LInstitution Notre-Dame (Valenciennes) comprend le lycée Notre-Dame et le collège Notre-Dame. C'est un ensemble scolaire d'enseignement libre catholique, en contrat d'association avec l’État et sous tutelle diocésaine. Il se situe à Valenciennes pour le lycée et à Saint-Saulve pour le collège. Ces deux communes limitrophes sont en France, région Les Hauts de France, département du Nord.

Lycée Notre-Dame (Valenciennes)

Localisation Le Lycée Notre-Dame est un lycée général, situé en centre-ville de Valenciennes, au 15 rue des CapucinsLes Capucins arrivent à Valenciennes en 1595. Ils s'installent dans cette rue en 1629. Elle porte leur nom depuis 1828. cf. TANCHE, Jacques et CRASNAULT, Didier. A travers cent rues, places et lieux-dits : Valenciennes. Lille. La Voix du Nord, 1999 (p.29), dans une zone de forte densité scolaire : "encadré" par le Lycée Watteau et le collège Watteau, côté boulevard Watteau, et le Lycée privé catholique de La Sagesse côté centre, rue Louis Bracq et Rue de Mons. Il y a aussi une petite école maternelle publique, l’École Mathieu de Quinvigny, dans la rue du même nom, en face du Lycée Notre-Dame.

Le Lycée Notre-Dame est aussi très proche du Musée des Beaux-Arts et de la place verte où se déroule le marché hebdomadaire. Il n'est pas très éloigné non plus de la basilique Notre-Dame du Saint-Cordon, bâtiment emblématique de l'histoire de Valenciennes.

Historique Comme le souligne Jean-Paul Bourgeois, directeur de l'établissement de 1994 à 2004, "il serait imprudent de prétendre que l'histoire de [cette institution] a été linéaire."

Avant le Lycée Notre-Dame : histoire du premier collège de Valenciennes La plus ancienne fondation est celle du Collège de Valenciennes, créé en 1502 : à la suite de la répudiation de Jeanne de France, fille de Louis XI par son mari le roi Louis XII, des clercs s'opposent à la décision du roi, dont Thomas Warnet, natif de Cambrai, qui est prié de s'éloigner. Sous l'autorité de Jean Standonck qui avait, lui aussi, été chassé par le roi, il établit un collège qui fonctionne sous la direction de la Congrégation de Montaigu créée par Jean Standonck. Ce collège prend différents noms : il est appelé tantôt "Collège de Standonck", tantôt "Maison des Bons Enfants" ou encore "Collège de Maître Thomas". Il est situé à l'Hôtel de Beaufort, rue Montoise.

Maître Thomas décède en 1504 et ce sont des bourgeois de Valenciennes qui rachètent l'Hôtel de Beaufort et le font restaurer : il s'agit notamment de Jean Godin, Louis de La Fontaine et Jacques de Guyse. Or il existe aussi à Valenciennes une abbaye Saint-Jean-Baptiste, fondée en 662 selon la Règle de Saint-Augustin. Celle-ci est située à proximité de l'actuelle place d'Armes, aux angles des rues des Récollets, de Saint-Jean et de la Vieille poissonnerie. Vers 1550, les abbés et religieux de Saint-Jean transportent leur école sur le site du collège et les Chanoines de Notre-Dame de la Salle Le ComteChapelle adjointe au palais construit par Bauduin V le courageux font de même, de sorte qu'il y a alors deux écoles en un même lieu : l'une de Saint-Jean et l'autre de Notre-Dame de la Salle Le Comte, mais toutes deux dirigées par un même régentSynonyme de pédagogue (cf. Dictionnaire Le Robert de la langue française, éd.2016). Le , Jean Leclercq, un bourgeois de la ville achète à Baudouin de La Salle chevalier, seigneur de La Tour, une grande maison sur le terrain du cimetière de la rue Saint-Jacques, pour servir de collège. Monsieur l'abbé de Saint-Jean, dom Nicaise, prend possession de ce collège sous le titre d'écolâtre de la ville et lui donne le nom de Collège de Saint-Jean. En 1564, il s'associe à l'abbé de l'abbaye de Vicoigne et enseigne en paix et il fait fructifier le collège, jusqu'à l'arrivée des pères jésuites en 1582. Voulant lutter contre l'influence des protestants fort présents et influents dans la ville de Valenciennes, le révérend prélat de Hasnon, Dom Jacques de Froye, écrit à l'archevêque de Cambrai, Maximilien de Berghes, afin d'obtenir de l'aide des Jésuites, estimés pour leurs qualités d'éducateurs. L'archevêque acquiesce à cette demande et le , cinq pères arrivent : Eleuthère Dupont et quatre de ses confrères.

