vignette|Affiche du premier film parlant en gujarati, Narsinh Mehta, sorti en 1932. Le cinéma gujarati ou cinéma goudjarati, parfois surnommé Gollywood ou Dhollywood, désigne l'industrie du cinéma indien, basée à Bombay, dans l'État du Maharashtra, dans l'ouest de l'Inde, dont les films sont réalisés en gujarati.

Après avoir été florissante dans les années 1960 à 1980, l'industrie a connu un déclin. Elle a été relancée ces dernières années. La production de Gollywood tourne autour de 60 films par an et plus d'un millier de films ont été produits depuis sa création..

En 2005, le gouvernement du Gujarat a annoncé une exonération d'impôt pour les films en gujarati..

Étymologie Comme « Bollywood », le terme « Gollywood » est un mot créé en combinant les noms Gujarat et Hollywood. Le terme « Dhollywood » est également utilisé en raison de l'utilisation abondante du dohol dans les films.

Historique Cinéma muet (1913-1931) Plusieurs films muets dont les thèmes sont étroitement liés avec les habitants du Gujarat et leur culture ont été tournés avant l'avènement du cinéma parlant. Beaucoup de réalisateurs, producteurs et acteurs de films associés à ses films muets étaient gujaratis et parsis. Entre 1913 et 1931, il existait 20 studios et sociétés de production appartenant à des gujaratis ; la plupart situés à Bombay. Cette période comptait au moins quarante-quatre grands réalisateurs.

Le film muet Bilwamangal réalisé en 1919 par la parsi-gujarati Rustomji Dotiwala est tiré de l'histoire de l'écrivain gujarati Champshi Udeshi. Ce long métrage a été produit par Elphinstone Bioscope Company à Calcutta, si bien que le film est considéré comme bengali.

En 1919, Suchet Singh crée l'Oriental Film Manufacturing Company de Bombay avec l'aide d', éditeur du magazine gujarati populaire Visami Sadi. Le film muet Narsinh Mehta produit en 1920 par Oriental utilise la chanson gujarati Vaishnava Jana To chantée par le public et par des musiciens dans la salle de cinéma pendant la projection du film. vignette|Image du film politique , interdit en Inde par les autorités britanniques. Dwarkadas Sampat, après avoir acheté un projecteur et produit des spectacles à Rajkot, crée Patankar Friends & Company avec Shree Nath Patankar. Ils produisent leur premier film Raja Siriyal en 1918, qui n'a jamais été diffusé à cause d'un enregistrement défectueux. En 1920, la compagnie réalise Kacha Devayani qui, par le biais de l'utilisation de la danse Garba fait entrer la culture gujarati au cinéma. Dwarkadas fonde également qui produit son premier film gujarati Sati Parvati en 1920 réalisé par Vishnupant Divekar et avec Prabha, une actrice de Rajkot, dans le rôle principal de Parvati. En 1921, la compagnie produit le film politique , réalisé par et interprété notamment par Dwarkadas Sampat dans le rôle de Vidura, imitant Gandhi lors du mouvement pour l'indépendance de l'Inde. La chanson du film en gujarati, Rudo Maro Rentiyo, Rentiyama Nikli Taare, Taare Taare Thay Bharatno Uddhar, fait référence au « Rentio », utilisé comme symbole par le Congrès national indien. Il s'agit du premier film interdit en Inde par les autorités britanniques.... Le film est ressorti sous le titre Dharm Vijay l'année suivante. Kohinoor Film Company de Dwarkadas Sampat a produit un grand nombre de films muets, principalement des films sur la société à une époque dominée par les films mythologiques. Katora Bhar Khoon, sorti en 1920, est son premier film de société. Il a ensuite produit Manorama en 1924 réalisé par Homi Master et basée sur Hridaya Triputi, un poème autobiographique du poète gujarati . La même année, est produit Gul-e-Bakavali écrit par Dave G. Mohanlal et réalisé par Kanjibhai Rathod. Le film est resté à l'affiche pendant quatorze semaines.

Krishna Film Company, créée en 1924 par Maneklal Patel, produit quarante-quatre films entre 1925 et 1931.

Sharda Film Company, créée en 1925, est financée par Mayashankar Bhatt et gérée par Bhogilal Dave et Nanubhai Desai. La société a produit une quarantaine de films entre 1925 et 1932. Mayashankar Bhatt a également financé l'Hindustan Cinema Film Company de Dadasaheb Phalke.

