Les Anglo-Québécois. sont la communauté de langue anglaise du Québec.. En 2016, Statistique Canada établissait leur nombre à , soit environ 13,5 % de la population du Québec.. Arrivés au Québec après la Conquête, les premiers Québécois anglophones sont originaires des îles Britanniques.

Leur statut privilégié au sein de l'Empire britannique leur a permis de fonder et maintenir un grand nombre d'institutions publiques et privées de langue anglaise en marge des institutions francophones contrôlées très majoritairement par l'Église catholique jusqu'au .

Définition

Histoire Les anglophones commencent à s'installer sur le territoire de l'actuel Québec au moment de la Conquête britannique de 1759-1760. Leur nombre et leur proportion dans la population restent cependant très modestes. Outre les militaires et les administrateurs coloniaux, il s'agit surtout de marchands vivant dans les villes de Québec et de Montréal.

La première vague d'immigration anglophone significative se produit pendant et juste après la guerre d'Indépendance américaine de 1776 à 1783, laquelle entraîne l'arrivée de réfugiés loyalistes en provenance des États-Unis nouvellement formés. Elle est suivie, à partir de la décennie 1790, par l'immigration de nombreux Américains à la recherche de grandes terres agricoles à bon marché, surtout dans la région frontalière des Cantons-de-l'Est. Néanmoins, cette seconde vague est tarie lors de la Guerre britanno-américaine de 1812 à 1815. Une fois la paix revenue, l'immigration en provenance des États-Unis reprend, mais devient inférieure à la nouvelle vague migratoire qui débute : celle en provenance du Royaume-Uni. Elle devient négligeable à partir des années 1830 lorsque la colonisation du Midwest, plus attractive pour les Américains, atteint son apogée.

De 1815 à 1850 prend place la , qui entraîne l'arrivée de dizaines de milliers de colons en provenance des îles Britanniques, dont de nombreux Irlandais. Certains se dirigent vers les villes tandis que d'autres vont joindre ou fonder des communautés rurales. Cette troisième vague migratoire mène à l'apogée de la présence anglophone au Québec. En effet, dans les années 1850, 25 % de la population était de langue anglaise. La ville de Montréal comptait 55 % d'anglophones tandis que Québec en comptait 45 %.

À partir des années 1860, la proportion d'Anglo-Québécois commence à entamer un lent déclin. En effet, plusieurs d'entre eux choisissent de se déplacer vers l'Ontario, l'Ouest canadien, récemment ouvert à la colonisation, ou encore vers les États-Unis. Ils sont aussi compétitionnés par la Revanche des berceaux menée par les francophones. La crise économique et agricole qui sévit dans la province à partir de 1875 et dans les années 1880 détourne également l'immigration britannique en direction du Canada vers l'Ouest du pays au détriment du Québec.

Malgré la baisse progressive de sa proportion, la communauté anglo-québécoise demeure néanmoins importante et très influente jusqu'à la Révolution tranquille des années 1960.

Communautés vignette|250px|On aperçoit en rouge et en jaune les principales régions anglophones du Québec. Environ 80 % des anglophones du Québec habitent la région métropolitaine de Montréal. La majeure partie de la population anglophone du Québec réside dans la région de Montréal, en particulier dans l'Ouest-de-l'Île (le West Island), où se trouve un réseau bien établi d'institutions sociales, économiques et culturelles de langue anglaise. Une autre communauté bien implantée se trouve dans la région de l'Outaouais, juste au nord de la région d'Ottawa dans la province voisine de l'Ontario.

Les premiers Anglo-Québécois sont arrivés à Québec et Montréal au début du régime britannique, durant la deuxième moitié du . Plusieurs villes du Québec ont été fondées par des anglophones, entre autres par les Loyalistes dans l'actuelle région de l'Estrie pendant et après la Guerre d'indépendance américaine. Bon nombre d'immigrants d'origine écossaise ont fondé un grand nombre d'institutions québécoises publiques et privées de langue anglaise et représentaient l'élite marchande et financière jusqu'à la Révolution tranquille des années 1960. Certains quartiers, tels Westmount et le Mille carré doré témoignent toujours de ce patrimoine.

