Cette liste recense les élections organisées durant l'année 2003. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums.

Commentaires généraux

L'année est marquée notamment par des référendums (non-simultanés) dans neuf États d'Europe centrale et orientale, où les citoyens s'expriment en faveur de leur entrée dans l'Union européenne. Ceci aboutit au cinquième élargissement de l'Union européenne, l'année suivante.

Parmi les États démocratiques, huit connaissent une alternance au pouvoir en raison d'élections en 2003. À Chypre, le président sortant Gláfkos Klirídis (centre-droit) est battu par Tássos Papadópoulos (centre-droit également) en février. Au Guatemala de même, la droite d'opposition succède à la droite au pouvoir à l'issue de l'élection présidentielle en novembre et décembre. À Monaco, le parti Union nationale et démocratique (droite), qui exerce une prépondérance quasi-monolithique au parlement depuis 1963, est très largement battu par une coalition de partis d'oppositions de centre-droit aux élections législatives en février. En Estonie, une alliance de partis de centre-droit arrive au pouvoir à l'occasion des élections législatives en mars, face aux centristes au pouvoir. En Finlande (mars), les centristes devancent les sociaux-démocrates et remportent la majorité relative au Parlement. En Croatie les chrétiens-démocrates obtiennent une majorité parlementaire relative aux élections du mois de novembre. À Chypre du Nord, ce sont les sociaux-démocrates qui obtiennent cette majorité relative lors des élections législatives de décembre, et prennent la direction du gouvernement. Aux Kiribati, le candidat d'opposition Anote Tong remporte l'élection présidentielle en juillet.

Dans certains États, les élections n'offrent aucune possibilité d'alternance, en raison d'un système de parti unique ou de candidature unique. C'est le cas à Cuba (janvier), en Syrie (mars), en Corée du Nord (août) et aux Maldives (octobre). À Cuba, en Syrie et aux Maldives certains électeurs votent néanmoins contre le gouvernement, mais en Corée du Nord aucune dissension n'est possible. Au Swaziland (octobre) c'est la nature du régime monarchique absolu qui réduit nettement la portée des élections.

En Arménie (mars et mai), au Nigéria (avril), au Yémen (avril), au Cambodge (juillet), au Rwanda (août et octobre), en Azerbaïdjan (octobre) et en Géorgie (novembre), les électeurs ont le choix entre plusieurs partis et candidats, mais les observateurs internationaux dénoncent des fraudes et d'autres irrégularités restreignant l'exercice des droits civiques des votants. En Géorgie, des manifestations populaires éclatent après les élections truquées, et aboutissent à la chute du gouvernement.

Par ailleurs au Kirghizistan (février) et au Liechtenstein (mars) des référendums renforcent l'autorité et les prérogatives du pouvoir exécutif vis-à-vis du parlement.

