vignette|redresse|Carte de l'Allemagne.

La démographie de l'Allemagne est l'ensemble des données et études concernant la population de l'Allemagne à toutes les époques. Ces données sont notamment calculées par Destatis (Statistisches Bundesamt — Institut statistique fédéral Site de Destatis.).

Au , l'Allemagne comptait environ 83 860 000 d'habitants. C'est le solde migratoire positif de qui est, depuis 1972, le principal facteur de la dynamique démographiquehttps://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2021/01/PD21_016_12411.html (consulté le 22/01/2020) . Ce niveau de population est un record dans l'histoire du pays. Depuis la fin des années 1960, la République Fédérale est caractérisée par une dénatalité chronique et un vieillissement accéléré ; sans l’apport de nombreux immigrés, le pays se dépeuplerait depuis des décennies.

Ces données peuvent contenir des imprécisions, le chiffre de 82,7 millions de personnes se disputant à celui de 84,1 millionshttps://www.lemonde.fr/economie/article/2024/07/06/en-allemagne-le-recensement-de-la-population-revele-des-surprises_6247381_3234.html.

Répartition de la population La population est répartie de façon très diversifiée. En , la ville de Berlin comptait . Dans les régions industrielles, le long du Rhin et dans la Ruhr, les villes se touchent sans délimitations distinctes. Ici vivent plus de de personnes en 2006. Dans ces régions, de grandes concentrations urbaines se sont formées comme Essen, Cologne, Düsseldorf, Dortmund, Francfort ou Mannheim. À côté de ces régions fortement peuplées, s’en trouvent d’autres très faiblement peuplées comme les paysages de landes et de marais dans les plaines du Nord, la région de l’Eifel, des Alpes bavaroises, le petit Palatinat, la Marche de Brandebourg et la Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

L'Ouest de l'Allemagne est beaucoup plus peuplé que les cinq nouveaux Länder de l’Est. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie vit plus d'un cinquième de la population sur 10 % de la superficie du pays.

Presque un habitant sur trois vit dans une des de plus de , soit environ d'individus. Mais la majorité vit dans les villages et les petites villes : plus de sept millions vivent dans des communes qui ne dépassent pas habitants. vivent dans des communes comprises entre et .

La population a commencé à diminuer en 1972. Depuis 1990, elle a eu tendance à remonter légèrement dans les anciens Länder de l'ouest, sous l'effet d'une importante immigration. Avec moins de neuf naissances pour mille habitants depuis 2001, l’Allemagne se situe parmi les pays au taux de natalité le plus faible.

Alors que la population de l’ex-Allemagne de l’Ouest a augmenté de 10 % entre 1990 et 2024 pour atteindre 67,5 millions d’habitants, celle de l’Est a diminué de 16 % au cours de la même période pour tomber à 12,4 millions d’habitants

En 2011, les autorités ont procédé au premier recensement depuis la réunification qui a établi une population d'un peu plus de d'habitants..

+ Répartition de la population allemande en 2011 selon les LänderLandChef-lieuSuperficie()Population()Densité() Bade-Wurtemberg Stuttgart 300 Bavière Munich 177 Berlin 892 Brandebourg Potsdam 87 Brême Brême 404 Hambourg 755 Hesse Wiesbaden 289 Mecklembourg-Poméranie-Occidentale Schwerin 74 Basse-Saxe Hanovre 168 Rhénanie-du-Nord-Westphalie Düsseldorf 530 Rhénanie-Palatinat Mayence 204 Sarre Sarrebruck 409 Saxe Dresde 232 Saxe-Anhalt Magdebourg 121 Schleswig-Holstein Kiel 179 Thuringe Erfurt 144 227

