L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Bornel, dans le département de l'Oise, en France. Sa fondation remonte à l'époque mérovingienne, et son vocable lui a probablement été donné par l'abbaye de Saint-Denis, qui est le seigneur du village. Le collateur de la cure est néanmoins le prieuré Sainte-Madeleine de Bornel, qui dépend de l'abbaye de Vézelay. La partie la plus ancienne de l'église actuelle est la partie arrière du chœur, qui est de style roman, et date de la fin des années 1140. Le plan en hémicycle de la chapelle latérale sud peut être ramené à une potentielle absidiole romane. Pendant le dernier quart du , un collatéral gothique fut ajouté au nord du chœur. Les grandes arcades de la nef non voûtée sont construites au tout début du . Sous la guerre de Cent Ans, l'église subit apparemment des destructions importantes, car elle est en grande partie reconstruite à la fin du , dans un style flamboyant plutôt rustique. Enfin, les piles du clocher sont reprises au ou , et le collatéral sud est remanié. De la sorte, les parties orientales de l'édifice sont très hétérogènes, et quatre époques s'y côtoient. Une seule voûte est romane ; les sept autres sont flamboyantes. L'église Saint-Denis est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle bénéficie d'une restauration intégrale à la fin du et au début du , et se présente aujourd'hui dans un excellent état. Bornel est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, et l'église Saint-Denis accueille des messes dominicales le dimanche à 18 h.

Localisation

L'église Saint-Denis est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, sur la commune de Bornel, au centre du village, rue de l'Église. C'est le chevet qui est aligné sur la rue. L'élévation méridionale et la façade occidentale donnent sur la place du village, qui est délimitée par la rue Carnot au sud, et la rue de l'Église à l'est. La mairie se situe en regardant la façade à gauche. L'élévation septentrionale de l'église est bien visible depuis une pelouse à l'est de la mairie. Ainsi, l'on peut faire le tour de l'église. Elle est entièrement dégagée de constructions mitoyennes, et bien visible de tous les côtés.

Histoire L'histoire de la paroisse

La paroisse est de fondation ancienne. Elle est citée parmi les biens de l'abbaye de Saint-Denis dans une charte donnée par le roi Pépin le Bref en 751 ou quelque temps après, qui porte confirmation des biens de cette abbaye. Le lien avec l'abbaye dionysienne explique facilement le vocable de l'église, qui est dédiée à saint Denis de Paris. Le collateur de l'église est toutefois le prieur du prieuré Sainte-Madeleine de Bornel, qui dépend de l'abbaye de Vézelay.. Le prieuré est réuni à la paroisse en 1777, et son église est désaffectée. Son vocable est transféré vers la chapelle latérale nord de l'église paroissiale, anciennement chapelle du Rosaire. L'ancien prieur devient le chapelain en titre de cette chapelle. Il s'engage également à faire construire une nouvelle sacristie.. D'après Louis Graves, l'église Sainte-Madeleine est démolie en 1788. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Beaumont, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais.. De la paroisse de Bornel, dépendent les vicariats d'Anserville et Fosseuse. Depuis la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996., Bornel ne constitue plus une paroisse indépendante. L'église Saint-Denis est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, et les messes dominicales y sont célébrées le dimanche à 18 h.

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|La travée romane du chœur, vue vers le sud. thumb|upright|Parties orientales et clocher, vue depuis le sud. thumb|upright|Le portail occidental flamboyant de la fin du .

La construction de l'église actuelle commence peu avant le milieu du par le chevet du vaisseau central du chœur. De cette campagne de la fin de la période romane, ne subsistent que la partie antérieure de la deuxième travée et la troisième (et dernière) travée du chœur, ainsi qu'un chapiteau dans l'angle nord-est du bas-côté nord. La dernière travée du chœur conserve une voûte d'ogives d'origine, et dans le cadre d'une étude assez exhaustive, Dominique Vermand classe ainsi l'église Saint-Denis parmi les quarante églises du département qui possèdent des voûtes d'ogives antérieures à 1150.. Dans le contexte d'une analyse rapide, Dany Sandron penche quant à lui pour les années 1200, mais cette date ne serait pas compatible avec les chapiteaux romans au chevet, et ne tient pas compte de la postériorité du collatéral nord au vaisseau central. Cependant, les chapiteaux de l'arc-doubleau entre les deux dernières travées du chœur paraissent déjà presque gothiques. Les trois campagnes de remaniements que les parties orientales de l'église ont connues ne permettent plus de retracer avec certitude son évolution, et de reconstituer son plan primitif. L'existence du chapiteau roman à la fin du bas-côté de la nef permet toutefois de supposer un transept, et le chevet en hémicycle de la deuxième travée du collatéral sud du chœur donne à penser que les deux croisillons se prolongeaient vers l'est par des absidioles, comme à Laigneville, Mogneville et Rieux. L'église romane à peine achevée, l'absidiole nord est déjà jetée bas, et le croisillon nord modifié, au profit d'un collatéral sud aussi long que le vaisseau central, mais plus élevé. Les quelques chapiteaux conservés (la plupart ont été refaits lors d'une restauration), la corniche de modillons à l'extérieur, et la baie du chevet sont d'un style à peine plus évolué que celui du chœur, et Louis Graves considère la corniche et la fenêtre comme très anciens et romans. Le collatéral nord et le vaisseau central sont regroupés sous une toiture commune, avec pignon à l'est. Ce développement dissymétrique vers un chœur-halle se trouve aussi, vers la même époque, à Foulangues.