Pavagadh Nu Patan (La Chute de Pavagadh), réalisé par Nagendra Majumdar et produit par , sort en 1928. Yagnik est un militant à la tête du réclamant l'indépendance du Gujarat. Il a produit dix films..

Cinéma parlant (1932-1947) vignette|Horaires de cinéma à Navsari au Gujarat, écrits en gujarati. Avant le premier film sonorisé indien Alam Ara d'Ardeshir Irani sorti en 1931, le court métrage gujarati sonorisé Chav Chavno Murabbo sort en à Bombay. La chanson du film Mane Mankad Karde est ainsi le premier son dans un film indien. Les paroles et les dialogues sont écrits par Natwar Shyam et le film produit par Maneklal Patel. Le titre Chav Chavno Murabbo n'a pas de signification particulière, mais est composé d'apophtegmes. En 1932, sort le court métrage hindi Mumbai ni Shethani au Wellington Cinema de Mumbay. Le film, produit par le Théâtre de Calcutta et tiré d'une histoire écrite par Champshi Udeshi, met en vedette Mohan, Miss Sharifa et Surajram et comprend une chanson en gujarati Fashion ni Fishiari, Juo, Mumbai ni Shethani.

En 1932, la sortie de réalisé par et produit par Sagar Movietone, marque le début du cinéma gujarati.. Il met en vedette Mohanlala, Marutirao, Master Manhar et et a pour sujet la vie du poète et saint vishnouiste Narasimha Maheta. Il est suivi par Sati Savitri tiré de l'histoire de Savitri et Satyavan. En 1935, Homi Master réalise la comédie Ghar Jamai avec Heera, Jamna, Baby Nurjehan, Amoo, Alimiya, Jamshedji et Ghulam Rasool, et qui raconte l'histoire d'un gendre et de ses frasques autour de la problématique de la liberté des femmes.

En 1927, produit le film Gunasundari qui connait un tel succès que le réalisateur en fit un remake en 1934 puis le réalisateur Ratilal Punatar en 1948. Gunasundari raconte l'histoire d'une femme indienne pauvre qui est détestée par son mari pour ses prises de position morales, celle-ci à la fin du film s'assoit dans la rue où elle rencontre une personne qui est comme elle - une intouchable. Les trois versions du film divergent sur quelques points pour répondre aux exigences de l'époque.

Seuls 12 films gujaratis sont sortis entre 1932 et 1946, aucun n'est produit en 1933, 1937 et 1938. De 1941 à 1946, le rationnement des matières premières en raison de la Seconde Guerre mondiale bloque la production de films.

Période post-indépendance (1946-1970) Après l'indépendance de l'Inde en 1947, la production de films gujaratis a connu une forte augmentation. Vingt-six films ont été produits pour la seule année 1948. Entre 1946 et 1952, soixante quatorze films ont été produits, dont 27 racontent l'histoire d'un saint ou de dacoïts. Ces films s'adressent principalement à un public rural familier de ces sujets. De nombreux films ont également pour thème la mythologie ou un conte populaire.. Ranakdevi de Vishnukumar M. Vyas sort en 1946 avec Nirupa Roy qui fait ici ses débuts en tant qu'actrice... Elle joue la même année dans le film Meerabai de Nanubhai Bhatt, remake d'un film en hindi et en 1948 dans le film Gunsundari de Ratilal Punatar. Le film Kariyavar sorti en 1948 et réalisé par , introduit l'actrice dans l'industrie cinématographique. Doshi réalise l'année suivante Vevishaal, une adaptation du roman de même nom de . Les autres films gujaratis populaires de cette époque sont : Vadilona Vanke sorti en 1948 et réalisé par Ramchandra Thakur, Gada no Bel réalisé en 1950 par Ratibhai Punatar, et Leeludi Dharti réalisé en 1968 par Vallabh Choksi et tiré du roman du même nom de . Ce dernier est le premier film en couleurs du cinéma gujarati.