Dès leur arrivée au milieu du , les Irlando-Québécois ont établi des écoles, des églises, et des hôpitaux dans des quartiers ouvriers tels Pointe Saint-Charles et Griffintown. Des réseaux d'écoles ont vu le jour et seront protégés par la loi constitutionnelle de 1867 grâce à l'acharnement de Thomas D'Arcy McGee.

Une communauté noire aurait vu le jour vers 1860 avec la venue de l'industrie du chemin de fer. Cette communauté serait concentrée dans les quartiers de Saint-Henri et de la Petite-Bourgogne.

Le début du a amené d'autres vagues d'immigrants en provenance de plusieurs pays d'Europe. Des Juifs venus de Pologne, de Roumanie, et de Russie ont fondé une communauté juive importante, et s'intégrèrent à la communauté marchande anglophone. Des immigrants italiens s'intégrèrent autant aux institutions catholiques de la communauté irlando-québécoise (anglophone) que celles de la communauté francophone des Canadiens français de l'époque. Établis d'abord le long du boulevard Saint-Laurent, ces immigrants migreraient plus tard vers d'autres quartiers plus prospères, tels Côte-Saint-Luc et Saint-Léonard.

Donald Gordon, président du Canadien National entre 1950 et 1966, considère qu’aucun Canadien français n’a la compétence pour être vice-président à la direction de cette compagnie ferroviaire.

L'immigration européenne aura davantage changé la topographie ethnique de Montréal. Une immigration européenne accrue lors des années 1950 a augmenté la présence de plusieurs communautés culturelles déjà établies à Montréal, et en créerait plusieurs autres. Cette époque a vu l'épanouissement de la communauté grecque dans la métropole.

De nos jours, les nouveaux arrivés au Québec viennent des quatre coins du monde et sont pour la plupart plus laïcs que ne l'étaient les générations d'immigration précédentes. Une plus grande proportion de ces immigrants est francophone qu'elle ne l'était avant l'adoption des lois linguistiques au Québec. D'autres immigrants provenant de pays tels le Royaume-Uni, les États-Unis et la Jamaïque ont une connaissance de l'anglais. Plusieurs groupes d'Asiatiques représentent le groupe ayant connu la plus forte croissance entre 1996 et 2001; bon nombre d'entre eux avaient une connaissance de l'anglais à leur arrivée, ce qui fait que plus du quart d'anglophones aujourd'hui sont issus de groupes minorités visibles. Certains peuples autochtones, tels les Mohawks, les Cris, et les Inuits se servent également de l'anglais comme langue d'échange commun..

Tous ces groupes se mêlent facilement à une communauté qui se définit de plus en plus comme étant multiculturelle et bilingue. Les anglophones ont montré une tendance à quitter le Québec pour les autres provinces canadiennes, particulièrement durant les années 1970 avec l'implantation de lois linguistiques et l'élection d'un parti souverainiste au Québec. Malgré cette diminution à leurs effectifs, la communauté revêt une grande diversité et une mobilité qui seraient attribuables à leur accès facile à la culture majoritaire anglophone d'Amérique du Nord. Ceci expliquerait du moins en partie pourquoi les Anglo-Québécois auraient une tendance à s'auto-identifier comme Canadiens ou même en tant qu'anglophones dans le contexte québécois malgré le fait d'être issus d'une communauté culturelle.

