La (en occitan : carrièra dels Cotelièrs) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue des Couteliers est une voie publique. Elle traverse le quartier des Carmes.

Longue de 232 mètres et d'une largeur variable, entre 7 et 10 mètres, elle naît au carrefour de la rue de la Dalbade, qu'elle prolonge, et perpendiculairement à la rue du Pont-de-Tounis et à la rue Henri-de-Gorsse. Elle donne naissance à la rue de la Madeleine, à sa droite, puis reçoit à sa gauche la descente de la Halle-aux-Poissons avant de se terminer sur la place du Pont-Neuf, à la naissance de la rue de Metz. Elle est prolongée au nord par la rue Peyrolières, puis par la rue Léon-Gambetta qui rejoint la place du Capitole.

La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue de Metz vers la rue du Pont-de-Tounis. Elle est définie comme une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue des Couteliers rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue du Pont-de-Tounis (g) Rue Henri-de-Gorsse (d) Rue de la Madeleine (d) Descente de la Halle-aux-Poissons (g) Place du Pont-Neuf Rue de Metz (d)

Transports La rue des Couteliers n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité de la place du Pont-Neuf, où se trouvent les arrêts du Linéo et du bus , et de la place Étienne-Esquirol, où se trouve la station du même nom, sur la ligne de métro . Enfin, au sud, la rue de la Dalbade est également parcourue par la navette .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (9 rue Henry-de-Gorsse), (122 quai de Tounis) et (52 rue des Couteliers).

Odonymie La rue des Couteliers a toujours porté ce nom : les plus anciennes mentions en remontent au premier quart du (carraria Cultelleliorum en latin médiéval)Salies 1989, vol. 1, .. Ce nom lui vient des nombreux artisans occupés à la fabrication d'instruments tranchants (couteaux, ciseaux, rasoirs...) ou d'armes blanches qui étaient établis dans cette rue au Moyen Âge. On trouvait des couteliers proprement dit (fabricants de couteaux), mais aussi des espasiers (fabricants d'épées), des taillandiers (fabricants d'objets tranchants), des éperonniers (fabricants d'éperons, mors et étriers) et des rasoriers (fabricants de rasoirs). À la Révolution française, en 1794, la rue des Couteliers fut renommée rue Lepeletier, en hommage à Louis-Michel Lepeletier de Saint-FargeauChalande 1915, ., député de l'Yonne à la Convention, proche des Montagnards, qui vota la mort de Louis XVI et mourut le 21 janvier 1793, assassiné par un monarchiste. Il fut considéré comme le « premier martyr de la Révolution » et inhumé au Panthéon.

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue des Couteliers appartient, pour la partie sud et jusqu'à la rue de la Madeleine, au capitoulat de la Dalbade, et pour la partie nord, au capitoulat du Pont-Vieux. Elle se situe sur un des principaux axes nord-sud de la cité médiévale, entre la porte du Château narbonnais et la Porterie. De plus, sa proximité avec les berges de la Garonne et de la Garonnette et les ports qui s'y sont établis renforce son attractivité et le développement des activités. La rue porte déjà, au début du , le nom des couteliers, artisans occupés à la fabrication d'instruments tranchants et d'armes blanches. Ils se procurent le fer des mines de la région, en particulier du Couserans et du VicdessosVerna 2001, .. Leur puissante corporation est propriétaire, dans l'église de la Dalbade mais sans que le conseil de fabrique puisse s'ingérer, de sa propre chapelle placée sous l'invocation de saint Éloi.

À cause de la proximité du Pont Vieux, qui permet de franchir la Garonne, on trouve également un hôpital, ouvert aux pauvres et aux voyageurs, connu comme l'hôpital du Saint-Esprit-de-la-Cité (emplacement de l'actuel ). Il est confié, dès le au moins, au couvent des religieuses de la Madeleine de l'ordre de Saint-Augustin. Leur église est alors connue comme l'église Sainte-MadeleineChalande 1915, .. Une hôtellerie à l'enseigne de la Madeleine s'installe au début du à l'angle de la rue des Couteliers (actuel ) et de la rue de la Madeleine (emplacement de l'actuel ).