Cependant, neuf mois plus tard, ils doivent abandonner leur monastère du fait de l'arrivée de français ennemis qui tenaient déjà les villes de Cambrai et Bouchain. Le Conseil de la ville s'assemble et prend cette décision : d'une part, accorder aux jésuites une somme de 800 livres, à condition qu'ils tiennent une école qui s'emploie à l'instruction de la jeunesse, en attendant qu'on leur fournisse maisons et dépendances ; et d'autre part, écrire au roi Philippe II afin qu'il leur procure le nécessaire permettant d'accomplir leur mission. En 1589, le roi fait droit à ces réclamations. Considérant que la ville, pillée et mise à sac, ne peut procurer ce qui convient pour le fonctionnement du collège, Philippe II leur accorde, par lettre patente, les revenus nécessaires à l'entretien d'un collège de 200 élèves et de 10 maîtres pour instruire la jeunesse de Valenciennes selon 6 classes : "des figures, de la première partie, de la syntaxe, de l'art versificatoire, de la rhétorique, de la dialectique. Et par le même commandement, le roi établit l'instruction gratuite et obligatoire, avec les moyens de contraindre les récalcitrants". C'est le ,en la fête de Saint Rémy (date d'ouverture de toutes les écoles en Belgique) que le collège ouvre ses portes

Les Jésuites ont ouvert des négociations avec les religieux de Saint-Jean en vue de la cession des bâtiments du collège qu'ils possèdent. Ceux-ci résistent un moment, ne voulant pas abandonner leur droit d’écolâtre et finissent par céder moyennant indemnisation. Le Collège de Saint-Jean cesse donc d'exister en tant que tel en 1601 pour être dirigé et conduit par les Jésuites. Les Pères jésuites agrandissent la propriété située rue Saint-Jacques, actuellement rue Ferrand-place à l'île, y construisent une église dont la première pierre est posée solennellement le . Mais déjà, depuis 1596, ils ont entamé la construction d'une bibliothèqueCette bibliothèque est devenue célèbre surtout pour les galeries de portraits de 30 jésuites célèbres et deux très grandes allégories picturales placées aux extrémités de la salle - "la Raison humaine ou la sagesse des anciens" et "la Raison éclairée par la Révélation". On peut encore admirer ces œuvres ainsi que nombre d'ouvrages de l'époque dans une partie des bâtiments de la bibliothèque municipale, restée intacte. qui est restée la bibliothèque municipale de Valenciennes. L'Escaut traverse alors leur jardin et ce sont les Jésuites qui le font recouvrir en cet endroit.

Le collège prospère. On trouve parmi les professeurs ou régents quelques noms que la mémoire conserve comme Charles Deulin.

La conquête par les armes de Louis XIV fait passer Valenciennes sous domination française mais les pères jésuites se voient confirmer leur mission et ils continuent paisiblement leur œuvre, jouissant de la même protection et des mêmes avantages que par le passé, jusqu'en 1767, date à laquelle ils sont chassés de France. Leurs biens sont saisis et vendus pour éponger leurs dettes. Le Conseil de Valenciennes tente de les retenir en faisant valoir leurs droits de fondateurs, mais rien n'y fait. Un bureau d'administration, présidé par Jean Debaune de Guise, évêque d'Arras, est chargé de mettre en place la nouvelle structure d'animation du Collège. L'abbé Deleghe, chanoine de Saint-Géry est nommé principal et au cours de la même séance, on désigne tous les régents, tous prêtres. Le Collège est placé sous la tutelle du Parlement de Flandres et l’université de Douai est chargée de lui donner son règlement de discipline.

