Jacques-Ambroise Duchemin de VilliersLa terre et le château de Villiers sont situés en la commune de Vaiges. Le père de Duchemin de Villiers les avait acquis vers 1759 de la famille de Biars., né le à Laval, paroisse de la Trinité, et mort le dans la même ville, est un avocat, botaniste et historien français.

Biographie Origine Fils de Jacques Duchemin de la Maisonneuve et d'Artémise-Catherine-Marie-Anne Touchard de Sainte-Plaine. Sa sœur ainée épousa M. Boullier, d'Ernée. Il est le parrain, le , de sa sœur cadette, Artémise DucheminLa correspondance avec son frère est éditée par l'Abbé Angot. Elle est née en 1773, et est morte le 6 mars 1848 à Laval., ainsi que celui de son neveu Isidore Boullier.

Armoiries Sa famille, originaire du Maine, avait pour armoiries : "d'or au dromadaire passant de sable". Le symbole du dromadaire dans un blason signifiait souvent un voyage en Orient voire en Terre Sainte.

Biographie Débuts Après avoir fait ses études classiques au collège de Laval, il étudie le droit à la faculté de Rennes, où il prend sa licence en 1785. Il se fait inscrire la même année comme avocat au siège ordinaire de Laval.

Jeune avocat, il est choisi presque aussitôt par le comte de Maillé, baron d'Entrammes, comme procureur fiscal de sa baronnie.

Procureur fiscal Comme René Pichot de la Graverie, et Hoisnard, son oncle, dont il recueillera les œuvres manuscrites, il se met à rédiger non seulement ses propres plaidoyers, mais aussi le résumé des causes débattues devant lui. Il annote en même temps la Coutume du Maine, donne par écrit de nombreuses consultations, puis, comme ses prédécesseurs, inscrit parmi ses notes journalières le procès-verbal des séances de l'Hotel-de-Ville, et à la Révolution française les délibérations des assemblées communales.

Révolution française Il accepte lui-même un rôle dans l'organisation du district de Laval, le . Nommé procureur syndicFerdinand Gaugain,Histoire de la Révolution dans la Mayennevol.1, éd. R. Chailland, 1918, p.13., ses fonctions étaient des plus laborieusesCar toutes tes affaires ressortissant de cette administration devaient être élaborées par lui la correspondance, dont la charge lui incombait, ne remplit pas moins de deux cents pages serrées d'un volume in-folio.. Sur sa proposition, et à défaut d'un local affecté comme lieu de réunion pour le district, Jacques-Ambroise Duchemin de Villiers offrit la grande salle de la maison de son père, au faubourg Saint-Martin. Cette proposition est acceptée provisoirement.

Dès le début, du reste, il ne déguise pas ses appréhensions, sinon ses répugnances, pour le nouvel ordre de choses<ref group=n>René Enjubault de la Roche, député à l'Assemblée Nationale, son conseiller ordinaire, a beau lui représenter que, tous, ils se trouvent fort inexpérimentés en face de questions si neuves, que les chefs eux-mêmes des diverses commissions n'en savent souvent pas plus qu'eux, qu'ils sont des Christophe Colomb après lesquels viendront des Cook plus heureux ces encouragements du vieux légiste n'arrivent pas à lever les scrupules du jeune compatriote trop timoré pour lui.</ref>. Il quitte, en effet, ses fonctions de procureur syndic le .

Après sa démission il redevint avocat et plaide, devant le tribunal révolutionnaire.

Prisons À l'arrivée du conventionnel Joseph Fouché à Laval, le , il est du nombre des quarante suspects qu'on lui désigne et qui sont renfermés aux Bénédictines de Laval. Il est libéré le , et se réfugie tout d'abord en campagne.

