Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1961. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

Comme les années précédentes, l'an 1961 est notamment marqué par des élections dans plusieurs colonies des empires européens, dans le cadre de la décolonisation. Pour l'Empire britannique, c'est le cas au Kenya, en Ouganda, en Guyane britannique, à la Barbade, et à Trinité-et-Tobago. Les Samoa, colonie de la Nouvelle-Zélande à l'intérieur de l'Empire britannique, avalisent leur propre indépendance par référendum au mois de mai. Pour l'Empire colonial belge, c'est au Burundi et au Rwanda qu'a lieu, en septembre, l'élection des gouvernements qui mèneront ces pays à l'indépendance. En France, en janvier, les citoyens approuvent par référendum le principe d'autodétermination pour l'Algérie, tandis que se poursuit la guerre d'Algérie.

Les États africains nouvellement indépendants vis-à-vis de la France, quant à eux, organisent également des élections, toutes avec un seul candidat à la présidentielle, et un seul parti aux législatives. C'est le cas en Guinée (janvier), au Gabon (février), en République du Congo (mars), au Togo (avril) et en Mauritanie (août). Parmi ces pays, à cette date, seule la Guinée est officiellement un État à parti unique, mais les autres le sont de facto. Le Koweït, qui obtient sa pleine indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni en juin, organise en décembre les premières élections de son histoire, et entame la mise en plus d'institutions relativement démocratiques sans précédent dans la région du Golfe persique.

Comme à l'accoutumée, des élections à parti unique ont lieu en novembre au Portugal, sous la dictature de droite d'António de Oliveira Salazar, ainsi que dans deux des dictatures marxistes-léninistes du bloc de l'Est : la Roumanie en mars et la Pologne en avril. Au Guyana britannique à l'inverse, c'est par le biais d'élections multipartites et démocratiques qu'un parti marxiste-léniniste, le Parti progressiste populaire, arrive au pouvoir en août sous la direction de Cheddi Jagan. Ses pouvoirs demeurent néanmoins restreints par la supervision qu'exerce un gouverneur colonial britannique.

Parmi les États démocratiques indépendants où les citoyens sont appelés à voter en 1961, ce n'est qu'aux Philippines qu'a lieu une alternance au pouvoir, puisque le président nationaliste sortant Carlos P. García est battu par son concurrent libéral Diosdado Macapagal à la présidentielle du mois de novembre. Les nationalistes conservent néanmoins le contrôle du corps législatif.

Par mois

Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Le projet soumis à l'approbation des citoyens (de métropole et d'outre-mer) prévoit que la population d'Algérie puisse décider elle-même de son avenir. Le vote se déroule durant la guerre d'Algérie. Sur l'ensemble de la France, le projet est approuvé par 75,0 % des votants, dont 69,5 % de votes favorables en Algérie même. Il s'ensuit au mois d'avril le putsch des généraux contre le président Charles de Gaulle. Présidentielle La Guinée, indépendante depuis 1958, est à cette date un État à parti unique. Ahmed Sékou Touré (Parti démocrate : nationalisme, socialisme africain), seul candidat autorisé, est automatiquement réélu avec 100 % des voix. Le taux de participation est officiellement de 99,4 %.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Îles Mariannes du Nord Référendum Le référendum est organisé par le parlement local de cet archipel alors membre du Territoire sous tutelle des îles du Pacifique, et administré par les États-Unis. Il est proposé aux citoyens d'approuver une intégration de l'archipel avec le territoire de Guam. La proposition est approuvée par 64,5 % des votants, mais refusée par les autorités américaines. Législatives et présidentielle Premières élections après l'indépendance du pays en 1960. Le Parti démocratique (conservateur) et l'Union démocratique et sociale étant les deux seuls partis en présence et ayant présenté une liste commune de candidats, ceux-ci sont automatiquement élus avec 100 % des voix. De même, leur candidat commun Léon M'ba n'a pas d'opposant lors de l'élection présidentielle, et est donc automatiquement élu (avec tout de même un taux de participation affiché de 98,7 %). février Législatives Ces élections participent à la transition du pays vers l'indépendance. Parlement sans majorité. Le parti Union nationale africaine kenyane termine en tête, avec toutefois moins d'un tiers des sièges.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Le Parti radical (social-libéral) conserve sa majorité relative des sièges au Sénat, et obtient la majorité relative à la Chambre des députés, dépassant le Parti libéral. Législatives La Roumanie à cette date est une dictature à coalition unique. Tous les partis autorisés sont membres du Front démocratique populaire, dominé par le Parti des travailleurs (national-communiste). Les autorités présentent une liste unique de candidats ; les citoyens sont invités à approuver ou à rejeter le candidat présenté dans leur circonscription. Les candidats du Front recueillent officiellement 99,8 % de suffrages favorables, et sont élus. Ion Gheorghe Maurer devient premier ministre. Législatives Ces élections participent du processus de transition vers l'indépendance. Le Parti démocrate (conservateur) remporte une majorité absolue des sièges. Benedicto Kiwanuka devient premier ministre. Législatives Parlement sans majorité. Le Parti social-chrétien conserve sa majorité relative des sièges dans les deux chambres. Théo Lefèvre (social-chrétien) devient premier ministre, formant un gouvernement de coalition avec le Parti socialiste. Présidentielle Première élection après l'indépendance du pays en 1960. Le président Fulbert Youlou (Union démocratique pour la défense des intérêts africains) est le seul candidat. Fulbert Youlou est automatiquement réélu avec 100 % des voix. Le taux de participation affiché est de 90,3 %.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Des amendements constitutionnels sont soumis aux citoyens par référendum, à la suite de l'indépendance du pays en 1960. Ils proposent l'instauration d'une république de type présidentiel, avec un président élu au suffrage direct. En anticipation du résultat, une élection présidentielle a lieu le même jour. Les propositions sont approuvées officiellement par 99,6 % des votants. Législatives et présidentielle Le Comité de l'unité togolaise est le seul parti à présenter des candidats. Sans opposition, le CUT remporte automatiquement tous les sièges à l'Assemblée nationale, et son candidat Sylvanus Olympio, le premier ministre sortant, est mécaniquement élu président de la République avec 100 % des voix. Le taux de participation affiché est de 90,0 %. Le poste de premier ministre est abrogé. Présidentielle Le Viêt Nam du Sud est une dictature. Les opposants politiques subissent des actes d'intimidation et de violence ; la presse est censurée. Le président Ngô Đình Diệm est réélu avec officiellement 89 % des voix, face à deux autres candidats. Législatives La Pologne à cette date est un État à coalition unique. Seuls les partis membres du Front de l'unité nationale, dominé par les communistes, sont autorisés à présenter des candidats. Des candidats sans étiquette peuvent se présenter contre les candidats du Front, mais doivent être approuvés par les autorités. Selon leur circonscription, les citoyens peuvent donc soit voter pour ou contre la liste de candidats du Front, soit choisir entre ces derniers et un candidat 'indépendant'. Les candidats 'indépendants' remportent un peu plus d'un dixième des sièges, les autres revenant aux candidats du Front. Le Parti ouvrier unifié (marxiste-léniniste) conserve à lui seul la majorité absolue des sièges. Józef Cyrankiewicz demeure premier ministre. Législatives Sous la présidence de François Duvalier, Haïti est sous le joug d'une dictature particulièrement brutale, où des dizaines de milliers d'Haïtiens sont assassinés par leur gouvernement. Au terme d'élections frauduleuses, le Parti de l'unité nationale, parti de la dictature, remporte officiellement tous les sièges.