Entre 1951 et 1970, la production de films est en baisse, seuls 55 films ont été produits au cours de cette période. Malela Jeev, sorti en 1956, est réalisé par Manhar Raskapur. Il est tiré du roman de et a été scénarisé par le romancier lui-même. Le réalisateur Raskapur et l'acteur et producteur Champshibhai Nagda produisent plusieurs films dont Jogidas Khuman (1948), Kahyagaro Kanth (1950), Kanyadan (1951), Mulu Manek (1955), Malela Jeev (1956), Kadu Makrani (1960), (1960), Jogidas Kuman (1962), Akhand Saubhagyavati (1963) et Kalapi (1966). Akhand Saubhagyavati, sorti en 1963, est le premier film gujarati financé par Film Finance Corporation (actuel ) et dans lequel le rôle principal est interprété par l'actrice Asha Parekh.

Kanku réalisé par Kantilal Rathod en 1969 est tiré d'une nouvelle de Pannalal Patel écrite à l'origine en 1936 et qu'il a ensuite réécrit en roman en 1970. Le film remporte le prix national du meilleur film gujarati . et son actrice Pallavi Mehta un prix au Festival international du film de Chicago Palmarès du Festival international du film de Chicago 1971 sur l’Internet Movie Database.

L'acteur hindi Sanjeev Kumar joue dans les films Ramat Ramade Ram (1964), Kalapi (1966) et Jigar ane Ami (1970), adapté du roman de même nom de Chunilal Vardhman Shah. À cette époque de nombreux films sont des adaptations d'œuvres littéraires du gujaratis comme Vidhata (1956), Chundadi Chokha (1961), Ghar Devdi (1961), Nandanvan (1961), Gharni Shobha (1963), Panetar (1965), Mare Jaavu Pelé Paar (1968), Bahuroopi (1969) et Sansar Leela (1969).

Montée et déclin (1970-2000) vignette|L'actrice Asha Parekh. À la suite du , l’État de Bombay est divisé en deux selon une frontière linguistique entre le Gujarat de langue gujarati et le Maharashtra de langue marathi le .. Cela a eu un grand impact sur l'industrie du film gujarati de Bombay, le centre de production étant situé dans l'état du Maharashtra. L'absence de grands studios de production cinématographique dans le Gujarat a pour conséquence le déclin dans la qualité et la quantité des films produits.

Dans les années 1970, le annonce des subventions et une exonération fiscale pour la production cinématographique gujarati qui a bénéficié aux producteurs. L'exonération fiscale est complétée par le versement de aux producteurs qui terminent un film. Cette politique entraîne un afflux de personnes intéressées par ces avantages mais qui n'ont aucune connaissance technique et artistique. Ainsi, la qualité des films a considérablement diminué. Après 1973, un grand nombre de productions est axé sur les divinités et les dacoïts. En 1980, l'exonération d'impôt est réduite à 70%, mais les 30% restants sont toujours offerts aux producteurs au travers d'aides ou par d'autres moyens.

Plusieurs films de cette époque sont des adaptations de romans ou nouvelles comme Janamteep de Feroze A. Sarkar sorti en 1973 et adapté du roman du même nom de , Kashi no Dikro de Kanti Madia adapté de la nouvelle Dariyav Dil de Vinodini Neelkanth sorti en 1979.

Certains réalisateurs enchaînent les films comme qui dirige une douzaine de films entre 1969 et 1984 ; Dinesh Raval réalise plusieurs films dont Mena Gurjari en 1975, Amar Devidas en 1981 et Sant Rohidas en 1982 ; l'acteur-réalisateur Krishan Kant réalise une douzaine de films dont Kulvadhu en 1977, Gharsansar en 1978 et Jog Sanjog en 1980 ; Mehul Kumar réalise plusieurs succès dont Janam Janam na Sathi en 1977, Ma Vina Suno Sansar en 1982, Dholamaru en 1983 et Meru Malan en 1985. Ravindra Dave dirige plus de vingt-cinq films à succès, dont Jesal Toral réalisé en 1971 et qui est un des plus grands succès du cinéma gujarati.

Sonbai ni Chundadi réalisé en 1976 par Girish Manukant est le premier film gujarati en CinemaScope.

De 1973 à 1987, Arun Bhatt a produit plusieurs films dont Pooja na Phool qui lui a valu le prix du meilleur film par le gouvernement du Gujarat et a également été diffusé sur Doordarshan dans la case des films régionaux primés. vignette|Ketan Mehta, le réalisateur du film .