Le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE) ou référendum sur le Brexit a lieu le et voit la victoire des partisans du Brexit, ce qui ouvre la voie à une longue procédure de retrait.
L'éventualité d'un Brexit est un débat politique récurrent au Royaume-Uni depuis l'adhésion du pays à la Communauté économique européenne en 1973. En 2014, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) gagne les élections européennes. Le référendum de 2016, le second du genre après celui de 1975, fait suite à une promesse électorale du Premier ministre David Cameron et du Parti conservateur.
David Cameron ainsi que le Parti travailliste, le SNP et les Libéraux-démocrates font campagne pour le maintien. L'aile eurosceptique du Parti conservateur, menée par Boris Johnson, UKIP, et certains élus du Parti travailliste font campagne pour la sortie de l'Union européenne.
À la question , 51,89 % des votants répondent . C'est la première fois que la population d'un État membre se prononce en faveur de la sortie de l'Union européenne.
Le , la Première ministre Theresa May informe le Conseil européen du souhait du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, lançant formellement la procédure de retrait.
Contexte
La Communauté économique européenne (CEE) a été créée en 1957. Le Royaume-Uni a demandé à la rejoindre en 1961 mais la France y a opposé son veto. Une seconde demande a été acceptée et le Royaume-Uni a rejoint la CEE en 1973. Deux ans plus tard, un premier référendum sur le maintien du pays au sein de la CEE s'est conclu par une approbation de 67% des électeurs. La question de l'intégration politique européenne est devenue un sujet important de débat quand le traité de Maastricht a créé l'Union européenne en 1993...
En , le Premier ministre David Cameron promet que, si le Parti conservateur remporte une majorité aux élections de 2015, le gouvernement négocierait un arrangement plus favorable pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne avant de convoquer un référendum sur le maintien ou la sortie du pays de l'Union.. En , le Parti conservateur publie un pré-projet de loi sur le référendum et annonce un plan de renégociation pour après 2015..
Le texte est déposé en tant que proposition de loi par le député conservateur James Wharton. et reçoit une première lecture à la Chambre des communes le . avec le soutien de David Cameron..
La proposition de loi est adoptée en seconde lecture le par pour et aucune contre grâce à l'abstention des députés travaillistes et libéraux-démocrates puis en troisième lecture en . Il est ensuite déposé à la Chambre des lords en mais ses membres bloquent son adoption..
Sous la direction d'Ed Miliband entre 2010 et 2015, le Parti travailliste exclut un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne sauf en cas de transfert de compétences vers l'Union.. Dans leur programme pour les élections de 2015, les Libéraux-démocrates prévoient un référendum seulement dans le cas d'un changement des traités de l'Union européenne.. UKIP, le BNP, le Parti vert, le DUP et le Parti du respect soutiennent le principe d'un référendum....
Lorsque le Parti conservateur remporte la majorité des sièges lors du scrutin de , David Cameron réitère la promesse électorale du programme de son parti de tenir un référendum avant la fin 2017 mais seulement après avoir ..vignette|David Cameron, alors Premier ministre du Royaume-Uni.|upright Législation La question du référendum est incluse dans le discours du Trône du .. Il était dit à l'époque que David Cameron prévoyait d'organiser le référendum en . mais le est déposé à la Chambre des communes dès le lendemain.. Lors de la seconde lecture le , le texte est adopté par 544 pour et 53 contre et seul le SNP s'y oppose.. À la différence d'Ed Miliband, la chef intérimaire du Parti travailliste, Harriet Harman adopte une position favorable à l'organisation du référendum..
Le reçoit la sanction royale le . Une loi est également adoptée en par le Parlement de Gibraltar afin que le référendum soit organisé au même moment dans ce territoire.
La loi prévoit seulement l'organisation du référendum et non la procédure de sortie de l'Union européenne. Si l'option l'emporte, il reviendra au gouvernement de lancer la procédure..
Négociations avec l'Union européenne Début 2014, le Premier ministre David Cameron annonce les changements qu'il souhaite voir dans la relation du Royaume-Uni avec l'Union européenne. Ils incluent un contrôle accru du gouvernement britannique sur l'immigration, notamment pour les nouveaux États membres de l'UE, des règles plus strictes pour l'immigration des actuels citoyens de l'UE, de nouveaux pouvoirs pour les parlements nationaux afin de s'opposer aux lois européennes, de nouveaux accords de libre échange, une réduction de l'administration pour les entreprises, une réduction de l'influence de la Cour européenne des droits de l'homme sur la police et les tribunaux britanniques, plus de pouvoirs pour les États membres et l'abandon de la notion d'..
En , Cameron donne plus de détails sur ses objectifs, notamment la reconnaissance officielle que tous les États membres n'ont pas à rejoindre la zone euro ou à aider les économies en difficultés de la zone euro, l'élargissement du marché unique et des objectifs de simplification administrative pour les entreprises, l'exemption du Royaume-Uni de la clause sur l', la possibilité pour les parlements nationaux d'opposer leur véto aux lois européennes et le fait de pouvoir interdire aux immigrants européens certains bénéfices sociaux au Royaume-Uni avant quatre années de travail...
