thumb|255px|Faculté d'architecture

L’université de Palerme (en italien : Università degli studi di Palermo) est une université publique italienne, située à Palerme en Sicile. Fondée en 1806, elle comprend 12 facultés et comptait plus de étudiants en 2006.

Histoire

Sous la Sicile des Bourbons L'université accueille chaque année 277 étudiants en moyenne entre les , avec un maximum de 784 dans la décennie 1826-1835Orazio Cancila, Palermo, Laterza, « Storia delle città italiane », 1999 , ..

Le corps professoral compte un nombre constant d’ecclésiastiques (12 en 1800, 12 en 1859), tandis que le nombre des laïcs a fortement crû (17 en 1800, 44 en 1859). Après la Révolution sicilienne, de nombreux professeurs sont contraints d'émigrer (Emerico Amari, professeur de procédure pénale à la faculté de droit, Gregorio Ugdulena, professeur de langue hébraïque à la faculté de théologie ; Michele Amari, professeur de droit public sicilien), d'autres sont licenciés (Gaetano Cacciatore, fils de Nicolò Cacciatore, professeur d'astronomie à la faculté des sciences). L'université comptait tout de même Pietro Sampolo, professeur de code civil, le chirurgien Giovanni Gorgone de San Piero Patti et l’obstétricien Mariano Pantaleo, Giuseppe Crispi, professeur de langue et littérature grecques, Benedetto D'Acquisto, philosophe, Carlo Giachery, architecte.

Les inscriptions fléchissent après la révolution de 1848-1849, puis augmentent rapidement jusqu'à 1 024 membres en 1859, dont un quart originaire de Palerme et autant du reste de la province, l'autre moitié provenant essentiellement des deux provinces d'Agrigente et Trapani. Les étudiants sont pour moitié inscrits en droit, contre 40 % à Catane et 25 % à Messine. 23 % suivent des cours de médecine.

Jusqu'en 1860, les Pères Théatins élisent parmi eux le recteur de l'Université. À cette date, le dictateur Mordini nomme le premier laïc à ce poste, le chimiste Filippo Casoria.

Durant la monarchie italienne L'unification italienne provoque un boom des inscriptions dans les facultés universitaires, qui culminent en 1858-1859 à 1 024, avant de s'effondrer brusquement autour de 300 durant une vingtaine d'années, sous l'effet, selon le recteur Stanislao Cannizzaro, d'un accès plus facile en termes financiers et d'examens d'entrée à l'université de NaplesOrazio Cancila, Palermo, Laterza, « Storia delle città italiane », 1999, p. 317-324..

Cependant, la qualité des enseignements progresse. Des exilés retrouvent leur place, comme Stanislao Cannizzaro et Gregorio Ugdulena, et de nouveaux professeurs viennent du continent, participant à ouvrir intellectuellement l'université qui gagne en prestige et rayonne sur la province. Enrico Albanese reprend la chaire de chirurgie à la suite de Pantaleo et Gorgone, Carlo Maggiorani occupe la chaire de médecine de 1863 à 1870.

Alors que la gauche prend le pouvoir en Italie et à Palerme, les inscriptions repartent à la hausse à partir de 1876, dépassant systématiquement 1 000 à partir de 1886, puis stagnant autour de 1200 étudiants jusqu'aux premières années du nouveau siècle. L'université compte 1.500 étudiants en 1909, 2.000 durant la Première Guerre mondiale et plus de 3000 en 1918-1919 Les facultés les plus prisées sont celles de droit (de 36,6 % des inscrits en 1891-1896 à 51,2 % en 1901-1905) et de médecine (jusqu'à plus de 30 % certaines années, mais tombant en dessous de 20 % au XXe siècle).

L'université compte 1172 étudiants en 1891-92, 1488 en 1893-94, puis entre 1300 et 1400 en 1898 avec environ 350 étudiants en droit, 370 en médecine, 170 en sciences, 80 en lettres, le reste couvrant les études de pharmacie, de notaires, et de sages-femmes.

