Claire Atherton, née en 1963 à San Francisco, est une monteuse française et américaine, reconnue pour son travail central dans l'œuvre de Chantal Akerman et pour ses collaborations avec divers cinéastes internationaux.

Biographie Famille Née en 1963 à San Francisco, aux États-Unis, Claire Atherton grandit à Paris. Elle est la fille de Ioana Wieder, réalisatrice française d’origine juive roumaine, et de John Atherton, universitaire américain.. Sa sœur est la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton.

Formation Intéressée par la philosophie taoïste. et l'aspect visuel des caractères chinois, elle séjourne en Chine en 1980 à l'Institut des langues étrangères de Pékin, puis poursuit ses études en langue et civilisation chinoises à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) à Paris. En parallèle, elle intègre le Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir à sa création en 1982, où elle travaille comme technicienne vidéo.. Elle fréquente ensuite l'école nationale supérieure Louis-Lumière dont elle sort diplômée en 1986. Elle commence par travailler à l'image et au son, collabore notamment avec Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos sur des productions du Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, et participe à divers autres projets. C'est à partir des années 1990 qu'elle se consacre entièrement au montage.

Rencontre et collaboration avec Chantal Akerman Elle rencontre Chantal Akerman en 1984 à l'occasion de l'adaptation au théâtre des correspondances de Sylvia Plath, Letters Home, interprétée par Coralie et Delphine Seyrig. L'actrice, qui est alors présidente du Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, demande à Claire Atherton d’assister Chantal Akerman pour filmer la représentation..

Les deux femmes travailleront ensemble pendant plus de trente ans, d'abord à l'image puis au montage.. En 2007, Chantal Akerman évoquait sa collaboration avec Claire Atherton au montage de ses films :« On est tellement en osmose que parfois on n’a même pas besoin de se parler. […] Par exemple, prenez un plan, la longueur d’un plan. On regarde et toutes les deux, on tape sur la table au même moment : on voit les mêmes choses, on sait en même temps quand il faut arrêter. […] Il n’y a rien de logique dans la longueur d’un plan. Ce n’est que senti. Et c’est une merveille de trouver quelqu’un qui sent comme vous.. » En parallèle du travail sur les films, Claire Atherton collabore étroitement aux installations vidéo. que Chantal Akerman conçoit dès 1995. et qui leur permettent de penser « un montage qui ne serait plus seulement temporel mais aussi spatial.». Elle est aujourd'hui responsable de leur mise en espace à l’occasion d’expositions en France et à l’international....

Leurs dernières collaborations sont l'installation NOW., présentée à la Biennale de Venise en 2015. et le long métrage No Home Movie... En , lors de l’avant-première du film à la Cinémathèque française, Claire Atherton prononce un texte qu’elle a écrit en hommage à Chantal Akerman.

Montage : fictions, documentaires, installations vidéo Claire Atherton travaille également avec de nombreux cinéastes et artistes, en France et à l’étranger.. Depuis les années 1980, elle a monté plus de 80 œuvres, courts et longs métrages, des films d’art, des films expérimentaux, des documentaires mais aussi des installations vidéo destinées à des expositions d’art contemporain..

En 2023, Noëlle PujolVoir sur noellepujol.free.fr. parle de leur collaboration régulière depuis 2007. :

Parmi les réalisateurs et artistes avec lesquels Claire Atherton a régulièrement collaboré, on peut aussi citer Luc Decaster. :

Après la disparition de Chantal Akerman, elle rencontre Éric Baudelaire, artiste et cinéaste avec lequel va se nouer une collaboration particulièrement riche à partir de 2015. Elle devient dès lors la monteuse de tous ses films et c’est avec elle qu'il commence à créer ses premières installations vidéo...

Parmi quelques-uns des autres projets sur lesquels elle a travaillé, on peut citer le documentaire Mafrouza d’Emmanuelle Demoris dont elle signe en 2007 les parties Coeur et Oh la nuit., et Au Monde de Christophe Bisson en 2013. Au début des années 2020, elle monte Man in Black de Wang Bing (sélection officielle Cannes 2023)., ainsi que The Vanishing Point de Bani Khoshnoudi, qui reçoit le prix de la compétition Burning Lights au festival Visions du réel (festival international de cinéma de Nyon) en 2025..