Au tout début du , s'élèvent la nef actuelle et ses deux bas-côtés. Sous la Guerre de Cent Ans, l'église est apparemment sévèrement endommagée, et toutes les voûtes des travées orientales, sauf celle-ci de la dernière travée du chœur, sont reconstruites dans un style flamboyant rustique, à la fin du . Pour la première travée du collatéral nord, c'est déjà le deuxième remaniement depuis la construction. La nef et ses bas-côtés font également l'objet de travaux d'envergure, qui soulèvent la question si la destruction ne fut pas presque totale. En effet, le portail occidental, les moulures autour des deux premières fenêtres au sud, le dais flamboyant à l'extérieur, ainsi que les bases et chapiteaux des colonnes des grandes arcades du nord sont eux aussi de style flamboyant, et Dany Sandron les date de la fin du . Ainsi, tout ce qui reste des années 1200 sont trois colonnes à chapiteaux des grandes arcades du sud. Au ou , les quatre piles du clocher, qui se situe au-dessus de la première travée du chœur ou croisée du transept, sont reprises en sous-œuvre. Dany Sandron pense même qu'un clocher est seulement édifié à cette époque, ce qui serait toutefois une exception pour un édifice d'un chœur aussi développé en longueur, et muni de collatéraux aussi spacieux. Les supports des voûtes et les ouvertures du collatéral sud sont refaits vers la même époque. De ce fait, plus aucun support roman ne subsiste autour de la première travée du chœur, et le collatéral sud se présente dans les styles flamboyant et classique. En recopiant une affirmation de Louis Graves, Dany Sandron qualifie la chapelle en hémicycle à la fin de ce collatéral de moderne, mais la voûte est bien analogue aux autres de la fin du , et ce ne sont que les élévations qui sont modernes, de même que la baie au sud de la dernière travée du chœur. Le clocher lui-même aurait été reconstruit sous le Second Empire, mais si cette affirmation est juste, le clocher précédent, que Louis Graves dit recouvert d'ardoise, ne doit déjà plus être le clocher roman..

La restauration de l'église

L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Au cours des années 1950, les murs de l’église sont consolidés grâce à la reprise des fondations et la réfection des contreforts. En 1969, le clocher du Second Empire est transformé. Trente ans plus tard, l'édifice se trouve de nouveau dans un très mauvais état. Malgré la reprise des contreforts, les murs ne résistent plus à la poussée des voûtes et s'écartent. Par conséquent, les voûtes s'affaiblissent, et les voûtains perdent leurs pierres. En 1996, des travaux de toiture et de consolidation de la charpente sont réalisés. Devant l'ampleur des travaux encore à réaliser, la commune de Bornel confie la direction des campagnes de restauration à venir à la Communauté de communes des Sablons. Dans un premier temps, un système de chauffage permanent par le sol est installé pour lutter contre l'humidité. En assurant une température constante de 8° à 10°, il évite la condensation sur les murs. Le complément de confort est assuré par des appareils électriques à chauffage rayonnant. Dans un deuxième temps, les voûtes doivent être consolidées. Dans le collatéral sud, les arcs se sont aplatis à un tel point qu'il faut démonter les voûtains et les reconstruire. Dans le collatéral nord, les arcs conservent leur tracé normal, et des travaux de rejontoiement suffisent donc. Dans un troisième temps, les plafonds en bois de la nef et des bas-côtés sont remplacés. Dans la première travée de la nef, la charpente en carène renversée, conçue pour être apparente, est dégagée, et la baie en haut de la façade éclaire ainsi de nouveau l'espace intérieur. En toute logique, l'on aurait dû dégager l'ensemble de la charpente, ce qui n'aurait pas été favorable à l'efficacité du chauffage. Enfin, les maçonneries intérieures et l'estrade de l'autel sont refaits. Une porte est créée dans la première travée du collatéral nord. Les vitraux sont soigneusement restaurés. Dans leur ensemble, les mesures de restauration et de mise en valeur de l'église mises en œuvre entre 1996 et 2004 coûtent la somme de .

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan à trois vaisseaux, presque symétrique, qui s'inscrit dans un rectangle. Elle se compose d'une nef de quatre travées et demie, accompagnée de deux bas-côtés ; d'un chœur de trois travées au chevet plat ; d'un collatéral nord de même longueur, se terminant également par un chevet plat ; et d'un collatéral sud qui compte seulement deux travées, dont la dernière se termine par un chevet en hémicycle. La première travée du chœur sert de base au clocher, mais le clocher actuel est seulement une construction en charpente. Une tourelle d'escalier polygonale flanque l'angle nord-ouest du collatéral nord du chœur, et une sacristie accompagne la quatrième travée du bas-côté sud. La nef est pourvue d'un plafond plat, sauf la première travée, où la charpente apparente en carène renversée a été dégagée. Les plafonds inclinés des bas-côtés correspondent au revers de leurs toits en appentis. Les huit travées orientales sont voûtées d'ogives. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef ; par le portail latéral au sud de la troisième travée ; ou par une petite porte dans la première travée du collatéral nord du chœur. La nef et les bas-côtés sont recouverts ensemble par une large toiture à deux rampants, avec pignon en façade. Le collatéral sud est muni d'un toit en appentis qui s'appuie contre le clocher, et se termine par une section conique au chevet. Le vaisseau central du chœur et le collatéral nord sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec un pignon commun au chevet.

Intérieur Nef thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers l'est.