant au sac par une boucle et un passant, Patte de ceinturon en buffle jaune, Couteau de chasse (jamais porté sauf par les gardes des Forêts de la couronne, remplacé pour les autres gardes par le vieux sabre briquet du Empire), Chaîne métrique.

La circulaire de 1846Circulaire sexties du 22 décembre 1846 rappelant la tenue des gardes généraux adjoints de l'Administration royale des forêts. constate que les gardes généraux adjoints portent l'uniforme des gardes généraux : « C'est un abus que l'Administration ne doit point tolérer. Vous voudrez bien prévenir ces agents que les dispositions règlementaires concernant l'uniforme des gardes à cheval leur sont entièrement applicables et vous veillerez à ce qu'ils ne s'en écartent point. »

À la suite des évènements de 1848 et de la proclamation de la République, eut lieu l'inévitable changement dans les insignes. Cette fois, les dirigeants de l'Administration renoncèrent aux emblèmes politiques. La plaque des gardes et les boutons des agents portent tout simplement deux branches de chêne avec les mots « Administration des forêts ». les plaques de cette époque manquent d'uniformité. Certaines portent de nouveau l'œil, symbole de vigilance, qui figurait déjà sur une des plaques de la Restauration. On trouve même des spécimens dorés.

L'année du coup d'État et pendant le cours de l'année suivante 1852 instituant le Second Empire, le ministre des Finances institua une commission pour déterminer l'uniforme de tous les fonctionnaires de son département. Cette commission prévoyait des changements considérables dans l'uniforme. Le décret règlementaireDécret du président de la République du 17 novembre 1852 fixant le costume des fonctionnaires et agents du ministère des Finances et des administrations qui en dépendent. fut rendu et publié par une circulaireCirculaires du 8 juin 1853 et du 8 août 1853 fixant le costume des fonctionnaires et agents du ministère des Finances et des administrations qui en dépendent. qui contenait comme annexe une planche indiquant la forme de la poignée d'épée et une autre donnant le dessin des broderies.

Pour tous les services sont édictés des dispositions générales pour les agents (officiers) avec les spécificités de l'Administration des forêts : thumb|Boutons des costumes de l'Administration des Forêts (gauche) et des Forêts de la Couronne (droite) de 1853 à 1870. Habit de drap vert foncé, coupé droit sur le devant en forme de frac, et garni de neuf boutons en métal bombés, portant un aigle en relief sur un fond mat, et au-dessus l'indication spéciale du service (métal argent et « Forêts » ou métal doré et « Forêts de la Couronne » en ce qui concerne les forestiers) ; les boutons des élèves de l'École de Nancy portent l'aigle couronné avec l'exergue « École Impl forestière », Broderies en argent pour l'Administration des forêts et en or pour les Forêts de la couronne (composées de branches de chêne), Gilet blanc, coupé droit, garni de 6 boutons en argent,