Après 1782, les archives consultées n'offrent plus de documents sur les dernières années du Collège. On sait que ses professeurs sont dispersés ou émigrent ; ses biens sont pris et vendus ; et ses bâtiments servent de magasins au fourrage. La ville de Valenciennes reste sans instruction pendant plusieurs années. Le Collège est d'ailleurs voué à la destruction mais le 19 germinal de l'an VI, M. Jacques-Louis-Joseph Lecaze, renonçant aux fonctions de notaire qu'il exerce à Valenciennes, demande à la municipalité et obtient le droit d'établir dans le Collège une institution privée. M. Lecaze est un ancien élève du Collège d'Harcourt. Il montre dans ses nouvelles fonctions un dévouement et une habileté couronnés de succès, et ses disciples deviennent pour la plupart des hommes distingués.

Après la Révolution Française : naissance du Collège Notre-Dame de Valenciennes En 1810, Napoléon institue sous le nom d'Université de France, un corps enseignant unique. Seuls avaient pu y échapper, depuis 1833, les écoles primaires et quelques rares collèges chrétiens, dits de plein exercice, qui avaient difficilement conquis leur liberté. L'enseignement public est donc organisé. À Valenciennes, un collège public est créé et installé dans les bâtiments laissés libres par leurs anciens occupants chassés, c'est-à-dire dans l'ancien collège des Jésuites, rue Ferrand, où il reste jusqu'en 1910 après qu'il eut pris le nom de Lycée Henri Wallon.

Depuis la Révolution de 1848, le vent a changé. Il y a à la Chambre des députés et dans l’Église de France quelques ténors comme Charles de Montalembert et Félix Dupanloup qui sont devenus maîtres dans l'art de défendre la liberté. Aidé par le talent de ces deux hommes, le comte de Falloux, ministre de l'instruction publique, présente aux députés un projet de loi modérée proclamant la liberté de l'enseignement sous réserve de la collation des grades universitaires et de l'inspection des établissements scolaires que l’État tenait à se réserver. La Loi Falloux votée le autorise la réouverture d'écoles privées confessionnelles. Comme il arrive souvent, les extrêmes de la droite et de la gauche se retrouvent pour protester violemment : les uns avec Louis Veuillot trouvent la liberté proposée insuffisante, les autres avec Victor Hugo estiment que la France va « être livrée aux Jésuites ». Dès le , le cardinal Giraud archevêque de Cambrai depuis 1840, vivement préoccupé par la brûlante question de l’Enseignement, demande à M. l 'abbé Serein-Cèlerin Neuwe, curé de Radinghem, de créer un collège catholique dont il serait le supérieur, renouant par là avec la pratique volontariste et historique de l’Église diocésaine d'apporter ses efforts et son savoir-faire à l’éducation des jeunes du valenciennois. Le , donc quinze jours après la promulgation de la Loi Falloux, un prospectus signé des abbés Neuwe et Lasne, et visé par le recteur de l'Académie, à Douai, annonce l'ouverture à Valenciennes, pour le , du Collège Notre-Dame. Il spécifie cependant que dès le , "la porte en serait fortement entre baillée dans les petites classes". Le , donc, les abbés Neuwe, Lasne et Desilve accueillent dans une maison située 9 place Verteimmeuble habité jadis par Mathieu de Quinvigny où les Pères maristes se sont installés en 1853. Il reste leur chapelle., leurs cinq premiers élèves, "consciencieusement vêtus de la redingote et de la casquette réglementaires, munis de douze chemises, de six bonnets de nuit, de tout ce qui est nécessaire pour lire, écrire et compter, sans oublier l'indispensable parapluie individuel prévu au trousseau".

Le nouveau collège est placé sous la protection de Notre-Dame du Saint-Cordon mais très vite, il n'est plus désigné que sous le nom de Collège Notre-Dame.