Le résultat des négociations est annoncé en . Il n'entraîne pas de changement fondamental dans la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Des limitations sont introduites aux indemnités dont peuvent bénéficier les immigrés européens au Royaume-Uni mais uniquement les nouveaux immigrés et avec l'autorisation du Conseil européen. Le Royaume-Uni est assuré qu'il ne serait pas requis de participer à une . La demande d'accorder un véto aux parlements nationaux est modifiée pour autoriser les parlements nationaux collectivement à s'opposer à un projet de texte européen et, dans ce cas, le Conseil européen se saisirait de la question afin de trancher. Les ressortissants de pays tiers qui ne sont pas résidents d'un État membre avant d'épouser un citoyen européen sont exclus de la liberté de mouvement et il devient plus facile pour un État d'expulser un citoyen d'un autre État membre pour des raisons de politique publique ou de sécurité publique.....
L'application légale du résultat des négociations est complexe car aucun traité de l'Union n'est modifié mais certaines parties de l'accord sont applicables en droit international..
Le , quelques heures après la conclusion de l'accord, David Cameron tient une réunion du cabinet à l'issue de laquelle il annonce que le référendum aura lieu le et qu'il recommande au peuple britannique de voter pour le maintien..
Organisation du scrutin Date Le , le Premier ministre David Cameron annonce que le référendum aura lieu le .
La campagne officielle commence le ...
Les bureaux de vote sont ouverts le de à (BST)..
Question vignette|Bulletin de vote. La formulation de la question référendaire a été proposée par la Commission électorale après des études et des consultations. avant d'être acceptée par le gouvernement en .. La question est la suivante. :
Les deux réponses possibles sont : () ()
Au pays de Galles, la question est également indiquée en gallois : . Les réponses possibles sont ou .
Corps électoral Le prévoit que seuls les citoyens britanniques, irlandais et du Commonwealth de plus de qui sont résidents au Royaume-Uni ou à Gibraltar ont le droit de vote au référendum.. Les citoyens britanniques résidant à l'étranger qui ont été inscrits sur les listes électorales au Royaume-Uni au cours des années sont seuls autorisés à voter, excluant ainsi les britanniques les plus susceptibles à voter 'remain' .
Dépouillement et résultats thumb|Le résultat global est annoncé le à l'Hôtel de ville de Manchester. Le scrutin est organisé au niveau local et le dépouillement a lieu dans chacune des de vote () qui sont les districts en Angleterre et les gouvernements locaux en Écosse et au pays de Galles. L'Irlande du Nord et Gibraltar constituent chacun une zone de vote ..
Les résultats sont proclamés dans chacune des régions anglaises, en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord puis le résultat global du référendum est officiellement proclamé le à l'Hôtel de ville de Manchester par la présidente de la Commission électorale.
Campagne Organisations référendaires thumb|left|Brochure du gouvernement argumentant pour le maintien dans l'Union européenne. Le groupe formel menant la campagne pour le maintien est (). Il y a deux groupes faisant campagne pour la sortie de l'Union : (avec le soutien de la majorité du UKIP dont Nigel Farage). et (entité soutenue par les conservateurs eurosceptiques et dirigé par Dominic Cummings).. a également créé deux entités : , la campagne à destination des jeunes, et , celle à destination des anciens militaires. Selon le journaliste Thomas Huchon, ; de son côté, parvient à , selon le journaliste Peter Geoghegan. La Commission électorale a annoncé le que était la campagne officielle pour la sortie.
À condition de ne pas se coordonner, et de ne pas dépenser plus de , chacune des organisations officielles pouvait envoyer gratuitement (c'est-à-dire aux frais du contribuable) des prospectus aux électeurs, avoir accès à des télédiffusions et toucher de subventions publiques... a été financé par Arron Banks, un entrepreneur ayant fait fortune dans les assurances, à hauteur de d'euros, ce qui constitue selon le journaliste Thomas Huchon.
En février 2017, les comptes de campagne ont été publiés, mettant à jour leurs mécanismes sous-jacents..
Pour leur communication numérique, et font respectivement appel aux sociétés Aggregate IQ et Cambridge Analytica, toutes deux fondées et détenues par le milliardaire américain Robert Mercer. Selon les révélations de plusieurs anciens de Cambridge Analytica, Aggregate IQ était la branche canadienne de la firme. Les deux entités ont utilisé les mêmes outils, méthodes et bases de données, ce qui contrevient à la loi électorale britannique. Cette campagne a la particularité de donner plus d'argent à AggregateIQ qu'à aucune autre société lors d'aucune autre élection. Au total, AggregateIQ gagne plus de trois millions de livres, soit 40 % du budget dépensé par . Cambridge Analytica et SCL Election ont également joué un rôle clé dans ces élections, Michał Kosiński ayant montré que le profil Facebook et les likes permettent de connaître entre autres les convictions politiques (85 %).. En , le Guardian et le New York Times révèlent que Cambridge Analytica a volé (sur Facebook) les données personnelles de de personnes aux États-Unis et au Royaume-Uni principalement, exploitées au Canada pour produire des messages ciblés par AggregateIQ, destinés à faire basculer le vote en faveur du Brexit ; dès lors, la campagne Leave.EU, Cambridge Analytica et AggregateIQ qui dans un premier temps assurent ne pas avoir travaillé ensemble, ce que de nombreux éléments ont ensuite contredit.
Des plans de contournement du plafond de financements de campagne ont été suspectés, puis dénoncés, avec des preuves, par le lanceur d'alerte Shahmir Sanni.. Toutefois, les responsables des différentes campagnes ont démenti ces contournements ou affirmé qu'ils ont été validés par la Commission électorale britannique ; d'autre part les enquêteurs n'ont pas été autorisés à interroger AggregateIQ, car cette entreprise (créée en même temps que Cambridge Analytica, par le même Groupe SCL), est située dans le Commonwealth, mais au Canada, c'est-à-dire hors de la juridiction britannique.