Villes avec plus de 90 % de la population vit en ville. Cependant, il n'existe pas de métropole écrasant l'espace allemand comme le font Paris et Londres pour leur territoire national. Il y a avec plus de en Allemagne. Voici une liste de ces villes, classée par nombre d'habitants :

avec plus de : Berlin, Hambourg, Munich, Cologne avec plus de : Francfort-sur-le-Main, Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Hanovre, Leipzig, Dresde, Nuremberg avec plus de : Duisbourg, Bochum, Wuppertal, Bielefeld, Bonn, Mannheim avec plus de : Karlsruhe, Wiesbaden, Münster, Augsbourg, Gelsenkirchen, Aix-la-Chapelle, Mönchengladbach, Brunswick, Chemnitz, Kiel, Krefeld, Halle, Magdebourg, Fribourg-en-Brisgau, Oberhausen, Lübeck, Erfurt, Rostock avec plus de : Mayence, Cassel, Hagen, Hamm, Sarrebruck, Mülheim, Herne, Ludwigshafen, Osnabrück, Solingen, Leverkusen avec plus de : Oldenbourg, Potsdam, Neuss, Heidelberg, Paderborn, Darmstadt, Ratisbonne, Wurtzbourg, Ingolstadt, Heilbronn, Ulm, Göttingen, Wolfsburg, Recklinghausen, Pforzheim, Offenbach-sur-le-Main, Bottrop, Bremerhaven, Fürth, Remscheid, Reutlingen, Moers, Coblence, Bergisch Gladbach, Erlangen, Trèves, Salzgitter, Siegen, Iéna, Hildesheim, Cottbus, Gera

+ # Ville Aire urbaine Commune 1 Ruhr (Essen, Dortmund, Duisbourg) - 2 Berlin 3 Hambourg 4 Stuttgart 5 Munich 6 Francfort 7 Cologne 8 Düsseldorf 9 Bielefeld 10 Hanovre 11 Nuremberg 12 Brême

Évolution démographique de la population de l'Allemagne

Année Population 1618 (env. ) 1648 (env. ) 1700 1725 1750 1775 1800 1825 1850 1875

NB : ces chiffres, qui représentent quatre siècles d'évolution de la population allemande, sont à mettre en perspective avec les importantes modifications territoriales qu'a connues le territoire allemand au cours de son histoire.

Population en Allemagne de l'Ouest puis dans l'Allemagne réunifiée

Année Situation Population totale Étrangers 1970 1975 1989 2019

Population en Allemagne depuis la réunification

+ Population totale par nationalité (en milliers). 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 Allemands Etrangers Total 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Allemands Etrangers Total 2010 2011* 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 Allemands Etrangers Total

Changement de série à partir de 2011 (population basée sur le seul recensement de 2011)

Mouvement naturel de la population, fécondité et vieillissement vignette|600px|centré|Graphique des naissances et des décès de 1950 à 2020. Les naissances (en vert) montrent nettement deux périodes de décrochage. La première spectaculaire (de 1968 à 1975) témoigne de l'effondrement de la fécondité. La seconde, après 1997, résulte du tarissement du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, avec maintien d'une très faible fécondité (passage à la deuxième génération de très basse fécondité).

Entre les deux, une baisse assez importante se produit de 1990 à 1995, liée à l'absorption de l'ancienne Allemagne de l'Est qui s'aligne rapidement sur la très basse fécondité ouest-allemande.

Après la Première Guerre mondiale, la natalité diminue très rapidement. Le taux de natalité augmentera par la suite, passant de pour en 1933 à 20,4 en 1939.

Après la Seconde Guerre mondiale, la natalité baisse à nouveau et le baby-boom a lieu à partir de 1952 bien après l'ensemble des pays occidentaux et se termine vite, plus tard, vers 1969.

Il faut apporter une précision importante concernant la population allemande après la Première Guerre mondiale : en plus de la terrible saignée qu'ont représentée quatre ans de combat dans les tranchées, les Allemands ont été particulièrement touchés par l'épidémie de grippe espagnole qui a ravagé toute l'Europe, spécialement l'Europe Centrale. En effet, en plus de la guerre, l'Europe Centrale a subi le blocus particulièrement hermétique imposé par la France et la Grande-Bretagne. En particulier, l'Allemagne ne pouvait plus importer de produits alimentaires, ce qui a affecté la population, surtout les personnes âgées et les enfants, qui sont morts en grand nombre en 1918 et en 1919. L'agriculture allemande, déjà insuffisante avant 1914, était bien incapable de nourrir la population puisqu'en plus, des millions de paysans combattaient dans les tranchées. Donc pour les Allemands, les années 1918 et 1919 ont été terribles, d'où les rancœurs exploitées habilement par les nazis entre les deux guerres et la diffusion du concept de Lebensraum.