Mai Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Deux questions sont posées aux citoyens, invités à approuver l'indépendance prochaine du pays ainsi que la Constitution qui leur est proposée. L'indépendance est approuvée par 85,4 % des votants, et la Constitution par 86,5 %. Le pays devient pleinement indépendant le .

Juin Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum À la suite de l'unification des Somalie italienne et britannique en un État indépendant en 1960, les citoyens sont invités à approuver la Constitution qui leur est proposée. La Constitution est approuvée par 90,6 % des votants.

Juillet Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Mexique à cette date est sous un régime autoritaire, qui permet officiellement les partis d'opposition mais réprime toute dissension réelle. Le gouvernement est également entaché de corruption. Le Parti révolutionnaire institutionnel (corporatiste, centriste) conserve la quasi-totalité des sièges. Référendum Après le coup d'État de mai 1960, qui vise officiellement à sauvegarder la démocratie face aux dérives autoritaires du gouvernement précédent, le pays est sous régime militaire. En amont de la restauration de la démocratie, une nouvelle Constitution est soumise à l'approbation des citoyens. La Constitution est approuvée par 61,7 % des votants. Des élections législatives ont lieu en octobre. au Législatives L'Éthiopie à cette date est une monarchie parlementaire où l'empereur Haïlé Sélassié conserve néanmoins d'importants pouvoirs. Les partis politiques étant interdits, tous les candidats sont élus sans étiquette. Aklilu Habte-Wold, nommé au mois d'avril, demeure premier ministre.

Août Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Le parti Mapaï (gauche) conserve la majorité relative des sièges. David Ben Gourion demeure premier ministre. Présidentielle Première élection après l'indépendance du pays en 1960. Le président Moktar Ould Daddah (Parti du regroupement mauritanien : nationaliste, multi-ethnique) est le seul candidat, étant soutenu également par le parti Union nationale (qui représente principalement la population noire). Moktar Ould Daddah est automatiquement réélu avec 100 % des voix. Le taux de participation affiché est de 93,5 %. Législatives Ces élections participent du processus de transition vers l'indépendance. Le Parti progressiste populaire (communiste, marxiste-léniniste) remporte une majorité absolue des sièges. Les partisans du parti Congrès national populaire (socialiste), considérant que le système électoral est biaisé à leur encontre, organisent des manifestations et une grève générale pour protester contre les résultats. Des violences inter-ethniques éclatent, le PPP ayant un électorat principalement d'origine indienne, et le CNP principalement noir. Les autorités britanniques décrètent l'état d'urgence. Cheddi Jagan (PPP) devient néanmoins premier ministre.

Septembre