Il décide après l'emprisonnement de ses parentsSa mère décède en prison. Son père est libéré compte tenu de ses infirmités sur ordre de Laignelot le 21 août 1794. à s'éloigner davantage. Bibliothèque Lors de la Terreur, obligé de quitter sa famille et ses occupations professionnelles, il augmente sa bibliothèque, par de nombreuses acquisitionsTous les couvents pillés avaient garni les boutiques des libraires d'une prodigieuse quantité d'ouvrages infiniment variés. Les livres, même choisis par un amateur, se payaient au mois d'août 1794, Paris, quinze sols le volume en assignats et à peu près trois sols en numéraire; d'autres fois l'acquéreur les prenait au poids il raison de dix sols la livre.. Il acquiert beaucoup de classiques français en éditions originales, des elzéviers, des ouvrages de droit, des livres scientifiques et autres, qui finissent par former une bibliothèque de 6 000 volumesIls furent acquis dans ces conditions. Le surplus provenait d'héritages, de dons divers, d'échanges..

Royaliste Il est emprisonné une seconde fois à Paris. Il semble avoir été libéré après le 9 thermidor. Il va bientôt fixer sa résidence à Chartres, où il se donne tout entier à l'étude. Il rentre en effet à Laval, mais pour assez peu de temps, car 1797 est marquée par une recrudescence de mesures violentes.

Il rejoint son pays après le désarmement complet des royalistes, en 1800. À la nouvelle organisation des tribunaux sous le Premier empire, en 1811, il retrouve une fonction de judicatureIl n'est d'ailleurs que le quatrième des juges suppléants du tribunal de première instance de Laval, dont l'installation eut lieu le 29 avril.. Il est nommé ensuite conseiller de préfecture par la Restauration, le Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne (XIXe- XXe siècles), Paris, Klincksieck, 1977, p.61Christiane Lamoussière, Patrick Laharie, Le personnel de l'administration préfectorale, 1800-1880, Archives nationales, paris, 1998, p.274. Le gouvernement des Cent-Jours le laisse en charge.

Lorsque Paul Étienne de Villiers du Terrage, révoqué à la chute définitive de Napoléon, quitte Laval, il lui laisse l'administration provisoire. Le chargé d'affaires doit prévenir les accidents qui pouvaient se produire par suite de conflits entre la troupe régulière, qui ne connaissait pas ou ne reconnaissait pas encore le changement de gouvernement,et la petite armée royaliste qui, même avisée de la rentrée de Louis XVIII, ne voulait pas s'être réunie pour rienLe 10 juillet 1815, M. de Villiers envoie par estafette une lettre à Moustache qui se tenait sur la route de Craon, pour le prier instamment de ne pas attaquer mais le message ne put arriver il temps, un engagement eut lieu de six à neuf heures du soir au Gros-Chêne, et le vieux chef royaliste y trouva la mort. Un autre détachement, où les deux neveux de M. Ducliemin servaient comme officiers, était devant Sainte-Suzanne, et le maire de la ville avait signé avec le commandant une capitulation aux termes de laquelle les portes seraient ouvertes dès que les journaux annonceraient qu'on reconnaissait à Paris l'autorité du roi. Officiers et soldats voulaient d'abord bloquer la place ; puis, dans la crainte d'être attaqués eux-mêmes par des forces supérieures, ils s'étaient retirés à Évron, mais demandaient au moins qu'on reconnut leur conquête et que la première démarche des habitants de Sainte-Suzanne pour adhérer au gouvernement royal fut dirigée vers eux. M. de Villiers put pourtant prévenir toute collision sanglante. Mais tout danger n'était pas encore conjuré aussi, dès la réception de la circulaire du baron de Vitrolles qui lui apprenait, le mardi 1l juillet, à quatre heures et demie du soir, l'entrée du roi à Paris, il répondit par l'envoi d'un courrier aux trois ministres, demandant des ordres pour concilier la présence simultanée dans le département des troupes de ligne et des royalistes. Ces derniers n'étaient pas encore complètement rassurés, et ne croyaient pas devoir se disperser avant d'avoir des garanties définitives, M. de Villiers leur fit dire il Meslay de s'écarter de la grande route, que devait parcourir la troupe, pour prévenir l'éventualité d'une rencontre. Ce fut là, il semble, tout le rôle de l'administrateur intérimaire, dans des circonstances d'ailleurs assez critiques..