Par mois Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le pays est divisé en cinq circonscriptions. Le parti qui arrive en tête dans une circonscription remporte tous les sièges pour cette circonscription. La coalition « Union pour la majorité présidentielle » (centre-gauche) conserve la totalité des sièges, bien que les candidats d'opposition aient obtenu 37,3 % des voix. Dileita Mohamed Dileita demeure premier ministre. Législatives Cuba est un État à parti unique. Les candidats sont nommés par des assemblées citoyennes ou par des organisations de masse. Les candidats ne sont pas nécessairement membres du Parti communiste, mais le processus de sélection écarte les opposants. La liste finale comporte autant de candidats qu'il y a de sièges à pourvoir par circonscription ; les citoyens sont invités à voter pour ou contre les candidats proposés. Les candidats sont tous élus. Environ 3 % de votants votent contre tous les candidats proposés. Le président Fidel Castro demeure son propre premier ministre. Législatives Parlement sans majorité. Le parti Appel chrétien-démocrate (CDA ; centre-droit) conserve de peu la majorité relative des sièges. Il forme un gouvernement de coalition avec le Parti populaire libéral et démocrate (libéral-conservateur) et avec le parti Démocrates 66 (social-libéral). Jan Peter Balkenende (CDA) demeure premier ministre. À noter l'effondrement du parti Liste Pim Fortuyn (droite populiste à extrême-droite). Législatives Ces élections se déroulent durant la seconde intifada. Parlement sans majorité. Le Likoud (droite) accroît sa majorité relative des sièges, et forme un gouvernement de coalition avec le Shinouï (centriste, libéral, laïc), l'Union nationale (extrême-droite néo-sioniste) et le Parti national religieux (droite religieuse néo-sioniste). Ariel Sharon (Likoud) demeure premier ministre.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Les citoyens sont invités à se prononcer (séparément) sur deux référendums : l'un propose d'amender la constitution pour réduire la taille et les pouvoirs du parlement, restreindre les prérogatives de la cour constitutionnelle et renforcer les pouvoirs du président de la république ; l'autre est un plébiscite pour permettre au président Askar Akaïev, très contesté lors de manifestations en , de terminer son mandat de cinq ans (débuté en 2000). Le « oui » l'emporte dans les deux cas, respectivement à 89,2 et 91,8 %. Législatives Alternance. Le parti Union nationale et démocratique (droite), qui disposait de tous les sièges lors de la législature sortante et avait largement remporté toutes les élections depuis 1963, ne conserve que trois sièges sur les vingt-quatre du Conseil national (parlement). Les autres reviennent à l'alliance Union monégasque (centre-droit), composée de trois partis dont l'Union pour la Principauté. Patrick Leclercq (sans étiquette) demeure ministre d'État (premier ministre), étant responsable devant le prince et non devant le parlement. Présidentielle tour - Présidentielle L'élection est marquée par les débats sur le plan Annan pour une éventuelle réunification de Chypre. Alternance. Tássos Papadópoulos (Parti démocrate : centre-droit, méfiant vis-à-vis du plan Annan), soutenu par le Parti progressiste des travailleurs (communiste), est élu dès le premier tour avec 51,5 % des voix face à neuf autres candidats dont le président sortant Gláfkos Klirídis (Rassemblement démocrate : centre-droit, favorable au plan Annan ; 38,8 %). Présidentielle Le président Teburoro Tito (parti Protégeons la maneaba : chrétien-démocrate) est réélu avec 50,4 % des voix face à deux autres candidats. Il est toutefois destitué par le Parlement en mars, qui rejette le budget soumis par son gouvernement. Des élections législatives ont lieu en mai, et une nouvelle élection présidentielle en juillet.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti du centre (social-libéral), membre de la coalition gouvernementale sortante, obtient le même nombre de sièges que le nouveau parti de centre-droit Res Publica : un peu plus d'un quart chacun. Juhan Parts (Res Publica) devient premier ministre, formant un gouvernement de coalition avec le Parti de la réforme (centre-droit libéral) et l'Union populaire (centriste, agrarienne). Législatives Il n'existe pas de partis politiques. Tous les membres du Congrès sont élus sans étiquette. Le président de la Fédération Leo Falcam ayant perdu son siège au Congrès, l'assemblée élit Joseph Urusemal à la présidence des États fédérés de Micronésie. Présidentielle tour. Les observateurs étrangers dénoncent d'importantes fraudes électorales. Le président Robert Kotcharian (sans étiquette) est réélu avec 67,5 % des voix, face à Stepan Demirtchian (Parti populaire : socialiste). Des élections législatives ont lieu en mai. Législatives Le Parti uni du peuple (centre-gauche) conserve la majorité absolue des sièges. Said Musa demeure premier ministre. Législatives La Syrie à cette date est un État à parti unique. Plus exactement, d'autres partis sont autorisés, mais doivent reconnaître la suprématie institutionnelle du parti Baas. Tous les partis autorisés sont rassemblés en un Front national progressiste. Les candidats d'opposition ne peuvent se présenter que sans étiquette. Les partis du Front conservent une très large majorité des sièges, le parti Baas (baasisme, socialisme arabe, laïc) disposant à lui seul d'une majorité absolue. Les autres sièges reviennent à des élus sans étiquette. Mohammed Naji al-Otari (parti Baas) devient premier ministre. Référendum Les citoyens sont invités à voter pour ou contre une adhésion du pays à l'Union européenne. Le « oui » l'emporte à 53,7 %. Le résultat n'étant pas contraignant, il devient un thème de campagne majeur pour les élections législatives en avril. Celles-ci sont remportées par le Parti nationaliste au pouvoir, pro-européen. Le pays devient membre de l'U.E. le . Référendum Les citoyens sont invités à se prononcer, simultanément mais séparément, sur deux propositions opposées. L'une, d'initiative citoyenne, propose un amendement constitutionnel pour restreindre les pouvoirs du prince, chef de l'État. L'autre à l'inverse propose d'accroître les pouvoirs du prince, en lui permettant désormais de limoger le gouvernement, de nommer les juges et d'opposer son véto à la législation adoptée par le parlement. Le prince Hans-Adam II menace de quitter le pays si ses pouvoirs sont restreints. La première proposition est rejetée par 83,4 % des votants ; la seconde est approuvée par 64,3 %. Législatives Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti du centre (social-libéral, agrarien) obtient la majorité relative avec un quart des sièges, devançant de très peu le Parti social-démocrate (centre-gauche) au pouvoir. Anneli Jäätteenmäki (Parti du centre) devient première ministre, formant un gouvernement de coalition avec le PSD et le Parti populaire suédois (libéral, représentant la minorité d'origine suédoise). Anneli Jäätteenmäki est toutefois contrainte à la démission après seulement deux mois, pour avoir utilisé des documents des services secrets à des fins de campagne électorale, et pour avoir menti à ce sujet. Matti Vanhanen (Parti du centre) lui succède à la tête du gouvernement. Législatives La coalition de l'Alliance républicaine nationaliste (droite conservatrice et néo-libérale) et du Parti de la conciliation nationale (conservateur) conserve de justesse la majorité absolue des sièges. Référendum Les citoyens sont invités à voter (séparément) pour ou contre une adhésion du pays à l'Union européenne et à l'OTAN. Le « oui » l'emporte dans les deux cas, respectivement à 89,6 % et 66,0 %. Le pays devient membre de l'OTAN le , et de l'U.E. le mai. Législatives L'alliance gouvernementale « Mouvement présidentiel », composée notamment de l'Union pour le Bénin du futur (social-démocrate) et du Mouvement africain pour le développement et le progrès, remporte la majorité absolue des sièges.

Avril