La république fédérale d'Allemagne est l'un des premiers pays au monde à avoir été touché par l'effondrement démographique contemporain, c'est le premier pays d'Europe à connaître une chute massive de la fécondité de sa population. Dès 1970 en effet, le taux de fécondité de par femme (contre 2,21 en 1969) passe sous la barre des par femme, généralement considéré comme nécessaire pour assurer le simple remplacement des générations. Dans les décennies suivantes, la chute s'est aggravée et la dénatalité est devenue chronique et structurelle. Parallèlement, le chiffre des naissances a diminué dans la même mesure. Dès 1975, le taux de fécondité est à par femme. À la fin des années 1990, l'Allemagne doit faire face à une nouvelle glissade de sa natalité. De plus, de en 1990, on tombe pour la première fois sous les en 2005, et ce malgré une immigration importante tout au long de la période.

En 2000, l'Allemagne passe à la des pays européens en nombre de naissances totales après avoir été dépassée par la France et à la en 2004 après avoir été dépassée par le Royaume-Uni.

En 2005, une nouvelle chute est due au faible nombre de mères susceptibles de procréer, car les femmes de sont désormais nées dans la première phase de la dénatalité (1965-1985) et sont donc beaucoup moins nombreuses.

Toutefois dans un rapport du , l'office officiel des statistiques Destatis confirme un arrêt de la dénatalité en Allemagne, sans parler d'une reprise significative de la fécondité, cette étude met en lumière un arrêt de la dénatalité y compris chez les femmes diplômées. Le déclin inexorable des naissances selon ce rapport était moins évident que par le passé.. Le taux de fécondité est remonté à 1,59 en 2016 contre 1,39 en 2010..

Effondrement du taux de fécondité et recul de l'âge de la maternité Depuis la fin des années 1960, le taux de fécondité n'a cessé de reculer en Allemagne, un des facteurs est notamment l'âge moyen de la première maternité, l'âge moyen de la mère lors de la conception du premier enfant était de 30,2 ans en 2020..

Une autre des raisons de cette faible fécondité réside dans la difficulté pour les femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle. L'habitude voulait que les mères restent à la maison et n'aient pas recours à une aide extérieure sous peine d'être traitée de « mère corbeau ». Pendant longtemps, la RFA a été réticente à toute politique incitative qui lui rappelait fâcheusement l'époque nazie ou communiste de la RDA.

Historique des naissances, des décès, et du solde naturel La dénatalité persistante en Allemagne a pour conséquence de voir les décès l'emporter très nettement sur les naissances. Depuis plusieurs années, le solde naturel est négatif d'environ , et sauf retournement de situation, le différentiel entre décès et naissances va s'accroitre dans le futur. Sans apport migratoire, la République Fédérale se dépeuplerait depuis 1972, sans tenir compte bien sûr de la réunification du qui a offert à l'Allemagne 16 millions d'habitants supplémentaires.

+Historique des naissances et des décès par annéesAnnéeNaissancesTaux de natalitéTaux de féconditéDécèsTaux de mortalitéSolde naturel195016,02,1011,0+ 195515,82,1811,3+ 196017,32,3712,0+ 196517,42,5011,9+ 197013,42,0312,4+ 19759,91,4812,5- 198011,01,5612,1- 198510,41,3711,9- 199011,41,4511,6- 19959,31,2510,8- 20009,31,3810,2- 20058,31,3410,1- 2010.8,31,3910,5- 20159,01,5011,3- 20209,31,5311,8-

Un vieillissement par le bas de la population allemande

Le vieillissement est une conséquence de la transition démographique. Jusqu’à présent, il a surtout touché les pays du Nord, dont la fécondité et la mortalité ont beaucoup baissé, mais il commence à toucher les pays du Sud et devrait être l’un des grands changements sociaux de l’humanité au cours du .