Au cours du , plusieurs familles de la noblesse toulousaine construisent leurs maisons et leurs hôtels particuliers dans la rue. Les frères marchands Reste – Simon, capitoul en 1453, et Jean, capitoul en 1471, 1488 et 1503 – ont leur hôtel et leur boutique dans la rue (actuel )Chalande 1915, .. Paul de Baxis, juge de Rieux, est élu capitoul en 1460 et construit un hôtel particulier avec une tour la même année (actuel )Chalande 1915, .. Les Raspaud, marchands ferratiers et coseigneurs de Colomiers, possèdent également entre la rue des Couteliers (actuels et 24) et la rue de la Madeleine (actuel ) une maison couronnée d'une tour, connue comme la « tour de dame Raspaude ».

Période moderne Au , les incendies sont encore fréquents à Toulouse, et les maisons de la rue, souvent construites en corondage, sont durement touchées, particulièrement le , puis le : des bâtiments antérieurs, seuls résistent ceux qui sont construits en brique, généralement les habitations des personnages les plus éminents de la rue : la tour de dame Raspaude, l'hôtel du capitoul Paul de Baxis et la maison des capitouls Simon et Jean Reste. Progressivement, de nouvelles maisons sont construites, et parfois encore, malgré les interdictions capitulaires, en corondage, comme celle du maître chandelier Pierre Dupuy, construite en 1550 (actuel )Chalande 1915, ..

Les incendies permettent parfois aux membres de l'aristocratie toulousaine de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliers. D'ailleurs, au cours du , le nombre des artisans, et particulièrement des couteliers, recule, tandis que les hommes de loi et les parlementaires se font plus nombreux. En 1525, Guillaume de Tornié, président au parlement, ordonne la construction d'un bel hôtel qui a son entrée principale dans la rue de la Madeleine (actuel de cette rue), avec a une issue dans la rue des Couteliers (actuel ). En 1570, le conseiller au parlement Pierre Robin bâtit sa maison à l'emplacement de l'hôtellerie de la Madeleine (actuel )Chalande 1915, .. En 1571, c'est le capitoul Jean d'Alliès fait construire son hôtel particulier (actuel ).

C'est également à cette époque que les boucheries de la ville – les boucheries du Pont-Vieux – sont établies dans cette rue (emplacement de l'actuel )Chalande 1915, et 146.. Afin de dégager la rue de la Halle (actuelle descente de la Halle-aux-Poissons), la municipalité achète à Jean de Cavaigne, conseiller au parlement qui avait été capitoul en 1540-1541Son fils, Guillaume de Cavaigne, fut pendu à Paris comme huguenot en 1572, à la suite de la Saint-Barthélémy., une partie de la maison à l'angle des deux rues (actuel ) et en réaligne la façadeChalande 1915, ..

En 1516, le couvent des religieuses augustines connaît une évolution notable. À la suite de la prédication d'un prêtre cordelier, Mathieu Menou, un certain nombre de prostituées de la « Grande abbaye », une maison close instituée par les capitouls dans le quartier des Croses (actuel boulevard Lascrosses), rejoint la communauté religieuse. Le couvent est dès lors connu comme celui des Repenties de la Madeleine, sur le modèle des Augustines de l'ordre de la pénitence de la Madeleine ou « Maglorines » de Paris. Huit religieuses de ce couvent parisien sont d'ailleurs appelées pour réformer le couvent toulousain. Au cours du , leur richesse s'accroît et les bâtiments sont agrandis (actuels à 49)Chalande 1915, ..

