Le barong tagalog est une sorte de tunique traditionnelle portée par les habitants des Philippines. Sa particularité est d'être, dans sa version la plus noble, en tissu de fibre de feuille d'ananas. Quoiqu'une discussion existe entre historiens sur le caractère traditionnel du barong tagalog avant l'arrivée des Espagnols, il est considéré aujourd'hui comme le vêtement national aux Philippines.

Vocabulaire Barong : vêtement, en langue tagalog. Tagalog : ethnie des Philippines. Tunique : vêtement droit plus ou moins long porté sur une jupe ou un pantalon . Tissu : matériau obtenu par l'assemblage de fils entrelacés . Textile : matière propre à être tissée après avoir été filée .

Description Les Anglais le décrivent comme une « chemise qui n'est pas rentrée dans le pantalon » . En français, c'est tout simplement une « tunique ». Le tissu est fin, souvent décoré de broderies, transparent (on peut voir le maillot de corps porté dessous), ou translucidevoir Barong_tagalog.jpg. On distingue deux catégories de barong tagalog : ceux qui sont fabriqués à la main, de l'extraction de la fibre textile à la confection, en passant par le métier à tisser manuel. Et ceux qui sont fabriqués industriellement.

Les barong tagalog artisanaux

Piña ou fibre d'ananas

Le « véritable » barong tagalog est tissé avec des fibres extraites de la feuille de l'ananas. Les fabrications locales peuvent utiliser d'autres fibres végétales naturelles plus ou moins précieuses pour faire ce vêtement :

Abaca ou chanvre de Manille La fibre des feuilles de l'Abaca (chanvre de Manille) sorte de bananier, donne le tissu abaca.

Soie de bananier La fibre du tronc du bananier donne la soie de bananier Fibre de soie de bananier..

Ramie ou ortie de Chine La fibre de la tige de la ramie ou ortie de Chine donne le tissu ramie. Le barong tagalog fabriqué dans ces tissus coûteux est porté dans les circonstances exceptionnelles: cérémonies solennelles, mariages.

Les barong tagalog de fabrications industrielles

Ce genre de tunique étant bien adapté au climat chaud et humide des Philippines, les habitants portent dans la vie de tous les jours d'autres versions en tissus blanc plus communs fabriqués industriellement : lin ; coton ; lin-coton ; coton-polyester. Les variations portent sur la longueur de la tunique, la longueur des manches (en polo manche courte, rarement), le type de col. Le point commun reste qu'elle n'est pas portée « rentrée dans le pantalon ».

Témoignage historique Olivier Demeulenaere, dans Manille à la fin du XIXe siècle, vue par les voyageurs européens, décrit ainsi la foule qui va écouter de la musique sur l'esplanade en bord de mer de Sampaloc.

Autres substituts de textiles ou de cuir Dans les années 1990, la designeuse espagnole Carmen Hijosa découvre le textile à base de fibre d'ananas et s'en inspire pour créer le Piñatex, mais paradoxalement bien qu'à base de textile ce n'est pas un tissu mais un substitut du cuir. Les fibres sont extraites aux Philippines et la matière élaborée au Royaume-Uni et en Espagne. Voir tissé et textile non-tissé.

Par ailleurs les sources de cuirs aussi se diversifient. Le cuir à base de peau de poisson, comme le Galuchat, qui utilise la peau habituellement jetée, est à nouveau produit en divers endroits du monde, notamment dans l'entreprise Femer d'Arcachon.

Les fibres naturelles connaissent un renouveau dans l'industrie du vêtement (chaussettes en textile de fibre de bambou, …) mais aussi pour les composites (lin-résine). La démarche peut être motivée par le désir de se passer des produits dérivés du pétrole, mais plus généralement il s'agit d'exploiter les propriétés remarquables (voir liste des fibres naturelles).

Références

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