Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1981. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

Parmi les États démocratiques, cinq connaissent une alternance démocratique à travers leurs élections de 1981. En France, la gauche remporte en mai l'élection présidentielle, pour la première fois sous la Cinquième République, avec la victoire du socialiste François Mitterrand ; le Parti socialiste obtient ensuite une nette victoire aux élections législatives en juin. La Grèce connaît elle aussi son premier gouvernement socialiste avec la victoire du PASOK d'Andréas Papandréou aux élections législatives en octobre. L'Irlande en juin et les Tuvalu et la Norvège en septembre connaissent elles aussi un changement de gouvernement par les urnes.

C'est la dernière décennie de la guerre froide. Plusieurs dictatures marxistes-léninistes, du bloc de l'Est ou d'ailleurs, organisent en 1981 leurs habituels semblants d'élections, à parti unique, sans choix ni alternance possibles. C'est le cas au Viêt Nam (avril), au Cambodge (mai), en Tchécoslovaquie (juin), en Bulgarie (juin), en Allemagne de l'Est (juin), et en Mongolie (juin).

Les élections à parti unique et sans choix caractérisent aussi les scrutins en Afrique subsaharienne - à Djibouti en juin et au Rwanda en décembre. Au Burundi, le régime répressif se consolide par un semblant de référendum en novembre légitimant la dictature à parti unique. Parmi les principaux autres États non-démocratiques, la Corée du Sud sous régime militaire (mars), l'Afrique du Sud du régime de l'apartheid (avril) et l'Égypte (octobre) organisent chacune des « élections » non démocratiques. La toute jeune république islamique d'Iran devient elle aussi de fait un État à parti unique pour ses élections de juillet et d'octobre, les clercs gardiens du régime ne permettant aucun pluralisme pour ces scrutins. Aux Philippines, les résultats de l'élection présidentielle en juin sont falsifiés au profit du dictateur Ferdinand Marcos ; c'est le cas également dans la Tunisie de Habib Bourguiba pour les élections législatives en novembre.

Par mois

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum constitutionnel Après le renversement de l'empereur auto-proclamé Bokassa , la population est appelée à approuver une Constitution pour faire du pays une démocratie multipartite. La Constitution est approuvée par 98,6 % des votants, et une élection présidentielle se tient en mars. Législatives Il n'y a pas de partis politiques, mais des factions informelles. Les candidats favorables au gouvernement obtiennent une majorité absolue des sièges. Le prince héritier Saad al-Abdallah demeure Premier ministre.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Présidentielle Premières élections multipartites. Elles font suite au renversement de l'empereur auto-proclamé Bokassa , et l'approbation par référendum d'une Constitution démocratique en février. Le président David Dacko (Union démocratique centrafricaine : autoritaire) voit sa fonction légitimée par les urnes, obtenant 51,1 % des voix face aux quatre autres candidats dont notamment Ange-Félix Patassé (Mouvement de libération du peuple centrafricain : centre-gauche ; 38,8 %). Le septembre, un coup d'État renverse le président Dacko et instaure une dictature militaire. Législatives La Corée du Sud à cette date est une dictature. Les partis d'opposition sont interdits de participation au scrutin ; quelques partis sous contrôle de la dictature sont invités à présenter des candidats pour donner un semblant de démocratie. Le Parti de la justice démocratique (droite autoritaire, libérale en économie), parti du dictateur militaire Chun Doo-hwan, remporte la majorité absolue des sièges.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Viêt Nam est une dictature à parti unique. Le parti présente davantage de candidats qu'il n'y a de sièges à pourvoir ; les électeurs sont appelés à les départager, et peuvent voter contre tous les candidats. Le Parti communiste (marxiste-léniniste) remporte mécaniquement tous les sièges. Phạm Văn Đồng demeure Premier ministre. Législatives C'est la période de l'apartheid. Seuls les blancs ont le droit de vote. Le Parti national (extrême-droite ethno-nationaliste) conserve une écrasante majorité absolue des sièges. Pieter Botha (Parti national) demeure premier ministre. Le Parti progressiste fédéral (centre-gauche, libéral, anti-apartheid) progresse et demeure le principal parti d'opposition parlementaire.

Mai Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Viêt Nam a envahi le Cambodge et mis fin à la dictature sanguinaire des Khmers rouges. La nouvelle république populaire du Kampuchéa (Cambodge) est toutefois un régime à parti unique. Dans chaque circonscription, le parti présente plus de candidats que de sièges à pourvoir, les électeurs étant appelés à les départager. Voter est obligatoire. Seul en lice, le Parti révolutionnaire du peuple khmer (communiste) remporte automatiquement tous les sièges. Pen Sovan devient Premier ministre. Législatives Les Tonga à cette date ne sont pas une démocratie. La population élit moins de la moitié des membres de l'Assemblée législative, les autres étant choisis par la noblesse tongienne ou nommés par le roi. Les partis politiques sont interdits. La plupart des députés élus par le peuple sont favorables au gouvernement "Election upsets in Tonga", The Pacific Islands Monthly, juin 1981. Le prince Fatafehi Tuʻipelehake demeure Premier ministre ; le pays n'ayant pas de gouvernement responsable, sa nomination ne dépend que de la volonté du roi et non des résultats des élections législatives. Législatives Premières élections directes depuis 1959. Les partis politiques demeurent toutefois interdits. Bien que les députés soient tous élus sans étiquette, les candidats favorables au gouvernement obtiennent dans l'ensemble de mauvais résultats. Le roi Birendra reconduit toutefois Surya Bahadur Thapa au poste de Premier ministre. 26 avril et Présidentielle Alternance. François Mitterrand (Parti socialiste : gauche) est élu au second tour avec 51,8 % des voix face au président sortant Valéry Giscard d'Estaing (Union pour la démocratie française : centre-droit). C'est la première fois que la gauche remporte une élection présidentielle au suffrage universel, et sa victoire met fin à vingt-trois ans de présidences de droite. Législatives Parlement sans majorité. Respectivement premier et deuxième en nombres de voix, le Parti progressiste des travailleurs (marxiste-léniniste) et le Rassemblement démocrate (droite conservatrice chrétienne-démocrate) remportent chacun un tiers des sièges. Législatives Parlement sans majorité. L'Appel chrétien-démocrate (centre-droit) y obtient la majorité relative avec un tiers des sièges, devançant de peu le Parti travailliste (centre-gauche social-démocrate). Dries van Agt (ACD) demeure Premier ministre, mais doit former un gouvernement de coalition tripartite avec le Parti travailliste et le parti Démocrates 66 (centriste, social-libéral).

Juin