Au , les parlementaires toulousains sont particulièrement nombreux. Un de ces membres les plus notables est Clément-Jean-Auguste de Rey, baron de Loupiac et de Noailles, marquis de Milhars et comte de Saint-Géry. Il épouse en 1767 Marie O'Kelly Farrel, fille d'Irlandais jacobites, émigrés à Toulouse à la fin du . À la mort de son père, Jean-Jacques de Rey, en 1744, il hérite de la charge de conseiller au Parlement et de l'hôtel particulier qu'il possède entre la rue des Couteliers (actuel ) et la rue de la Madeleine (actuel ).

Époque contemporaine La Révolution française amène des bouleversements. En 1790, les congrégations religieuses sont dispersées et le couvent des Repenties de la Madeleine est fermé, les bâtiments vendus comme biens nationaux. Pendant la Terreur, entre 1793 et 1794, plusieurs parlementaires toulousains sont inquiétés. En 1794 justement, Clément-Jean-Auguste de Rey est arrêté dans son château de Saint-Géry. Il est d'abord emprisonné à la prison de la Visitation (emplacement de l'actuel rue Charles-de-Rémusat), puis emmené à Paris où il est jugé, condamné et guillotiné, place du Trône-Renversé, le Chalande 1915, et 144.. Son fils, Jean-Jacques-Augustin de Rey, qui a émigré à Mayence, passe en Irlande. En 1794, il s'engage dans un régiment de hussards hongrois de l'armée autrichienne, puis rentre en France en 1797, se lie aux cercles royalistes toulousains, et est récompensé à la Restauration, en 1815, lorsqu'il est élu député du TarnAdolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, « Jean Jacques Augustin Rey de Saint-Géry », Dictionnaire des parlementaires français, vol. 5, Paris, 1891, ..

L'hygiène connait aussi des améliorations et des établissements de bains publics, appelées alors « bains de santé » apparaissent. Il s'en implante plusieurs dans la rue des Couteliers, à cause de la proximité de la Garonnette. À la suite de l'ouverture de bains publics mixtes (anciens et 21), la rue devient un des hauts lieux de la prostitution toulousaineChalande 1915, ..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers vignette| : façade sur rue de l'hôtel d'Alliès. 6-8 : hôtel d'Alliès. .. Un premier hôtel particulier est édifié pour le capitoul Jean d'Alliès en 1571. En 1666, Marguerite de Cassaignau, veuve du conseiller au parlement Guillaume d'Alliès, commande la construction d'un nouvel hôtel, témoin bien conservé de l'architecture bourgeoise du . Il est constitué de trois corps de bâtiment bordant une cour centrale. L'élévation sur rue présente une ordonnance classique. Le rez-de-chaussée s'ouvrait sur la rue par de grandes arcades en plein cintre intégrant un entresol. Le grand portail en plein cintre est orné d'une tête sculptée et de consoles sculptées feuillagées. La cour est bordée au nord et à l'est par deux corps de bâtiments percés de fenêtres rectangulaires à petites crossettes et corniche. En 1760, la partie sud de la cour est fermée par un bâtiment à un étage surmonté d'un toit terrasse et l'aile nord est surélevée..

26 : hôtel de Reste. Un hôtel particulier est bâti au milieu du pour deux frères marchands arrivés au capitoulat, Simon et Jean Reste. C'est de cette époque que datent le bâtiment en fond de cour et les fenêtres gothiques à accolade. Le bâtiment sur rue, en corondage, est plus récent, construit probablement au cours du ..

46 : hôtel Dassier. .. Un premier hôtel particulier est construit au début du et achevé à la fin de ce siècle pour la famille Tournier de Vaillac. Les aménagements de cette période ne sont pratiquement plus visibles aujourd'hui : les seuls témoins en sont les fenêtres à crossettes larges et hautes et la grande corniche des élévations latérales sur la cour et, surtout, l'escalier d'honneur du ferronnier Joseph Bosc. L'édifice est réaménagé par Pierre-Marie Dassier à partir de 1830 dans le goût de l'époque : la façade néoclassique avec ses fenêtres encadrées de pilastres, ses terres cuites et les ferronneries des balcons, les menuiseries et le décor intérieur en sont caractéristiques..

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