Françoise Gandriau, dite la Petite-Émigrée, née le à Fontenay-le-Comte et morte guillotinée le à Lassay-les-Châteaux (Mayenne), est une jeune Vendéenne, servante et victime de la Terreur pendant la Révolution française. Son martyre, sa piété et les récits de miracles attribués à son intercession en ont fait une figure de dévotion populaire en Mayenne, où sa tombe est toujours un lieu de pèlerinage.
Biographie Origines et jeunesse Françoise Gandriau naît le à Fontenay-le-Comte, dans une famille vendéenne modesteAbbé J. Gillard, Vie de M. Huignard (Laval, 1891). Voir en ligne. Elle est le quatorzième enfant de ses parents, Paul Gandriau, cordonnier et de Marie Maupetit, dont la piété et la fidélité à leurs convictions religieuses marquent durablement sa vie. Orpheline à 10 ans, Dès son plus jeune âge, elle est placée comme servante dans une famille noble de sa région, auprès de laquelle elle développe une foi et une dévotion remarquables, les Duchêne du Mesnil de Dedant. Elle peut alors suivre une scolarité à l'Union chrétienne, et rêve de devenir enseignante.
Engagement et fuite Après la Bataille de Fontenay-le-Comte, Françoise Gandriau suit ses maîtres dans la Virée de Galerne, une expédition militaire de l'Armée catholique et royale. Après le Siège de Granville et la dispersion des troupes, elle se retrouve séparée de sa famille d’adoption. Au retour de Granville, sur l'ordre de sa maîtresse qui, après une défaite dans les environs de Flers, la croit perdue, elle tente de fuir vers Mayenne.
Au cours de sa fuite, elle est frappée violemment de deux coups de pelle par un paysan et contrainte de se diriger vers la route du Ribay où elle est recueillie par un voiturier qui la prend dans sa charrette. Elle arrive à la tombée de la nuit.
À son arrivée au Ribay, elle est accueillie par Julien Thuault, ancien maire révoqué de la commune, et sa femme Jeanne Jouin. Ces derniers, touchés par sa jeunesse, sa piété et sa détresse, la soignent et l’hébergent comme leur propre fille. Françoise, en retour, leur témoigne une affection filiale et les aide dans les travaux domestiques et agricoles au village de Coulion.
Arrestation et procès Dénoncée par Jean Mahé, un prêtre constitutionnel du Ribay auprès de Jean-Baptiste Volcler, Françoise Gandriau est arrêtée le par les gendarmes, Gautier et Nicolas sur ordre de la Commission révolutionnaire de Lassay, dirigée par Louis Saint-Martin du Plessis au village de Coulion. Julien Thuault, qu'on voulait aussi arrêter, réussi à s'enfuir grâce à son frère qui était venu le prévenir.
Elle est accusée d’être une « émigrée » et d’avoir participé à la révolte vendéenne. Malgré les tentatives de ses bienfaiteurs pour la sauver, elle refuse de mentir ou de se déclarer enceinte pour échapper à la condamnation, préférant affronter la mort avec dignité. Elle est enfermée pendant un mois à la Prison de Lassay se trouvait près de la place du Boyle.
Le , après un procès expéditif, elle est condamnée à mort par la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne, siégeant dans l’église de Notre-Dame du Rocher à Lassay. Même Louis Saint-Martin du Plessis, pourtant connu pour sa cruauté, tente de la sauver en lui suggérant de prétendre à une grossesse, mais Françoise Gandriau refuse catégoriquement. »
Exécution et postérité Françoise Gandriau est guillotinée le même jour, à l’âge de 18 ans. Elle fut exécutée en même temps que Mathieu Boulard, cultivateur. L’avant-veille, ce sont Roger du Chambon, l’abbé Gautier, Michel Le Normand, ancien garde du corps de Louis XVI et Jacques Bigot qui furent guillotinés au bas de la Place de la Pointe. Son exécution marque profondément la population locale, qui la considère comme une martyre. Selon les récits de l’époque, son corps, transporté pour être enterré, aurait provoqué des phénomènes inexpliqués, comme l’immobilité des chevaux tirant le tombereau, renforçant la croyance en sa sainteté.
Sa tombe, située à 800 mètres de Lassay, devient rapidement un lieu de pèlerinage. Un petit oratoire y est érigé, et de nombreux fidèles s’y rendent chaque année pour prier et déposer des ex-voto. De nombreux récits de guérisons et de grâces obtenues par son intercession circulent, contribuant à sa renommée posthume. Les mamans s'y rendaient accompagnées de leurs tout-petits, espérant que ceux-ci commencent à marcher plus tôt que d'habitude. Au , les adolescents boiteux y étaient aussi amenés, et une fois guéris, ils déposaient leurs béquilles sur la tombe. Dévotion et pèlerinage Dès le , Françoise Gandriau est vénérée comme une figure de piété et de résistance face à la persécution. Son tombeau, simple et modeste, est entouré d’une petite enceinte et d’un oratoire dédié au Sacré-Cœur. Chaque année, des pèlerins viennent y prier, notamment pour obtenir des guérisons ou des faveurs spirituelles.
Les chroniques locales rapportent plusieurs miracles attribués à son intercession, notamment des guérisons inexpliquées. En 1875, une religieuse de la communauté de Saint-Fraimbault, gravement malade, aurait été guérie après un pèlerinage sur sa tombe et l’application de terre prélevée sur le site.
Sa tombe et un oratoire. Le monument est construit en 1880 en remplacement d'un oratoire de bois détruit par le feu. sont situés dans un champLa Lande des Malheureux. Sur la route de Thubœuf à 300 mètres de la sortie de Lassay.. C'est le lieu à partir du et au début du de pèlerinages régionaux. Postérité Son souvenir reste vivant dans la région, où elle est parfois appelée « la Petite Martyre » ou « la Sainte de Lassay ». Son histoire, souvent racontée dans les ouvrages locaux, est citée comme un exemple de la résistance des Vendéens et de la persécution religieuse pendant la Révolution française. Plusieurs historiens et auteurs, dont Dom PiolinDom Piolin, Histoire de l’Église du Mans, t. VIII, p. 13., l’abbé Victor PostelAbbé Postel, Après-midi du Bois-Thibault, p. 29 et suivantes., Edmond LeblancÉtudes sur la Révolution dans le Bas-Maine., Sébastien Couanier de LaunayPèlerinages et sanctuaires, art. Notre-Dame du Rocher. et le marquis Adelstan de BeauchêneMarquis de Beauchesne, Essai historique sur le Château de Lassay, p. 69., ont consacré des pages à sa vie et à son martyre.
Une plaque a été posée en sa mémoire à Lassay dans la rue Cébaudière, par Le souvenir de la chouannerie mayennaise.
Sources partielles Chanoine Boutin, Françoise Gandriau ou la petite émigrée.
Tombe de “la Petite Emigrée”
Dictionnaire des Vendéens Claude Bodin (Claude Olivier Beaurain), président de l'association Souvenir de la Petite émigrée, Une jeune fille de Fontenay-le-Comte dans la Tourmente révolutionnaire, 2019, 444 p. Notes et références
Catégorie:Naissance en juillet 1775 Catégorie:Décès en mars 1794 Catégorie:Personnalité guillotinée durant la Révolution française Catégorie:Personnalité féminine de la Révolution française Catégorie:Histoire de la Mayenne Catégorie:Décès à 18 ans Catégorie:Condamnée à mort exécutée