Sanders est une entreprise industrielle française d'alimentation animale, filiale du groupe Avril, groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l'énergie et l’oléochimie.

Sanders possède 23 usines en France et possède plusieurs filiales à travers le monde. Elle dispose également de concessionnaires fabricants et distributeurs de la marque.

Historique

Les prémices : 1910-1939 Louis Sanders, d’origine néerlandaise, né le à Amersfoort, créa en 1910 en Belgique la société Sanders, aux activités multiples : pharmacie humaine (l’Aspro) et vétérinaire, herboristerie, vitamines, acides aminés, articles de parfumerie et alimentation animale. Le siège social de la « Société Ancienne Maison Louis Sanders », l’usine et les bureaux étaient situés à Bruxelles, rue Henri Wafelaerts aux 47-51.

Lors de la Première Guerre mondiale, Louis Sanders obtint la « grande naturalisation » belge. En 1940, alors qu’il était alité, il fut incarcéré par les Allemands durant de longues semaines, et resta ensuite sous surveillance par la Gestapo jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il mourut le à l’âge de 69 ans, toujours Président-Directeur Général de Sanders.

En 1925, la « Société Ancienne Maison Louis Sanders », fonda une filiale française au capital de deux millions de francs de l’époque. Son siège social fut alors fixé à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, au 24 route de Frans..

Cette filiale revendait en France des produits fabriqués par la société belge. Elle était dirigée par un retraité des Douanes et Contributions : Monsieur Poulet, dont le domicile était à Villefranche, ce qui explique le choix de cette petite ville. Monsieur Poulet créa quatre succursales : Amiens, Rennes, Strasbourg et Toulouse dont les responsables furent Neubert, Marquet, Bertrand et Victor.

Elles eurent pour mission la diffusion des produits de Sanders Belgique et plus particulièrement de la tisane Herbesan ainsi que d’un produit appelé Provendéine Sanders. Il s’agissait d’un complexe de vitamines mis sur le marché après de longues recherches, en relation étroite avec des spécialistes Belges et Français.

Au départ, ce complexe biologique était exclusivement composé de matières minérales. Puis, lorsque le rôle primordial des vitamines A, D et E dans l’assimilation de la nourriture pour les animaux eut été mis en évidence, celles-ci furent incorporées dans les différents complexes biologiques qui reçurent en plus du nom générique de « provendéines » les noms commerciaux suivants : Bovian., Latta., Helios, Gallinol.. et Panovian, indiquant leur destination. Ces provendéines firent l’objet d’un dépôt de brevet.

Elles étaient vendues en paquets de 200 et de portant les « armes » de la Maison : le triangle qui constitue le logo de Sander depuis la fondation de l'entreprise.

L’autre mission des succursales était de recruter des entreprises (coopératives, minotiers et grainetiers) susceptibles de diffuser les produits mis sur le marché par la Belgique.

Le fut créée la Société Louis Sanders Trust, ayant Luxembourg pour siège social et pour objet celui d’un holding financier, chargé des prises de participations dans des pays étrangers, ainsi que des dépôts de marques commerciales dans divers pays : Liban, Suisse, Amérique latine

Plus particulièrement, la société française assurait l’exclusivité des brevets ayant fait leurs preuves en Belgique. La Provendéine Sanders ne tarda pas à prendre une place prépondérante sur le marché Français, tant en qualité qu’en volumes commercialisés.

C’est en , à l’occasion de la célébration du centenaire de la Belgique, coïncidant avec le de la création de la « Société Ancienne Maison Louis Sanders », que Louis Sanders invita à Bruxelles les principaux vendeurs français de Provendéines, essentiellement des coopératives. Étaient présents entre autres les dirigeants de coopératives tels que Landerneau, à Coutances, CAPA le Neubourg, devenus concessionnaires Sanders durant de nombreuses années. Ils ont assisté aux premières fabrications d’aliments composés.

Sanders France ne fabriquait pas, mais revendait seulement les produits de base fabriqués par la Belgique. À la suite de la crise financière de 1929, qui fut la cause de nombreux impayés dans la clientèle des meuniers et des coopératives, principaux vendeurs de Provendéines en Belgique, Sanders Entreprise a commencé la fabrication d’aliments composés, alors réservés à la Belgique.

Le premier ingénieur agronome fut engagé et chargé d’étudier des formules de mélanges alimentaires dans lesquelles on incorporait la Provendéine restée en stock. Ainsi naquit, entre 1929 et 1935, l’aliment complet du bétail.

En France, la société Sanders s’est alors mise à vendre aux coopératives et aux meuniers, des provendéines utilisables dans la fabrication d’aliments composés. Ces provendéines s’appelaient « Super Concentrés ». Ces derniers, ainsi que quelques aliments pour veaux, étaient encore fabriqués à Bruxelles.

Cet état de chose devait durer jusqu’à la guerre de 1939-1945. Furent alors engagés, entre 1935 et 1939, les premiers ingénieurs agronomes français.

Sanders Belgique édita à partir de 1935 un journal agricole avec une forte publicité Sanders, tiré à l’usage des concessionnaires de la marque et des éleveurs. Ce journal agricole était appelé La Tribune des éleveurs et coûtait 50 centimes de Francs de l’époque. Cette tribune, en dehors de la période de guerre 1939-1945 et des quelques mois qui s’ensuivirent, fut éditée jusqu’en 1949. On y publiait également, département par département, la liste des concessionnaires Sanders. Sanders France prendra le relais de la Tribune des éleveurs en éditant un journal dénommé La Tribune du monde rural.

