vignette|300px|Église de Congénies Congénies est une commune française située dans le département du Gard, dans la région naturelle de la Vaunage. Elle est composée de plusieurs collines de garrigues surplombant le village d'une soixantaine de mètres et d'une longue plaine étroite particulièrement fertile (cultures traditionnelles de la vigne, du blé et de l'olivier)Synthèse de l’Atlas régional des paysages décliné sur le territoire du S.CO.T. du Sud du Gard du 7 juin 2007, . La situation géographique de Congénies en a fait un lieu de passage et d'établissement humain depuis la préhistoire. En particulier l'axe de communication est-ouest reliant Nîmes à Sommières et à Lodève, qui passait au sud du village (aujourd'hui le chemin départemental ), est une voie de circulation préromaine dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Par cette route, Sommières est à à l'est et Nîmes à à l'ouest. Mais Congénies était aussi accessible par l'ancien chemin venant du nord, dite ancienne route d'Alès (Anduze, porte des Cévennes, est à par ce chemin) et ouverte à la communication venant du littoral ou en tous cas du sud (Saint-Gilles et Aigues-Mortes à , Montpellier à ). L'histoire de la commune en est d'autant plus riche.
Une particularité de Congénies est sa vie religieuse qui, outre son épisode camisard, aboutit au à la coexistence de quatre communautés religieuses : les catholiques, les protestants réformés, les méthodistes et les quakers. Préhistoire La commune compte deux sites préhistoriques: au Puech de la Fontaine (chasséen) environ 4000 et la Peyra plantada, menhir situé en limite sud de la commune près de la route d'Aubais, qui s’enorgueillit d'être le plus ancien monument de la Vaunage, datant du chalcolithique, vers 2500 avant Jésus-ChristCarte archéologique de la Gaule (30/2 GARD), et suivantes.
Antiquité Avant la conquête romaine, Congénies est en plein territoire des Volques arécomiques, tribu celtique d'origine danubienne arrivée dans le Languedoc au Site "L'arbre celtique, page "Les Volques arécomiques". Nemausus (Nîmes) est leur capitale et leur domination s'étend au moins du Rhône jusqu'aux confins des actuels départements de l'Aude et de l'Hérault. Ils possèdent aussi Narbonne qui est leur principal port de commerce. La Vaunage contient de nombreux oppida qui leur sont attribués, en particulier le très important oppidum de Nages qui a fourni de nombreuses découvertes archéologiques. Lors des travaux de la déviation Aujargues-Congénies, des vestiges dont une monnaie volque arécomique ont été découverts au Puech de RodeCarte archéologique de la Gaule (30/2 GARD), . Le territoire passa sous la domination romaine entre 125 et 118 avant Jésus-Christ.
De nombreuses découvertes archéologiques sur le territoire de Congénies montrent que l'activité était importante soit au pied des collines, où se trouve le village actuel, soit au bord de la voie de circulation préromaine de Nîmes à Lodève qui passait au sud du village. Ainsi en janvier 1975 au lieu-dit la Chazette, où furent trouvés des structures légères contenant en grande abondance des vestiges d'amphores de provenance étrusque, ibéro-punique et massaliète qui suggèrent l'existence d'habitat saisonniers liés à l'agriculture mais très ouverts sur le commerce méditerranéen. Le site date du mais a également été occupé au chalcolithique et au bronze final. Les vestiges de la période romaine (monnaies, poteries) sont abondants à Congénies. Cependant aucune villa gallo romaine n'a été mise au jour sur le territoire communal... Il s'agit plutôt de petites structures agricoles. Site "Congénies en Vaunage : Histoire & Patrimoines", Histoire générale de Congénies, par Loïc Vannson, page mise à jour le 15 mai 2007.
