La sociologie de l'environnement ou sociologie environnementale est une branche courant de la sociologie vouée à l'étude des relations réciproques entre les sociétés et leurs milieux, apparu dans les années 1970.

Champ d'étude La sociologie de l'environnement étudie les relations réciproques qu'entretiennent les sociétés et leurs milieux : d'une part l'influence des sociétés sur leur environnement, d'autre part, l'influence de l'environnement sur les sociétés...

Historique

La sociologie environnementale émerge comme courant de la sociologie dans les années 1970, après la publication très médiatique du rapport Meadows en 1972, Les fins de la croissance, par le Club de Rome qui contribue à mettre en évidence le fort degré de dépendance des sociétés humaines à leur environnement naturel et qui interpelle l’idée selon laquelle la croissance sans précédent qu’ont connu les pays développés durant les Trente Glorieuses était sans limite. Ce rapport s’interroge sur les vertus de la croissance dans une approche qui marque un tournant de la pensée scientifique. Parmi ses préconisations, la croissance zéro, sera une des idées fondatrices de l’écologie politique, un mouvement en émergence durant cette période au cours de laquelle, sous l’égide de l’ONU, sont organisés les différents Sommets de la Terre, qui réunissent l’ensemble des chefs d’État de la planète et dont un des plus marquants est celui de Rio de Janeiro en 1992. Ce Sommet sera l’occasion de lancer la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il sera par ailleurs marqué par un accord de l’ensemble des pays réunis à cette occasion sur l’un agenda 21qui se présente comme un instrument de politique publique dont la mise en œuvre, partout dans le monde, va offrir à la sociologie environnementale l’occasion privilégiée de se développer à la frontière avec la science politique en ciblant le territoire de l’action publique environnementale comme objet d’analyse.

En France, la prise en compte de ces nouvelles exigences environnementales se manifeste dans un contexte de transformation de l’organisation territoriale de la société française sous l’effet de l’application des Lois de la décentralisation à partir de 1982 qui ont offert l’occasion aux territoires de la République de devenir un objet privilégié de recherche non seulement pour la géographique et l’histoire comme cela avait été jusqu’alors le cas mais également pour la science politique et, plus spécifiquement, pour la sociologie. C’est dans ce contexte que l’on a assisté à une réactualisation de la sociologie du développement, jusque-là réservée à l’analyse des pays en développement, au profit d’une sociologie du développement local et/ou du développement territorial, un développement qui va petit à petit intégrer une exigence durable, et qui va contribuer à enrichir la sociologie environnementale en privilégiant la prise en compte du territoire comme espace de production d’actions collectives et, à ce titre, comme objet d’études. Ces actions collectives se présentent généralement sous la forme d’initiatives et de projets qui concernent tous les aspects de la vie locale tant dans les domaines de la vie économique et sociale que de la vie culturelle, comme le résultat de la mobilisation des acteurs locaux et de leurs partenaires, de leurs ressources de toute nature et de tous ordres, dont on attend des effets en termes de mieux-être de ses populations et de contrôle de leur territoire. De telles pratiques, qui se présentent comme des pratiques participatives généralement peu formalisées, sont à l’origine d’un mode de gestion des territoires qui se préoccupe d’intégrer progressivement les exigences environnementales chaque fois que les circonstances y seront favorables. De la même manière, chaque fois que les circonstances s’avèrent favorables, cette façon de gérer le territoire a pour effet de conférer à de telles actions un rôle politique, quelle que soit la nature de ces actions et quel que soit leur secteur d’application. Cet ensemble de transformations quant à la manière de concevoir la gestion locale confère à celle-ci une complexité qui explique la référence au concept de gouvernance pour rendre compte de la manière dont elle fonctionne. Cette référence à la gouvernance territoriale s’avère particulièrement pertinente chaque fois que ces actions intègrent les exigences environnementales dont le caractère transversal complexifie leur prise en compte. En même temps, la mise en exergue des enjeux environnementaux qu’il en résulte permet de mieux apprécier leur contribution à conférer une plus grande légitimité aux actions engagées dans le registre des politiques publiques.

La reconnaissance du rôle politique conféré aux actions territoriales relève d’une nouvelle manière de concevoir et de faire de la politique, dans un contexte marqué par une montée en généralité des incertitudes relatives au devenir du territoire qui font notamment échos au devenir de la planète. Cette nouvelle manière de faire de la politique repose, comme cela a été dit précédemment, sur des pratiques de mobilisation territoriale qui s’apparentent à des pratiques participatives, plus ou moins instituées, auxquelles l’utilisation d’instruments de politique publique comme l’agenda 21 conforte la légitimité. L’analyse de ces pratiques a notamment pour effet de réactualiser les réflexions sur les formes de démocratie locale ; des analyses qui mettent en évidence les lignes de partage entre les pratiques de la démocratie représentative et les pratiques de la démocratie délibérative. Les débats qui accompagnent l’expérimentation de ces nouvelles pratiques, en particulier ceux qui ont trait aux incertitudes qui affectent le devenir du territoire en raison des défis environnementaux sont à l’origine d’un nouveau type de compétences, à l’interface entre les mondes sociaux et l’univers des techniques et des expertises de toute nature, des compétences capables de prendre en compte les qualités sociales des acteurs concernés et de faciliter leur rapprochement avec les cultures de référence des techniciens et des experts. L’usage de ces compétences est à l’origine de savoirs socio-techniques qui sont appelés à jouer un rôle particulièrement important en matière d’actions publiques territoriales chaque fois que celles-ci répondent à des défis environnementaux au sujet desquels la référence aux acquis de la science et aux avis des scientifiques est essentielle. Cette importance est d’autant plus justifiée dans un contexte de mise en doute des résultats de la science et des avis des scientifiques par une partie des opinions publiques qui refusent de considérer ces incertitudes et rejettent leur explication.