Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1958. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

Dans le monde démocratique, les élections en 1958 amènent une alternance au pouvoir au Costa Rica (février), au Togo (avril), en Belgique (juin), au Suriname (juin) et en Uruguay (novembre). L'éphémère Fédération des Indes occidentales organise les seules élections de son histoire, démocratiques, au mois de mars. Ce projet de fédérer les colonies britanniques dans les Caraïbes en leur accordant l'autonomie n'aboutit finalement pas. Le Venezuela connaît au mois de décembre ses premières élections démocratiques depuis 1947. En septembre, les Français de métropole et de l'outre-mer et les citoyens de l'Union française approuvent par référendum l'instauration d'une Cinquième République, ainsi que la création d'une Communauté française associant la République à ses colonies autonomes. S'ensuivent des élections législatives en novembre ; le Parlement qui en est issu prend part à un collège électoral qui élit Charles de Gaulle à la présidence de la République.

En Amérique latine, plusieurs dictatures de droite organisent des simulacres d'élections cette année. Celles au Guatemala en janvier provoquent une grève générale et une révolte armée. De même, l'élection présidentielle à parti unique orchestrée en février par la dictature militaire qui gouverne le Paraguay entraîne une grève générale, durement réprimée. Au Salvador, le parti de la junte conserve automatiquement tous les sièges lors des 'élections' du mois de mars. En Europe, le régime de droite autoritaire d'António Salazar au Portugal, dictature à parti unique, truque l'élection présidentielle du mois de juin.

Dans le bloc de l'Est, des élections à parti unique (ou bien à coalition unique dominée par les communistes), sans aucune opposition possible, ont lieu en URSS (mars), en Albanie (juin), en Allemagne de l'Est (novembre) et en Hongrie (novembre). Des élections de type similaire ont lieu au mois de mars dans la Yougoslavie de Josip Tito, communiste mais indépendante du bloc de l'Est.

Enfin, l'Égypte et la Syrie fusionnent en une République arabe unie à la suite d'un référendum en février, dont les résultats officiels indiquent un taux d'approbation de 100 % pour ce projet. La candidature de Gamal Abdel Nasser pour la présidence de ce nouvel État est également approuvée, officiellement, par 100 % des votants.

Par mois

Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives et présidentielle Le Guatemala à cette date est une dictature militaire. La quasi-totalité des partis autorisés sont des partis de la droite anticommuniste, favorables à la dictature. Le Parti de la réconciliation démocratique nationale (conservateur) et ses alliés (Parti libéral nationaliste (droite autoritaire), Front national anticommuniste…) obtiennent ensemble une majorité absolue des sièges. Leur candidat Miguel Ydígoras Fuentes recueille 40,8 % des suffrages populaires pour l'élection présidentielle, devant trois autres candidats, et son élection à la présidence de la République est confirmée par le Congrès. Son autoritarisme provoque une révolte en , et le début d'un long conflit armé qui durera jusque dans les années 1990. Référendum La proposition soumise aux citoyens concerne la réduction du nombre de députés, d'un tiers. La proposition est approuvée officiellement par 99,9 % des votants, et mise en œuvre pour les élections législatives du mois de mars. janvier Législatives Élections au suffrage masculin. Alternance. L'Union nationale des indépendants (conservateur mais prônant une démocratisation des institutions) remporte une majorité absolue des sièges au Conseil national. Henry Soum (sans étiquette) demeure néanmoins ministre d'État (premier ministre), n'étant responsable que devant le prince et non devant le Conseil national.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives et présidentielle Alternance. Parlement sans majorité. Le Parti Libération nationale perd sa majorité absolue des sièges au Parlement, mais y conserve la majorité relative. Divisé, et faisant face à une candidature dissidente, le parti perd néanmoins la présidence de la République : Mario Echandi Jiménez (Parti d'union nationale : conservateur, centre-droit) est élu président avec 46,4 % des voix. Présidentielle Le Paraguay à cette date est une dictature militaire : c'est la période de l’El Stronato. Seul candidat, le dictateur Alfredo Stroessner (Parti colorado : droite) est automatiquement réélu avec 100 % des voix. Une grève générale éclate au mois d'août ; en réponse, les principaux dirigeants syndicaux sont emprisonnés. Un mouvement de résistance armée à la dictature se développe également après cette élection, et est férocement réprimé (tortures, exécution sommaires...). et Référendum et présidentielle Le référendum porte sur la proposition d'unification des deux pays. Les citoyens sont également invités à approuver la candidature unique de l'Égyptien Gamal Abdel Nasser (du parti Union socialiste arabe) pour la présidence de cette nouvelle république. L'unification est approuvée officiellement par 100 % des votants dans les deux pays. La candidature de Gamal Nasser est également approuvée par 100 % des votants des deux pays (avec à peine quelques centaines de bulletins « non » contre près de 7,5 million de « oui »). La République arabe unie est proclamée le lendemain. Législatives et présidentielle Le président Juan Perón a été violemment démis par un coup d'État en 1955, et son Parti péroniste a été interdit. Arturo Frondizi (Union civile radicale intransigeante : social-libéral), soutenu par Juan Perón, est élu avec 47,6 % des suffrages populaires et par une large majorité du collège électoral, devant une demi-douzaine d'autres candidats. L'UCRI remporte une majorité absolue des sièges à la Chambre des députés. Législatives -