Les Palermitains représentent toujours entre 25 et 30 % des inscrits, les étudiants originaires de la province de Palerme, moins de 20 %, alors que ceux des provinces de Trapani et, après le tremblement de terre, de Messine augmentent fortement par rapport à l'époque des Bourbons.

La présence des femmes est devenue continue dans les années 1890, mais elles restent en nombre faible. La première étudiante est diplômée en littérature en 1895, suivie, l'année suivante, de la première diplômée en sciences, puis en 1900 de la première pharmacienne, en 1903 de la première médecin et, en 1917, de la première femme avocate.

Plusieurs écoles influentes émergent : en chirurgie, par les actions de Pantaleo et Gorgone poursuivies par Enrico Albanese, médecin de Garibaldi et fondateur de l'Ospizio Marino, en clinique médicale, autour de Carlo Maggiorani puis Cesare Federici, en architecture, portée par Marvuglia, Giachery, Basile et Damiani Almeyda, en chimie, fondée par Stanislao Cannizzaro, prolongée par Emanuele Paternò et Alberto Peratoner,en mathématiques, marquée par Ernesto Cesarò et Francesco Gerbaldi, en droit administratif avec Vittorio Emanuele Orlando et en droit romain autour de Salvatore Riccobono, en physique, animée par Damiano Macaluso et en géologie par Gaetano Giorgio Gemmellaro. La présence simultanée à l'université de trois penseurs comme Giovanni Gentile penseur de l'idéalisme actualiste, Cosmo Guastella, partisan de l'empirisme et Francesco Orestano, fondateur du réalisme critique, place Palerme en pointe de la recherche philosophique italienne de l'époque.

Sous la République italienne Après le débarquement en Sicile, le Gouvernement militaire allié des territoires occupés cherche à rouvrir les trois universités de l'île avec des enseignants libres de tous liens avec le régime fascistes. Il nomme donc des « AM-professeurs » sans respecter les règles universitaires. Parmi les 16 de l'université de Palerme, on trouve notamment les futurs présidents de la région, Franco Restivo (institutions de droit public) et Giuseppe La Loggia (droit du travail), ainsi que le juriste Salvatore Orlando Cascio (droit agricole), père du maire de Palerme Leoluca Orlando, et le député communiste Giuseppe Montalbano (procédure pénale).

Recteurs

1781 - 1800 : Gabriele Castelli 1801 - 1805 : Gregorio Speciale 1806 - 1840 : Raimondo Palermo 1841 - 1843 : Alessandro Casano 1844 - 1855 : Giuseppe D'Agostino 1856 - 1858 : Giovanni Laviosa 1858 - 1860 : Giovanni Cumbo 1860 - 1861 : Filippo Casoria 1861 - 1862 : Salvatore Cacopardo 1863 - 1865 : Nicolò Musumeci 1866 - 1868 : Stanislao Cannizzaro 1869 - 1874 : Giuseppe Albeggiani 1874 - 1876 : Gaetano Giorgio Gemmellaro 1877 - 1880 : Antonino Garajo 1881 - 1883 : Gaetano Giorgio Gemmellaro 1883 - 1885 : Simone Corleo 1886 - 1890 : Emanuele Paternò 1891 - 1893 : Damiano Macaluso