Moyen Âge Les sources manquent sur Congénies au haut Moyen Âge mais la Vaunage n'échappe pas aux grands événements qui marquent cette période: cependant l'église Saint André et son cimetière paléochrétien semblent à l'origine du village
Période wisigothe (412-719) La période romaine s'achève au début du dans de grands désordres, sous le coup des grandes invasions. En 407, les Vandales ravagent Nîmes et sa région et en 412, le roi wisigoth Euric en prend facilement le contrôleIdebert Exbrayat, Si la Vaunage m'était contée, 1976, Éditeur Croisade du livre chrétien, La Bégude de Mazenc avant d'étendre progressivement sa domination à tout le Languedoc et à toute la Provence. Malgré la victoire retentissante des Francs sur les Wisigoths à Vouillé, la Septimanie reste aux mains des Wisigoths qui dominent par ailleurs toute la péninsule ibérique. À noter que, jusqu'en 589, les Wisigoths étaient Ariens, une hérésie qu'ils tentèrent d'imposer à la population par la force.
Néanmoins la population s'accoutume à un régime wisigoth assez éclairé (les rois wisigoths sont les auteurs de nombreuses lois qui reprennent et prolongent le droit romain). La population prend par exemple le parti du roi Wamba lorsqu'en 673, il intervient en Septimanie pour soumettre le duc Paul, noble wisigoth qui s'est proclamé roi de Septimanie et qui finit par se rendre piteusement après un bref siège de son château des arènes de Nîmes. L'historien nîmois Jean Poldo d'Albenas note que ce roi Wamba "se conduisit très honnêtement et ne ruina aucun édifice ni public ni privé.". Période sarrasine (719-759) En 711, les Arabes conquièrent l'Espagne mettant fin au Royaume wisigoth et ils poursuivent leurs conquêtes de l'autre côté des Pyrénées les années suivantes. Ils prennent Narbonne en 719, et Nîmes en 725. Certes la bataille de Poitiers marque un coup d'arrêt à cette expansion, mais en Septimanie, les Sarrasins sont toujours présents, menaçant Toulouse, Arles et la Provence. Pépin le Bref reprend Nîmes en 752 et Narbonne en 759 après sept ans de siège. Pendant ces de domination musulmane, Narbonne avait été une capitale provinciale et les Sarrasins s'étaient fait accepter en pratiquant notamment le système du dhimmi, qui laisse la liberté religieuse aux "gens du livre" contre paiement d'un tribut. Après la chute de Narbonne, Pépin le Bref reprend le contrôle de l'ensemble de la Septimanie. Jean Poldo d'Albenas souligne que les Sarrasins n'ont pas détruit les monuments et installé les premiers hôpitaux alors que les Francs ont ravagé la ville détruisant en particulier tout ce qui pouvait ressembler à un temple romain.
Période franque (759- 1300) La période franque est marquée par le développement des monastères, notamment l'Abbaye de Psalmody et sa filiale Saint-Saturnin de Nodels (entre Aimargues et Codognan) et l'Saint-Gilles, et des agglomérations de la Vaunage dont les noms commencent apparaître sur les cartulaires. L'église Notre-Dame et Saint-André de Congénies, rattachée au diocèse de Nîmes, est mentionnée pour la première fois en 1156.
C'est également le développement de la noblesse locale, assise sur ses châteaux, nombreux en Vaunage. En 1096, le chevalier Roland de Congénies est mentionné comme témoin d'une restitution faite à la cathédrale de Nîmes par G. Sabran. En 1163, les chevaliers de Vaunage prêtent serment de fidélité au comte de Toulouse... et se révoltent trois ans plus tard. En 1207, nouvelle mutinerie qui se termine par un pacte entre les chevaliers des arènes et la cité de Nîmes. La seigneurie de Sommières prend aussi de l'importance sous son suzerain bâtisseur Bernard d'Anduze (1168 – 1223), seigneur d’Anduze, de Sauve, de Sommières et d’Alès, qui marie son fils Pierre Bermond avec Constance de Toulouse, fille du comte Raymond VI de Toulouse.
