Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1989. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.
Commentaires généraux L'année est marquée par des élections cruciales ou fortement symboliques dans des processus de transition vers la démocratie - en Afrique du Sud (septembre), menant à terme à la fin de l'apartheid ; en Namibie (novembre), marquant la fin de l'apartheid et la préparation de l'indépendance ; en Pologne (juin), où la percée électorale du mouvement Solidarność a un retentissement considérable dans l'ensemble du bloc de l'Est ; et au Chili (décembre), avec la fin de la dictature militaire de droite. Enfin, en Union soviétique (mars et avril), la libéralisation du processus politique et l'élection au parlement de candidats d'opposition préfigure la chute du modèle soviétique et la dislocation du pays deux ans plus tard.
À l'inverse, au Niger et au Tchad (septembre et décembre), les forces armées au pouvoir font approuver par un référendum de façade une nouvelle Constitution qui instaure un État à parti unique. Les autorités revendiquent un taux d'approbation de plus de 99 %. Dans plusieurs autres États africains (Bénin, Congo-Brazzaville, Madagascar, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Seychelles), des élections se déroulent sans aucun pluralisme, et sans que des candidatures d'opposition ne soient autorisées. La Tunisie (avril) n'autorise qu'une opposition très limitée. En Amérique latine, la dictature militaire d'extrême-droite se maintient au pouvoir par les urnes au Salvador, dans un contexte de guerre civile (avril).
Par mois
Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats janvier Législatives Alternance. Parlement sans majorité. Le Parti des îles Cook (centre-gauche) remporte exactement la moitié des sièges au Parlement, devançant le Parti démocrate (libéral) au pouvoir. Geoffrey Henry (Parti des îles Cook) devient premier ministre avec l'appui de deux députés en dehors de son parti.
Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Alternance. Le Parti national du peuple (centre-gauche) obtient une majorité absolue des sièges, devant le Parti travailliste (centre-droit). Michael Manley devient premier ministre. 11 au Législatives Premières élections depuis 1980. Elles font suite à la saisie de pouvoir en 1986 par Yoweri Museveni. La très grande majorité des élus sont sans étiquette. Législatives Premières élections depuis 1977. Les élections précédentes avaient été annulées en raison de la guerre civile. Le Parti national uni (conservateur) conserve une majorité absolue des sièges. Dingiri Banda Wijetunga est nommé premier ministre. Législatives Alternance. Le Parti de l'alliance populaire devance le Parti des îles Salomon unies (au pouvoir), et obtient la majorité absolue des sièges. Solomon Mamaloni devient premier ministre. Référendum constitutionnel À la suite des émeutes d'octobre 1988, un projet de nouvelle Constitution est soumis aux citoyens. Celle-ci abroge les références au socialisme d’État, et introduit le multipartisme. La proposition est approuvée par 73,4 % des votants. Elle amène notamment aux élections législatives de 1991.
Mars Date Pays Élections Contexte Résultats 3 et Législatives L'Union patriotique (droite) conserve de justesse une majorité absolue des sièges. Hans Brunhart demeure premier ministre. Législatives et référendum Le référendum porte sur la tenue ou non d'une élection ultérieure pour une assemblée constituante. Il n'existe pas de partis politiques. Tous les députés élus au Congrès le sont sans étiquette. Le Congrès renouvelle sa confiance dans le président de la République, John Haglelgam. La proposition soumise à référendum est approuvée par 70 % des votants, entraînant l'élection d'une assemblée constituante l'année suivante. Législatives Le Parti travailliste (centre-gauche) conserve la quasi-totalité des sièges au Parlement. Vere Bird demeure premier ministre. Présidentielle Seuls les partis liés au Front de défense de la Révolution (socialiste) sont autorisés à exercer le pouvoir. Didier Ratsiraka (parti AREMA : Avant-garde de la révolution malgache) est réélu avec 62,71 % des voix. Présidentielle Le Salvador à cette date est une dictature militaire. L'armée, appuyée par des escadrons de la mort, réprime l'opposition au moyen de massacres, d'enlèvements et de disparitions forcées. Le pays est en guerre civile. Alfredo Cristiani (Alliance républicaine nationaliste, extrême-droite) est élu au premier tour avec 53,8 % des voix, devant Fidel Chávez Mena (Parti démocrate-chrétien). Il succède à José Napoleón Duarte (PDC). Législatives Le Mouvement d'action populaire (conservateur) conserve de justesse une majorité absolue des sièges. Kennedy Simmonds demeure premier ministre. Législatives Premières élections législatives depuis 1972. Le Laos est un État à parti unique. Seuls les candidats approuvés par le Front laotien pour la construction nationale (FLCN) sont autorisés à se présenter. Le Parti révolutionnaire populaire (marxiste-léniniste) remporte les deux tiers des sièges, les autres revenant à des candidats approuvés par le parti sans en être membres. Législatives -