À la déclaration de guerre en 1939, Sanders France, toujours filiale de la société belge, avait engagé 22 ingénieurs agronomes. Dans la période 1935/1939 s’est ainsi concrétisée l’idée d’une régionalisation des ventes et des techniques apparue vers 1939. Cette structure régionale restera une des caractéristiques de Sanders jusqu’aux réorganisations des années 1980.

En 1937, 10 ingénieurs de formation agronomique encadrent les succursales, au nombre de 7 depuis 1932. Les premiers ingénieurs engagés en 1935 et 1936 assurèrent la formation des nouveaux collègues. Le conseil d’administration de la société était composé juste avant 1939 de personnalités belges et françaises et en particulier, le comte Robert de Broqueville, le comte de Romanet, conseiller général de l’Orne.

Les dernières années de l’entre-deux-guerres, qui terminent cette période de création et de démarrage furent marquées par une grande activité : construction de l’usine de Lothen Belgique, agrandissement des laboratoires et de l’usine de Bruxelles, qui permettront la fabrication de vitamines de synthèse, d’acides aminés, de ferments, de sérums, de vaccins et surtout d’aliments composés qui seront connus dans 21 pays.

La guerre et l'après-guerre : 1939-1949 Dès le début de l’avancée allemande en Belgique, Louis Sanders avait fait évacuer une partie du matériel de l’usine de Bruxelles dans les ateliers du concessionnaire de Nantes, les Établissements Bertin. L’autre partie de l’usine fut acheminée à Pernay, près de Château-la-Vallière en Indre-et-Loire, où Louis Sanders avait acheté une propriété. Mais la guerre avait éparpillé une bonne partie des 22 ingénieurs agronomes engagés par Sanders.

Au cours de l’exode de 1940, Louis Sanders et quelques collaborateurs s’étaient réfugiés à Pau. Sitôt l’armistice signé, Louis Sanders regagna Bruxelles mais fut incarcéré par la Gestapo.

Depuis sa prison, il fit passer au Professeur Leroy une feuille arrachée d’un carnet, sur laquelle il lui demandait de joindre le plus vite possible Peronne ou Desteract, afin que ceux-ci créent une usine de fabrication de concentrés Sanders à Athis-Mons.

Peronne étant prisonnier, c’est Desteract qui reçut le message. Dès réception du message de Louis Sanders, il contacta Laurent, directeur technique de Sanders Belgique. Un entretien eut lieu chez Regaud, concessionnaire à Argentan. Lors cette entrevue, Laurent fit part à Desteract de l’offre de la part de Louis Sanders, de prendre la Direction Commerciale et Technique de Sanders France, sous la direction de Raymond Huard, Ingénieur agronome belge. Ce dernier vint ensuite tous les mois passer quelques jours en France pour transmettre les ordres de Louis Sanders.

Début , quelques ingénieurs Sanders, dont Barrabé et Valissant, se réunissent au laboratoire de zootechnie de l’Institut national agronomique en présence du professeur Leroy, afin d’organiser le redémarrage de Sanders France.

Cette période de guerre fut marquée par de grandes difficultés d’approvisionnement, tant en matériels qu’en matières premières. Pour les obtenir, il fallait disposer de « bons » pour les céréales, tourteaux, issues, etc. Pour organiser le ravitaillement le gouvernement français créa le BUNAB (Bureau national d’alimentation du bétail), ayant pour but de répartir les matières premières entre les usines des fabricants d’aliments composés.

voit la création de l’AFCA (Association professionnelle de fabricants de compléments pour l’alimentation animale), dont le Président fut Desteract, alors directeur commercial et technique de Sanders. Il en restera Président jusqu’en 1965, avec Gabriel comme secrétaire générale.

À son retour de captivité, Peronne put reprendre son poste chez Sanders. Il fut alors possible de détacher un ingénieur, Valissant, comme « fonctionnaire » du BUNAB ce qui permit de mettre en place une répartition plus équitable des matières premières.

Dès la Libération, les organismes d’État furent dissous et les nombreux syndicats créés dans cette période se réunirent plus tard en une Fédération.

L’usine d’Athis-Mons qui avait été équipée depuis 1941, au prix de difficultés importantes, fut anéantie au cours des bombardements d’avril et .. Une petite installation de dépannage fut montée à Épinay-sur-Orge et à Bouray-sur-Juine, en Essonne, dans les locaux appartenant à Lecoeur, concessionnaire.

Aussitôt après la Libération, Peronne prend en charge la direction scientifique de Sanders et Desteract conserve la direction commerciale, la publicité et la présentation de la société auprès des services officiels et des organisations professionnelles. Valissant reprend sa fonction de cadre régional.

Avec le retour à la liberté des approvisionnements, le tonnage d’aliments fabriqués ayant augmenté, la direction de Sanders reconstitua un cadre d’ingénieurs. En 1945, Des Cars devient le président directeur général de Sanders. Huard assumant la direction de Sanders et Muller comme secrétaire général. Peronne gardera la direction scientifique, et Caron la Direction des Fabrications.

En 1949, Sanders France reprend l’idée d’un journal d’informations pour les éleveurs de la marque et pour faire suite à la Tribune des éleveurs édite une publication d’un format 28/42.5, à la fois plus copieuse en articles et plus spécialisée en élevage et en agriculture. Elle s'intitule La Tribune du monde rural.

Elle traite, 11 fois par an, d’actualités agricoles en général, de problèmes d’élevage (alimentation, pathologie) et de mécanisation. Elle comporte également une rubrique féminine et enfin, une bande dessinée par Daniel Laborne., appelée Les aventures de Lariflette.., sans oublier les résultats d’élevage obtenus avec les aliments Sanders.