La province Nord est une des trois provinces qui constituent la Nouvelle-Calédonie. Elle correspond à la partie nord-ouest de la Grande Terre et aux îles Belep.
Histoire
La Nouvelle-Calédonie a été pour la première fois divisée en plusieurs subdivisions administratives internes par le statut Fabius-Pisani mis en place par la loi du : ce sont les régions Sud, Centre, Nord et Îles. Elles sont remplacées, sous le statut Pons II mis en place en janvier 1988, par 4 nouvelles régions : Sud, Ouest, Est et Îles.
Mais les provinces actuelles, dont la province Nord, ne sont créées qu'à la suite des accords de Matignon de 1988, par la loi du portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 (Art. 6) sur Légifrance., et sont maintenues, après l'accord de Nouméa, par la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie (Titre ) sur Légifrance..
Géographie vignette|375px|Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie Province Nord
La province Nord correspond plus ou moins à la moitié nord-ouest de la Grande-Terre ainsi que les îles Belep. Avec , elle est la plus étendue des trois provinces. Son point culminant se situe au Mont Panié, à , qui est également le plus haut sommet de la Nouvelle-Calédonie, dans la Chaîne centrale.
Elle comprend : 6 sur la côte ouest de la Grande-Terre, côte sous-le-vent, moins arrosée que la côte est et surtout disposant d'une vaste plaine côtière s'étalant entre l'océan et les contreforts de la Chaîne centrale : grande plaine herbeuse et de savane, où l'on trouve essentiellement des villages ruraux pratiquant surtout l'élevage extensif de bovins. Elles sont également les seules communes du Nord à avoir une population significative de descendants d'Européens (ils sont ainsi majoritaires à Koumac) : les trois communes et la portion nord d'une quatrième qui font partie du Schéma d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) de Voh-Koné-Pouembout-Poya dit VKPP, visant à créer, autour de la création de la future usine du Nord sur le site de Koniambo, un pôle urbain dans le Nord afin de favoriser le rééquilibrage et de concurrencer la macrocéphalie de NouméaProgramme de la SDAU VKP : Poya qui a vu son territoire divisé entre les provinces Sud et Nord Pouembout Koné (chef-lieu et commune la plus peuplée et la plus dense) Voh Kaala-Gomen Koumac 9 sur la côte est de la Grande-Terre, plus exposée aux vents dominantes (les alizés) et connaissant le plus de précipitations, il s'agit essentiellement d'une plaine étroite, les versants de la Chaîne Centrale tombant de manière plus ou moins abrupte dans l'océan, et verdoyante, à la végétation tropicale dense. Elle comporte aussi la plus forte concentration de population kanak : Ouégoa Pouébo Hienghène Touho Poindimié (la commune la plus peuplée de la province jusqu'en 2009) Ponérihouen Houaïlou Kouaoua Canala 1 à la pointe nord de la Grande Terre, la seule à avoir accès aux deux côtes de l'île : Poum 1 commune insulaire : les îles Belep (la moins peuplée mais aussi la plus petite de la province)..
Démographie Bien que plus peuplée que la province des îles Loyauté, elle est la moins dense des trois provinces. Avec en 2019, elle rassemble alors 18,39 % (soit moins d'1/) de la population totale du Territoire sur plus de la moitié de sa superficie, et une densité de . Et cette faiblesse relative s'est accentuée au cours du temps, certes de manière moins nette que pour les îles Loyauté, puisqu'elle est passée de 21,04 % en 1996 (pour ), à 19,27 % en 2004 (), 18,38 % en 2009 () et 18,78 % de l'ensemble des néo-calédoniens en 2014 (). En 23 ans, la population de la province a cru de seulement 20 %, soit une moyenne de 0,81 % par année. Plus particulièrement, après avoir connu un certain bon entre 2009 et 2014 (+ 2,27 % en moyenne annuelle), la province a perdu des habitants entre 2014 et 2019 (- 0,23 % en moyenne par année). Ceci est dû à un accroissement naturel de plus en plus faible (compris entre 400 et supplémentaires par accroissement naturel par an entre 2004 et 2008, contre une évolution entre 530 et 700 par an entre 2000 et 2004), la province Nord étant en train de terminer sa « transition démographique » avec une mortalité stabilisée à un niveau bas et une natalité fortement décroissante, mais surtout à un solde migratoire qui reste négatif (74 personnes perdues par ce biais en 2007) avec de jeunes actifs qui restent attirés par le marché de l'emploi attractif du Sud. Cette perte de population s'est néanmoins réduite entre 2009 et 2014, semblant ainsi commencer à montrer les fruits de la politique de rééquilibrage, avant de reprendre lors des cinq années suivantes ISEE, « Situation démographique 2008 », www.isee.nc .