Avril Date Pays Élections Contexte Résultats avril Législatives L'Irak à cette date est un État à parti unique. Les électeurs ont le choix entre plusieurs candidats, mais tous appartiennent soit au parti au pouvoir, soit à des mouvements qui lui sont subordonnés. Le Parti Baas (nationalisme arabe, socialisme arabe) conserve la majorité absolue des sièges, les autres revenant à d'autres candidats du Front progressiste national, dirigé par les Baasistes. Législatives et présidentielle La Tunisie à cette date n'est pas une démocratie. Bien que plusieurs partis socialistes soient autorisés, il n'y a pas de réelle opposition. Pour les élections législatives, des candidats islamistes se présentent sans étiquette, n'ayant pas de parti autorisé pour les représenter. Pour la présidentielle, aucune candidature d'opposition n'est validée par les autorités. Le Rassemblement constitutionnel démocratique (socialiste) conserve la totalité des sièges au Parlement. Zine el-Abidine Ben Ali (RCD), seul candidat à la présidentielle, est réélu mécaniquement avec 100 % des voix. Législatives tour. Pour la première fois, des candidats indépendants sont autorisés à se présenter, contre les candidats du Parti communiste. Le Parti communiste remporte la majorité absolue des sièges, malgré d'importantes victoires de candidats indépendants. Référendum Référendum d'initiative populaire. Plus d'un demi-million de citoyens réclament et obtiennent, par pétition, la tenue d'un référendum sur le maintien ou non de la loi de 1986 qui amnistie les membres des forces armées et de la police responsables de massacres, d'assassinats, d'enlèvements, d'actes de torture, et de disparitions forcées durant les années de la dictature militaire et de la « guerre sale ». La loi d'amnistie est maintenue avec l'approbation de 56 % des votants.
Mai Date Pays Élections Contexte Résultats mai Législatives et présidentielle Ces élections font suite à un coup d'État en février qui renverse le président Alfredo Stroessner et met fin à trente-cinq ans de dictature militaire. Bien que les partis d'opposition soient autorisés à participer, Andrés Rodríguez, l'auteur du coup d'État, se présente à la présidentielle sous les couleurs du Parti colorado (droite), parti du président déchu. Il est élu avec 75,9 % des voix, et le parti conserve une majorité absolue des sièges au Parlement. Législatives et présidentielle Parlement sans majorité. Aucun candidat n'ayant non plus obtenu une majorité absolue des suffrages à l'élection présidentielle, le Congrès départage les candidats, et élit Jaime Paz Zamora (Mouvement de la gauche révolutionnaire) à la présidence de la République. Il succède à Víctor Paz Estenssoro (Mouvement nationaliste révolutionnaire, droite néolibérale). Législatives et présidentielle L'élection vise à maintenir au pouvoir les proches du dictateur militaire Manuel Noriega. Alternance (non reconnue). L'alliance des partis d'opposition remporte une majorité absolue des sièges au Parlement, et leur candidat Guillermo Endara remporte largement la présidentielle avec 71,2 % des voix. Le gouvernement Noriega refuse d'accepter les résultats. L'invasion américaine en décembre amène la chute de Manuel Noriega, et l'arrivée au pouvoir de Guillermo Endara. Législatives et présidentielle Alternance. Le Parti justicialiste (centriste, péroniste) remporte la majorité aux deux chambres du Congrès, et son candidat Carlos Menem est élu président de la République. L'Union civique radicale (centre-gauche) perd le pouvoir. Législatives Le Nouveau Parti démocratique (conservateur) conserve sa majorité absolue, remportant cette fois la totalité des quinze sièges au Parlement. Le Parti travailliste, principal parti d'opposition, disparaît de l'assemblée. Référendum consultatif Les citoyens sont invités à se prononcer sur la continuation du processus d'intégration européenne, La participation continue de l'Italie au processus politique européen est approuvée par 88,1 % des votants. Législatives Seuls les partis liés au Front de défense de la Révolution (socialiste) sont autorisés à se présenter. Le parti AREMA (Avant-garde de la révolution malgache) conserve la majorité absolue des sièges.
Juin