1893 - 1895 : Giuseppe Gugino 1895 - 1896 : Giuseppe Ricca Salerno 1896 - 1898 : Arturo Marcacci 1898 - 1899 : Giuseppe Gugino 1900 - 1903 : Adolfo Venturi 1903 - 1904 : Antonino Salinas 1904 - 1908 : Luigi Manfredi 1908 - 1911 : Salvatore Riccobono 1911 - 1914 : Raffaele Federico 1914 - 1918 : Gaetano Mario Columba 1918 - 1921 : Francesco Spallitta 1921 - 1923 : Salvatore Di Marzo 1924 - 1932 : Francesco Ercole 1932 - 1933 : Michele La Rosa 1933 - 1935 : Salvatore Di Marzo 1935 - 1938 : Gioacchino Scaduto 1938 - 1939 : Giuseppe Maggiore 1939 - 1943 : Nicola Leotta 1943 - 1950 : Giovanni Baviera 1950 - 1957 : Lauro Chiazzese 1957 - 1958 : Giovanni Salemi (doyen) 1958 - 1963 : Tommaso Ajello 1963 - 1969 : Michele Gerbas 1969 - 1972 : Giuseppe D'Alessandro - : Bruno Lavagnini (doyen) 1972 - 1984 : Giuseppe La Grutta 1984 - 1993 : Ignazio Melisenda Giambertoni 1993 - 1999 : Antonino Gullotti - : Matteo Marrone (doyen) 1999 - 2007 : Giuseppe Silvestri 2008 - 2015 : Roberto Lagalla 2015 - 2021 : Fabrizio Micari Depuis 2021 : Massimo Midiri

Professeurs à l'université de Palerme

Giuseppe Damiani Almeyda (1834-1911), architecture Giulio Carlo Argan (1909-1992), histoire de l'art Giovan Battista Filippo Basile (1825-1891), architecture Girolamo Bellavista (1908-1976), droit Cesare Brandi (1906-1988), histoire de l'art Stanislao Cannizzaro (1826-1910), chimie Francesco Paolo Cantelli (1875-1966), mathématiques Ernesto Cesàro (1859-1906), algèbre entre 1886 et 1891 Michele Cipolla (1880-1947), mathématiques Philippe Daverio (1949), histoire de l'art Giovanni Gentile (1875-1944), histoire de la philosophie de 1907 à 1913 Francesco Gerbaldi (1858-1934), géométrie analytique de 1890 à 1908 Carlo Giachery (1812-1865), architecture Vittorio Gregotti (1927), histoire des doctrines politiques Furio Jesi (1941-1980), germanistique Giuseppe La Loggia (1911-1994), droit du travail Gioacchino Lanza Tomasi (1934), musicologie Renata Lavagnini (1942), études byzantines Giuseppe Maggiore (1882-1954), droit pénal, recteur Giuseppe Venanzio Marvuglia (1729-1814), architecture Sergio Mattarella (1941), droit constitutionnel Giovanni Musotto (1907-1992), droit Giuseppe Oddo (1865-1954), chimie Leoluca Orlando (1947), politique Salvatore Orlando Cascio (1908-2002), juriste, père du précédent Antonino Pagliaro (1898-1973), sémiologie et philosophie du langage Giuseppe Piazzi (1746-1826), astronomie Giuseppe Pitrè (1841-1916), anthropologie Giuseppe Patricolo (1834-1905), restauration et histoire de l'art Salvatore Pincherle (1853-1906), mathématiques Gino Pollini (1903-1991), architecture Francesco Renda (1922-2013), histoire Empedocle Restivo (1876-1938), droit Franco Restivo (1911-1976), droit constitutionnel, fils du précédent Santi Romano (1875-1947), droit Francesco Saverio Romano (1964), droit et politique Gioacchino Scaduto (1898-1979), droit Michele Federico Sciacca (1908-1975), philosophie Emilio Gino Segrè (1905-1989), physique 20px|Prix Nobel de physique en 1959 Pietro Spica Maccataio (1854-1929), chimie Pietro Virga (1920-2004), droit public Marvuglia, che per primo tenne la cattedra, al Giachery, al quale successero G.B.F. Basile e Damiani Almeyda,

Partenariats L'université de Palerme a passé des accords avec différentes universités françaises : Université de Bourgogne, Université d'Artois, Université Paris-Est Marne-la-Vallée, Université de Lorraine, Université Nice-Sophia-Antipolis, Université Paris-Sorbonne, Université de Corse-Pasquale-Paoli. Les étudiants, dans certaines formations peuvent obtenir un double diplôme reconnu dans les deux universités du partenariat.

Notes et références

Voir aussi Liens externes

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