Pour ce qui est de la répartition de la population entre les deux côtes de la province, un renversement de tendance s'est opéré entre 2004 et 2019. Ainsi, s'il existait initialement très peu d'inégalités dans la répartition de la population à l'intérieur de la province, un léger avantage tant numérique qu'en densité revenait à la côte Est avec (soit près de 60 % de la population de la province à cette époque) et , contre , pour , sur la côte Ouest en 2004 (Poum et les îles Belep n'étant comptés dans aucune de ces deux catégories). En revanche, en 2009 puis en 2014 et finalement vivaient désormais à l'Ouest (sans Poum), soit une croissance de 42,44 % de 2004 à 2014 (pour une moyenne annuelle de 3,6 %) suivie d'une stagnation, représentant 39,5 % en 2009 puis 43,9 % en 2014 et 44,3 % en 2019 de la population provinciale et une densité de en 2009 puis de en 2014 ainsi qu'en 2019. En contrepartie, la côte Est est passée à en 2009, en 2014 et en 2019, soit toujours la majorité (respectivement 55,45 % puis 51,5 % et 51,05 %) des Nordistes. Sa densité y est plus faible qu'à l'Ouest, avec en 2009, en 2014 et en 2019. Indifféremment de ces deux côtes, une certaine concentration est apparue durant cette période dans les cinq communes centrales de l'aire coutumière Paici-Camuki (Koné, Poindimié, Pouembout, Ponérihouen et Touho) : elles totalisaient en 2004 (environ un tiers, ou 35,48 %, de la population provinciale), puis en 2009 (37,06 %), en 2014 (38,14 %) et en 2019 (41,48 %). Avec Canala, ce sont les seules communes du Nord à ne pas avoir perdu d'habitants entre 2014 et 2019.
Ce phénomène s'explique par de fortes migrations internes est-ouest, au profit majoritairement de la conurbation Voh - Koné - Pouembout (VKP) qui s'est réellement affirmé comme le nouveau pôle de développement économique et urbain du Nord, centré autour du projet de l'usine du Nord. Le chef-lieu provincial, Koné, avec , subit ainsi la plus forte croissance de la province avec 15,5 % en cinq ans (et une moyenne d'environ 3,1 % par année), lui faisant gagner trois places au classement des municipalités néo-calédoniennes par leur population (passant du au ) et l'installe en tête des communes du Nord alors qu'elle n'en était que la la plus peuplée en 2004, derrière Poindimié et Houaïlou.
Les Kanaks y forment la très grande majorité démographique et représentaient ainsi, au recensement de 2009, près des trois quarts (73,8 %) de la population. Les descendants d'Européens, présents à 12,7 % (auxquels s'ajoutent 5,7 % de métis et 4 % d'« autres », dont une grande partie se déclarant « Calédoniens »), sont pour la plupart concentrés dans les communes de Koumac et de Pouembout sur la côte ouest, et constituent des parts significatives (entre un cinquième et un quart) de la population des autres communes de la côte ouest ou de la pointe nord (Koné, Voh, Kaala-Gomen, Poum, Ouégoa). Sur la côte est, les plus fortes concentrations de descendants d'Européens se retrouvent à Poindimié, Ouégoa et Touho. Les autres communautés, et en particulier les wallisiens et futuniens, sont en revanche pratiquement inexistants Institut de la statistique et des études économiques (Nouvelle-Calédonie), Recensement de la population 2009/ Provinces et Communes..
La population de la province Nord est plus jeune que celle du Sud et est à peu près au même niveau que celle des îles Loyauté ou des autres archipels du Pacifique, son âge moyen étant de (27,5 dans les Îles Loyauté et dans le Sud, 28 ans en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna). Sa pyramide des âges reste triangulaire même si elle a tendance à s'élargir pour les tranches d'âge des . 40,6 % de la population a moins de en 2004, 36,95 % en 2009.