Il devient par la suite procureur du roi, et obtint un peu plus tard la présidence, du tribunal de première instance. Il obtient la Légion d'honneur en 1825. Il est Bibliothécaire de Laval de 1820 à 1822. Ultra-royaliste, il démissionne en 1830.

Bibliographie Œuvres Il rédige un double catalogue de sa bibliothèque, l'un descriptif des volumes, l'autre méthodiqueLes manuscrits y sont assez nombreux..

Duchemin s'occupa de sciences diverses. Il étudie la botanique et a l'avantage de connaitre de Jussieu et l'un de ses disciples, Louis Claude Richard qu'il suit l'un et l'autre dans des herborisations aux environs de Paris, spécialement à Meudon en 1795 et 1796. Il réunit, entre autres, un herbier dont les échantillons, desséchés avec soin, sont attachés délicatement aux pages de deux gros in-foliosDe Chartres, où est commencée cette collection, le botaniste demandait à sa sœur certaines plantes du pays natal dont elle insérait au moins quelques feuilles et les fleurs dans les plis de ses lettres.. Un de ses herbiers, réalisé à partir de 1796, est conservé au Musée des Sciences de LavalHerbEnLoire, catalogue des herbiers recensés en Pays de la Loire, Université d'Angers, Conservatoire Botanique National de Brest - antenne Pays de la Loire, Bazan, S., Geslin, J., Guérin, M.-L., Lacroix, P., Malécot, V., Mercier, D., Morel, N., Pavie, C., Rouillard, T., Tréguier, J., You, T., et Zerna, P., 2018.

À la fin de sa carrière et après sa démission du , il s'adonne surtout aux recherches historiques, prenant son sujet dans l'histoire locale, mais en généralisant les faits pour donner à ses études une portée supérieure. Il correspond avec les historiens qu'il consultait ou qui l'interrogeaient : Cauvin, Marchegay, Verger, Magdelaine, l'abbé Tournesac, Marchegay, Augustin ThierryAuquel il communique Essais sur la féodalité.

Il laissait aussi plusieurs manuscrits : Cours complet de jurisprudenceEntrepris sur un plan dont l'étendue n'a pas permis l'auteur de le compléter. À partir du traité des Interdits et de leur curateur, M. de Villiers se contente d'indiquer la division et la distribution des matières, et les meilleures autorités consulter pour les approfondir., in-4, couvert de parchemin. Recueil de sentences et de notions et remarques relatives à la jurisprudence, commencé à la Saint-Martin 1785, in-4, couvert de parchemin. Recueil d'extraits, analyses, remarques, notes, etc. Travail commencé dès sa jeunesse et continué jusqu'à la fin de sa vieOn y trouve des notes sur les événements du commencement de la Révolution française., in-4, carton. Travaux historiques Histoire abrégée de Laval, et morceau assez étendu sur la destruction des Jésuites, in-4, couvert de papier. Notes écrites sur les événements qui se sont passés à Laval, 1814-1843. Sur feuilles volantes renfermées dans un cartonElles sont dans le volume Af. du fonds Couanier.. Notes sur le Code civil. Dictionnaire Lavallois, ou locutions particulières au pays de Laval, accompagné d'une petite pièce de vers par Charles Piquois. Notes météorologiques, 1817-1837. Notes sur les abeilles.

Publications Essais historiques sur la ville et le pays de Laval en la province du Maine, avec des explications élémentaires et théoriques en faveur des personnes qui n'ont pas vécu sous l'ancien régime et qui désirent le connoître, par un ancien magistrat de Laval, Laval : impr. de J. Feillé-Grandpré, 1837-1843. 2 vol. in-8° , pl. Essai sur le Régime Féodal. [Essais Historiques sur la Ville et le Pays de Laval en la Province du Maine]. Imprimerie de J. Feillé-Grandpré à Laval. Etiquette de Librairie de Piété et d'Education de H. Godbert, Rue de la Trinité à Laval (Mayenne). 1837. 129 p.

Fonds Couanier Il est à l'origine de plusieurs documents faisant partie du Fonds Couanier, on y trouve : Les documents trouvés par Jacques-Ambroise Duchemin de Villiers dans sa famille :