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives tour. Premières élections législatives depuis l'indépendance du pays en 1956. Les précédentes avaient eu lieu en 1953. Le pays est pris dans une guerre civile entre le nord et le sud. Parlement sans majorité. Le Parti de l'oumma (centriste, musulman-démocrate) remporte une majorité relative des sièges dans les deux chambres, devançant le Parti unioniste démocratique (conservateur, laïc) au pouvoir. Abdallah Khalil (Parti de l'oumma) demeure premier ministre, menant un gouvernement de coalition avec le Parti démocratique populaire (islamiste). Début novembre, le général Ibrahim Abboud, chef des armées, prend le pouvoir par un coup d'État. Législatives Ce sont les premières élections de la période du Front national. Cet accord, qui a mis fin à la guerre civile, octroie par avance la moitié des sièges au Parti conservateur, et la moitié au Parti libéral. Les autres partis (notamment le Parti communiste) ne sont plus autorisés à participer aux élections, à moins de pouvoir présenter des candidats sous l'étiquette d'un des deux grands partis. Les élections deviennent une compétition entre les différentes factions des deux partis qui se partagent le pouvoir. Comme prévu par l'accord, les conservateurs et les libéraux obtiennent chacun la moitié des sièges dans les deux chambres. Une élection présidentielle a lieu en mai. Législatives L'URSS à cette date est un État à parti unique. Seuls le Parti communiste et les organisations de masse qui lui sont affiliées peuvent présenter des candidats. Les citoyens votent pour ou contre le candidat unique qui leur est proposé. Dans la pratique, le vote ne se déroule pas à bulletin secret. Le Parti communiste et ses organisations associées conservent tous les sièges, avec officiellement un taux d'approbation de 99,6 %. Législatives Les femmes peuvent voter pour la première fois. Le Pracheachon (qui rassemble socialistes et communistes), seul parti d'opposition à présenter des candidats, et les organes de presse qui le soutiennent sont soumis à une importante surveillance policière et à des actes d'intimidation. Tous les candidats du Pracheachon se retirent finalement avant le scrutin, sauf un. Tous les candidats du gouvernement sauf un sont ainsi élus sans opposition. Le parti Sangkum (conservatisme, socialisme bouddhiste, anticommunisme), au pouvoir, remporte tous les sièges. Le prince Norodom Sihanouk demeure premier ministre. Législatives Élections au suffrage masculin. Le Parti progressiste des citoyens (droite, national-conservateur) conserve sa majorité absolue des sièges, et maintient son gouvernement d'union avec l'Union patriotique (centre-droit, libéral-conservatrice). Alexander Frick demeure premier ministre. Législatives Le Salvador à cette date est une dictature militaire. Les élections étant truquées, elles sont boycottées par l'opposition. Le Parti révolutionnaire de l'unification démocratique (parti de la junte), seul à présenter des candidats, conserve mécaniquement tous les sièges. Législatives Premières et uniques élections de l'histoire de ce pays, établi le . Les Indes occidentales sont une fédération autonome d'îles des Caraïbes membres de l'Empire britannique. Après une période d'autonomie, la fédération a vocation à devenir un État indépendant. Le Parti travailliste (socialisme démocratique) remporte une majorité absolue des sièges, devant notamment le Parti travailliste démocratique (libéral). Grantley Herbert Adams devient premier ministre. La fédération, toutefois, se disloque et disparaît en 1962, après la sécession de la Jamaïque puis de Trinité-et-Tobago. 23 et Législatives La Yougoslavie à cette date est un État à parti unique. La Ligue des communistes est le seul parti autorisé, mais est indépendante de la direction de Moscou. Elle applique une politique d'auto-gestion des ouvriers (ou « titoïsme »). Dans la quasi-totalité des circonscriptions, il n'y a qu'un seul candidat, élu donc automatiquement ; dans les autres, les citoyens ont le choix entre plusieurs candidats, issus toutefois du même parti. La Ligue des communistes conserve automatiquement le plein contrôle du Parlement. Josip Broz Tito demeure premier ministre (et conjointement président de la République). Législatives Ces élections ont lieu tout juste neuf mois après les précédentes. Le gouvernement minoritaire conservateur cherche à obtenir une majorité claire au Parlement. Le Parti progressiste-conservateur obtient une majorité absolue des sièges, remportant une large victoire. Il est aidé notamment par son alliance avec le parti Union nationale (droite) au Québec. John Diefenbaker demeure premier ministre.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives C'est la période de l'apartheid. Pour la première fois, pour ces élections, les listes électorales sont intégralement ségréguées. Les quelques noirs qui disposaient encore du droit de vote l'ont perdu, et ne sont plus représentés au Parlement. Les citoyens dit « coloureds » (métis) élisent dorénavant quatre députés (blancs) pour les représenter. Le Parti national (nationalisme afrikaner, droite à extrême-droite) conserve la majorité absolue des sièges. Johannes Strijdom demeure premier ministre. Législatives Le Togo à cette date est une république autonome membre de l'Union française. Alternance. Le Comité de l'unité togolaise (nationaliste) remporte une majorité absolue des sièges. Sylvanus Olympio devient premier ministre. Le pays accède à sa pleine indépendance en 1960.

Mai