Institution et politique
thumb|right|280px|La case décorant le rond-point permettant d'accéder à l'hôtel de la province Nord, entre les villages de Pouembout et Koné. Chacun des quatre poteaux sculptés, ou totems, représente une des aires coutumières de la province.
La province Nord est gérée par une assemblée de province qui siège à Koné, en face du début de la route transversale ouest-est de la Koné-Tiwaka. Initialement composée de quinze membres de 1989 à 1999, elle comporte aujourd'hui vingt-deux élus, dont quinze siègent également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Elle est élue pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct et au Scrutin proportionnel plurinominal à un tour. Elle élit ensuite en son sein un président (qui doit être élu, lors des deux premiers tours de scrutin, à la majorité absolue, puis à la majorité simple au ) et trois vice-présidents.
La province Nord est majoritairement indépendantiste et dominée par la gauche locale. Fief du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) depuis sa création en 1989, elle fait l'état d'une véritable rivalité entre les deux principaux composantes du front indépendantiste, le Parti de libération kanak (Palika) d'un côté (allié à l'Union progressiste en Mélanésie ou UPM, formation moins importante, au sein de l'Union nationale pour l'indépendance dite UNI) et l'Union calédonienne (UC) de l'autre, depuis 1999. En 2025, les deux composantes de l'UNI ont décidé de quitter le FLNKS.
Mandature actuelle (2026-2031) Président : Paul Néaoutyine (UNI-Palika, maire de Poindimié depuis 1989) : Nadeige Faivre-Wackenthaler (FLNKS-UNI-Palika) : Valentine Eurisouké (FLNKS-UNI-Palika) : Doriane Poymegna-Tjibaou (FLNKS-UNI-Palika) Membres par formation politique (sont indiqués en gras les noms des élus qui siègent également au Congrès) : UNI : 9 élus : Palika : 7 élus (Paul Néaoutyine, Valentine Eurisouké, Joseph Goromido, Nadeige Faivre-Wackenthaler, Doriane Poymegna-Tjibaou, Ezéckiel Dahote, Sylviane Naaoutchoué). UPM : 2 élus (Joseph Boewe, Patrice Bouteiller). FLNKS-Union calédonienne (chef de groupe : Henriette Hmaé) : 10 élus (Pascal Sawa, Henriette Hmaé, Pierre-Chanel Tutugoro, Jacinthe Kaichou, Florentin Dedane, Maria Waka, Gaston Nedenon, Josée Kondolo, Hervé Tein-Taouva, Christiane Goromoto). Agissons ensemble pour le Nord (cheffe de groupe : Vanessa Wacapo) : 3 élus : Le Rassemblement-LR : 2 élues (Vanessa Wacapo, Juliana Ponga). Générations NC : 1 élu (Edwin Billiet).
Cinquième mandature (2019-2026) Président : Paul Néaoutyine (FLNKS-UNI-Palika, maire de Poindimié depuis 1989) : Nadeige Faivre-Wackenthaler (FLNKS-UNI-Palika)
Jean-Pierre Djaïwé (FLNKS-UNI-Palika) jusqu'au Yannick Slamet (FLNKS-UNI-Palika) du au Valentine Eurisouké (FLNKS-UNI-Palika) depuis le : Victor Tutugoro (FLNKS-UNI-UPM) Membres par formation politique : UNI-FLNKS (cheffe de groupe : Ivana Bouanou) : 10 élus : Palika : 8 élus. UPM : 2 élus. FLNKS-Union calédonienne (cheffe de groupe : Henriette Hmaé) : 9 élus. Agissons pour le Nord (chef de groupe : Alcide Ponga) : 3 élus : Le Rassemblement-LR : 2 élus. Tous Calédoniens : 1 élu.
Quatrième mandature (2014-2019) Président : Paul Néaoutyine (FLNKS-UNI-Palika, maire de Poindimié depuis 1989) : Yannick Slamet (FLNKS-UNI-Palika) : Victor Tutugoro (FLNKS-UNI-UPM) : Nadeige Wackenthaler-Faivre (FLNKS-UNI-Palika) Membres par formation politique : UNI-FLNKS (chef de groupe : Victor Tutugoro) : 9 élus : Palika : 7 élus. UPM : 2 élus.