Populations par région Montréal : Montérégie : Laval : Outaouais : Laurentides : Estrie : Nord-du-Québec : Capitale-Nationale : Lanaudière : Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine : Abitibi-Témiscamingue : Côte-Nord : Chaudière-Appalaches : Mauricie : Centre-du-Québec : Saguenay–Lac-Saint-Jean : Bas-Saint-Laurent :

Éducation En 2001, la province de Québec comptait 340 écoles primaires et secondaires de langue anglaise administrées par neuf commissions scolaires. gérées par des membres de la communauté.. Les commissions scolaires sont les suivantes :

Commission scolaire Central Québec Commission scolaire Eastern Shores Commission scolaire Eastern Townships Commission scolaire English-Montréal Commission scolaire Lester-B.-Pearson Commission scolaire New Frontiers Commission scolaire Riverside Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier Commission scolaire Western Québec

Le Québec compte aussi huit cégeps et trois universités anglophones :

thumb|left|Collège Dawson, Montréal. right|thumb|Université McGill, Montréal. Collège Héritage de Gatineau Collège Dawson de Montréal Collège Marianopolis de Montréal Vanier College de Saint-Laurent (Montréal) Collège John Abbott de Sainte-Anne-de-Bellevue Campus Lennoxville du Collège régional Champlain à Lennoxville (Sherbrooke) Campus Saint-Lambert du Collège régional Champlain à Saint-Lambert Campus Saint Lawrence du Collège régional Champlain à Québec Université McGill à Montréal Université Concordia à Montréal Université Bishop's à Lennoxville (Sherbrooke)

Santé Centre universitaire de santé McGill Hôpital général de Montréal Hôpital Royal Victoria Hôpital de Montréal pour enfants Institut et hôpital neurologiques de Montréal Institut thoracique de Montréal Hôpital général du Lakeshore (Pointe-Claire) Hôpital général juif St. Mary's Hospital Queen Elizabeth Health Centre

Brome-Missisquoi-Perkins Hospital

Pontiac Community Hospital (Shawville) Jeffery Hale Hospital (Québec) Barrie Memorial Hospital (Ormstown)

Culture La communauté dispose de plusieurs institutions de théâtre, notamment le Centaur Theatre, ainsi que plusieurs troupes professionnelles et amateurs. Depuis 1989, le milieu du théâtre anglophone est représenté par la (Fédération de la dramatique québécoise).

Depuis 1998, la Quebec Writers' Federation (QWF) (Fédération des auteurs du Québec) représente les intérêts des auteurs québécois de langue anglaise. L'organisation, née de l'union de la et de la c, distribue les prix QWF chaque année. Elle tient des conférences appelées Writers Out Loud dans différentes localités du Québec afin de faire connaître les auteurs anglo-québécois.. Au total, il y a d'édition de livres anglophones au Québec.

Dans la région de Montréal, les Québécois anglophones et anglophiles ont accès à un vaste éventail d'activités et de biens culturels en langue anglaise via des magasins, des librairies, des cinémas, des musées, des salles de spectacle, etc. Les ressources sont par contre très rares à l'extérieur de Montréal, en raison du faible poids démographique des anglophones ailleurs au Québec.

Malgré tout on retrouve dans la région de Québec la cathédrale anglicane Holy Trinity., le Morrin Centre. conçu pour faire valoir la contribution historique et actuelle de la culture anglophone et enfin le journal The Quebec Chronicle-Telegraph.. vignette|300px|Le Morrin Centre à Québec.

Bien que les Anglo-Québécois disent considérer important pour eux de bien connaître la culture québécoise, ils consomment très peu de produits culturels québécois.

Médias Presque tous les médias de langue anglaise du Québec se trouvent dans la région de Montréal.

Télévision : Les stations de télévision anglophone sont CBMT (CBC), CFCF (CTV), CKMI (Global) et CJNT (Citytv/Omni). CKMI se situe en réalité à Québec, mais rediffuse à Montréal. Cela dit, toutes les opérations se font réellement à partir de Montréal. CJNT offre une programmation multilingue provenant de Omni Television en plus de la programmation principale provenant de Citytv. Ces stations sont disponibles par le câble dans toute la province. Les anglophones vivant dans la région de l'Outaouais captent les stations en provenance d'Ottawa en Ontario.