Engagement féministe   À la fin des années 1970, elle participe au collectif Les Répondeuses (1977-1984), qui diffuse quotidiennement un journal d’information féministe via un répondeur téléphonique, alimenté par les messages laissés sur un numéro dédié : horaires de réunions ou de permanences, appels à manifester, petites annonces, témoignages de femmes victimes de violences…

En 1982, elle participe à la création du Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, « un centre audiovisuel féministe d’archivage et de production » présidé par Delphine Seyrig. Elle est responsable technique vidéo, participe aux productions du Centre, accompagne les réalisatrices en tournage (notamment Carole Roussopoulos) et commence à faire du montage. Elle encadre également des stages d’initiation à la vidéo pour des femmes. En 1985, elle coréalise un autoportrait du Centre avec Fani Adam et Nadja Ringart.

Autres activités Claire Atherton est souvent invitée à partager son expérience à l'occasion de masterclasses, séminaires et ateliers, dans des écoles d'art ou de cinéma, en France comme à l’international, dans des institutions telles que La Fémis (Paris), la HEAD – Haute école d'art et de design (Genève), la Elías Querejeta Zine Eskola (Saint-Sébastien) ou la Escuela Internacional de Cine y TV (San Antonio de los Baños, Cuba). Elle publie régulièrement des textes dans des ouvrages spécialisés ou en ligne. Son texte « L'art du montage », publié dans la revue Vacarme (disponible en ligne)., figure également dans l'ouvrage Montage, une anthologie., co-édité par la HEAD et le MAMCO.

En , elle est invitée à concevoir une exposition d'œuvres de Chantal Akerman pour La Virreina Centre de la Imatge à Barcelone.. Facing The Image est la première exposition dont elle est commissaire.. En 2025, l’exposition est reprise au Artium Museoa à Vitoria-Gasteiz.

Reconnaissance En 2013, la Cinémathèque de Grenoble propose une programmation dédiée à son travail de monteuse...

À l'occasion de la édition du festival international du film de Locarno, elle reçoit le .. Elle est la première femme à recevoir ce prix qui récompense, depuis 2013, des personnalités qui, « par leur travail en coulisses et leurs créations, ont contribué à élargir l'horizon du cinéma ».

Filmographie

Filmographie (image) 1986 : opérateur Femmes et Musique, production du Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir 1986 : Chef opératrice sur Rue Mallet-Stevens et Le Marteau de Chantal Akerman 1988 : opérateur sur Histoires d’Amérique de Chantal Akerman 1988 : opérateur sur L’institut du monde Arabe 1988 : Chef opératrice sur Marguerite Paradis de Chantal Akerman 1988 : opérateur sur Notes pour Debussy de Jean-Patrick Lebel 1990 : Chef opératrice sur Igor de Jean-François Gallotte

Installations (montage et mise en espace)

Voir aussi

Textes publiés 2015 : « Hommage à Chantal Akerman » Texte écrit et lu par Claire Atherton à la Cinémathèque française à Paris, le , à l’occasion de la projection en avant-première du film No Home Movie. Ce texte a été mis en ligne en 2020 par la revue Sabzian.. Une traduction anglaise du texte (par Felicity Chaplin) a été publiée dans le numéro de Senses of Cinema intitulé « Chantal Akerman: An Intimate Passion », ainsi que dans le volume 34-1 de la revue Camera Obscura: Feminism, Culture and Media Studies. Le texte a également été présenté sous la forme d’une installation dans l’exposition Facing the Image en 2023 à La Virreina Centre de la Imatge à Barcelone et en 2025 au Artium Museoa à Vitoria-Gasteiz. 2018 : « L’art du montage » Texte publié dans le numéro 82 de la revue Vacarme (disponible en ligne), mis en ligne en 2020 par la revue Sabzianet publié dans l'ouvrage Montage, une anthologie co-édité par la HEAD et le MAMCO. 2018 : «Pouvons-nous être en relation avec ce qui est ? » Contribution à l’ouvrage Qu'est-ce que le réel ? Des cinéastes prennent position publié par le Cinéma du Réel.. Ce texte a été mis en ligne en 2020 par la revue Sabzian. 2019 : "Living Matter" Texte publié dans la revue Bomb Magazine (disponible en ligne). 2020 : "Sometimes we feel lost" Texte publié dans l'ouvrage ¿Qué será del cine? Postales para el futuro. Notes et références

Liens externes

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