C'est enfin la période de l'hérésie cathare. Pierre de Bruis est le premier à être brûlé à Saint-Gilles comme hérétique en 1143. Au cours de la croisade contre les Albigeois (1208-1229), Pierre Bermond comme la plupart des membres de la Maison d'Anduze sont des soutiens actif du Comte de Toulouse ; leurs terres, dont Sommières, seront confisquées et rattachées au domaine royal après la bataille de Taillebourg (1242). À partir de 1240 Saint Louis investit à Aigues-Mortes pour accéder à la Méditerranée et s'y lancer dans les croisades. En 1266, Congénies a curieusement deux paroisses et l'evêque de Nîmes décide de n'en garder qu'une. Le prieuré de Saint-André (mas Bresson) disparaît au profit de l'Église Notre-Dame.
Le Bas Moyen Âge (1300-1453) En 1304, Philippe le Bel donne la seigneurie de Calvisson, érigée en baronnie, et une bonne partie de la Vaunage à Guillaume de Nogaret en remerciement de ses éminents services. Il exerce à ce titre la haute justice sur Congénies, la basse justice restant aux mains du Seigneur d'Uzès. La personnalité de Guillaume de Nogaret est si marquante que, chose inhabituelle, l'une des cloches de l'église de Congénies, fondue en 1759, est baptisée du nom de sa famille ! Son neveu Raymond de Nogaret hérite de ses biens en 1313. Un recensement de cette époque montre que Congénies comptait alors 83 feux. Un certain nombre de calamités s'abattent sur Congénies et la Vaunage dans les années qui suivent : En 1356 Raymond II de Nogaret est capturé par les Anglais alors qu'il guerroyait en compagnie de Jean le Bon. Les Vaunageols sont soumis à un impôt destiné à payer la rançon de leur suzerain. Les impôts et réquisitions continuent à pleuvoir pendant toute la guerre de Cent Ans qui se terminera en 1453 en laissant le Languedoc solidement arrimé au royaume de France. La région est frappée par la peste noire généralisée à tout le Languedoc en 1348-1349, où elle fait mourir sans doute la moitié de la population. De nouvelles éruptions de la maladie devenue endémique sont attestées à Congénies et en Vaunage en 1450-1451, puis 1459, puis pendant toute la fin du et encore très fréquemment tout au long du , notamment en 1533-1535 et en 1586-1587Maurice Aliger, La Réforme en Vaunage, Imprimerie Bene, Nîmes, 1986. En 1367, alors que les grandes compagnies dévastent le pays, le prieur, le seigneur de Congénies et les habitants passent un accord pour construire des remparts "comportant un portail fortifié".(charte conservée aux archives du Gard) En 1421, la Vaunage est à nouveau ravagée, cette fois par les troupes du dauphin Charles, fils de Charles VI le fol, qui assiège Sommières. En 1448, un fort séisme secoue toute la région.
Époque moderne
Le fait marquant du , à Congénies aussi, c'est l'éclosion de la Réforme protestante. Celle-ci est installée en profondeur dès 1560-1561, année où l'on trouve mention de premiers pasteurs installés dans les paroisses de la Vaunage. D'après un décompte fait à Calvisson, déjà 80 % de la population adhère au protestantisme. Les causes de cette adhésion massive ne sont pas établies, d'autant plus qu'il s'agit ici d'une population essentiellement rurale, ce qui dément les théories fréquemment avancées sur l'adhésion prioritaire à la nouvelle religion des clercs, des bourgeois et des commerçants. Il est vrai que le luthéranisme est présent à Nîmes depuis 1532, année où un moine augustin (comme Luther) commente en chaire des passages de la Bible et que les premiers bûchers y ont été allumés en 1537 pour brûler ces nouveaux hérétiques, ce qui n'a pas empêché en 1559 l'arrivée d'un premier pasteur venu de Genève et l'établissement d'un consistoire protestant. Le arrive de Genève le pasteur Pierre Viret, dont l'éloquence va provoquer de très nombreuses conversions ; le , par imposition des mains, il consacre au ministère pastoral Jean Rouger qui va desservir les paroisses de Congénies, de Clarensac, d'Aujargues et de Vergèze. Aucun temple n'est encore construit, les cultes ont lieu en plein air à la belle saison, dans des maisons privées ou plus exceptionnellement dans une église "occupée" comme celle des Cordeliers à Nîmes. Au début de l'année suivante (1562), un synode général des églises réformées du Languedoc se tient à Nîmes avec .